Interventions et prises de position

Vous trouverez ci-dessous les dernières prises de position de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles des années 2006 à 2008, vous les trouverez sur le blog de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles antérieures à 2006, consultez la rubrique Archives.

160520 marianne peguyOn trouvera ci-dessous un article de Salomon Malka paru sous le titre « Tous péguystes ? » dans le numéro du 20 mai de Marianne, dont une bonne partie relate une conversation que j’ai eue avec lui.
Je me permets d’ajouter une précision. Salomon Malka reprend cette phrase : « D’un geste magnifique, nous avons éteint, dans le ciel, des lumières qu’on ne rallumera plus », en omettant d’écrire qu’il ne s’agit bien sûr pas d’une phrase de Péguy, mais d’une citation faite par Péguy d’une déclaration du ministre du travail, René Viviani, à l’Assemblée nationale en novembre 1906. Il ne me semble pas inutile de préciser que si Péguy reprend cette phrase, c’est pour dénoncer ce qu’elle induit, à savoir une « métaphysique d’État. » Non sans moquer ces « métaphores du pacifique métier d’allumeur de réverbères », Péguy s’en explique longuement : « Le parti intellectuel moderne a infiniment le droit d’avoir une métaphysique, une philosophie, une superstition (…) Mais ce qui est en cause (…) c’est de savoir si l’État, moderne, a le droit et si c’est son métier, son devoir, son office, sa fonction, d’adopter cette métaphysique, de se l’assimiler, de l’imposer au monde en mettant à son service tous les énormes moyens de la gouvernementale force. » (On trouvera l’ensemble de l’argumentation de Péguy à ce sujet dans le texte intitulé « De la situation faite au parti intellectuel », Œuvres en prose dans La Pléiade, tome II, pages 553 à 565).

JPS

>> Lire l’article

Valérie Corre, députée du Loiret et Jean-Pierre Sueur ont transmis, ce mardi 24 mai, une lettre au Premier ministre, Manuel Valls, pour lui demander de revenir sur le projet de décret annulant 256 millions d’euros de crédits sur la mission « Recherche et enseignement supérieur ».
Ils ont insisté dans leur lettre sur l’absolue nécessité de conforter les moyens de la recherche et de l’enseignement supérieur, conformément aux engagements de « sanctuarisation » qui ont été pris et à la position exprimée par les Prix Nobel et du titulaire de la médaille Fields français ainsi que par les représentants des chercheurs et universitaires de notre pays.

>> La lettre à Manuel Valls

Je me réjouis de la déclaration faite ce lundi 30 mai par François Hollande de rétablir l'ensemble des crédits destinés à la recherche.

ColloqueJean-Pierre Sueur a participé, en tant qu’intervenant, au colloque organisé au Sénat le 27 novembre 2015 par l’Institut Alain Poher sur le thème : « La première élection présidentielle au suffrage universel direct a 50 ans. Cette réforme a-t-elle entraîné une bonne pratique de l’exécutif ? » Les actes du colloque sont parus ainsi qu’un DVD reprenant l’ensemble des interventions.
>> Lire le texte intégral de son intervention
>> Voir et écouter son intervention
>> Le programme complet du colloque
>> Voir et écouter toutes les interventions
>> Lire le texte intégral des actes

Jean-Pierre Sueur a été l’invité de Rémy Silly sur Radio Mega FM le samedi 21 mai dans l'émission "La Puce à l'oreille" où il s’est exprimé sur l’actualité locale et nationale.
>> (Re)écouter l’émission

Je salue la manifestation « Les Voix d’Orléans » consacrée à la francophonie et aux œuvres des femmes, à la place des femmes dans le champ de la francophonie, qui a été organisée les 20 et 21 mai par la Ville d’Orléans à l’Hôtel Dupanloup, qu’on eut le plaisir de voir ainsi « habité » et retrouvant vie.
Et je salue tout particulièrement la passionnante conférence d’Henriette Walter qui a expliqué avec beaucoup de verve et force exemples combien notre langue française avait bénéficié, depuis l’origine, d’emprunts de mots venant de toutes parts : du latin et du grec, bien sûr, mais aussi des langues germaniques, de l’arabe, du persan, de l’anglais, de l’espagnol, de l’italien, du turc, des langues d’Afrique… et j’en oublie.
Toute langue vivante vit avec d’autres. Elle emprunte constamment. Et nombre de langues ont beaucoup emprunté au français. Il est même des emprunts faits par d’autres langues que nous réempruntons quelques siècles plus tard et ainsi nous reviennent.
Les seules langues qui n’empruntent pas, ne se transforment pas, ne vivent pas, sont évidemment les langues mortes.
Cette conférence était un acte politique, au sens noble du terme.
Certains pensent en effet qu’il y aurait une « pureté » originelle de la langue, qui n’a jamais existé, et que les emprunts viendraient polluer et dégrader.
Les mêmes pensent pareillement qu’il existe une pureté originelle de la Nation – qui est pure illusion – que les immigrés et les réfugiés viendraient pervertir.
Funestes conceptions !

Jean-Pierre Sueur

160519 Ségolène Royal conventionsJean-Pierre Sueur était intervenu auprès de Ségolène Royal, ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, pour soutenir des projets du Loiret, porteurs d’économies d’énergie, présentés par plusieurs pays ainsi que par la ville de Beaugency.
Il a participé ce jeudi à la remise par Ségolène Royal de deux des subventions demandées. Elles s’élèvent à 500 000 € pour le projet Agora porté par la ville de Beaugency et 500 000 € pour le projet d’économie d’énergie du Pays Beauce Gâtinais en Pithiverais.

Yves Carreau nous a quittés le 27 novembre 2014. Il avait été durant plus de trente ans enseignant à l’école des Beaux-Arts d’Orléans. Dessinateur, graveur, il s’est voué à l’art, construisant, avec intégrité, ascèse, concentration, une œuvre considérable.
Je tenais à signaler ici l’exposition de ses gravures que l’on peut voir présentement à la galerie Cat Berro, 25 rue Guénégaud à Paris, et où l’on peut, notamment, découvrir les quatre œuvres ci-dessous.

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Je tiens aussi à signaler le très beau livre, La table au noir, qui lui est consacré et qui vient de paraître. Ce livre, réalisé notamment par Sébastien Pons, propose une redécouverte de l’œuvre et du travail d’Yves Carreau à partir de la description méthodique et éclairée de son atelier tel qu’il était le jour de son départ.
SKM C3350160523090000 0001Il commence par cette phrase : « Aujourd’hui, l’atelier est désert, mais demeure perceptible la silencieuse présence de l’artiste. »
On y lit un texte très fort de Claude Mouchard, intitulé « Nuit féconde », dont je retiens ces deux passages :
« Dans cet "espace du dedans" qui fut et qu’est l’atelier, c’est la fureur lente de l’artiste qu’on croit sentir aujourd’hui encore : une obstination quotidienne plantée au cœur du temps du monde. »
« Sans doute la lumière du dehors n’entre-t-elle qu’à peine dans la nuit enclose de cet "espace du dedans". Mais des ampoules y brûlent à volonté disposées selon les lieux des différentes opérations pratiquées par l’artisan artiste. C’est là que ce sera réengendré, jour après jour, le temps indomptable du travail : il aura pu passer sans rupture de l’obscurité de l’atelier à ces "dedans" autonomes, multiples et énigmatiquement vivants, que constituent les œuvres. »
SKM C3350160523090000 0002Ce livre contient aussi des écrits d’Yves Carreau. On y lit ainsi sous sa plume : « Dessiner est une œuvre de méditation, d’ascèse où il est question d’élévation, de dépassement dans un face à face avec soi. »
Un avant-dernier mot : la « table au noir » est le « nom donné à la pierre sur laquelle le graveur prépare l’encre d’impression avec des spatules, des tampons et des rouleaux. »
Un dernier mot : merci à Joëlle Labiche de tout ce qu’elle accomplit pour faire connaître l’œuvre d’Yves Carreau et poursuivre l’aventure de « La Cage de l’Ombre forte ».

Jean-Pierre Sueur

>> Cet ouvrage, La table au noir, est en vente au Musée des Beaux-arts d’Orléans et à la librairie des Temps modernes.

Le gouvernement vient de publier un nouveau plan de lutte contre la « radicalisation » et pour la « déradicalisation ».
Je salue d’autant plus cet ensemble de mesures (qu’on trouvera ci-dessous) qu’elles s’inscrivent dans le « droit-fil » du rapport intitulé « Filières "djihadistes" : pour une réponse globale et sans faiblesse », publié en avril 2015, fruit d’une commission d’enquête du Sénat dont j’étais rapporteur (dont on trouvera le lien ci-dessous).
Par rapport à d’autres pays d’Europe, la prise en compte des phénomènes de « radicalisation » a été relativement tardive en France. Elle date, pour l’essentiel, de 2014, même s’il y eut des précurseurs, qui n’ont pas été suffisamment écoutés.
Depuis, on a mis les « bouchées doubles ». Et des efforts considérables sont faits pour détecter la radicalisation, faciliter les signalements (par un « numéro vert » notamment), la prévenir (avec le concours – essentiel – de l’Éducation nationale), mettre en œuvre des « cellules de veille » dans les préfectures et assurer une prise en charge des personnes radicalisées sur le terrain. En même temps, les services de renseignement, de la police, de la gendarmerie et des douanes sont mobilisés pour éviter des départs vers la Syrie et contrôler les retours, cependant que les instances européennes ont – enfin ! – donné le « feu vert » pour l’organisation du système dit « PNR » destiné à mieux contrôler les transports aériens. Des mesures sont également prises par rapport au financement du terrorisme ou pour interdire des sites Internet qui en font l’apogée.
Tout cela est nécessaire.
Mais il est un point sur lequel je souhaite revenir. Il s’agit de ce que l’on appelle la « déradicalisation ».
Dans le rapport précité, nous avions déjà mis en garde contre des conceptions que j’ai jugées, pour ma part, « simplistes » de la « déradicalisation ». Depuis, je me suis souvent exprimé à ce sujet.
Ces conceptions méconnaissent d’abord la force et l’efficacité de la propagande de Daesh et de ses séides, dont les techniques de « radicalisation » ou plutôt d’emprise psychique sont très élaborées.
Quelques vidéos, fussent-elles inspirées par de nobles sentiments et par une évidente rationalité, diffusées en « contre », n’ont malheureusement pas l’effet escompté.
On a tort d’imaginer la déradicalisation comme un processus simple par lequel on va, en quelque sorte, expurger du psychisme d’un être humain des idées fausses ou folles pour en revenir au statu quo ante.
Or, ce n’est pas comme cela que les choses se passent, ni qu’elles peuvent se passer.
Chacun d’entre nous a des conceptions morales, éthiques, politiques, philosophiques ou religieuses. Qu’est-ce qui ferait, qu’est-ce qui pourrait faire que nous renoncions instantanément à celles-ci, que nous penserions soudain qu’elles sont fallacieuses, inacceptables ou insupportables ?
Ce n’est pas si simple.
Ce qu’on appelle la déradicalisation est forcément un processus long qui appelle analyse, dialogue et patience.
C’est un processus qui appelle d’abord une compréhension du phénomène.
Il n’est pas compatible avec les déclarations selon lesquelles « vouloir expliquer c’est déjà excuser. »
Il faut d’abord comprendre le mal pour y apporter réponse.
benslamaC’est pourquoi je tiens à saluer la parution très récente du livre de Fathi Benslama intitulé Un furieux désir de sacrifice publié aux éditions du Seuil.
Dans une interview donnée à L’Obs à l’occasion de la parution de cet ouvrage, Fethi Benslama conteste d’ailleurs le terme de « déradicalisation » dans la mesure où on l’associe aux conceptions simplistes que je viens d’évoquer. Je le cite : « Je récuse fermement la notion de "déradicalisation". C’est absurde de proposer un nouveau déracinement comme traitement : personne ne peut accepter d’être déraciné, de devenir un paria. La ligne à suivre, sur le plan psychique, est plutôt celle qui consiste à aider le jeune à retrouver sa singularité perdue dans l’automatisme fanatique et la fusion dans un groupe d’exaltés. Cette abolition des limites individuelles dans les groupes sectaires est du reste ce qui favorise l’autosacrifice. Il s’agit donc d’entreprendre un travail de reconstruction du sujet, en tant que responsable de lui-même et de ses choix. »
J’ajoute que le grand mérite du livre de Fathi Benslama est d’investir dans l’analyse des faits dits de « radicalisation » l’apport de la psychanalyse, ce qui rompt singulièrement avec les conceptions mécanistes de retour au statu quo ante sous-jacentes à bien des discours politiques.
« Comment penser le désir sacrificiel qui s’est emparé de tant de jeunes au nom de l’islam ? » se demande-t-il d’emblée, avant de rappeler que les instruments de la « clinique » de Freud « constituent un appui pour explorer les forces collectives de l’anticivilisation au cœur de l’homme civilisé et de sa morale » (p. 13). Il analyse « l’association entre une violence aveugle et la volonté de le donner à voir » comme « un nouveau franchissement qui fait du meurtre et du suicide une communication et un spectacle » (p. 18). Il dénonce les travaux qui « font l’impasse sur la dimension psychologique et a fortiori psychopathologique dans la radicalisation considérée phénoménalement comme un fait qui appartient à la volonté et à la conscience de l’acteur » (p.26). Il rappelle que « 40 % des radicalisés sont des convertis » dont certains commandent sur Internet « L’islam pour les nuls » (p. 51). Il expose que « l’autosacrifice » est sous-tendu par un « idéal de pureté », que le « discours des jeunes qui veulent mourir dans le jihad (…) est prononcé comme si la mort allait leur permettre de réveiller la vie (…), de rêver la mort comme source d’une vie plus vraie » (p. 61).
Après ces développements psychologiques et psychanalytiques, Fethi Benslama en vient aux autres sources de l’islamisme : « La lecture que je soutiens ici est que l’islamisme est l’invention (…) d’une utopie antipolitique face à l’Occident » (p. 67). Il consiste en une « subordination du politique au religieux au point d’aspirer à le faire disparaître » (p.69).
Il retrouve ainsi les analyses de Marcel Gauchet et d’Olivier Roy.
Le fondamentalisme qui sous-tend la radicalité n’est pas essentiellement – ou d’abord – religieux. Mais une conception radicale de l’islam, dite « islamique » rejoint sa visée psychiquement totalisante.
Par ailleurs, ces démarches ne sont pas sans rapport avec ce qu’on a appelé le « syndrome de Cotard » qui permet d’approcher l’idée d’« inidentification » : « Il s’agit d’un délire de négation mélancolique dans lequel le malade est à la recherche d’une mort salvatrice et en même temps se sent désincorporé, infini, immortel, surhumain » (p. 103).
Le livre s’achève sur un éloge de la révolution tunisienne. La révolution tunisienne, en effet, restaure le lien entre l’islam et les Lumières. Elle redonne sa place à l’acte politique et – ce faisant – rompt avec des visées totalisantes.
Je n’ai fait ici que survoler ce livre. Je conclus en émettant le vœu qu’il permettra de comprendre d’où viennent les phénomènes que nous combattons et qui sont contraires à toute forme d’humanisme – de les comprendre pour y apporter de vraies réponses, et non des succédanés.

Jean-Pierre Sueur

Lire et voir :
>> Le plan gouvernemental du 9 mai contre la radicalisation
>> Le rapport « Filières « djihadistes" : pour une réponse globale et sans faiblesse »
>> Le débat auquel Jean-Pierre Sueur a participé le 9 mai sur Public Sénat, sur « Quelle stratégie contre la radicalisation ? », avec Ouisa Kies et Daniel Fellous, animé par Delphine Girard (à 1 heure et 34 minutes)

Au sujet de l’usage du « 49-3 », Jean-Pierre Sueur a participé le mardi 10 mai à un débat sur Public Sénat animé par Sonia Mabrouk avec François-Noël Buffet, Benjamin Lucas et Xavier Alberti
>> (Re)voir le débat (à 35 minutes et 40 secondes)

J'apprends avec tristesse le décès de Pierre Thibault.
Il était très lié à Pierre Mauroy, qui n'avait pas oublié les années durant lesquelles ils étaient tous deux responsables des Jeunes socialistes. Il fut ensuite journaliste au Populaire. Il a animé longtemps la Sfio à Orléans et dans le Loiret, ce qui le conduisit à s'engager dans une municipalité associant radicaux, socialistes et centristes, au sein de laquelle il fut maire-adjoint. Si ce choix fut ensuite discuté au sein du nouveau Parti socialiste, son dévouement et sa disponibilité furent reconnus de tous. Il en fut de même pour son engagement dans le sport et la vie associative, comme l'ont justement noté Jean Ros et Avelino Valle. Peu avant sa disparition, Pierre Mauroy me parlait encore de sa « modestie » et de sa « fidélité ».

Jean-Pierre Sueur

Cela s’est encore une fois vérifié. Les fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans sont à nulle autre pareilles. Il y a dans notre ville, ces jours-là, transcende ce qui divise les Français – et les sujets de division ne manquent pas.
Emmanuel Macron y fut chaleureusement accueilli, comme toutes les personnes invitées à présider ces fêtes. Il eut le mérite de faire tout le parcours du cortège commémoratif et de marquer une grande proximité, une réelle sympathie à l’égard des milliers de personnes qui étaient venues.
Son discours fut entièrement centré sur les valeurs de Jeanne d’Arc : la justice, le courage, l’énergie, la détermination, le soutien indéfectible aux plus faibles.
Ce fut aussi un discours profondément républicain, convoquant Jaurès, Gambetta, Péguy, Jean Zay et De Gaulle pour appeler à l’action face aux défis de notre époque.
Certains y ont vu – on y verra toujours ! – des visées politiciennes et des ambitions subliminales.
Mais on peut faire ce procès d’intention à pratiquement tous les discours tenus par les invités d’honneur des fêtes johanniques.
En tout cas, ce qui est clair, c’est que le choix fait par certains élus de récuser l’esprit de rassemblement et d’unité qui caractérise nos fêtes, n’a pas été compris. Je reproduis, sans ôter une ligne, le communiqué que j’ai publié il y a quelques jours – et que les faits ont validé.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire mon communiqué « À propos des Fêtes de Jeanne d’Arc »

Jean-Pierre Sueur a présenté en séance publique au Sénat l'explication de vote du groupe socialiste sur le projet de loi « pour une République numérique », projet qui a été adopté par 322 voix pour sur 323 suffrages exprimés. Il a dit que ce texte, présenté par Axelle Lemaire, serait « une grande loi de la République. » Il embrasse en effet l'ensemble des sujets induits par le développement du numérique, affirme que la sphère du numérique est un « objet de droit » et que le droit d'auteur comme la propriété intellectuelle, la protection de la vie privée et des données personnelles ou l'interdiction de propos racistes doivent y être pleinement respectés. Il affirme qu'en même temps, le phénomène numérique nous conduit à réécrire ou à préciser des pans entiers de notre droit.
Il a noté parmi les apports du Sénat : le refus d'introduire dans la loi la notion de « secret des affaires », ce qui aurait été préjudiciable à la liberté d'information dans le domaine économique ; la promotion des « logiciels libres » ; l'accessibilité des décisions de justice ; une plus grande protection des « lanceurs d'alerte » ; la lutte contre le cyberharcèlement ; et surtout, le droit universel à l'accessibilité au numérique pour toutes les personnes handicapées.
Il a regretté que d'autres points n'aient pas été retenus comme : les consultations citoyennes par Internet lors de la préparation des projets de loi (à l'image de celle qui a eu lieu sur ce projet de loi) ; l'action de groupe et la possibilité pour les associations de se constituer partie civile ; la possibilité de prévoir le retrait de données numériques post mortem et enfin la prise en compte du procédé - dit « DTM » - d'extraction de données sur les travaux scientifiques, très demandée par les chercheurs et universitaires français.
Il a pour finir appelé de ses vœux de nouvelles avancées sur chacun de ces points à la faveur de la commission mixte paritaire qui réunira prochainement sénateurs et députés, et il s'est réjoui du maintien du titre du projet de loi, en concluant son propos par cette phrase : « Il faut dans ce domaine comme dans les autres qu'éclatent les valeurs et les principes républicains. »

>> Lire l'explication de vote faite en séance publique par Jean-Pierre Sueur au nom du groupe socialiste

Lors du débat sur le projet de loi « République numérique », Jean-Pierre Sueur a défendu un amendement, dont il était signataire, et qui a été adopté par le Sénat, afin de mettre fin aux zones blanches persistantes pour la téléphonie mobile dans certains espaces ruraux. Il a dit que le Sénat « étant naturellement le défenseur de la ruralité se devait d'adopter de telles mesures. »
Cet amendement prévoit la possibilité pour l'ARCEP, lorsque cela est justifié au titre de l'objectif d'aménagement du territoire, d'enjoindre les opérateurs à négocier un accord de mutualisation de leurs infrastructures mobiles, dont elle encadre les termes. À défaut d'accord, le régulateur peut amener chaque opérateur à proposer une offre de référence d'accès à son réseau en zone rurale. L'ensemble de ce mécanisme peut faire l'objet de sanctions de la part du régulateur.

