C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès d’Hélène Mouchard-Zay.
Hélène m’avait fait l’amitié de participer, durant 12 ans, à l’équipe municipale que j’ai conduite à Orléans. Elle s’est totalement donnée à sa tâche, oeuvrant pour les écoles d’Orléans, pour la défense des droits humains, pour le jumelage avec la ville de Lugoj, en Roumanie, et pour tant d’autres causes.
Elle s’engagea pleinement pour le Centre d’études et de recherches sur les camps d’internement du Loiret (Cercil) que nous avons créé avec les municipalités de Pithiviers, Beaune-la-Rolande et Jargeau. Ce n’était pas évident au début. On nous disait qu’il ne fallait pas « remuer le passé ». Hélène voulait tout au contraire que l’on fasse connaître l’histoire douloureuse des enfants des camps du Loiret et du Vel d’Hiv disparus dans des conditions épouvantables - afin que cela ne se reproduise pas. C’était pour elle un impérieux devoir de mémoire.
Enfin, elle fut profondément marquée, comme sa sœur Catherine, par la haute figure de son père, Jean Zay, ministre du Front Populaire, que l’on qualifia si justement de ministre de l’intelligence, assassiné par la milice de Vichy. Elle faisait tout pour que son action et ses valeurs fussent connues, reconnues et qu’elles continuent d’inspirer notre vie publique. Elle militait pour la laïcité.
Chère Hélène, nous ne te verrons plus dans les rues d’Orléans te rendre en vélo aux multiples réunions où tu posais des questions et affirmais tes convictions. Mais tu resteras en nos coeurs. Je pense très fort à ton mari, Claude, à tes enfants, Daniel et Jean, et à tous tes amis.
Jean-Pierre Sueur.
