La Lettre n°11
L'éditorial de La Lettre n°11

En relisant Montesquieu

Cette Lettre numéro 11 vous arrive plus tard que d’habitude : il m’est en effet apparu logique qu’elle puisse prendre en compte la plupart de mes interventions lors de la session extraordinaire du Parlement qui a eu lieu en juillet.

Depuis l’élection présidentielle, notre pays vit dans un nouveau contexte. Nicolas Sarkozy exerce sa fonction avec le style qui est le sien. Il défend ses convictions, il applique son programme. C’est la conséquence du choix qui a été fait par la majorité des Français.

Dans ce nouveau contexte, il revient, à mon sens, à l’opposition d’assumer clairement le rôle qui est le sien et qui est loin d’être négligeable. Elle peut l’exercer sans être sectaire ni négative. C’est en tout cas le choix qui est le mien.
Je ne suis pas un adepte de la confusion des genres ni des fonctions.
Le débat démocratique suppose, à mon sens, clarté, pluralisme et équilibre entre les institutions de la République.

C’est pourquoi je serai très attentif aux propositions qui seront faites pour rééquilibrer notre vie démocratique et accroître le rôle du Parlement.
J’ai déjà eu l’occasion - lors du débat sur l’Université - de mettre en garde contre la tendance à l’« hyperprésidentialisme ».

Cela ne signifie pas que le président de la République ne doit pas exercer les responsabilités éminentes qui sont les siennes, confortées par son élection au suffrage universel direct.
Cela signifie que, comme l’a si bien expliqué Montesquieu, tout pouvoir doit trouver ses limites, et qu’en l’espèce, il est nécessaire et urgent de rééquilibrer nos institutions - dans les textes comme dans les faits - en redonnant au Parlement la plénitude des prérogatives qui doivent être les siennes.
Soyez assurés de mes sentiments les plus dévoués.

Jean-Pierre Sueur

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