>> Lire l'intervention de Jean-Pierre Sueur en séance

>> L'amendemant cosigné par Jean-Pierre Sueur

Je tiens à rappeler que les Fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans témoignent chaque année de l'union et du rassemblement de tous les Orléanais autour de leur héroïne. 
Il faut absolument, à mon sens, être fidèle à cet état d'esprit qui a toujours prévalu à Orléans. 
J'ai défilé auprès de tous les invités, quels qu'ils fussent, ministres de droite comme de gauche, sans aucune exception.
J'ai tenu, lorsque j'étais maire, à inviter des personnalités de la majorité comme de l'opposition.
Les divergences sont légitimes dans notre démocratie. 
Elles ne justifient pas le refus du rassemblement autour des valeurs qui doivent nous réunir. Je rappelle que c'est la République, et que c'est le Parlement qui ont donné aux fêtes de Jeanne d'Arc d'Orléans le statut de fêtes nationales.

Jean-Pierre Sueur

Nous consacrons l’essentiel de cette lettre électronique hebdomadaire au projet de loi sur la République numérique qui est en cours de débat au Sénat et sur lequel Jean-Pierre Sueur s’est beaucoup investi.
Nous revenons tout d’abord sur deux amendements essentiels dont Jean-Pierre Sueur était le premier signataire et que le Sénat a adoptés.
En second lieu, avant le vote solennel, l’explication de vote du groupe socialiste. Les explications de vote peuvent être suivies en direct entre 15 h 15 et 16 h sur le site du Sénat.

Deux amendements importants
1. La suppression de la notion de « secret des affaires »
>> L’amendement de Jean-Pierre Sueur
>> Le communiqué de presse
>> La dépêche AFP
>> L’intervention de Jean-Pierre Sueur en séance
>> L’ensemble du débat sur l’article 4

2. La promotion des « logiciels libres »
>> L’amendement de Jean-Pierre Sueur
>> Le communiqué de presse
>> La dépêche AFP
>> L’intervention de Jean-Pierre Sueur en séance
>> L’ensemble du débat sur l’article 9 ter

Autres interventions de Jean-Pierre Sueur
>> Sur un amendement liminaire déclaré irrecevable en vertu de l’article 41 de la Constitution
>> Sur la mise en place des consultations en ligne lors de la préparation de projets de loi
>> Sur l’interopérabilité des données mises à disposition
>> Communication des algorithmes
>> Qualité des données publiques
>> Souveraineté numérique
>> Publications scientifiques
>> Accès aux archives publiques
>> Accès aux données publiques sur la recherche
>> Application de l’article 40 du code de procédure pénale
>> Caractère public de la séance : articulation avec les textes européens

Lors du débat sur le projet de loi relatif à la « République numérique », le Sénat a adopté à la quasi unanimité (une abstention) un amendement de Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, affirmant que « les administrations encouragent l'utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l'achat ou de l'utilisation de tout ou partie de ces systèmes d'information. »

La loi relative à la modernisation de diverses règles relatives aux élections vient d’être publiée au Journal Officiel de la République française. Votée en dernière lecture par l’Assemblée Nationale le 5 avril et validée par le Conseil constitutionnel dans sa décision 2016-730 du 21 avril 2016, évitant des dérives qui ont nourri la polémique et même la vie judiciaire.
La nouvelle loi est d’application directe ; ses dispositions sont d’ores et déjà en vigueur.
Désormais le sondage sera défini par la loi pour éviter les contrefaçons. Il devra être présenté clairement afin que le citoyen-électeur sache qui l’a réalisé, qui en est le commanditaire, qui en est l’acheteur ; il faudra rendre publiques l’intégralité des questions posées ainsi que les marges d’erreur.
Cette révolution méthodologique bénéficiera également à la Commission des sondages, autorité administrative indépendante dotée désormais d’un véritable pouvoir de contrôle puisque tout sondage devra lui être soumis dans son intégralité (contenu, méthodologie, financement) et que la commission pourra rendre public son avis sur l’enquête s’il appelle des réserves de sa part. Enfin les sanctions financières frappant les contrevenants à la loi sont significativement accrues.
Par ailleurs, la commission des sondages doit désormais, en vertu de la loi, rendre publics sur son site pour tout sondage publié : les critères justifiant les éventuels redressements des résultats bruts des sondages ; l’ensemble des questions posées ; la proportion de personnes interrogées n’ayant pas répondu au sondage et à chacune des questions ; les gratifications éventuellement versées ; etc. L’ensemble de ces indications doit pouvoir être consulté sur le site de la commission « dès publication ou diffusion d’un sondage ».
Un grand pas dans la démocratisation du débat public et la formation de citoyens éclairés vient d’être franchi. Il revient maintenant aux pouvoirs publics de veiller à la mise en application effective de ce texte par tous les acteurs concernés.

Jean-Pierre Sueur et Hugues Portelli, sénateurs

Jean-Pierre Sueur a présenté un amendement au projet de loi sur la République numérique visant à supprimer le « secret des affaires » qui ne figurait pas dans le texte issu de l'Assemblée nationale et qui a été introduit par le rapporteur du Sénat.
Jean-Pierre Sueur a indiqué que cette notion était mal définie en droit et qu'elle pouvait porter atteinte à l'information en matière économique. La ministre Axelle Lemaire a dit que son introduction mettrait en cause la crédibilité de l'« open data » à la française.
Après un long débat, l'amendement de Jean-Pierre Sueur a été adopté par 198 voix contre 145.

Décrier la politique est, que « du plus loin qu’il pouvait s’en souvenir, la politique, et non seulement les politiques, étaient l’objet de critiques virulentes. »
Et il suffit de lire les journaux du début du XXe siècle pour mesurer le degré de violence verbale atteint par les polémiques, mais aussi par les attaques ad hominem – je pense aux injures antisémites par exemple – pour constater qu’à cet égard, les choses se sont, malgré les apparences, plutôt améliorées.
Même si la France est aujourd’hui l’un des pays du monde où l’on vit le mieux – il suffit de comparer ! –, je ne mésestime pas les difficultés que connaissent nombre de nos concitoyens. Je pense aux jeunes qui ne trouvent pas d’emploi, à tous les chômeurs et aux personnes qui connaissent la précarité. Et je comprends les réactions et les révoltes que cet état de choses peut susciter.
Mais je ne pense pas que cela justifie de jeter par-dessus bord toutes les politiques et tous les politiques.
D’abord parce que la réponse aux difficultés de notre société demande des solutions courageuses. Et que les politiques courageuses sont rarement populaires – du moins sur le moment.
Mais aussi parce que sans politique, sans débat, sans Parlement, sans partis… il n’est tout simplement pas de démocratie, pas de république et que le rêve d’une société sans politique peut devenir bien vite le cauchemar de l’extrémisme, voire du totalitarisme.
Disons-le : la politique ce sont (face 1) des convictions des valeurs, des projets, des idéaux, de l’altruisme, le sens de l’intérêt général.
Mais ajoutons aussitôt que la politique, c’est aussi (face 2) : des ambitions, des luttes pour le pouvoir ; des égos (voire des hyper-égos…) – et même, hélas, des questions d’intérêt personnel, voire de corruption.
Tout le problème, c’est que la face 2 ne l’emporte pas sur la face 1.
C’est, comme disait Péguy, que la mystique – il parlait de « mystique » républicaine, en l’espèce – ne soit pas dévorée par la politique (entendons la « politique politicienne ») à laquelle elle a « donné naissance ».
C’est un combat de chaque jour. Un combat qui vaut d’être mené. Car, comme l’écrivait également Péguy au sujet de la philosophie d’Emmanuel Kant : « Le kantisme a les mains pures, mais il n’a pas de mains. »

Jean-Pierre Sueur

Ce mardi 26 avril commence au Sénat le débat sur le projet de loi relatif à « la République numérique ».
Préparé par Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique, ce projet de loi vise à favoriser, via l’Internet, l’accès de tous aux données publiques, à adapter notre droit à la « sphère numérique », et notamment à protéger les droits des individus et les données personnelles, et enfin à favoriser l’accès de tous au numérique.
J’ai choisi de suivre de très près ce texte essentiel et d’adopter la démarche initiée par Axelle Lemaire en publiant dès aujourd’hui sur le site les 130 amendements que j’ai signés.
Je publie également le texte adopté par la commission des lois du Sénat puisque c’est sur la base de celui-ci que ces 130 amendements sont écrits.
Je propose enfin un lien avec le « dossier législatif » qui permettra d’accéder à la version initiale du texte ainsi qu’à celle adoptée par l’Assemblée nationale et à tous les débats à l’Assemblée et en commission au Sénat.
… Et bien sûr, n’hésitez pas à me faire part de vos réactions et propositions.

Jean-Pierre Sueur

Lire :
>> Le texte adopté par la Commission des lois du Sénat
>> Les 130 amendements dont je suis signataire
>> Le dossier législatif

Jean-Pierre Sueur a écrit vendredi 22 avril à Philippe Whal, président de la Poste, pour lui dire son opposition au projet de fermeture du bureau de Poste de Châtillon-sur-Loire l’après-midi.
>> Lire le courrier

9782213680989-001-XGilles Finchelstein est pédagogue. Il nous offre avec son dernier ouvrage Piège d’identité. Réflexions (inquiètes) sur la gauche, il faut repenser, renouveler et revivifier le clivage entre la droite et la gauche.
Il écrit : « J’aime le clivage droite-gauche. Je le considère comme le meilleur révélateur d’une société et de ses institutions. Mieux, je le tiens pour le clivage de la liberté – celui qui, justement, n’assigne personne à résidence sociologique » (p. 14).
Mais il ajoute : « À l’intérieur de chacun de ces camps, les réformistes doivent avoir le courage de mener le combat pour se libérer du surmoi marxiste qui règne depuis toujours à gauche et du surmoi frontiste qui progresse chaque jour à droite » (p. 212).
Ce livre contient une autre thèse : celle selon laquelle, depuis trente-cinq ans, la notion d’« identité » l’emporte de plus en plus dans les choix, les clivages et les engagements politiques sur celle d’« égalité » ! Retrouver le primat de l’égalité, c’est pour Gilles Finchelstein un impératif… sur les chemins de la liberté.

Mais plutôt que de continuer à raconter ce livre, je ne puis mieux faire que de vous inviter à rencontrer son auteur lors d’une conférence-débat qui aura lieu ce lundi 25 avril à 19 h 30 à la Médiathèque d’Orléans.

Jean-Pierre Sueur

SKM C3350160425081300 0001Fabrice Van Borren qui fut conseiller municipal à Orléans, vient de publier un livre intitulé Que vais-je dire à mes filles ? Essai pour une nouvelle donne d’un monde en transition qui propose de stimulantes réflexions sur l’économie d’aujourd’hui et celle de demain et d’après-demain.
Très marqué par l’œuvre de Jérémy Rifkin, ce livre bouscule d’emblée toute une série de poncifs. Non, nous ne sommes pas « en crise », au sens où nous sortirions une fois encore (ce n’est d’ailleurs jamais le cas !) d’une situation de crise pour revenir à l’état des choses antérieur. Nous sommes engagés dans une mutation profonde. Et à « la maximalisation des profits sans rapport avec le bien-être des humains », Fabrice Van Borren veut substituer un « nouveau modèle économique coopératif » au service de « l’épanouissement » des êtres humains. Il rappelle que le PNUD fixe à cent milliards de dollars la somme nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde – et que cela est assurément à la portée de l’humanité.
Il propose des réflexions sur la croissance, la dichotomie entre l’offre et la demande qu’il faut dépasser, la fracture territoriale et les moyens de la réduire, la « nouvelle urbanité », les cinq piliers de la troisième révolution industrielle (selon Rifkin, le premier est « le développement accéléré des énergies renouvelables », le deuxième « la construction de bâtiments producteurs d’énergie », le troisième est « le stockage de l’énergie et de l’hydrogène », le quatrième « le déploiement des réseaux intelligents fondés sur des compteurs connectés à Internet » et le cinquième « la généralisation des transports non polluants » – page 67).
Il décrit Internet comme « la nouvelle place publique mondiale ouverte à tous » qui doit être considérée comme « faisant partie des communaux. » C’est pourquoi « la neutralité du réseau est indispensable pour garantir aux communaux des communications ouvertes et universelles » (p. 96).
Il plaide pour que l’acte d’entreprendre soit le plus partagé possible et, renouant avec le philosophe Gabriel Marcel, pour que « l’être » l’emporte sur « l’avoir ». Et, dans la même veine, il cite Jacques Delors qui affirme qu’il nous faut « une compétition qui stimule, une coopération qui renforce et une solidarité qui unit » (p. 182).
On le voit, il y a dans ce livre matière à réflexion. Une réflexion lucide mais optimiste car résolument tournée vers l’avenir.

Jean-Pierre Sueur

>> Le livre peut être commandé auprès de l’auteur (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) ou sur le site www.blurb.com.

Il y a des sujets sur lesquels les choses doivent être dites avec calme, clarté, rigueur et fermeté. C'est ce qu'a fait Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, lors de sa visite à Orléans, vendredi 15 avril, visite qui a été entièrement consacrée aux questions de sécurité.
Commençons par un chiffre, dont le rappel ne plaira pas à tout le monde, mais qui est incontestable, et que d'ailleurs personne ne conteste ni n'a contesté : durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, soit de 2007 à 2012, les effectifs de la police et de la gendarmerie ont diminué de 12 469 postes (soit - 6 251 dans la police et - 6 218 dans la gendarmerie).
On s'étonne qu'alors que l'ancien président de la République et ceux qui le soutenaient avaient constamment le mot « sécurité » à la bouche, alors qu'il y avait déjà malheureusement des attentats et qu'il fallait déjà lutter contre le terrorisme, de telles décisions aient pu être prises.
Je n'en dis pas plus. Et d'ailleurs, Bernard Cazeneuve n'en a pas dit plus.
Il s'est plutôt étendu, au terme d'une visite au cours de laquelle il a longuement écouté policiers et gendarmes, sur les mesures sans précédent prises ces dernières années et ces derniers mois pour renforcer nos forces de sécurité, insistant sur le fait que si le « risque zéro » n'existait pas, tout – oui, vraiment tout – ce qui est en notre pouvoir devait être fait pour nous prémunir contre les horreurs vécues en France, en Belgique – et dans d'autres pays, et pour que chacune et chacun bénéficie en France du droit de vivre en sécurité, qui est – chacun le sait – un droit fondamental.
C'est ainsi que cinq cents postes nouveaux ont été créés chaque année dans les deux forces, et que suite aux annonces faites, en particulier, par Francois Hollande lors du congrès de Versailles, ce sont près de neuf mille postes qui auront été créés dans la police et la gendarmerie d'ici la fin du quinquennat.
Cela se traduira concrètement dans le Loiret dès la présente année 2016 par l'arrivée de soixante-neuf policiers et gendarmes supplémentaires. Et puisque le ministre de l'Intérieur a donné beaucoup de précisions, j'insiste sur le fait que l'effort ne concerne pas que les zones urbaines, ou les agglomérations d'Orléans et de Montargis, puisque, par exemple, les brigades de gendarmerie d'Artenay, de Briare, de Malesherbes et de Meung-sur-Loire seront renforcées et qu'une antenne du renseignement territorial a été créée à Gien.
J'ajoute que le ministre a fait des annonces très détaillées sur les véhicules et matériels nouveaux dont seront dotés les personnels de la police et de la gendarmerie dans le Loiret dès cette année. Chacun pourra en juger – comme des autres points – en lisant le texte intégral du discours de Bernard Cazeneuve. Certains auront pu trouver cette énumération fastidieuse. Je puis vraiment vous assurer que ce n'est pas le cas des policiers et gendarmes qui savent parfaitement combien ces questions sont essentielles pour l'efficacité de leur action, pour la protection des populations et pour leur propre protection.
J'ajoute que le ministre n'a pas manqué de saluer les personnels de la sécurité civile, et particulièrement les sapeurs-pompiers : leur concours est – nul ne l'ignore – très précieux pour la sécurité publique.
Chacun aura compris que ce fut une visite ministérielle utile !
Je termine en exprimant toute ma reconnaissance aux 110 000 policiers, gendarmes et militaires qui assurent nuit et jour la sécurité de toutes celles et de tous ceux qui vivent en France, en cette période où les menaces qui pèsent sur notre pays et sur d'autres ne doivent en aucun cas être sous-estimées.

Jean-Pierre Sueur

>> Le discours de Bernard Cazeneuve à Orléans

C'est avec beaucoup d'émotion et de tristesse que j'ai appris le décès de Julie Sabiani. Brillante universitaire, enseignante exigeante, chercheuse érudite, Julie Sabiani a enseigné à l'université d'Orléans et a dirigé le Centre Charles-Péguy d'Orléans. Elle a joué un rôle essentiel dans la connaissance de l'œuvre de Péguy, au travers de multiples publications, mettant à jour des textes inédits, des écrits de jeunesse, de multiples correspondances – et aussi en étudiant de très près et en répertoriant les nombreux manuscrits conservés au Centre Péguy, en éditant des catalogues et en préparant de multiples expositions. Elle a établi le texte de « La ballade du cœur qui a tant battu », œuvre jusque-là totalement méconnue, et a été la première à l'analyser en profondeur. Avec Géraldi Leroy, elle a permis de connaître très précisément la vie littéraire, éditoriale et culturelle au tournant des XIXe et XXe siècles. Ses travaux ont aussi porté sur George Sand, Giono, sur d'autres auteurs encore... Elle travaillait inlassablement, avec toujours la même passion et la même rigueur.

On me permettra un mot plus personnel. Je tiens à lui exprimer ma reconnaissance pour avoir bien voulu écrire avec moi trois articles sur Péguy et Orléans, Péguy et la révolution, Péguy et les totalitarismes. J'ai pu, en ces circonstances, mesurer son attachement à « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité » (comme écrivait Péguy), – avec tellement de scrupule et de ténacité ! Je n'oublie pas nos échanges, en ce lieu inspiré de la rue du Tabour qui abrite le Centre Péguy, sur la littérature, la politique, Orléans, tout ce qui nous tenait à cœur... et puis, le silence. Merci, Julie.

Jean-Pierre Sueur

Lire les trois articles évoqués ci-dessus, écrits conjointement, sur trois sujets qui restent pleinement d'actualité :
>> Péguy et Orléans
>> Péguy et la révolution
>> Péguy et les totalitarismes

Je signale l’article de Philippe Albine, sur un sujet que j’ai traité la semaine dernière, dans l’espoir que ce dossier ne sera pas définitivement refermé. Je le redis : la liaison d’Orléans au TGV est un enjeu absolument majeur pour l’avenir de l’agglomération d’Orléans et du Loiret.

JPS

Lire :
>> L’article de Philippe Albine
>> Mon communiqué

160413 Apprenties CFA Sénat BDJean-Pierre Sueur a reçu au Sénat une délégation des étudiantes préparant le BTS d'esthétique au Centre de Formation d'Apprentis de la Chambre de Métiers du Loiret qui ont participé ce 13 avril aux Journées sénatoriales de l'apprentissage consacrées à « l'apprentissage à l'heure du numérique et des nouvelles technologies ».
Elles étaient accompagnées par Sylvie Breton, formatrice, et par Hélène Dzuira, chargée de promotion.

Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat lors de la discussion de la proposition de loi visant à renforcer la liberté, l'indépendance et le pluralisme des médias pour défendre le secret des sources des journalistes.
>> Lire son intervention en séance publique

Orléans sera-t-elle, avec Ajaccio, la seule capitale régionale qui ne sera pas reliée au réseau TGV ? J'ai déjà posé, à plusieurs reprises, cette question. Elle reste essentielle. Le fait d'être desservi par le TGV et d'être rattaché au réseau TGV constitue – ou constituerait – un atout fondamental pour la ville d'Orléans et pour son agglomération.
J'ai écrit combien ce fut, pour nous, une erreur que de faire passer le TGV Paris-Poitiers-Bordeaux par Vendôme plutôt que par Orléans. C'en fut une autre que d'abandonner le projet de train rapide pendulaire (le premier "POLT") qui devait relier Paris à Limoges et Toulouse via Orléans. Ce serait une troisième erreur que de ne pas obtenir, pour le futur (et, j'espère, pas trop futur...) TGV Paris-Clermont-Lyon, que soit retenu le tracé ouest, qui est le seul qui soit susceptible de desservir Orléans, - et tous les élus concernés doivent redoubler de vigilance et d'énergie à ce sujet.
Et cela d'autant plus que nous venons d'apprendre une mauvaise nouvelle. J'ai toujours dit que le fait d'être bien relié à Roissy était un impératif pour l'agglomération d'Orléans. Pourquoi ? Parce que Roissy c'est à la fois un aéroport international et le point de convergence de nombreux TGV. Une première liaison avait été mise en place, à mon initiative notamment, qui reliait Blois et Orléans à Roissy. Elle fut – hélas ! – abandonnée ensuite. Mais les régions prirent le relais. Et si un TGV Brive-Limoges-Les Aubrais-Roissy-Lille put être mis en place, sept jours puis quatre jours par semaine, ce fut grâce aux deux régions Centre-Val de Loire et Limousin, qui avaient compris l'importance de l'enjeu et avaient accepté d'apporter à ce projet des contributions financières non négligeables.
La SNCF vient de demander aux deux régions de multiplier pratiquement par deux leur contribution pour maintenir ce TGV, ce qui est exorbitant. Celles-ci ont refusé. Qui ne les comprendrait ? Il est clair que la SNCF ne peut se défausser ainsi sur les régions pour financer une liaison pourtant nécessaire, et pleinement justifiée.
Le vrai problème que pose cette liaison est connu depuis l'origine. C'est celui des horaires. Jamais, la SNCF n'a accepté de proposer les horaires qui seraient pertinents. Il est clair que s'il y avait deux liaisons assez tôt le matin entre Orléans et Roissy, et deux autres le soir, celles-ci rendraient de grands services car elles permettraient les correspondances avec les avions et les TGV. Le maintien du prolongement vers Lille serait aussi très appréciable, car il permet d'aller facilement à Londres et à Bruxelles. Cela correspondrait aux besoins, alors que la liaison existante – en milieu de journée – n'y répond que très imparfaitement.
Je voudrais croire que cette décision n'est pas irréversible. Ce qui supposerait que la SNCF réétudie la question des horaires, de la communication, et qu'elle accepte de prendre à sa charge la part de financement qui lui revient.
Il y a là, à mon sens, un motif de mobilisation pour les élus de notre agglomération, de notre département et de notre région qui vient s'ajouter à d'autres : le strict respect des engagements pris pour l'amélioration de la ligne POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) et le maintien d'une liaison Intercités de qualité pour la ligne Paris-Nevers.

Jean-Pierre Sueur

PS : Je ne puis que renvoyer au texte que j'ai publié le 16 février 2015 – "Orléans continuera-t-elle à rater les trains ? Tragi-comédie en 4 actes" –, qui reste hélas tout à fait d'actualité.

À la suite d’un rapport qu’ils ont fait en commun en 2010, Hugues Portelli (UMP) et Jean-Pierre Sueur (PS) ont présenté en 2011 une proposition de loi relative aux sondages. Alors que la loi en vigueur sur les sondages date de 1977, il apparaissait en effet nécessaire de mettre à jour la législation à un moment où les sondages ont pris une place de plus en plus importante dans la vie politique et dans les commentaires politiques (il y a cinq sondages par jour durant la période de l’élection présidentielle !). La proposition de loi Portelli/Sueur imposait rigueur et transparence dans l’élaboration, le financement et la publication des sondages. Elle fut votée il y a cinq ans à l’unanimité par le Sénat. Mais voilà : depuis cette date, elle n’a toujours pas été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, malgré nombre de démarches de ses auteurs. À l’occasion d’une nouvelle proposition de loi sur les modalités de l’élection présidentielle, Hugues Portelli et Jean-Pierre Sueur ont déposé un amendement reprenant l’essentiel de leur proposition de loi. Ils furent à nouveau suivis par le Sénat, puis par la commission des lois de l’Assemblée nationale… mais pas par le gouvernement qui s’opposa à l’amendement en séance publique à l’Assemblée nationale… le Sénat revota jeudi dernier l’amendement. L’ultime lecture à l’Assemblée nationale aura lieu ce mardi…
Nous publions ci-dessous un article de Nathalie Segaunes paru dans L’Opinion de ce vendredi qui expose tout cela en détail ainsi que la déclaration de Jean-Pierre Sueur au Sénat ce jeudi et la vidéo de cette déclaration.

Lire :
>> L’intervention de Jean-Pierre Sueur au Sénat le 31 mars en texte et en images
>> L’article de Nathalie Segaunes
>> L’amendement Portelli/Sueur
>> Le rapport Portelli/Sueur de 2010
>> La proposition de loi Portelli de 2011 et le rapport Sueur sur ce texte

Ce n’est pas parce qu’une réforme constitutionnelle ne pourra pas se faire que toute réforme constitutionnelle doit être empêchée !
Or, il est un sujet sur lequel il existe désormais un large consensus. Il s’agit de la reconnaissance de l’indépendance du Parquet.
Un projet de loi a été voté à ce sujet par le Sénat il y a plusieurs années. Il ne répondait pas à tous les souhaits du gouvernement qui l’avait élaboré. Mais il contenait l’essentiel.
Il disposait en effet que les magistrats du parquet seraient nommés sur la base d’un « avis conforme » du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), comme c’est le cas pour les magistrats du siège, et que leur régime disciplinaire serait le même.
Autrement dit, les nominations des membres du Parquet ne dépendraient plus, en droit, du pouvoir exécutif (et cela même si, dans les faits, les derniers gardes des Sceaux ont toujours suivi les avis du CSM).
C’est important, car faute que cette disposition ait été inscrite dans la Constitution, la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme qui considère que les membres du Parquet français n’ont pas la qualité de magistrats indépendants.
Cette réforme est donc nécessaire. Elle a été votée au Sénat par la majorité comme par l’opposition. Et on ne compte plus les membres de l’actuelle opposition qui l’ont publiquement appelée de leurs vœux.
Elle est soumise à l’Assemblée nationale ces prochains jours. Et voilà que certains s’opposent soudainement à cette réforme, alors même qu’elle est largement demandée et attendue… au motif qu’il ne faudrait pas donner au président de la République, François Hollande, « le bénéfice d’un congrès réussi. »
J’espère vivement que ces manœuvres échoueront. Mais je n’en suis pas sûr. Et j’ajouterai que si la politique la plus politicienne empêchait une avancée essentielle pour notre pays, demandée depuis longtemps par nombre de parlementaires de toutes tendances, il ne faudrait pas s’étonner de voir (une nouvelle fois) nos concitoyens se détourner de la politique et des politiques.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat pour soutenir les mesures prises en matière de renseignement.

Il a noté que la création de 2 680 postes était décidée sur trois ans pour les services de renseignement, dont 1 100 pour le renseignement intérieur.
Il a insisté sur l'importance d'une totale cohérence entre l'instance nationale, la Direction générale de la sécurité intérieure et le renseignement territorial, dont le Service central de renseignement territorial est en charge.
Il a également insisté sur l'importance de "gagner la guerre du décryptage", les dirigeants de Daech ayant de grands moyens en terme de cryptage, afin de pouvoir intercepter les communications comme celles qui ont été préalables à la réalisation des attentats Paris et de Bruxelles, et de pouvoir les empêcher.
Il a enfin évoqué l'urgence de la mise en œuvre au plan européen du dispositif "PNR"(registre des passagers des avions), et indiqué qu'il ne devait pas s'agir de 28 "PNR" juxtaposés, mais d'un dispositif cohérent et efficace au plan européen Il a conclu en exprimant sa profonde solidarité avec "nos amis belges", et en disant que la lutte contre "les horreurs" dues au terrorisme imposait l'unité et le rassemblement.

>> Lire son intervention en séance

>> Voir la vidéo de son intervention

Initiée par Jean-Pierre Sueur, la loi sur la formation des élus et les syndicats intercommunaux est promulguée et publiée au Journal Officiel.
>> Lire la loi
>> Lire l’article de Localtis.info

Christian-Pheline--82marie-019Christian Phéline, qui vient de nous quitter, fut durant six ans conseiller municipal de la ville d'Orléans. Il avait accepté immédiatement d'exercer ce mandat, tant il était disponible pour "rendre service".
Né en Algérie, il avait pris ses fonctions de médecin hospitalier au CHRO en 1962. Il a été l'un des précurseurs du renouveau de la neurochirurgie en France et a fortement contribué à ce que le service de neurochirurgie du CHRO devînt un service de pointe, très reconnu. Il a beaucoup travaillé et innové, en particulier, sur la prise en charge des personnes en état de coma.
Christian Phéline avait beaucoup de cordes à son arc : il était un artiste peintre, auquel les Artistes Orléanais ont récemment rendu hommage; il s'intéressait à l'"art brut"; il admirait la culture japonaise; avait une passion pour l'aviation; il aimait la Loire : il vivait avec sa chère épouse Marie-Claude sur le Chemin du Halage à Orléans.
Conseiller municipal, Christian Phéline s'est intéressé aux questions de santé. Il s'est engagé avec Michel Brard dans les "journées ville handicap". Il a participé à nos jumelages et s'est employé, en particulier, à créer des liens avec les artistes de Dundee. Mais avant tout, et surtout, il était un grand humaniste, attentif à chacun, inspirant sympathie et amitié. Merci, cher Christian !

Jean-Pierre Sueur

A14387Internet peut être un jeu cruel. Universitaire de 48 ans, Claire ouvre – dans le dernier roman de Camille Laurens, Celle que vous croyez – un faux profil sur Facebook, avec la fausse photo d’une femme plus jeune, et séduit peu à peu un homme qu’elle n’a jamais vu, qui ne l’a jamais vue, et qui finira par se suicider. Voilà, en peu de mots, beaucoup trop peu, ce que raconte la première partie de ce livre, inspiré – c’est explicite – de Marivaux qui, mieux que bien d’autres, aura mis en lumière les ressorts de la cruauté, à rebours des idées toutes faites de ceux pour qui le marivaudage est synonyme de mièvrerie.
Les « réseaux sociaux » qui envahissent le temps et dilatent l’espace, nourrissent ainsi des communications de toutes sortes qui trahissent réalité et vérité, suscitent des mensonges en boucle, et peuvent se révéler mortifères.
Il y a là une première lecture de l’œuvre. Il en est une seconde : l’obsession dont est victime la narratrice relative à l’inégalité que renvoie la société entre femmes et hommes quant aux effets et aux ravages du temps qui passe.
Il en est une troisième : perdre le lecteur en retournant plusieurs fois l’histoire contre elle-même. Ainsi notre romancière a-t-elle, comme tous ses confrères et consœurs, le privilège de ressusciter les morts et d’enfermer les vivants. Il y a donc la première narratrice, la seconde, nommée Camille, le psychanalyste et l’éditeur. C’est l’une des caractéristiques du roman contemporain : on se perd entre fiction, autofiction et récit. Il n’est pas sûr que l’« histoire personnelle » qui constitue la deuxième partie soit plus personnelle que la première partie intitulée « Va mourir ! », qui s’ouvre sur cette phrase de Pascal Quignard : « Il arrive qu’un amour qui ne peut avoir lieu dévore l’âme. » Qui douterait qu’en littérature tout soit fiction et tout soit vrai ?
Il s’ensuit un kaléidoscope stylistique : récit sans la moindre ponctuation du prologue, style soutenu, relâché, prosaïque, langue et parole, comptes rendus cliniques, journal, chronique, phrases brisées, rayées même. On passe d’un registre à l’autre sans inutile transition. C’est un « thriller psychologique » et aussi un labyrinthe, où, malgré les apparences, le désordre est évidemment ordonné.
Camille Laurens connaît les tours et les détours de la rhétorique revue par la linguistique contemporaine. C’est captivant, parfois terrifiant. La limite, c’est sa fascination pour les jeux de miroirs autour des différentes formes d’identité littéraire. Elle en joue. Peut-on y croire ? J’ai la faiblesse de penser qu’il y a des délices, mais aussi des limites dans ces arabesques. Gustave Flaubert disait : « Madame Bovary, c’est moi. »

Jean-Pierre Sueur

9782802752240Sous le titre Du contrat de partenariat au marché de partenariat, un livre est paru aux éditions Bruylant reprenant les actes d’un colloque organisé à l’Université de Toulouse 1.
Ce livre s’achève par deux textes conclusifs, dont une contribution de Jean-Pierre Sueur reprenant et développant des thèmes qu’il avait exposés avec Hugues Portelli dans un rapport du Sénat intitulé : « Les contrats de partenariat, des bombes à retardement ? ».
Les études incluses dans ce livre ont été coordonnées par Sylvain Caylet et Lucie Sourzat, sous la direction de Serge Regourd et Lucien Rapp.

>> Lire la contribution de Jean-Pierre Sueur

Il y a des manifestations qui donnent le sentiment d’être rituelles. Telle ne fut pas, mais pas du tout, l’impression que m’a laissée la manifestation qui a rassemblé entre 1 200 et 1 300 personnes ce samedi 19 mars à Pithiviers pour défendre le maintien de la maternité dans l’hôpital de cette commune.
On ressentait que pour toutes et pour tous, « l’hôpital – et la maternité ! – c’est vital », pour reprendre le nom de l’association qui, autour de Mijo Miret et de beaucoup d’autres, se bat depuis des décennies pour défendre cet hôpital.
Ils étaient tous là : les médecins, les personnels soignants, les habitants, les élus, de toutes tendances, totalement unis, le conseil municipal au complet, les maires et les élus de presque toutes les communes des alentours, les conseillers régionaux, départementaux, les parlementaires.
Il y avait une forte mobilisation, mais aussi une grande émotion.
Les prises de parole furent plus spontanées que ce qui était prévu. Tant mieux !
L’humour allait de pair avec l’émotion. Quelqu’un a dit : « Je suis né à Pithiviers il ya 62 ans et je ne le regrette pas ! »
Le jeune Shady Zoof, âgé de 12 ans, est monté à la tribune et a déclaré au micro : « Mettre au monde, c’est l’art de prolonger l’œuvre d’amour et de la sublimer. Et c’est à Pithiviers que nous la sublimons ! »
Des syndicalistes venus du CHRO (Orléans) et du CHAM (Montargis) sont venus apporter tout leur soutien.
J’ai rappelé mes dialogues avec Bernard Kouchner en 1997. Bernard avait compris en venant ici le profond attachement de la population à cette maternité.
Il y a eu dans cette maternité 509 accouchements en 2015. C’est-à-dire que nous sommes très au-dessus du seuil de trois cents accouchements, seuil estimé par la Cour des comptes pour qu’une maternité soit viable.
Faisant référence à une proposition récente, aussi inattendue qu’aberrante, j’ai dit : « Nous voulons une maternité, pas un aéroport ! »
J’ai aussi évoqué la nécessité de défendre les services publics dans le Pithiverais, connaissant les inquiétudes des élus qui relaient celles des habitants des communes sur le devenir des bureaux de poste et des trésoreries.
Chacun a parlé à sa manière. Il n’y a pas eu de fausse note.
Il y eut une vraie unité.
Reste maintenant à agir pour éviter l’arrêt des accouchements à Pithiviers.
A ma demande, une réunion a lieu ce lundi soir 21 mars associant l’Agence régionale de santé Centre-Val de Loire, des directeurs d’hôpitaux (Pithiviers, Orléans, Montargis) et des représentants des médecins de ces trois hôpitaux.
Nous serons également reçus prochainement au ministère de la santé.
Cette forte manifestation de samedi montre la détermination des habitants du Pithiverais et de leurs élus. Nous devons être entendus !

Jean-Pierre Sueur

Lire, voir, écouter :

 

Dans un rapport parlementaire récemment présenté devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, émettent l’hypothèse de la création d’un aéroport dans le Pithiverais, à Césarville-Dossainville, pour « désengorger » Orly et Roissy.
Cette annonce a surpris tout le monde.
Aussi ai-je rencontré personnellement dès que j’ai eu connaissance de celle-ci – le jeudi 17 mars – Alain Vidalies, ministre des transports. Celui-ci m’a fait la déclaration suivante en m’indiquant que je pouvais en faire état publiquement :
« Le gouvernement n’a pas commandé ce rapport, qui est une initiative parlementaire. Il n’en a pas eu connaissance. Ce rapport n’engage en rien le gouvernement. Le gouvernement n’a nullement l’intention de réaliser un tel projet. »
Voilà qui a le mérite d’être clair !
J’ajoute que les députés auteurs de ce rapport imaginaient un tel projet dans le cadre de la réalisation d’un « trajet médian » du futur TGV.
Ils semblent ignorer que la très grande majorité des élus du Loiret soutiennent le tracé ouest qui aurait l’avantage de desservir Orléans. Avec le tracé médian, notre département du Loiret serait traversé, mais nullement desservi par le TGV !
Enfin, l’un des deux coauteurs du rapport, Christophe Bouillon, vient de m’envoyer la déclaration suivante que je tiens à rendre publique :
« Christophe Bouillon, député, tient à préciser aux élus ainsi qu’aux habitants des communes limitrophes de Pithiviers le fait que ce rapport parlementaire n’engage absolument pas le gouvernement. Il contient des recommandations qui n’ont pas fait l’objet d’un vote. La recommandation relative à un aéroport à Pithiviers n’est qu’une recommandation parmi quarante-sept autres propositions. Elle n’est pas jugée prioritaire dans le rapport. Les contraintes et les arguments contre sont clairement exposés dans le document. L’essentiel des mesures contenues dans ce rapport concerne les modifications des trajets des avions et une meilleure information des riverains. »

Jean-Pierre Sueur

Conformément à l’engagement qu’il avait pris, parfois douloureusement, une rupture d’égalité et une discrimination.
La rédaction issue de l’Assemblée nationale tentait de régler le problème en n’écrivant pas que la mesure s’adressait aux binationaux et en rendant possible pour ceux qui n’ont qu’une seule nationalité une apatridie, sous réserve de modification de textes ultérieure. Mais cette apatridie serait contraire à nos principes et à nos engagements.
C’est pourquoi, comme l’ont fait des sénateurs de six groupes politiques du Sénat, Jean-Pierre Sueur a signé et soutenu avec trente-deux sénateurs socialistes l’amendement que nous reproduisons ci-dessous.

amendement43rectifie Page 1

amendement43rectifie Page 2

Le rapporteur Philipe Bas ayant demandé la priorité sur son propre amendement, cet amendement n’a pas été soumis au vote. Jean-Pierre Sueur a également voté contre l’amendement de Philipe Bas qui affirme que la déchéance de nationalité ne concerne que les binationaux.
Lire :
>> L’intervention de Jean-Pierre Sueur en séance publique sur la déchéance de nationalité
>> Une intervention de Jean-Pierre Sueur en réponse à Jean-Louis Masson
>> L’intervention de Jean-Pierre Sueur sur l’inscription dans la Constitution des conditions de mise en œuvre de l’état d’urgence

Editorial du numéro 26 de La Lettre de Jean-Pierre Sueur

J’écris ces lignes au lendemain de l’hommage solennel rendu à nos cent trente compatriotes, et amis accueillis dans notre pays, disparus, aux nombreux blessés, à tous ceux qui souffrent de la mort d’un être cher.
Je ne sais ce que sera l’actualité lorsque vous lirez ces lignes, puisqu’il y a un délai pour l’impression et la distribution de cette Lettre. Je sais qu’un événement chasse l’autre, dans ce qu’on appelle « l’actualité », et qui est marquée par tant de « zapping », comme on dit, que parfois tout se mêle et qu’on n’apprécie plus les faits à leur juste mesure.
Mais je sais que nous ne devons pas et ne pouvons pas oublier ce qui s’est passé.
Notre démocratie, qui est vivante, ne doit pas empêcher l’union des Français sur l’essentiel, tout au contraire.
Des décisions ont été prises par François Hollande, président de la République, par le gouvernement et le Parlement pour accroître la vigilance, renforcer la sécurité, défendre notre pays et les valeurs qui sont les nôtres et qui sont notre bien commun.
Tout cela peut susciter le débat. C’est légitime. Mais j’ajoute que j’ai peu de goût pour la polémique en ces matières.
Je n’ai pas l’état d’esprit cocardier. Mais comme vous tous et vous toutes, j’aime mon pays. Et je mesure constamment – ce fut encore le cas après le 13 novembre – combien notre pays compte, combien il est une référence, en raison de son histoire et des idées qui ont germé en son sein, pour nombre d’habitants du monde.
J’ai souvent dit pour conclure un discours : « Vive la République et vive la France ! » je n’ai jamais ressenti autant que ces derniers jours combien ces simples mots avaient de force et combien, malgré ces lourdes épreuves, ils suscitaient d’espérance.

Jean-Pierre Sueur

>> Télécharger le numéro 26 de La Lettre

Avec d’autres élus, au-delà, à venir manifester le samedi 19 mars à 13 h à Pithiviers (devant la sous-préfecture) pour obtenir le maintien de la maternité de l’hôpital de Pithiviers.
J’ai en effet été informé, comme d’autres élus, par le Directeur général de l’Agence régionale de santé que celui-ci donnait à cette maternité un délai relativement court pour assurer une totale « permanence des soins », ce qui suppose de trouver à temps plein ou partiel les gynécologues-obstétriciens, anesthésistes et pédiatres nécessaires. Faute de quoi la maternité continuerait à proposer des consultations, mais il n’y aurait plus d’accouchement à Pithiviers.
Cette situation me rappelle celle que nous avons connue en 1997. Il y avait alors une forte mobilisation de la population. Et j’avais pu obtenir de Bernard Kouchner et de Martine Aubry le maintien de cette maternité. Je me souviens de toutes les discussions que j’avais eues avec eux. Il avait fallu se montrer persuasif !
Je précise que la maternité de Pithiviers entre tout à fait dans les critères fixés récemment par la Cour des comptes qui a considéré qu’il fallait plus de trois cents accouchements par an pour qu’une maternité soit viable.
Or il y en a eu plus de cinq cents à Pithiviers en 2015.
Il y a là une vraie question d’aménagement du territoire. Le maintien de la possibilité d’accoucher à Pithiviers est instamment et fortement souhaité et demandé par les habitants du Pithiverais, du nord-Loiret et d’une bonne partie du centre et de l’ouest du Loiret.
Il y aussi un problème national : celui du lieu d’exercice des médecins spécialistes et généralistes. Il est clair que tous les départements et tous les secteurs géographiques ne sont pas logés à la même enseigne, loin s’en faut. Il y a là une véritable et lourde inégalité, contraire à l’égalité inscrite dans notre devise républicaine.
J’ai, bien sûr, pris contact avec le ministère de la santé.
Je compte tout faire, avec mes collègues élus, pour qu’une solution soit trouvée, comme ce fut le cas en 1997.
Pour cela, l’appui des habitants est très précieux. Alors venez nombreux ce samedi 19 mars à 13 h à Pithiviers !

Jean-Pierre Sueur

Lire :
>> L’appel
>> La République du Centre du 14 mars 2016
>> La pétition

Pour contacter l’association « À Pithiviers, l’hôpital c’est vital » : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

J'ai donné à Florent Buisson, de La République du Centre, une interview sur l'avenir de l'agglomération Orléans- Val de Loire.

JPS

160312 rc agglo

SC MF335-1160314105800 0001Je remercie sincèrement Pierre Allorant et Jean Garrigues (ainsi que les co-auteurs) d’avoir accueilli un témoignage sur « l’élaboration de la parole publique » dans leur livre Paroles d’en haut qu’ils viennent de publier dans la collection « Classiques Garnier » - et qui est le fruit d’un colloque organisé les 6 et 7 décembre 2012 à l’Université d’Orléans.

JPS


>> Lire le texte de l’intervention de Jean-Pierre Sueur qui était croisée avec celle de Chantal Jouanno

Sur ce sujet, je signale aussi le colloque que j’ai organisé au Sénat sur « L’écriture de la loi ».
>> Lire les actes du colloque

Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), a écrit à Jean-Pierre Sueur une lettre suite à l’amendement qu’il a présenté et fait adopter par le Sénat. Celui-ci étend aux intercommunalités la possibilité donnée par la loi de 1992 aux communes de subventionner les salles de cinéma, afin de développer le cinéma dans les villes petites et moyennes, dans le monde rural ainsi que les salles d’art et d’essai.

>> Lire la lettre de Richard Patry

Profondément attachés à l'hôpital de Pithiviers, et à sa maternité, nous demandons que tout soit fait pour assurer le maintien, dans de bonnes conditions de sécurité sanitaires (renforcement des professionnels médicaux : anesthésistes, gynécologues-obstétriciens, pédiatres), de la maternité, et le développement des services de l'hôpital.

Nous savons en effet que les habitants du Nord-Loiret y sont très profondément attachés.

Nous prenons contact avec le ministère de la santé et tous les services publics compétents pour que les décisions nécessaires soient prises à cet effet.
Nous appelons tous les habitants à une manifestation de soutien à l'hôpital, à la maternité et à leurs personnels le samedi 19 mars à 13 heures (départ à 13 heures de la sous-préfecture de Pithiviers, arrivée à 13 heures 30 à l'hôpital).
Nous avons choisi d'être unis pour défendre un service public essentiel pour toutes et tous.

Marianne DUBOIS et Jean-Pierre DOOR, députés
Jean-Pierre SUEUR, sénateur
Philippe NOLLAND, maire de Pithiviers
Marc GAUDET, Agnès CHANTEREAU, Michel GUÉRIN, conseillers départementaux
Monique BÉVIÈRE, président du Syndicat du Pays Beauce Gâtinais en Pithiverais

Jean-Pierre Sueur, vice-président de la commission des lois, avait déposé une proposition de loi afin de permettre à l’ensemble des élus locaux de bénéficier effectivement du droit individuel à la formation, prévu par une loi précédente dont il avait été à l’origine avec Jacqueline Gourault.

Le Sénat a adopté, au cours du débat sur cette proposition, une autre proposition, qui a été soutenue par Jean-Pierre Sueur, visant à rétablir les indemnités des présidents de syndicats intercommunaux et de syndicats mixtes – qui avaient été remises en cause – jusqu’au 1er janvier 2020.

La proposition de loi, ainsi complétée, a été adoptée à l’unanimité par le Sénat. Elle vient d’être adoptée, également à l’unanimité, par l’Assemblée nationale le 9 mars. Elle est donc définitivement adoptée.

Lire :

JA45Ces dernières semaines, d’écouter, de comprendre les problèmes et de les relayer auprès du gouvernement comme du Parlement.

Pour un juste prix
Première remarque : les agriculteurs demandent, à juste titre, à être payés pour leur travail. Chacun sait aujourd’hui que ce qui revient au producteur sur le prix payé pour un litre de lait ou un kilogramme de viande de porc ne correspond pas au coût du travail effectué par l’agriculteur qui a produit ces denrées. Il faut mettre en cause à ce sujet la loi LME (loi de modernisation économique) qui a complètement déséquilibré les relations entre les grandes surfaces et les représentants des producteurs. Je pense qu’il faut revoir cette loi. Et je le pense d’autant plus que je puis écrire aujourd’hui que Jean-Paul Charié, qui était député du Loiret, avec qui j’entretenais des relations amicales même si nos convictions politiques étaient différentes, et qui fut rapporteur de cette loi, m’a dit peu de temps avant sa disparition qu’il faudrait « totalement revoir le volet commercial de cette loi. » Lui qui avait, toute sa vie, défendu le commerce de proximité contre l’emprise excessive des grandes surfaces, ne se reconnaissait plus dans cette loi, ni dans ses conséquences, en dépit du fait qu’il avait assuré la fonction de rapporteur. Je le redis : il faut revoir cette loi.
Il faut aussi que les Français, et les Européens, acceptent de payer les produits de l’agriculture à leur vrai prix. Ils sont aujourd’hui trop souvent sous-payés. Ou, en tout cas, dans la formation du prix, l’agriculteur est sous-payé.

Organiser les marchés et les filières
En second lieu, il est clair que l’organisation des marchés et l’organisation des filières sont déterminantes. Quelles que soient leurs orientations politiques, la plupart des agriculteurs ne se reconnaissent pas dans l’Europe ultralibérale qu’un certain nombre de membres de la Commission font passer avant toute chose. Il y a là un funeste dogmatisme.
Je me souviens que, jeune député du Loiret, j’avais dû faire face à une manifestation d’agriculteurs qui protestaient contre l’instauration des quotas laitiers.
Un quart de siècle plus tard, j’ai vu arriver une autre manifestation d’agriculteurs qui protestaient contre la suppression des quotas laitiers…
J’ai souvent réfléchi à cette évolution. Dans les années quatre-vingt, il y avait une certaine peur des règles bureaucratiques et d’une économie administrée. On a vu ensuite que cette crainte n’était pas vraiment fondée et que si l’on renonce à organiser les capacités de production, à gérer l’éventuelle surproduction, à soutenir la filière et donc à garantir des revenus, la situation devient ingérable. Nos producteurs de lait sont les premiers à en faire les frais.
Je sais que le président François Hollande, comme le ministre Stéphane Le Foll sont intervenus pour que l’Europe maîtrise bien davantage ces processus. Je sais qu’ils le feront encore. Je sais qu’il est essentiel de trouver à cet égard des alliés en Europe. Ce qui n’est pas toujours facile, mais est nécessaire. Il faut impérativement mettre en œuvre les mécanismes de gestion des situations dramatiques comme celle que vivent les éleveurs français, relever le prix d’intervention sur le lait et réguler la production de viande porcine au niveau européen.

Charges : une décision sans précédent
De la même manière, il fallait mener la bataille des charges. Il n’est pas possible que les charges sociales soient aussi disparates entre les pays d’Europe. Je salue à cet égard la décision prise par le gouvernement français de baisser de 10 % les cotisations sociales payées par les agriculteurs. Je dirai d’ailleurs à ce sujet que certaines critiques m’apparaissent excessives quand on sait qu’aucun des précédents gouvernements n’a pris une telle mesure, qui est donc sans précédent, et qui aura pour effet de rapprocher les charges sociales payées par nos agriculteurs de la moyenne européenne.

Gagner la bataille des normes
Une autre bataille doit être menée sur le front des normes en matière d’environnement, de pesticides, etc. Je dis clairement que ces normes doivent être les mêmes pour tous les producteurs européens. Et qu’il n’est pas acceptable que l’on trouve dans les rayons de nos supermarchés des fruits et des légumes produits dans d’autres pays d’Europe avec l’aide de pesticides qui sont interdits en France. Les règles environnementales doivent être les mêmes pour tous.
De même qu’il est devenu intolérable que l’origine des viandes transformées ne soit pas clairement mentionnée avec tous les détails requis. J’ai posé une question à ce sujet à Stéphane Le Foll. La réponse qui m’a été faite ne me convient pas. Il faut faire bouger les choses à ce sujet, dans l’intérêt d’ailleurs, de l’ensemble des consommateurs européens.

Une agriculture de qualité
Troisième remarque : nous tenons en France à un certain type d’agriculture ; nous sommes attachés à la qualité de la production ; nous aimons les circuits courts et les ventes à la ferme.
Nous n’apprécions pas les « usines » où – à l’étranger – des milliers d’animaux sont « produits » (j’emploie ce terme à dessein) dans un processus qui n’a plus grand-chose à voir avec « l’agriculture paysanne ».
Ma position à ce sujet est claire. Il faut garder cette qualité de l’agriculture française à laquelle nous sommes attachés. Mais il y a aussi des évolutions à mener à bien pour ce qui est de la structure d’un certain nombre d’exploitations et de l’organisation des filières.
Je pense que ces deux orientations ne sont pas antinomiques. Les pouvoirs publics – l’État, mais aussi les Régions – doivent aider les évolutions nécessaires dans le respect des impératifs de qualité auxquels nous sommes légitimement attachés.

Malgré tout, des signes positifs
Enfin, il y a des signes positifs, internes à notre pays. Je pense au « fonds porcin » qui doit permettre le prélèvement par les collecteurs, de dix centimes par kilogramme de porc sur les acheteurs pour les restituer aux producteurs. Il y a la « charte de valeur » initiée par la Fédération nationale des producteurs de lait. Il y a la perspective de la fin de l’embargo russe : il n’est pas juste en effet que les conséquences des choix de la politique internationale qui sont faits – même si c’est à bon escient – pénalisent les agriculteurs de notre pays.
Notre agriculture est forte. Elle est un atout pour la France. Elle mérite d’être soutenue. Elle doit l’être. N’oublions pas que tous ceux qui ont été les précurseurs de politiques agricoles ambitieuses et novatrices, de François Tanguy Prigent à Edgar Pisani en passant par Michel Debatisse, se caractérisent, au-delà des différences d’approche, par un point commun : leur volonté de promouvoir l’organisation des productions, des marchés et des filières contre la loi de la jungle qu’engendrent inéluctablement des dogmes de l’ultralibéralisme.
Jean-Pierre Sueur

SC MF335-1160307133600 0001Bernard Le Breton aime son village, Ligny-le-Ribault, un village de Sologne. Il est le fils du premier électricien de la commune. Il y est né, et a été mis au monde par le docteur Pierre Ségelle. Après une vie très active, en tant qu’enseignant, il s’est consacré avec son épouse, Marie-Louise, qui fut, elle, institutrice à Ligny-le-Ribault, à l’histoire de ce village où, avec des amis, ils ont créé et fait vivre un écomusée.
Tout commença par une conférence, le 12 octobre 2014. Celle-ci donna naissance à un livre qui vient de paraître, édité par l’écomusée, auprès duquel on peut le commander, un livre qui se lit d’une traite, car il est passionnant de la première à la dernière page. C’est aussi le premier livre consacré à Ligny-le-Ribault.
On me pardonnera de m’attarder ici principalement sur deux chapitres remarquables.
Le premier porte sur Pierre Ségelle. On sait que celui-ci fut maire socialiste d’Orléans de 1954 à 1959. On sait moins qu’après avoir été interné comme prisonnier civil en Allemagne durant la Première Guerre mondiale (et avant d’être déporté en Allemagne, durant la seconde !), après avoir été mobilisé dans l’armée d’Orient en 1918 en tant que médecin auxiliaire, il s’établit ensuite comme « médecin de campagne », et aussi médecin des pauvres et des plus démunis à Ligny-le-Ribault où vivaient ses parents. Sa disponibilité était grande. Il omettait de faire payer ceux qui ne le pouvaient pas. Bernard le Breton rapporte qu’une heure avant son mariage – à Yvoy-le-Marron –, « il se rendit au chevet d’une petite fille de trois mois afin de s’assurer que son état de santé ne s’était pas dégradé. »
Son premier engagement politique, ce furent les élections municipales de 1925 à Ligny-le-Ribault. C’est lui qui obtint le plus grand nombre de voix. On lui refusa cependant - le conservatisme veillait ! - d’être adjoint, et il fut donc, avec un instituteur, dans « l’opposition municipale ». Mais bien qu’il fût minoritaire, « il était systématiquement désigné par ses collègues comme secrétaire de séance »… Il fut réélu en 1929, dans les mêmes conditions… Et bien qu’il se fût installé à Saint-Marceau, il mit un point d’honneur à continuer à exercer son mandat et à participer à l’animation de Ligny-le-Ribault, où il avait créé une « société de bigophone. »
SC MF335-1160307133600 0003À Orléans, Pierre Ségelle resta le médecin des pauvres. Il fut Résistant. Il fut déporté. Il se battit en tant que maire pour construire des logements sociaux. C’est un grand homme. Il mérite bien la rue qui porte son nom à Ligny-le-Ribault, et qui fut inaugurée par Henri Duvillard le 7 juillet 1974.
Je serai plus court sur le second chapitre remarquable, qui est consacré au tramway… On l’a oublié, mais la Sologne fut, au début du XXe siècle, desservie par un tramway qui reliait plusieurs villages à Orléans. Une pétition fut lancée, avec succès, en 1902, pour que la ligne de tramway qui reliait Orléans à Cléry se poursuive jusqu’à Ligny. La ligne fut inaugurée en 1905, ce qui montre qu’à l’époque, les procédures étaient moins longues que de nos jours... Le tramway transportait les voyageurs, mais aussi les marchandises produites à Ligny, comme les balais et les sabots. La vitesse autorisée était de vingt kilomètres par heure. Il fallait deux heures pour aller d’Orléans à Ligny. Les habitants de la commune demandèrent que le courrier fût acheminé par le tramway plutôt que par la voiture hippomobile qui le convoyait auparavant… Il est singulier de constater combien les tramways que l’on a si facilement démontés au bénéfice de la déesse automobile étaient alors perçus comme un mode de transport à la fois moderne, souple, efficace et convivial…
sabotsIl y aurait beaucoup d’autres passages de ce livre à citer, comme celui relatif aux sabotiers par lequel on apprend que Marcel Terquis fabriquait « des sabots spéciaux pour les braconniers ; le talon était situé à l’avant du sabot, si bien que le garde-chasse (…) était trompé sur le sens réel de la marche du "braco", à partir des empreintes apparentes au sol » (on peut voir ces sabots très spéciaux à l’écomusée de Ligny).
… Mais il est temps de conclure en remerciant chaleureusement Bernard Le Breton pour ce bel ouvrage !

Jean-Pierre Sueur

Commençons par un retour aux chiffres. Il y a 500 millions d’habitants en Europe. Si nous accueillons un million de réfugiés, leur maison, ne laissent pas là-bas l’essentiel de ce qu’ils ont, par gaîté de cœur. Ils ont le choix entre partir ou mourir, ou du moins risquer la mort. Et ils risquent encore la mort en confiant leur vie à des passeurs sans scrupule.
Rappelons encore que les pays de l’Europe sont signataires de la Convention de Genève qui les oblige à accueillir ces réfugiés qui sont victimes du terrorisme dans leur pays. C’est une obligation. C’est un devoir sacré que nos pays se sont librement engagés à mettre en œuvre.
Or, nous assistons à un terrible enchaînement. Les uns après les autres, les pays ferment leurs frontières, se protègent et se calfeutrent. Avec pour conséquence claire que la situation sera toujours plus ingérable en Grèce, au sud de l’Italie, ailleurs encore.
L’Europe avait créé un espace de libre circulation des personnes. Si cet espace instauré à Schengen se disloque, ce sera un terrible retour au passé.
Que manque-t-il ?
Il manque – on le découvre cruellement avec cette crise et ce drame – une vraie puissance publique européenne.
L’Europe est un marché – le marché commun -, elle est une puissance économique. Elle n’est pas encore, ou pas suffisamment – tant s’en faut – une puissance politique. Et nous payons aujourd’hui le fait de n’avoir pas construit une Europe politique.
Que faut-il faire ?
Il faut, bien sûr, mettre fin à ce qui cause le mal : Daesch. La France y prend sa part. Il faudra encore beaucoup d’efforts venant d’horizons différents.
Il faudrait parvenir à créer l’équivalent des « hot spots » dès les rivages d’où partent les migrants, et concrètement aider efficacement la Turquie – qui ne manque pas de contradictions ! – le Liban et la Jordanie qui accueillent déjà sur leurs sols davantage de réfugiés que l’Europe.
Il faut une vraie organisation – une puissance publique – pour que chaque pays apporte sa contribution à l’effort nécessaire. Il y a nombre de paradoxes : ainsi, la maire de Barcelone attend-elle vainement qu’arrivent les réfugiés qu’elle est prête à accueillir.
Il faut une lutte efficace contre les passeurs, ce qui suppose des moyens accrus, notamment pour FRONTEX.
Il faut une surveillance efficace des frontières extérieures de l’Europe. Il est clair qu’un important corps de garde-côtes (qui pourrait œuvrer aux frontières de la Grèce, pays qui fait déjà beaucoup avec ses faibles moyens) est indispensable. Chacun en convient à Bruxelles. Je lis cependant dans Le Monde daté du 27 février le constat suivant : « Les ministres de l’intérieur se sont félicités que les discussions sur cette proposition (la mise sur pied d’un corps de garde-frontières européens) aient très vite progressé, et espèrent un feu vert du Parlement européen avant l’été. Un record pour la machine à légiférer bruxelloise, mais une éternité face à l’urgence de la situation. »
Tout est dit.
Si l’Europe ne devient pas une puissance politique forte et cohérente pour régler ce lourd problème en plus des autres, s’il n’y a pas un vrai sursaut, ce drame des réfugiés risque d’entraîner, en effet, l’implosion de l’Europe, sans que cela règle pour autant le sort des réfugiés, bien au contraire.
Il faut enfin des paroles positives à l’égard de ceux qui ont tout perdu. Angela Merkel a été critiquée. Elle l’est toujours. Mais à ceux qui récusent ses propos et son action, il faut demander quelle alternative et quelles solutions ils proposent.
Car ceux qui demandent refuge sont là. Ils s’entassent sur les îles grecques.
On peut trouver des excuses, des parades, bâtir des murs, renvoyer le problème à d’autres, s’en protéger, s’en défaire.
Mais cela ne règle en rien un drame qui appelle, quoi qu’on dise, des solutions courageuses.

Jean-Pierre Sueur

Lors d’un récent débat, ce serait que l’agglomération de Tours puisse solliciter et obtenir sa transformation en « métropole », cependant qu’Orléans ne l’obtiendrait pas, ce qui pourrait avoir pour effet de fragiliser notre capitale régionale.
Je voudrais dire ici que cette crainte n’est pas fondée.
D’abord parce qu’il faut raisonner autrement. Il y a des rivalités qui doivent appartenir au passé. L’avenir est à l’union et aux complémentarités entre Orléans, Blois et Tours.
Mais surtout parce que la loi est claire : elle définit les métropoles comme des agglomérations de 400 000 habitants situées ausein d’une zone urbaine de 650 000 habitants.
Or, ni l’agglomération de Tours, ni celle d’Orléans ne répondent à cette définition.
On me dira que la loi peut toujours changer et que des pressions peuvent être exercées en ce sens. Certes ! Mais si le seuil diminuait, cela vaudrait pour Orléans comme pour Tours. Et si le législateur décidait d’abaisser le seuil de création d’une métropole à 250 000 habitants, il y aurait vingt-cinq ou trente métropoles en France, dont Orléans et Tours, mais aussi Reims, Amiens, Poitiers, Besançon, Dijon… et beaucoup d’autres !
Je rappelle qu’il a été décidé par le Parlement de limiter le nombre de métropoles à douze – en vertu des critères précités – en plus des trois métropoles spécifiques : Paris, Lyon et Aix-Marseille.
En revanche, suite à un amendement que j’ai déposé et qui a été adopté, les agglomérations comptant au moins 250 000 habitants pourront accéder au statut de communauté urbaine.
C’est, à mon sens, une réelle opportunité pour Orléans comme pour Tours, les communautés urbaines disposant de prérogatives accrues en matière de développement, d’aménagement et d’environnement par rapport à celles des communautés d’agglomération.

Je terminerai par trois remarques.
1. Il est clair que la méthode employée ainsi que l’état d’esprit qui présidera à cette transformation en communauté urbaine seront décisifs. J’ai toujours considéré que l’intercommunalité n’était pas la négation des communes. Elle doit être mise en œuvre à chaque étape, dans le respect des communes et avec elles. C’est d’ailleurs pourquoi je crois que la transformation d’une agglomération comme celle d’Orléans en une commune nouvelle n’est pas la voie à suivre. Je suis persuadé que les communes, quelles qu’elles soient, ne l’accepteraient pas. Le fait communal existe : il est vain et improductif de vouloir le nier.
2. Il ne faut pas confondre la réalité juridique et l’appellation. Si, ce que j’espère, l’agglomération d’Orléans parvient demain à se transformer, dans le respect des communes, en communauté urbaine, il faudra assurément lui trouver un autre nom que celui d’« Agglo », qui ne veut rien dire. À cet égard, la liste des noms que se sont données les communautés en France peut donner des idées. Il y a par exemple, « Clermont Communauté », « Toulon Provence Méditerranée » ou « Pau Pyrénées »... Au moins trois agglomérations – deux communautés d’agglomération et une communauté urbaine – ont choisi de se dénommer « métropole », bien qu’elles ne le soient pas juridiquement, ce qui est tout à fait possible. Il s’agit d’« Amiens Métropole », de « Reims Métropole » et de « Le Mans Métropole ».
3. Et pour finir, pourquoi ne pas imaginer pour le futur des métropoles d’un nouveau type – et notamment une « métropole Val de Loire » – incluant Orléans, Blois et Tours, qui compterait plus d’un million d’habitants, dans un site exceptionnel qui constitue un atout très fort ? Mais cela est une autre histoire…

Jean-Pierre Sueur

peguy152Certains n’en reviendront pas. Ils n’en croiront pas leurs yeux. Mais ils devront se rendre à l’évidence. L’article qui ouvre le dernier numéro de la revue de l’« Amitié Charles Péguy » et que l’on doit à Claire Daudin, quand on a lu ses écrits, d’être impie, s’intitule : « Pour en finir avec "le grand poète catholique" ».
Le « grand poète catholique », c’est bien sûr Charles Péguy lui-même.
Claire Daudin explique fort justement que Péguy a été victime de la manière dont son œuvre a été éditée. Ainsi, écrit-elle, « au cours de l’entre-deux-guerres, ce sont les morceaux choisis de la "collection catholique" qui assurent les succès en librairie de Péguy. Succès problématique qui, en dépeçant l’œuvre, compilée en petits ouvrages de dévotion, dresse un monument au "grand poète catholique", chantre de la Patrie et de l’Ancienne France (…) Cette façon de désigner Péguy est une construction éditoriale, qui ne correspond pas à la réalité de l’œuvre ni de l’auteur. Les éditeurs ne sont pas seuls en cause (…) La famille ainsi que certains milieux catholiques conservateurs ont beaucoup fait pour intégrer l’écrivain dans le giron d’une Église cléricale à la théologie étroite, celle-là même qu’il avait violemment conspuée dans les pages du Dialogue de l’histoire et de l’âme charnelle. »
Cet article est salutaire. Il montre combien l’édition sélective des écrits de Charles Péguy et leur récupération par les milieux conservateurs ont créé une image assez éloignée d’une œuvre dont les trois volumes des textes en prose publiés par Robert Burac dans La Pléiade ont mis en lumière toute la complexité.
Si Péguy fut croyant, s’il revint à la foi, il n’accepta jamais certains dogmes ni certaines pratiques. Il fut ainsi un croyant anticlérical. Il écrit par exemple dans Notre Jeunesse : « Quand on voit ce que la politique cléricale a fait de la mystique chrétienne, comment s’étonner de ce que la politique radicale a fait de la mystique républicaine. » Ou encore : « Les forces politiques de l’Église ont toujours été contre la mystique, en particulier contre la mystique chrétienne. »
Dans son livre Péguy l’inclassable, Géraldi Leroy cite ce judicieux constat d’Emmanuel Mounier : « Il y a dans Péguy de quoi mécontenter tout le monde. » C’est bien vu. L’actualité de Péguy tient à son impressionnante capacité à récuser tout dogme, tout système, toute pensée fermée sur elle-même.

JPS

Je rappelle la pétition lancée par Amnesty International pour demander que la proposition de loi que j’ai déposée et qui a été adoptée par le Sénat en 2012, permettant à un juge français d’exercer pleinement les prérogatives prévues par le statut de la Cour pénale internationale à l’égard des personnes soupçonnées de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, soit enfin inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

JPS

>> Lire l’article à ce sujet sur le site Grandslacs.info
>> Lire et signer la pétition

EcoleUn groupe d’étudiants de Sciences Po, a pris l’initiative de demander à trente responsables politiques, universitaires et chercheurs, de gauche et de droite, de rédiger un texte sur le thème : « L’école et l’égalité des chances ». Ils en ont fait un livre très original en ce qu’il apporte une grande pluralité de points de vue, de propositions et d’expériences sur ce thème. Ce livre, dont le titre est L’école au chevet de la République vient de paraître aux éditions « Connaissances et Savoirs ». Il a été présenté lors d’une conférence de presse – forcément pluraliste ! – à Sciences Po le 12 février. On trouvera ci-dessous le lien vers le texte de Jean-Pierre Sueur publié dans ce livre : « Pour une école de l’exigence ».

>> Lire le texte de Jean-Pierre Sueur

Lors de l’examen en séance publique des propositions de loi sur la modernisation des règles applicables à l’élection présidentielle, Jean-Pierre Sueur a plaidé pour que la proposition de loi qu’il avait préparée avec Hugues Portelli, qui a été adoptée à l’unanimité par le Sénat en février 2011 et qui n’a toujours pas été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale, le soit enfin.

Il a exposé que la loi de 1977 sur les sondages, toujours en vigueur, était complètement inadaptée. Les amendements qu’il a déposés pour reprendre une grande partie de la proposition de loi adoptée par le sénat ont été maintenus dans le texte de la proposition de loi sur les présidentielles, le gouvernement ayant renoncé à les supprimer par amendement.

Cette question reviendra devant la commission mixte paritaire, comptant sept députés et sept sénateurs, qui se réunira le 15 mars prochain.

>> L'intervention de Jean-Pierre Sueur au Sénat

Lire aussi les autres interventions de Jean-Pierre Sueur dans le débat sur les propositions de loi relatives à la modernisation des règles applicables à l'élection présidentielle :

>> Proposition de loi organique : article 3, article 4

>> Proposition de loi (ordinaire) : article 2 ter

prahecqUn livre de Micheline Prahecq.

Micheline Prahecq, conseillère régionale, conseillère générale, vient de publier un livre qui présente ses réflexions sur la politique telle qu’elle l’aime – et qu’on voudrait pouvoir l’aimer ! Je reproduis ici la préface que j’ai rédigée pour ce livre.

JPS

>> Lire la préface

 

  • Ce livre est disponible à la librairie Passion Culture d’Orléans

En quelques jours, ceux que l’on trouve facilement et à qui on demande beaucoup.

Zdenek Johan fut maire d’Isdes de 2001 à 2008. Né en Tchécoslovaquie, il est devenu en France un scientifique de renommée internationale, spécialiste de minéralogie. Il était l’une des figures de proue du BRGM dont il fut inspecteur général. Il a beaucoup œuvré pour les liens entre la France et la Tchéquie, jumelant une commune de son pays natal avec le village solognot d’Isdes. Ce grand scientifique s’était mis au service de son village et de ses habitants avec une très remarquable simplicité.

Denise Zermati fut durant deux mandats maire de Chanteau, une belle commune située dans une clairière de la forêt d’Orléans. Elle mit toute son énergie, tout son cœur au service de cette commune, y construisant une nouvelle école. Très proche des associations, elle aimait la culture. Elle fut toujours une choriste fervente. Très attachée à la justice et à la solidarité, elle était unanimement respectée et aimée à Chanteau.

Nicole Péot, ancienne maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, nous a quittés bien loin de chez elle alors qu’elle accomplissait un voyage à Cuba. Je me souviens de son accueil chaleureux, six années durant, à la principale manifestation de la commune, la foire aux bestiaux. Elle avait travaillé au CEMAGREF et avait été élue vingt-cinq ans de suite, développant les relations avec Châtillon-Coligny, s’impliquant dans la communauté de communes et œuvrant inlassablement hier comme aujourd’hui dans de multiples associations.

JPS

Jean-Pierre Sueur est intervenu lors du débat sur le projet de loi sur la création, l'architecture et le patrimoine, pour défendre l'article 33bis, relatif à la protection des moulins, dont le maintien était menacé par trois amendements de suppression.
Évoquant le Loiret, il a fait part des craintes de riverains du Betz et de la Cléry à ce sujet. Il a évoqué les nombreux moulins le long des cours d'eau du département, et notamment ceux, très remarquables, situés sur la rivière Le Loiret.
Il a plaidé que les moulins font partie du patrimoine culturel, historique et paysager de la France et que la nécessité de restaurer la continuité écologique sur les cours d'eau devait aller de pair avec la protection du patrimoine que constituent les moulins.
Finalement, l'article 33 bis a été maintenu dans le texte.

>> Lire l'intervention de Jean-Pierre Sueur et l'ensemble de la discussion sur l'article 33 bis

 

Alors secrétaire d'État aux collectivités locales, Jean-Pierre Sueur avait fait voter par le Parlement une loi qui permettait aux communes de subventionner les salles de cinéma, y compris lorsqu'elles étaient privées.
Cette loi a permis de sauver nombre de salles de cinéma dans des petites et moyennes communes, dans le monde rural, ainsi que des cinémas d'art et d'essai.
À la faveur de l'examen du projet de loi sur la création, l'architecture et le patrimoine, Jean-Pierre Sueur a enfin pu faire adopter le 17 février par le Sénat unanime un amendement étendant cette faculté aux intercommunalités.

>> Lire son intervention sur ce sujet ainsi que le débat qui a suivi l'adoption de son amendement

Dois-je l’écrire ? J’aime la langue française. Je l’aime telle qu’elle nous fut léguée, ses rythmes, ses sonorités, ses beautés insoupçonnables, ses incohérences, ses incongruités, ses règles et toutes ses exceptions.
Dois-je l’avouer ? J’aime cette langue comme un être vivant, changeant, façonné par le peuple et par les savants, fruit de l’histoire, ouverte sur le monde, accueillant des mots venus d’ailleurs tout autant qu’elle en offre à bien d’autres langues, les faisant siens, les intégrant, comme elle l’a toujours fait depuis qu’elle existe, sans interruption, ni exception.
Mais lorsque l’on a beaucoup appris une langue, lorsqu’on l’a longtemps enseignée, on a souvent bien du mal à accepter qu’elle change.
J’ai ainsi remarqué que, pour chacun de ceux qui la connaissent bien et la pratiquent aisément, la langue est fréquemment le dernier réceptacle du conservatisme.
Je connais de grands progressistes, des gauchistes et des révolutionnaires qui voudraient que tout changeât, mais qui pour rien au monde n’accepteraient que la langue, leur langue – qui est une part d’eux-mêmes – et surtout l’orthographe, cette orthographe qu’ils ont mis tant de temps à apprendre, mais qu’ils maîtrisent enfin, qu’ils adorent d’autant plus qu’elle fut l’objet de tant d’efforts – que cette langue et cette orthographe, donc, se transformassent.
J’ajoute que – puisque nous le retrouvons au fil de la plume – ils révèrent l’imparfait du subjonctif et savent bien que la présence de l’accent circonflexe à la troisième personne du singulier le distingue du passé simple qui, à la même personne, se trouve si souvent affublé du même accent du fait d’une ignorance, hélas, galopante.
L’accent circonflexe – nous y arrivons donc – est devenu en ce mois de février 2016, un sujet de débats dont la virulence, parfois, étonne.
Qu’il me soit permis de relativiser quelque peu ce débat et de contribuer, si c’était possible, à modérer les passions.
v 2707315362Je me fonderai pour cela sur un livre admirable que l’on doit à mon ami Bernard Cerquiglini. Il est paru en 1995 aux Éditions de Minuit et s’intitule L’accent du souvenir. Ses 165 pages sont intégralement consacrées à l’accent circonflexe.
On y apprend que, lorsque l’accent circonflexe fit son apparition, il fut vigoureusement décrié par les puristes et les défenseurs de la langue française. L’un de ses promoteurs, l’Orléanais Étienne Dolet, fut dès 1540 vilipendé et pourchassé pour avoir – en ce domaine aussi – fait preuve de liberté. Et comme l’écrit Bernard Cerquiglini : « Depuis les premières propositions de réforme dans les années 1540, jusqu’en 1740, soit pendant deux siècles riches de polémiques et fertiles en projets, l’accent circonflexe fut avec constance le champion de l’innovation, du progrès et de la modernité. Il fut avec une constance non moins égale, activement détesté, moqué et refusé par les tenants de l’orthographe traditionnelle. » Aucun mot n’était assez dur pour pourfendre cet « accent crochu » ou ce « chapeau » très incongru. J’ajouterai que les imprimeurs hollandais – les elzévirs – utilisant cet accent, il devint le symbole du « parti de l’étranger ». Ronsard, qui l’aimait, dut y renoncer. Les précieuses, qui n’étaient pas ridicules, et qui le prônaient, furent tancées. Il fut exclu du premier Dictionnaire de l’Académie française en 1694.
Il fallut attendre l’édition de 1740 pour qu’il fût enfin accepté et reconnu.
Résumons. Lorsqu’il apparut, l’accent circonflexe fut considéré, près de deux siècles durant, par les puristes, comme « contraire au génie de la langue. »
Le Conseil supérieur de la langue française qui proposa en 1990 qu’il pût être supprimé (voyez que je ne l’omets pas !) dans une série de mots, ce qu’admit l’Académie, fit des propositions qui, en l’an de grâce 2016, revinrent dans l’actualité et suscitèrent immanquablement l’ire de tous ceux qui considèrent derechef qu’elles étaient – ils reprirent exactement les mêmes termes – « contraires au génie de la langue française. »
Qu’il me soit humblement permis de souhaiter que cette page d’histoire nourrisse les méditations des uns et des autres.

Jean-Pierre Sueur

Fleur Pellerin a quitté le ministère de la Culture avec beaucoup d’élégance. Elle a dit : « Il y a peu de pays au monde où une enfant trouvée dans les rues d’un bidonville d’un pays en voie de développement et adoptée dans une famille modeste - dont la généalogie est faite d’ouvriers et de domestiques – pourrait se retrouver ministre de la Culture. »
Il se trouve que j’ai présenté l’un des derniers amendements sur lequel elle s’est exprimée avant son départ. Ce fut un hasard qui me conduit à lui exprimer toute mon amitié.
Je reproduis ci-dessous les trois interventions que j’ai faites sur le projet de loi relatif à la liberté de la création, sans ajout supplémentaire.
>> Ma seconde intervention portait sur la conception du « 1 % artistique » qui, pour moi, ne doit pas être « décorative », et être en conséquence un alibi au fait que « le reste » de l’œuvre ne soit pas artistique.
>> Ma troisième intervention portait sur les quotas de variétés francophones dans les programmes de radio, sur mon attachement à ces quotas et, en même temps, la prise en compte de radios dont les programmes sont spécifiques (musique du monde, jazz, etc.)

Jean-Pierre Sueur est intervenu à plusieurs reprises au Sénat lors de la discussion de la proposition de loi organique relative aux Autorités Administratives Indépendantes (AAI).
Les interventions de Jean-Pierre Sueur :
>> Sur la nécessité de revoir la composition de la commission des sondages
>> Sur le fonctionnement interne des AAI
>> Sur les incompatibilités entre le mandat de membre d’une AAI et les mandats locaux
>> Sur les autres incompatibilités
>> Explication de vote

J’avais soutenu au Sénat les dispositions qui interdisent désormais aux banques et aux assurances de demander, des informations sur les maladies qui ont été guéries. Je signale, sur ce « droit à l’oubli », l’article publié par Philippe Abline dans La République du Centre du 10 février dernier.
>> Lire l’article

Syndicats intercommunaux : un communiqué de l’AMF
L’Association des Maires de France a publié un communiqué à la suite du vote, de ma proposition de loi sur la formation des élus et les indemnités des présidents et vice-présidents des syndicats intercommunaux.
>> Lire le communiqué

9782841867905rLes fidèles de La Chaîne parlementaire – Assemblée Nationale (LCP-AN) connaissent bien Arnaud Ardoin, mais c’est aussi – on ne se refait pas ! – un travail de journaliste.
C’est l’histoire d’un jeune issu du milieu ouvrier qui rêve de devenir un joueur professionnel de football, et qui le deviendra. Pris en main par une école de formation, repéré par un agent, il est bientôt l’objet d’une « préparation » médicale qui, peu à peu, le détruit. Christophe – c’est son nom – commet l’irréparable : il s’en prend à l’agent qui est l’auteur de cette destruction à grandes doses de médicaments frelatés. Et comme il n’a pas respecté l’omerta, c’est la chute irrémédiable, qui le transformera en épave humaine au terme d’une inexorable descente aux enfers.
Je n’en dis pas plus quant à l’intrigue. Celle-ci rebondit. Les séquences s’enchaînent, chapitre après chapitre. Le dopage dans le football est décrit avec une précision d’entomologiste. On découvre aussi le monde de la banque, celui du bénévolat et de la médecine. C’est un polar. Parfois un mélodrame. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la dernière phrase.
L’un des sommets du livre est la description de « l’Arizona », un univers improbable au cœur de l’Europe centrale, où se concentrent les trafics d’êtres humains, d’organes et de drogues en tout genre, où se fournissent les « agents » de sportifs de toutes sortes et de partout.
C’est donc un roman, qui se lit comme un roman, d’une traite. Le style est vif. L’écriture est rapide. Les adjectifs viennent d’eux-mêmes. On n’échappe pas à quelques stéréotypes. Mais c’est criant de vérité.
Quand on a tout lu, on se dit que ce qui est décrit est sûrement vrai. Que ça a dû l’être. On veut croire que les choses ont changé. On aimerait le croire. On voudrait le croire.
Ce roman est donc aussi un appel à la lucidité.
C’est un cri d’alarme. Oui, c’est un travail de journaliste – et même de journaliste engagé !

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a publié sous le titre « Lutter efficacement contre la cybercriminalité » un article dans le dossier spécial du 200e numéro de La Revue du Trombinoscope.

>> Lire l’article

 

« Lutter efficacement contre la cybercriminalité »

Jean-Pierre Sueur a publié sous le titre « Lutter efficacement contre la cybercriminalité » un article dans le dossier spécial du 200e numéro de La Revue du Trombinoscope.

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Jean-Pierre Sueur est intervenu à plusieurs reprises lors du débat en séance publique au Sénat le 2 février sur la proposition de loi tendant à renforcer l’efficacité de la lutte antiterroriste, Zocchetto et Mercier.
Cette proposition de loi qui porte sur des sujets également traités dans le projet de loi du gouvernement adopté par le Conseil des ministres le 3 février, va dans le même sens que celui-ci dans plusieurs de ses articles et présente de notables différences avec lui dans d’autres articles. On pourra accéder ci-dessous aux interventions de Jean-Pierre Sueur à ce sujet, regroupées par thème.
>> L’initiative parlementaire et la recherche de consensus
>> Nécessité de l’agrément des dispositifs de captation de données
>> Exigences constitutionnelles relatives aux garanties apportées par l’autorité judiciaire
>> Suppression des sites et messages faisant l’apologie du terrorisme
>> Radicalisation et justice des mineurs
>> Fichier des personnes recherchées et obligations fixées par le SPIP

Jean-Pierre Sueur a participé à un débat sur le thème de la procédure pénale sur Public Sénat le 3 février à la suite de l’adoption par le Conseil des ministres d’un projet de loi renforçant la lutte contre la terrorisme et améliorant les garanties et l’efficacité de la procédure pénale.
Outre Jean-Pierre Sueur, participaient à ce débat animé par Delphine Girard : Véronique Léger, vice-présidente de l’Union syndicale des magistrats (USM), Florian Borg, représentant le Syndicat des avocats et le sénateur (LR) François-Noël Buffet
>> (Re)voir le débat (à 1 heure et 39 minutes)

jacques-camus-2476311 2476320J'ai connu Jacques Camus, alors qu'il était un ardent syndicaliste à La République du Centre.
Devenu PDG du journal, il fut un patron exigeant, toujours habité par l'ardente passion de la presse. Pour lui, la presse, c'était la vie même, du sport au jazz en passant par la politique et les faits que l'on dit divers, mais qui étaient pour lui lourds et riches d'humanité. Sa plume était vive. Il avait acquis cette vivacité dans sa pratique du journalisme sportif.
Il portait un soin particulier à « l'entame » comme à la chute de chaque papier et avait le sens de la formule, si bien que ses milliers d'éditos furent largement repris dans les revues de presse des radios.
Il ne ménageait pas les politiques, mais la politique le passionnait, et il savait déceler ce qui était authentique, porteur, et ce qui ne l'était pas. Il aurait pu s'y engager, mais il considérait que c'eût été strictement incompatible avec un métier qu'il aimait et auquel il avait voué son existence.
Pour reprendre la belle formule de l'un de ses confrères, il avait « un sang d'encre ».

Jean-Pierre Sueur

Le Sénat a adopté le 3 février la proposition de loi présentée et défendue par Jean-Pierre Sueur sur la formation des élus locaux. Celle-ci permet aux élus de bénéficier effectivement du Droit Individuel à la Formation (DIF).

À la faveur du débat sur cette proposition de loi, la question des indemnités des présidents et vice-présidents des syndicats intercommunaux, qui restait posée depuis la promulgation de la loi "NOTRe", a également pu être traitée. Conformément aux demandes de Jean-Pierre Sueur et de plusieurs de ses collègues, ces indemnités ont été rétablies jusqu'au 1er janvier 2020.

Dans son intervention, Jean-Pierre Sueur a particulièrement évoqué les syndicats scolaires (SIRIS et SIIS).

Ce texte sera examiné par l'Assemblée Nationale en mars.

Lire :
 

Jean-Pierre Sueur est intervenu auprès d'Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, au sujet de la situation difficile dans laquelle se trouve la SIFA, entreprise de fonderie, située aux Montées à Orléans.
Il lui a exposé que cette entreprise subissait les conséquences de fortes concurrences étrangères, de délocalisations, ainsi que des difficultés à obtenir des concours bancaires, pourtant nécessaires et justifiés.
Il a sollicité une « forte mobilisation » de lui-même et de son ministère à l'égard notamment de la Banque Publique d'Investissement mais aussi des instances de l'industrie automobile donneuses d'ordre afin que la période de redressement qui s'ouvre permette le redressement effectif de l'entreprise, et donc la préservation de ses 135 emplois.

11357033 884434871629663 8682983880415609706 oAyant été invité à m’exprimer sur le départ de Christiane Taubira par nombre de médias le 27 janvier dernier (voir ci-dessous), il suffisait que Christiane Taubira annonce la moindre mesure, quand bien même elle était d’une particulière sévérité, pour que nombre de représentants de la droite s’écrient aussitôt : « laxisme ! » Le laxisme supposé était devenu une ritournelle, une manière d’accréditer un mensonge sans que l’on se donne le temps d’étudier ou d’analyser les mesures annoncées ou préconisées, ni la réalité de la politique menée. Cela devait aller de soi, allait sans dire. Le mensonge était devenu une vérité d’évidence.
Or, les chiffres sont là.
Le nombre d’incarcérations (66 270) a été plus élevé en 2015, avec Christiane Taubira, qu’en 2012 (64 787) avec Nicolas Sarkozy.
Le nombre de permissions accordées aux détenus (48 481) a été moins élevé en 2015, avec Christiane Taubira, qu’en 2012 (57 629), avec Nicolas Sarkozy.
Le nombre d’évasions liées aux permissions (225) a été moins élevé en 2015, avec Christiane Taubira, qu’en 2012 (339), avec Nicolas Sarkozy.
Le nombre de condamnations (610 000) a été plus élevé en 2015, avec Christiane Taubira, qu’en 2012 (604 000), avec Nicolas Sarkozy.
Christiane Taubira a créé 5 100 postes au sein du ministère de la Justice. Ce qui est, certes, encore insuffisant, mais Nicolas Sarkozy en avait supprimé le double… Elle aura créé plus de postes qu’aucun Garde des Sceaux depuis vingt ans.
Elle a créé 6 000 places de prison.
Elle a davantage subventionné les associations d’aide aux victimes qu’aucun autre Garde des Sceaux.
Et je ne reviens pas sur la politique pénale ou des réformes de la Justice sur lesquelles je m’exprime longuement dans les textes et déclarations reproduits ci-dessous.
Alors, qui est laxiste ?
En tout cas, les faits sont limpides. Ils montrent que nombre d’accusations n’avaient, en réalité, aucun fondement.
Ce qui renvoie à une autre question qui me paraît essentielle pour la qualité et la crédibilité du débat public et finalement pour la démocratie : comment peut-on laisser se creuser un tel fossé entre les faits et les représentations qui en sont faites ?

Jean-Pierre Sueur

Voir, écouter, lire :
>> Public Sénat, "On va plus loin" (à 4 minutes)
>> France Info
>> iTélé
>> Le Figaro TV
>> La République du Centre
>> Apostrophe 45
>> Mag Centre

Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat sur le projet de loi relatif à l'information de l'administration par l'institution judiciaire et la protection des mineurs.
Il a insisté sur la nécessité de respecter trois principes forts : la protection des mineurs, la présomption d'innocence et le secret de l'enquête et de l'instruction.
Il a dit que la transmission d'informations était indispensable en cas de condamnation d'une personne pour pédophilie et qu'il était justifié que le procureur puisse y procéder, dans les conditions fixées par la loi, en cas de mise en examen, mais non suite à une audition ou au stade de la garde à vue, eu égard au respect de la présomption d'innocence.

Lire :

Chacun le sait, et cela est beaucoup dit : il faut simplifier nos structures territoriales.
C’est ainsi que l’application de la loi dite « NOTRe » se traduira par un nombre de communautés de communes moins élevé, mais dont l’efficacité sera plus forte.
Grâce au Sénat, le seuil sera de 15 000 habitants, avec des dérogations pour les territoires où la démographie est faible.
Les communautés de communes auront ainsi un plus grand potentiel pour œuvrer dans les domaines décisifs du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la protection de l’environnement – et cette liste n’est pas exhaustive.
Les nécessaires regroupements donnent lieu, dans le Loiret comme partout, à des discussions et concertations. Je gage que l'on parviendra, au total, à des accords qui seront bénéfiques à moyen et long termes.
La volonté de simplification a conduit à préconiser la suppression – lorsqu’elle est possible – de syndicats intercommunaux au bénéfice des communautés.
Il est des cas où cela n’est pas possible, ni souhaitable, en particulier lorsque le périmètre du syndicat est supérieur à celui d’une ou de plusieurs communautés. Je pense, par exemple aux syndicats de collecte et de traitement des ordures ménagères.
La loi NOTRe, telle qu’elle a été votée et promulguée le 9 août 2015, avait pour effet de supprimer les indemnités des présidents et vice-présidents des syndicats intercommunaux dont le périmètre est inférieur à celui d’une communauté – cette disposition étant censée favoriser l’intégration desdits syndicats dans les communautés.
Cette disposition a suscité, à juste titre, des réactions d’incompréhension.
D’abord parce que les évolutions en ces matières demandent du temps.
Mais aussi parce que nombre de « petits » syndicats restent utiles. Je pense en particulier aux syndicats scolaires. Historiquement, l’école est liée à la commune. Et il est fréquent que deux, trois, quatre… petites communes soient regroupées pour gérer une école. Les élus de ces communes tiennent fortement à leur école et donc à leur syndicat scolaire. Ils ne souhaitent pas que celle-ci soit gérée par la communauté de communes.
C’est pourquoi, la ministre Marylise Lebranchu a présenté lors de la dernière loi de finances un amendement pour revenir sur la disposition relative aux indemnités des présidents et vice-présidents des syndicats intercommunaux dont le périmètre est inférieur à celui de la communauté où ils se trouvent – et cela jusqu’en 2017.
Las ! Le Conseil constitutionnel a déclaré cet amendement inconstitutionnel au motif qu’il n’avait pas de rapport direct avec le projet de loi au sein duquel il était inséré – et était donc ce que l’on appelle, dans le jargon parlementaire, un « cavalier ».
C’est pourquoi j’ai donné mon total accord pour que cet amendement du gouvernement soit inséré dans la proposition de loi que j’ai rédigée au sujet de l’application du droit individuel à la formation aux élus locaux, ce qui a également été proposé par la rapporteure, Catherine Di Folco.
Par voie de conséquence, l’intitulé de la proposition de loi sera complété pour mentionner les « conditions d’exercice des mandats de membres des syndicats intercommunaux et syndicats mixtes. »
Je me réjouis d’avoir contribué, par le dépôt de cette proposition de loi, à régler une question qui suscitait de réelles incertitudes depuis août 2015 dans tous les départements.
Reste la question de savoir si cette disposition pourrait être prorogée au-delà de 2017. Seul le gouvernement peut y répondre puisqu’en vertu de l’article 40 de la Constitution, le Parlement ne peut pas accroître les charges publiques.

Jean-Pierre Sueur

Lire :

De nombreux amis se sont retrouvés ce dimanche à Saint-Jean-de-la-Ruelle à l’occasion du centième anniversaire d’Henriette Reggui.
Ce fut l’occasion de lui dire un grand merci.
Marcel et Henriette Reggui avaient le sens de l’accueil. Ils accueillaient chez eux des personnes souvent bien différentes. Ils croyaient aux vertus du dialogue et de l’amitié.
Surtout, en créant l’Association populaire d’art et de culture (APAC) puis, avec des proches, l’Association théâtre aujourd’hui Orléans (ATAO) et les Semaines musicales d’Orléans (les SMO devenues SMIO), ils ont été véritablement les précurseurs de la vie culturelle à Orléans et du renouveau culturel d’Orléans et de son agglomération. C’est pourquoi j’ai pensé qu’il était très justifié que l’auditorium de la médiathèque porte le nom de Marcel Réeggui.
Infatigables amoureux de la culture, ouverts au monde, Henriette et Marcel s’étaient connus à Sfax. Attachés aux idées personnalistes d’Emmanuel Mounier, ils étaient progressistes et vivaient leurs engagements avec un sens aigu de la solidarité et de l’humaine fraternité.
Encore merci, Henriette !

Jean-Pierre Sueur

À la suite des états généraux des collectivités locales, j’avais été chargé conjointement avec ma collègue Jacqueline Gourault de préparer deux propositions de loi, dont l’une visait à donner aux élus locaux les moyens de s’opposer à l’inflation de normes – pas toujours nécessaires – qui leur sont imposées.
Soyons clairs : il est des normes nécessaires, en matière de santé, de sécurité, d’hygiène et d’environnement.
Mais toutes ne le sont pas. Or beaucoup de normes entraînent des coûts pour les collectivités locales.
Notre proposition de loi a abouti à la loi du 17 octobre 2013 qui a créé un Conseil national des normes applicables aux collectivités locales. Ce conseil, qui est essentiellement constitué d’élus locaux, dispose de pouvoirs étendus. Tout projet de loi, décret, circulaire créant des normes applicables aux collectivités locales doit obligatoirement lui être soumis en amont. Il peut formuler tout avis et demander que le texte soit revu, donne lieu à une réécriture ou une nouvelle délibération.
La loi prévoyait aussi que chaque commune puisse saisir ce Conseil national de toute norme qui lui était imposée et qu’elle jugeait injustifiée.
Or, comme cela arrive – hélas ! –, un décret est paru le 30 avril 2014 qui dénaturait la loi puisqu’il disposait qu’il fallait que cent conseils municipaux délibèrent dans les mêmes termes pour pouvoir saisir ce Conseil national.
Mes collègues Rémy Pointereau et Jean-Marie Bockel ont déposé une proposition de loi, dont j’ai été le rapporteur, et qui a été adoptée par le Sénat pour mettre fin à cette aberration.
Mais j’ai profité du débat pour dire à André Vallini, secrétaire d’État chargé des collectivités locales, qu’il serait plus simple qu’il fasse un nouveau décret pour abroger le précédent.
C’est ce qu’André Vallini vient de faire, ce dont je le remercie.
Désormais, les communes, y compris les plus petites d’entre elles, pourront saisir librement et directement le Conseil national lorsqu’elles considèreront qu’une norme est inutile, injustifiée et trop coûteuse au regard de son utilité.

Jean-Pierre Sueur

160122 Visite PM Tunisie21Malheureusement, la « transition économique » n’a pas été au diapason de la transition politique. Et cela pour plusieurs raisons. D’abord trois attentats successifs – les terroristes savent ce qu’ils font – ont porté un très rude coup au tourisme, qui est un atout économique essentiel en Tunisie : les hôtels se sont vidés, contraignant nombre de salariés au chômage. En second lieu, la Tunisie subit comme bien d’autres pays la crise économique. Troisième explication : alors que le « printemps arabe » est né, en Tunisie, dans les régions du sud et du centre du pays, défavorisées par rapport à Tunis et à la côte, le « rééquilibrage territorial » qui était très attendu n’a pas eu lieu. Le chômage a continué d’augmenter dans des régions comme celles de Kasserine où la population attend toujours le printemps…
Dans ce contexte, je me suis permis de rappeler devant Habib Essig les engagements qui avaient été pris à Deauville pour aider financièrement la Tunisie et qui n’ont pas été tenus. C’est pourquoi il est très important que le président François Hollande ait annoncé au Premier ministre tunisien une aide de la France d’un milliard d’euros sur cinq ans pour le développement économique de la Tunisie.

Jean-Pierre Sueur

160120 IRSTEA rdv ministere

Ce mercredi 20 janvier, François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, Jean-Pierre Sueur, Jean-Pierre Door, député du Loiret, Anne Besnier, vice-présidente de la région chargée de la recherche, Michel Le Roux, maire de Nogent-sur-Vernisson et Alain Grandpierre, conseiller départemental et président de la communauté de communes ont rencontré Thierry Mandon, secrétaire d'Etat chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, au siège du ministère de la Recherche, avenue Descartes à Paris.

Ils ont exprimé unanimement leur volonté de voir l'Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA) demeurer à Nogent-sur-Vernisson alors qu'un projet prévoyait de déplacer cet établissement à Saclay avec le siège national de l'IRSTEA. Ils ont indiqué que cet institut de recherche - le seul de l'Est du Loiret - était particulièrement bien placé au cœur de la forêt d'Orléans, site remarquable pour les études forestières, où il œuvre en totale synergie avec l'Inventaire Forestier National, le lycée du Chesnoy et des Barres et le remarquable arboretum créé par la famille Vilmorin. Ils ont souligné que le départ de l'IRSTEA mettrait en cause l'ensemble et porterait une grave atteinte à un site dont les potentialités sont grandes pour la recherche, mais aussi l'économie forestière et le tourisme. Ils ont aussi insisté sur le fait que l'IRSTEA délivrait un mastère et entendait travailler en lien toujours plus étroit avec l'Université d'Orléans.

Très attentif à tous ces arguments, le ministre Thierry Mandon a annoncé que le projet de délocalisation de l'IRSTEA à Saclay « était bloqué » et que cet établissement « resterait à Nogent-sur-Vernisson ».

Les participants à cette réunion ont convenu de se revoir dans les prochains mois avec les représentants du ministère pour envisager un plan de modernisation des locaux de l'IRSTEA et un plan de valorisation et de développement de l'établissement et du site.

Lire :
>> La République du Centre, 21 janvier 2016

reduc IMGP5567Comme tout un chacun, je me réjouis de la « sortie par le haut » du dossier de la rue des Carmes.
Je souhaite revenir sur l'origine de cette question.
Cette origine, c'est le tramway.
La municipalité élue en 2001 était profondément hostile au tramway. Il fallut attendre près de cinq ans pour que le succès de la première ligne la conduise à changer d'avis et à donner son accord pour une seconde ligne. Elle décida que celle-ci passerait par la rue des Carmes, mais à une condition, dont les archives de la presse témoignent : il fallait impérieusement qu'il y ait, rue des Carmes, en plus des deux voies de tram, une voie réservée aux voitures, parce que la présence d'une voie pour les voitures était, pour cette municipalité, un « impératif absolu » pour le commerce... et la seule solution pour qu'il en soit ainsi, c'était d'« aligner » cette rue et donc de démolir dix-huit immeubles... afin de laisser la place nécessaire à une file de voitures.
Découvrant cela, je pensais revivre dix ans plus tard, l'histoire de la rue de la République : de nombreux bons esprits avaient déclaré qu'il était « absurde », « suicidaire » et « attentatoire au commerce » de réserver cette rue historique au tramway et aux piétons ! Le commerce de cette rue serait assurément « ruiné » ! On voit aujourd'hui ce qu'il en est...et combien ces critiques relevaient de conceptions archaïques !
Je m'étonnais de voir le même archaïsme resurgir au sujet de la rue des Carmes, comme si l'on voulait ne choisir la logique du tram qu'avec d'infinies réticences...
Je précise que j'ai toujours considéré qu'il fallait, bien sûr, penser l'accès des voitures dans les différents quartiers de la ville, mais que cela n'était en rien contraire au fait que certaines rues fussent réservées au tramway et aux piétons.
Aujourd'hui, chacun voit que cette voie destinée aux voitures dans la rue des Carmes eût été totalement inutile puisque celle-ci eût mené à une Place de Gaulle piétonne, que les livraisons sont bien organisées rue des Carmes et que la cohabitation entre le tram et les piétons se passe dans de bonnes conditions.
Autrement dit, on a enfin tourné la page à Orléans à des conceptions qui étaient déjà archaïques il y a dix ou quinze ans...
Je ne peux que m'en réjouir !

Jean-Pierre Sueur

Lire :
>> Mag Centre, 20 janvier 2016
>> La République du Centre, 22 janvier 2016

S’il est une réforme de la Constitution qui est nécessaire, c’est celle qui garantira l’indépendance des magistrats du parquet à l’égard du pouvoir exécutif.
En effet, la France a été, à nombre de reprises, condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme au motif qu’en raison des modalités de leur nomination, les magistrats du parquet français ne peuvent, pour elle, être considérés comme une « autorité judiciaire » et ne remplissent pas « l’exigence d’indépendance à l’égard de l’exécutif. »
Et cela quand bien même les gardes des Sceaux – et tout particulièrement Christiane Taubira – suivent constamment et scrupuleusement les propositions du Conseil supérieur de la magistrature. Il suffit que la Constitution prévoie de manière explicite qu’il puisse en être autrement pour que la jurisprudence que je viens de rappeler de la Cour européenne des droits de l’Homme reste constante.
Il est donc nécessaire de réformer à cet égard la Constitution, comme vient de le rappeler François Hollande.
Il est – j’en suis persuadé – possible de trouver sur ce sujet un accord entre les deux assemblées et entre la majorité et l’opposition, à condition qu’on se limite aux dispositions «nécessaires et suffisantes» pour assurer l’indépendance des magistrats du parquet. J’en vois trois.

  1. Il faut que l’autorité de nomination – le garde des Sceaux – soit tenue de suivre les décisions de nomination prises par le Conseil supérieur de la magistrature. Il y aurait donc un « avis conforme » – exactement comme c’est le cas pour les magistrats du siège.
  2. Il faut aligner le régime disciplinaire des magistrats du parquet sur celui des magistrats du siège.
  3. Pour ce qui est de la composition du Conseil supérieur de la magistrature, je préconise, pour ma part, une parité entre magistrats et non-magistrats. Je préconise en outre que les six membres du collège « non-magistrats » continuent d’être proposés par le président de la République, le président du Sénat et le président de l’Assemblée Nationale, mais que leur nomination requière les 3/5e positifs des membres des commissions des lois des deux assemblées parlementaires (aujourd’hui, il faut une majorité des 3/5e pour s’opposer à une nomination. Je préconise que, conformément aux votes émis par les deux assemblées en 2013, une nomination ne puisse être effective que dès lors qu’elle réunirait 3/5e des suffrages).

Pour ce qui est des modalités qui permettraient d’arriver à un tel accord sur ces conditions « nécessaires et suffisantes », deux voies existent désormais. Et pour ma part, je n’en privilégie aucune : soit la poursuite de la navette à partir du texte du Sénat de 2013, soit un amendement qui créerait un nouveau chapitre à la réforme constitutionnelle qui a été annoncée, et donc au projet de loi constitutionnelle dont l’Assemblée Nationale débattra en février.
…Il est, bien sûr, toujours possible que, pour des raisons politiciennes et pour « ne pas offrir à François Hollande le bénéfice de cette réforme » (sic), il apparaisse impossible de réunir la majorité requise sur un texte que, pourtant, chacun appelle de ses vœux…
Mais le pire n’est pas toujours sûr. Et je veux croire que l’intérêt général et la nécessité de garantir dans la Constitution, l’indépendance des magistrats, prévaudront.

Jean-Pierre Sueur

 

518S2R84CHL. SX302 BO1204203200 Je dois à l’amitié de Michel Lesseur d’avoir découvert le livre de Bruno Fuligni, paru en 2002 aux Éditions de Paris qui s’intitule Victor Hugo Président ! et qui, disons-le, passa plutôt inaperçu, en dépit de la préface due à Jean-Pierre Chevènement.
L’auteur y annonce d’emblée : « Pendant trente ans, Victor Hugo rêva de l’Élysée » (p.15), et il ajoute : « Curieusement, cette folle ambition du poète n’est évoquée que sobrement par ses biographes, y compris ses biographes politiques (…). Les hugolâtres penseront avec raison que ces candidatures romantiques n’apportent rien à la gloire des poètes  » (p.18).
Dès l’origine, on le sait, Victor Hugo est hanté par la fonction sociale du poète. Ainsi écrit-il dès les Odes et ballades :
« Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs. » (p.16)
On sait aussi qu’il fut monarchiste, légitimiste, qu’il fut nommé vicomte et pair de France, avant de devenir député en 1848. À l’époque, il ne s’annonce toujours pas républicain. Son premier discours de député est une diatribe contre les Ateliers nationaux, dont la fermeture provoque l’insurrection des ouvriers de Paris, devant lesquels il va courageusement défendre ses positions (p. 21).
Comme l’écrit Bruno Fuligni, « sans quitter le camp de droite, Victor Hugo aspire alors à rétablir la concorde et la paix civile. » Il se dote d’un journal, L’Événement, géré par ses deux fils, Charles et François-Victor, le frère de son gendre, Auguste Vacquerie et son ami Paul Meurice, par lequel ses ambitions peu à peu, se feront jour. Ce journal annonce le 3 septembre 1848 : « Nous ne savons pas quand, nous ne savons pas qui, mais quelqu’un viendra, quelqu’un qui aimera à la fois la loi et le peuple, la patrie et la pensée, qui aura cet honneur et ce bonheur de compléter la liberté par l’ordre, l’ordre par la liberté » (p. 22). On pourrait voir dans ce portrait la figure de Lamartine. Mais Auguste Vacquerie explicite les choses deux semaines plus tard après la grande victoire que fut pour Victor Hugo l’abolition de la peine de mort en matière politique par l’Assemblée constituante. Il écrit : « Le but vers lequel nous marchons est la politique de Victor Hugo » (p. 23). Mais qui va voter ? L’Événement est clair : « Si par malheur, l’élection devait appartenir à l’Assemblée, elle choisirait nécessairement une médiocrité » – Bruno Fuligni ajoute : « C’est-à-dire Cavaignac » (p. 23) (On pense à Péguy qui n’emploiera l’adjectif parlementaire qu’en un sens profondément péjoratif !).
Ovation au senat 1881Cependant, un autre candidat apparaît, qui va l’emporter : Louis-Napoléon Bonaparte. « La magie du nom opère ! » (p. 24). Victor Hugo se rallie à lui, cependant que L’Événement écrit que « le peuple a faim » et qu’il arrive que les génies doivent savoir laisser « aux hommes plus pratiques et moins grands qu’eux le soin de satisfaire à cette première besogne. Leur tour viendra » (p. 24).
Installé à l’Élysée, le « prince-président » froisse bientôt Hugo en ne lui proposant que… l’ambassade de Naples alors qu’il aurait espéré au moins le ministère de l’Instruction publique (p. 30). Puis, on le sait, les relations se détériorent. Victor Hugo devient un opposant et L’Événement un organe d’opposition de plus en plus virulent. Hugo tient sa revanche : il sera candidat en 1852.
Le député Hugo, devenu candidat, s’emporte et déclare le 17 juillet 1852 : « Quoi ! Après Auguste, Agustule !... Quoi ! Parce que nous avons eu Napoléon le Grand, il faut que nous ayons Napoléon le Petit ! » (p. 38). L’Événement devenu L’Avènement proclame le 17 novembre 1852 : « Nous ne croyons pas aux coups d’État » !
Las ! Deux semaines plus tard, la troupe investit le Palais Bourbon. Il n’y aura pas d’élection présidentielle. Hugo doit reporter ses ambitions à plus tard. Il s’exile à la suite du coup d’État du 2 décembre. À Jersey, puis à Guernesey, il est un recours. « Il incarne la légitimité républicaine contre la légitimité impériale » (p. 41).


vacances-normandie-statue-vistor-hugo-guernesey-images-courtesy-of-visitguernsey-525x350Et quand il revient… dix-huit années plus tard et qu’il arrive à Paris le 5 septembre 1870…, « l’accueil est indescriptible. Des milliers de personnes viennent l’ovationner à la gare du Nord, où il lance un solennel appel à l’union. Il dira quatre fois son discours tant la foule est dense. » C’est une « apothéose inouïe » (p. 51). Mais, « sans s’en rendre compte, enivré par les vivats de la foule, Victor Hugo a laissé passer l’occasion historique. Rentré un peu trop tard, il trouve un gouvernement provisoire qui s’est constitué sans lui. Le peuple de Paris aurait pu imposer la tutelle du poète au triumvirat Thiers, Gambetta, Jules Favre, mais Hugo, quand on dételle sa voiture pour le conduire à l’Hôtel de Ville, s’y oppose formellement : "Citoyens, je ne suis pas venu pour ébranler le gouvernement provisoire de la République, mais pour l’appuyer" (…) La suite ne sera qu’une série de cruelles déconvenues » (p. 52). Et Bruno Fuligni achève son livre en commentant – lui aussi ! – les funérailles nationales du grand écrivain : « La République, solidement installée, rend un hommage ambigu à l’inspiré qui, dans l’exil, a personnifié son principe et garanti sa permanence. La pompe extraordinaire qu’il déploie trahit la mauvaise conscience du nouveau régime à l’égard du grand proscrit. La République paie sa dette : n’ayant pas voulu de Victor Hugo pour président, elle fait de lui son dieu tutélaire. Le mage règne et ne gouverne pas » (p. 67).
Je conclurai en citant les dernières lignes de la préface de Jean-Pierre Chevènement : « Se souviendrait-on encore de Victor Hugo s’il avait été élu, comme il en rêva, président de la République ? »

Jean-Pierre Sueur

Comme je l’avais indiqué, j’ai saisi tous les ministères concernés du devenir du centre de recherche scientifique de l’IRSTEA spécialisé dans l’environnement et l’agriculture, situé à Nogent-sur-Vernisson.
Un projet existe, visant à déplacer ce centre de recherche à Saclay. Je m’y oppose totalement.
En effet, cela se traduirait par une « recentralisation » d’un organisme de recherche à l’heure de la décentralisation. Cela aurait des effets négatifs sur le pôle historique des Barres qui compte, outre l’IRSTEA, l’Inventaire forestier national, un arboretum et des enseignements dépendant du lycée du Chesnoy-Les Barres.
Ce serait une perte pour l’est du Loiret qui peut se prévaloir de ce pôle de recherche qui travaille en lien avec l’université d’Orléans et le campus scientifique d’Orléans.
À mon initiative, une délégation d’élus nationaux, régionaux et départementaux et de la commune de Nogent-sur-Vernisson rencontrera cette semaine le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche.
J’espère vivement que nous serons entendus. Je reviendrai, bien sûr, sur cette importante question.

Jean-Pierre Sueur

ethiqueeetcremationJe tiens à remercier mon ami Jo Le Lamer, qui m’a signalé l’excellente communication d’Ariane Gaillard sur « Le sort de l’urne cinéraire : enjeux anthropologiques et politiques » qu’on peut lire dans le compte-rendu du colloque « Éthique et crémation » qui a été organisé par l’Université de Lorraine.
Cette communication qu’on lira ci-dessous est entièrement consacrée à un aspect important de la loi du 19 décembre 2008 qui a été présentée devant le Parlement à mon initiative (et à la suite d’un rapport que j’avais rédigé avec Jean-René Lecerf) : le devenir des cendres après crémation, sujet qui n’était jusque-là pas vraiment pris en compte dans la législation, ce qui posait de réels problèmes, le nombre de crémations augmentant terriblement (alors que cette pratique était encore marginale lorsque j’avais préparé, présenté et fait voter la loi de 1993).
Je me réjouis de constater que cette analyse approfondie valide et conforte les principes et les dispositions concrètes inscrites dans la loi de 2008.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la communication d’Ariane Gaillard

JudithPerrignonIl y a eu, trois immenses manifestations à Paris. La dernière en date, ce fut le 11 janvier 2015, après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher. La précédente, ce fut en août 1944, lors de la libération de Paris. La première fut celle qui eut lieu lors des obsèques de Victor Hugo, le 1er juin 1885. On évalue à deux millions le nombre de personnes qui ont participé à cet événement.
C’est le grand mérite du beau livre de Judith Perrignon intitulé Victor Hugo vient de mourir (paru il y a quelques mois aux éditions de l’Iconoclaste) que de raconter par le détail ces funérailles, ainsi que tout ce qui les a précédées, et de nous montrer combien le déroulement de ces obsèques fut un enjeu politique en même temps qu’une manifestation populaire et républicaine sans précédent.
Il est significatif qu’en janvier 2015, le peuple français se soit aussi fortement mobilisé après l’assassinat de dessinateurs et de journalistes ainsi que de citoyens juifs faisant leurs courses. J’étais présent dans cette manifestation le 11 janvier dans le boulevard dédié à Voltaire, l’un des héros de la liberté de penser et d’écrire.
Et je pensais que c’était aussi la France de Voltaire qui défilait.
Bien que les circonstances fussent très différentes, il était pareillement significatif que le peuple français se soit si fortement si massivement mobilisé pour célébrer Victor Hugo, un écrivain dont la vie fut indissociablement faite de littérature et de politique, de poésie et de combats, qu’il se soit levé en masse pour saluer l’auteur des Misérables.
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Mais revenons au livre de Judith Perrignon. Il commence alors que l’on guette chaque nouvelle, jour après jour, heure après heure, sur la santé de cet homme qui va mourir « au 50 de la rue qui porte déjà son nom. » Sa vie aura duré quatre-vingt-trois ans « mais si longtemps, si intense, si vibrante, si enroulée sur son temps, son siècle, ce dix-neuvième qui a cru au progrès mécanique de l’Histoire, qu’on dirait qu’un astre va s’éteindre dans le ciel » (p. 13). « Les socialistes, les libres-penseurs, les anarchistes convoquent déjà des réunions. Mais de tous les sauveurs présumés, c’est de loin le clergé le plus inquiet. Il attend que le grand homme réclame un confesseur. Si Hugo persiste à refuser l’extrême onction, quel dangereux signal envoyé aux foules et au reste du monde » (p. 13 et 14). On pourra s’interroger sur la récupération par le positivisme ambiant d’un homme qui a écrit tant de pages sur Dieu et qui a tant fréquenté les « forces de l’esprit ».


1er juin 1885 - Enterrement Victor Hugo« Les rotatives de presse sont toutes neuves, de vrais bolides, elles inondent les rues de journaux » (p. 20). Le Figaro annonce « à regret que les obsèques de Victor Hugo seront purement civiles » (p. 20). Le gouvernement s’inquiète. Il craint que des drapeaux rouges – ceux de la Commune – s’infiltrent dans le cortège. Judith Perrignon décrit avec un grand détail l’action des indicateurs et des espions. Le ministre de l’intérieur est sur les dents. Il craint « ces enragés de la Commune » (p. 100), pour lesquels Victor Hugo n’a eu de cesse de demander l’amnistie lors de trois discours mémorables devant le Sénat. Il avait pris ses distances avec « l’insurrection de la Commune ». Il haïssait la violence. Il « hésitait avec les révolutions » (p. 149), mais « il gronda pour sauver Louise Michel et pour qu’on les sorte tous du bagne » (p. 159).
L’itinéraire du cortège donna lieu à d’intenses négociations. Le pouvoir en place exige qu’on ne passe pas par les quartiers populaires et qu’on contourne les faubourgs. Il s’oppose à ce que les obsèques aient lieu un dimanche, jour chômé. Les anarchistes décident de défiler avec deux drapeaux noirs : « Sur l’un sera écrit Les Châtiments, sur l’autre Les Misérables » (p. 111). Il est décidé par décret que « le Panthéon est rendu à sa disposition première et légale » et que « le corps de Victor Hugo y sera déposé » (p. 115). Le long du parcours, d’innombrables fenêtres sont à louer.
J’arrête là. Il faudrait tout citer. Le livre s’appelle Victor Hugo vient de mourir. Les grammaires nous apprennent que venir de exprime le passé immédiat. Mais le livre est constamment écrit au présent. On voit bien que c’est un mouvement qui enfle et ne s’arrêtera pas. Ce passé immédiat a des allures d’inchoatif !
Judith Perrignon nous rappelle qu’on a dit que la dernière parole de Victor Hugo fut un alexandrin : « C’est ici le combat du jour ou de la nuit. » Est-ce vrai ? Nous ne le saurons jamais : l’alexandrin était chez lui une seconde nature.
On aura compris que ce livre, qui est un livre d’histoire, est aussi un roman.

Jean-Pierre Sueur

  • J’évoquerai la semaine prochaine un autre livre consacré à Victor Hugo, intitulé Victor Hugo président !.

François Mitterrand est mort il y a vingt ans. Sa mémoire reste vivante.
Je republie le texte que j’ai écrit, à la suite de son décès.
>> Lire le texte repris dans la première partie de mon livre Aimez-Vous Orléans ?

On lira également les deux pages publiées par La République du Centre (auxquelles j’ai contribué par mon témoignage) sous la plume d’Anne-Marie Coursimault, ainsi que l’interview que j’ai accordée à Anthony Gautier d’Apostrophe 45.
>> La République du Centre
>> Apostrophe 45

Issue des États généraux de la démocratie locale, par les élus locaux, de leur mandat. Elle compte nombre de dispositions visant à faciliter, en particulier, l’accès aux fonctions électives des jeunes, des salariés du secteur privé, des cadres, des travailleurs indépendants, professions libérales, etc.
L’une des dispositions incluses dans cette loi permet aux membres des assemblées élues de se constituer un droit individuel à la formation « d’une durée annuelle de vingt heures, cumulable sur toute la durée du mandat. »
Une nouvelle proposition de loi de Jean-Pierre Sueur vise à mettre cette disposition en application, notamment en désignant un organisme collecteur national.
>> Lire la proposition de loi

Pour une histoire politique de la politique de la villeLe livre récent d’Adil Jazouli et d’Henri Rey, en s’appuyant sur de nombreux témoignages, l’histoire de ce qu’il est convenu d’appeler « la politique de la ville », depuis les années soixante jusqu’à nos jours. Cette étude très précieuse montre combien cette politique est partie d’une idée forte : donner plus à ceux qui ont moins, donner plus de moyens aux quartiers en difficulté ou en déshérence pour qu’ils rattrapent le niveau de vie et la qualité de vie des autres quartiers. Il montre combien il y a eu de continuité dans la mise en œuvre de cette politique, ou de ces politiques, au travers de l’action de différents ministres qui en furent chargés – et cela en dépit des alternances politiques. Il montre que si cette politique a eu des effets positifs, si le bâti a changé, il n’en a pas été de même pour la vie des habitants, ni pour la réduction des ségrégations et relégations.
La lecture de ce livre m’a conforté dans l’analyse critique et les propositions, qu’avec d’autres – et avec l’un des deux auteurs du livre –, j‘avais faites dès 1998 dans un rapport intitulé Demain la ville et que j’ai reprises et prolongées en 2011 dans un nouveau rapport, Futur des villes, villes du futur, quel avenir pour les villes du monde ?, rédigé par la Délégation à la prospective du Sénat.

Cette critique et ces propositions portent, pour l’essentiel, sur deux points.
1. On ne peut pas changer la vie dans les quartiers en difficulté sans repenser toute la ville, toute l’aire urbaine. C’est une illusion de croire que cela pourrait se faire à l’intérieur des périmètres de ces quartiers, sans qu’il y ait d’effets sur « le reste » de l’aire urbaine. La politique de la ville ne peut être elle-même « ghettoïsée » au motif qu’elle vise à supprimer des ghettos. La vraie question est celle la ville (de l’agglomération) que nous voulons dans vingt, trente ou cinquante ans. Il faut résolument privilégier la « multifonctionnalité » dans les espaces urbains, la polycentralité, la ville en réseau, non pas la ville nouvelle, mais une nouvelle approche de toute la ville. On me permettra de citer à ce sujet l’une des déclarations que j’ai faites aux auteurs de ce livre et que ceux-ci ont reproduite page 129.

ville
2. Il s’ensuit – et c’est le deuxième point fort sur lequel je souhaite insister – que la politique du « zonage » doit être remise en cause. Longtemps, la France a été la championne du monde du zonage. Mais trop souvent, le zonage – naguère tant recherché par les élus – stigmatise les quartiers qui en sont l’objet et incite ceux qui y vivent à vivre, à travailler, à exercer leurs activités ailleurs que dans les quartiers qu’on a si facilement « zonés », toujours au nom d’intentions prétendument positives, puisqu’il s’agissait de favoriser le rattrapage, alors qu’on a finalement trop souvent relégué dans ces quartiers – et cela toujours plus au fil du temps – les personnes et les familles qui n’avaient (et qui n’ont) ni les possibilités ni les moyens de vivre ailleurs.
Ma conclusion est claire. Elle est connue. Il faut une politique de toute la ville, mise en œuvre par un ministère de toute la ville.

Jean-Pierre Sueur

Lire les rapports :
>> Demain la ville
>> Futur des villes, villes du futur, quel avenir pour les villes du monde ?

Jean-Pierre Sueur était l'un des invités de Frédéric Rivière sur RFI le 7 janvier pour une émission spéciale "Charlie, un an après".

>> (Re)écouter l'émission

Le même jour, Jean-Pierre Sueur a également été interviewé par France 3 Centre-Val de Loire sur la déchéance de nationalité.

>> (Re)voir l'interview

 

> Lire l'article de Marc Leplongeon, Le Point du 8 janvier 2016.

Conjointement avec ma collègue et amie députée Valérie Corre, j’ai dit que je ne pourrai pas voter en l’état le texte qui nous est proposé au sujet de la déchéance de nationalité.
Il ne s’agit en aucun cas pour moi de mettre en cause la nécessité de sanctions très lourdes à l’égard des auteurs des actes barbares qui ont ensanglanté la France, et de leurs complices.
C’est d’ailleurs pourquoi, avec d’autres, je proposerai une autre disposition.

Il s’agit, pour moi, de refuser une mesure symbolique qui n’a pas d’effet ni d’efficacité : lorsqu’un être humain en vient à commettre l’un de ces actes monstrueux en sachant qu’il perdra la vie – et en choisissant de perdre la vie – en le commettant, il est clair que les menaces relatives à la nationalité ne sont pas de nature à l’empêcher d’agir.

Appliquée aux seuls binationaux, cette mesure aurait pour effet de remettre en cause le droit du sol qui, depuis la Révolution française, est l’un des principes les plus sacrés qui fondent notre République. Or, faut-il sacrifier l’un des principes essentiels de la République pour une mesure qui n’aura pas d’effet, puisque ceux qui la soutiennent conviennent qu’elle est symbolique ?

Les symboles, certes, ont une importance. Mais les témoignages abondent venant de nos compatriotes binationaux – il y en a plusieurs millions – qui y voient une discrimination - en raison du fait que les terroristes qui auraient la seule nationalité française en seraient exempts.
Autre argument : si l’Algérie, la Tunisie et le Maroc - par exemple - adoptaient une mesure similaire pour leurs habitants possédant aussi la nationalité française, nous pourrions nous retrouver dans l’obligation d’accueillir des terroristes issus de ces pays et qui se trouveraient déchus de la nationalité liée à ces pays.
Je rappelle que des conventions internationales qui engagent la France proscrivent le fait que des personnes deviennent apatrides.

Comme un grand nombre de Français, j’ai écouté avec beaucoup d’attention le message de François Hollande, président de la République, le 31 décembre à 20h.
Au cours de son allocution, il a réitéré sa proposition relative à la déchéance de nationalité. Il a cependant ajouté : « Il revient désormais au Parlement de prendre ses responsabilités. Le débat est légitime. Il doit avoir lieu ».
Il y a là une marque – et un signe – d’ouverture à l’égard du Parlement.

Comme l’ont justement écrit Bastien Bonnefous et Thomas Wieder dans « Le Monde » du 2 janvier, François Hollande s’est, par ces propos, « mis à l’écart d’une polémique » et s’est placé « dans une position d’arbitre plutôt que d’avocat ».


Pour répondre à la question posée, une autre solution existe, que je soutiens pour ma part.
Il s’agit de « l’indignité nationale ». Celle-ci a été décidée en 1944 par René Cassin, qui a expliqué devant l’assemblée consultative provisoire les raisons pour lesquelles il avait préféré « l’indignité nationale » à « la déchéance nationale ». On lira ci-dessous son intervention. Je remercie mon ami Antoine Prost de l’avoir retrouvée ainsi que le texte énumérant les effets de cette « indignité nationale » qu’on lira également ci-dessous.
Cette indignité nationale a été validée par la Résistance – dans un contexte certes différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.
Cette notion a été proposée, entre autres, par Jean-Pierre Mignard, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet -on lira son texte ci-dessous. Elle répond aux préoccupations exposées par mon ami Dominique Raimbourg, vice-président de la commission des Lois de l’Assemblée Nationale, même si celui-ci ne reprend pas formellement cette disposition. On lira également son texte ci-dessous.
Le grand avantage que présenterait pour moi l’« indignité nationale » par rapport à la « déchéance de nationalité » est qu’elle s’appliquerait à TOUS les français, dans les mêmes conditions, aux binationaux comme à ceux qui ont la seule nationalité française.
C’est une position que, pour ma part, je soutiens, convaincu que je suis que – sous une forme ou une autre, une formulation ou une autre – cette notion d’ « indignité nationale » permettrait de sortir par le haut du débat qui s'est ouvert dans notre pays.

Jean-Pierre SUEUR


>> Lire :
- l’intervention de René Cassin du 10 juillet 1944
- les conséquences de l’indignité nationale, inscrites dans le texte du 10 juillet 1944
- la déclaration de Nathalie Kosciusko-Morizet
- l’analyse de Dominique Raimbourg


>> Lire dans la presse :
- La République du Centre du 29 décembre 2015
- Apostrophe45 du 30 décembre 2015
- Mag’Centre du 30 décembre 2015

 

 

À tous les habitants du Loiret, et à chacune des 334 communes que compte notre département, je présente mes vœux les plus chaleureux pour l'année 2016.

Présentant ces vœux, je n'oublie pas que l'année 2015 qui s'achève fut bien sombre, et je pense à toutes les victimes du terrorisme, à celles et ceux qui ont perdu la vie ou ont été blessés et à leurs proches.

Je voudrais tant - comme nous tous - que nous ne connaissions plus ces horreurs, ni en France, ni dans les autres pays qui ont été touchés. Je voudrais tant que cessent ces cortèges de réfugiés fuyant la mort, que nous nous devons d'accueillir puisque le respect du droit d'asile est un devoir.

Mais je sais que pour lutter contre cette horreur, créatrice de tant de malheurs, les paroles ne suffisent pas. Il faut des actes. Et la France prend toute sa part dans la lutte contre le terrorisme, à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières.

Et j'aurai, à l'aube de cette année nouvelle, une pensée pour tous ceux qui donnent beaucoup d'eux-mêmes, et que j'ai vus aux limites de la fatigue : policiers, gendarmes, militaires, membres des services de renseignement, médecins et personnels soignants dans les hôpitaux, secouristes, sapeurs-pompiers et professionnels de la sécurité civile.

J'y associerai tous les bénévoles qui aident nos concitoyens qui vivent dans la précarité.

En ce domaine non plus, les mots ne suffisent pas.

Même si cela n'est pas partagé par tous - et si je m'efforce d'être à l'écoute de tous -, je redirai mes convictions pour ce qui est de l'économie. Je crois qu'il est nécessaire de rompre avec trop d'années durant lesquelles notre pays a vécu à crédit et a perdu des points en termes de compétitivité. Même si c'est difficile, il était, et il reste nécessaire de réduire certaines dépenses publiques, certaines charges des entreprises, la dette et le déficit, car cette politique ardue est le préalable au retour de la croissance et à la création d'emplois.

J'ajoute qu'une telle politique, pour nécessaire qu'elle soit, ne peut être comprise et acceptée que si elle est juste. Des décisions ont été prises en ce sens. D'autres devront l'être.

Je ne dissimulerai pas qu'il existe en cette période des interrogations, des doutes et des inquiétudes. Chacun le voit.

Mais pour être équitable, il faut dire qu'il y a aussi des signes d'espérance. Ce fut, ainsi, un beau jour que celui qui vit à Paris les représentants de 195 pays adopter unanimement des engagements pour l'avenir de la planète. D'autres motifs d'espérance existent au sein de notre département du Loiret, désormais géré par une assemblée intégralement paritaire, comme au sein de notre région, enfin dénommée Centre-Val de Loire, et dont l'équipe dirigeante est à la fois confirmée et renouvelée. Je mesure chaque jour, dans notre département comme dans notre région, combien il y a de sens de l'initiative, d'esprit d'entreprise, de dynamisme associatif, de goût de l'innovation et de créativité culturelle. Je mesure aussi combien il y a de volonté de préparer l'avenir, en particulier dans l'Éducation nationale, les universités et le monde de la recherche.

Alors, oui, je nous souhaite une année 2016 plus souriante !

À toutes et à tous, et en particulier à ceux qui connaissent la maladie, la solitude et les difficultés de la vie, je présente mes vœux les plus sincères.

Jean-Pierre Sueur
Sénateur du Loiret.

Sous le titre « Lutte contre le terrorisme : résister au fatalisme », la revue Communes de France a publié un article de Jean-Pierre Sueur.
>> Lire l’article

Jean-Pierre Sueur a été l’un des derniers sénateurs à s’exprimer au Sénat, il est revenu sur les notions de transparence – « une bonne chose, s’agissant, par exemple, du financement de la vie politique, mais qui nécessite de la vigilance, s’agissant de la protection de la vie privée et des données personnelles » – et de communication – « il ne doit pas y avoir de tyrannie de la communication : l’essentiel, ce sont les idées et les projets. »
Il a souligné que ce texte « est important, car il prévoit, lui, de partager non pas la communication, mais l’information, la science, la culture. »
Il s’est réjoui de l’accord intervenu pour que le texte s’applique pleinement aux domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche, conformément aux vœux des universitaires et des chercheurs.

Jean-Pierre Sueur a participé le 17 décembre sur Public Sénat, avec le sénateur Jacques Mézard, président du groupe RDSE, et Serge Slama, professeur de droit public à Paris X. Le débat était animé par Delphine Girard.
>> (Re)voir le débat (à 1 heure 10 minutes et 40 secondes)

Public-senat

Jean-Pierre Sueur a participé le 16 décembre sur France 24 à un débat avec le député Nicolas Dhuicq sur la sécurité et les contrôles aux frontières de l’espace Schengen. Ce débat était animé par Vanessa Burgraff.
>> (Re)voir le débat

France 24

12346455 1010465372366685 7235649749693069931 nJe ne dissimulerai pas ma joie de voir mon ami François Bonneau l’emporter dans notre région Centre-Val de Loire
C’est le fruit d’un engagement de tous les jours, sans sectarisme, sans démagogie.
D’autres avaient très vite considéré que l’affaire était entendue et que la droite devrait naturellement et évidemment gagner, qu’elle gagnerait sans trop d’effort, avec le concours de force leaders nationaux et d’idées toutes faites.
Cette victoire est une belle leçon. Elle mérite réflexion.
Le résultat de ce scrutin à Orléans mérite, lui aussi réflexion. La liste de François Bonneau y arrive très largement en tête : 44 % contre 38 % pour la droite et le centre. Je l’ai souvent dit : rien n’est jamais acquis pour personne dans notre belle ville d’Orléans. Et après tout, c’est bien ainsi.
Mais revenons à notre région.
Les conditions sont maintenant réunies pour que François Bonneau, son équipe, et ceux qui voudront travailler avec lui, mettent en œuvre ce grand projet que le nouveau nom de notre région porte en lui.
Centre-Val de Loire : nous devons faire de ce Val de Loire, jadis aimé des rois, connu dans le monde entier, dont le patrimoine est exceptionnel et dont les paysages sont magnifiques, le val de l’économie du futur, de la science et de la recherche de demain et après-demain, pour y créer des emplois, y développer l’activité dans le respect de l’environnement, qu’il s’agisse de l’agriculture ou du secteur tertiaire, et, bien sûr, pour tirer pleinement parti de nos richesses touristiques mondialement appréciées.
Quelques mots sur le plan national.
D’abord, ce n’est pas le « grand chelem » annoncé pour la droite. Le résultat est équilibré.
En second lieu, ce qui s’est passé ce dimanche signe le désaveu de la stratégie de Nicolas Sarkozy. Heureusement, que les électeurs de gauche, au prix de lourds sacrifices, n’ont pas appliqué le « ni-ni ». Sans cela, deux régions, et peut-être trois, seraient aujourd’hui dirigées par le Front National.
Il y a eu un vrai sursaut républicain. C’est l’esprit républicain qui a gagné. Et chacun doit s’en montrer digne. Il serait incompréhensible, que les trois présidents de région élus par la gauche et par la droite fassent preuve de sectarisme ou d’esprit de division.
Reste qu’il faut entendre le message des électeurs, et notamment des jeunes.
François Bonneau a eu raison de dire que la jeunesse serait une priorité pour lui.
La politique aujourd’hui menée par le gouvernement est courageuse. Elle est difficile. Elle doit donner des résultats.
Mais de même que l’effort de tous a permis le grand succès de la COP 21, il faut redoubler d’efforts pour la jeunesse et pour l’emploi des jeunes, quitte à faire ce choix plutôt que d’autres.
Notre pays, qui est la cinquième puissance du monde, en a les moyens.
C’est un défi qu’il faut absolument relever.

Jean-Pierre Sueur

Logo COP 21 Paris 2015« Historique ! » Le mot a été repris par d’innombrables médias dans le monde entier.
Et c’est vrai que cela fut un moment extraordinaire que celui que nous avons vécu samedi soir : les représentants de 195 États du monde rassemblés, applaudissant un accord que l’on peut qualifier, à juste titre, d’universel. À ceux qui font la fine bouche, je demande de réfléchir à ce qu’aurait été un échec, et à ce qu’ils auraient dit.
Un texte signé par 195 pays – dont les situations sont si différentes – est forcément un compromis. Mais c’est un compromis qui compte de vrais engagements, fixe des étapes, montre le chemin, ouvre des perspectives.
C’est un compromis positif et porteur.
Je tiens à saluer tout particulièrement l’action de François Hollande, Laurent Fabius, Ségolène Royal et de tous les acteurs de la diplomatie française.
Il ne faut pas croire qu’un tel accord se fait en treize jours ou en trois nuits. Il a été longuement préparé. N’oublions pas que durant dix-huit mois, François Hollande a parcouru le monde pour préparer cet accord.
Cet accord, il est aussi le fruit d’une très intense activité diplomatique, menée sous la conduite du président de la République et du ministre des affaires étrangères.
La France peut se prévaloir de l’un des plus importants réseaux diplomatiques du monde.
Elle a aussi la faculté de pouvoir parler avec tous les États, d’être écoutée et respectée de tous.
C’est ainsi qu’elle a patiemment tissé cet accord. C’est un légitime motif de fierté.
Le plus beau compliment est peut-être celui décerné par le commissaire européen au climat qui a déclaré : « Un mois après les attentats, la France a réuni le monde. »


Jean-Pierre Sueur

Une lettre 26 premieredecouvJean-Pierre Sueur vient de publier son 26e compte-rendu de mandat
Cette Lettre, qui paraît tous les six mois, rend compte de l'ensemble de l'activité de Jean-Pierre Sueur en sa qualité de sénateur du Loiret. Elle compte cent pages et est téléchargeable intégralement.
Elle présente :
- l'essentiel de ses interventions en séance publique au Sénat de juillet à novembre 2015 ;
- les rapports et propositions de loi dont il est l'auteur ;
- les questions qu'il a posées au gouvernement et les réponses éventuelles ;
- une sélection de ses interventions pour le Loiret et sur des sujets d'intérêt général ;
- une revue de presse.

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Éditorial du numéro 26 de La Lettre de Jean-Pierre Sueur

J’écris ces lignes au lendemain de l’hommage solennel rendu à nos cent trente compatriotes, et amis accueillis dans notre pays, disparus, aux nombreux blessés, à tous ceux qui souffrent de la mort d’un être cher.
Je ne sais ce que sera l’actualité lorsque vous lirez ces lignes, puisqu’il y a un délai pour l’impression et la distribution de cette Lettre. Je sais qu’un événement chasse l’autre, dans ce qu’on appelle « l’actualité », et qui est marquée par tant de « zapping », comme on dit, que parfois tout se mêle et qu’on n’apprécie plus les faits à leur juste mesure.
Mais je sais que nous ne devons pas et ne pouvons pas oublier ce qui s’est passé.
Notre démocratie, qui est vivante, ne doit pas empêcher l’union des Français sur l’essentiel, tout au contraire.
Des décisions ont été prises par François Hollande, président de la République, par le gouvernement et le Parlement pour accroître la vigilance, renforcer la sécurité, défendre notre pays et les valeurs qui sont les nôtres et qui sont notre bien commun.
Tout cela peut susciter le débat. C’est légitime. Mais j’ajoute que j’ai peu de goût pour la polémique en ces matières.
Je n’ai pas l’état d’esprit cocardier. Mais comme vous tous et vous toutes, j’aime mon pays. Et je mesure constamment – ce fut encore le cas après le 13 novembre – combien notre pays compte, combien il est une référence, en raison de son histoire et des idées qui ont germé en son sein, pour nombre d’habitants du monde.
J’ai souvent dit pour conclure un discours : « Vive la République et vive la France ! » je n’ai jamais ressenti autant que ces derniers jours combien ces simples mots avaient de force et combien, malgré ces lourdes épreuves, ils suscitaient d’espérance.

Jean-Pierre Sueur

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Deux propositions de loi ont été définitivement adoptées dont l’effet sera la « dématérialisation » du Journal Officiel qui ne pourra désormais être consulté que par Internet.
Toutefois, l’administration est tenue de lui communiquer l’extrait correspondant.
Jean-Pierre Sueur est intervenu lors du débat sur ces propositions de loi.
>> Lire son intervention

Jean-Pierre Sueur est intervenu dans la nuit du 10 au 11 décembre, visant à favoriser la reconversion des élus locaux à la fin de leur mandat, a été reconnu par une loi votée en mars 2015 à l’initiative de Jean-Pierre Sueur et de Jacqueline Gourault (loi visant à faciliter l’exercice, par les élus locaux, de leur mandat).
Cette loi prévoit l’application de cette disposition au 1er janvier 2016.
Cela suppose toutefois la création d’un fonds. Un amendement de Jean-Pierre Sueur prévoyait de confier la création et la gestion de ce fonds à la Caisse des Dépôts et Consignations.
Celui-ci n’a pas pu être adopté pour des raisons juridiques (article 40 de la Constitution) et de procédure.
Jean-Pierre Sueur a donc interrogé le ministre du budget Christian Eckert à ce sujet. Celui-ci l’a assuré que cette question serait réglée début 2016 à la faveur notamment de l’examen d’un projet de loi portant diverses dispositions d’ordre financier.
>> Lire l’intervention de Jean-Pierre Sueur et la réponse de Christian Eckert