Interventions et prises de position

Vous trouverez ci-dessous les dernières prises de position de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles des années 2006 à 2008, vous les trouverez sur le blog de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles antérieures à 2006, consultez la rubrique Archives.

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  • Jean-Pierre Sueur a présenté au Sénat une question préalable sur le projet de loi « asile et immigration ». Il a demandé à Jacqueline Gourault, qui représentait le gouvernement, de retirer ce texte « inefficace par rapport à ses propres objectifs, négatif, uniquement répressif, ignorant l’enjeu européen alors que la clé des problèmes est nécessairement européenne. » Il a dit que le monde du futur sera davantage celui des migrations, pour des raisons liées aux droits de l’homme, aux persécutions, à la misère économique et aux changements climatiques qui pousseront nombre d’êtres humains à chercher refuge ailleurs que là où ils vivent. 
     
    Il a évoqué « l’Odyssée de l’Aquarius », le silence de la France durant deux jours, alors que la première loi est la loi humanitaire,  la mer Méditerranée, où  notre civilisation est née, devenue cimetière à ciel ouvert, alors que l’Europe doit enfin œuvrer efficacement contre le cynisme des passeurs, développer une puissante coopération avec les pays de l’Afrique et du Maghreb et maîtriser les frontières de l’Europe.
     
    Il a dit que le raccourcissement des délais de recours et l’allongement de la rétention n’auront aucun effet par rapport à la réalité d’aujourd’hui : seules 15 % des décisions d’éloignement du territoire sont exécutées et seuls 5 % des déboutés du droit d’asile regagnent leur pays d’origine. Il a dit qu’aucune disposition ne figurait dans la loi de finances pour 2018 permettant de financer les mesures inscrites dans ce texte. Il a noté que l’«intégration » était absente du texte. 
     
    Il a rappelé l’avis du Conseil d’État dénonçant l’inutilité de ce texte alors que l’effet des lois de 2016 et de 2017 n’a pas été évalué. 
    Il a rappelé la position de Michel Rocard qui disait que « La France ne peut accueillir toute la misère du monde » - et qui ajoutait : « Mais elle doit y prendre toute sa part. » 
     
    > (Re)voir la vidéo de son intervention

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  • Emmanuel Mounier aimait Péguy. Il a écrit à son sujet cette phrase célèbre : « Il y a dans l’œuvre de Péguy de quoi mécontenter tout le monde. » Il a surtout publié en 1931 un livre éclairant sur intitulé La pensée de Charles Péguy. Pour préparer ce livre, il s’est livré à une véritable enquête, presque journalistique.

    Les presses de l’université de Rennes viennent de publier les Carnets d’Emmanuel Mounier. Et la revue L’Amitié Charles Péguy a eu la bonne idée de publier à son tour dans son premier numéro de l’année 2018 tous les passages de ces carnets qui concernent Péguy.

    On y trouve, en particulier, un témoignage exceptionnel que je reproduis intégralement ci-dessous. Il s’agit du récit par Mounier de sa visite, en 1930, chez la mère de Charles Péguy, Cécile Quéré, la célèbre « rempailleuse de chaise », âgée alors de quatre-vingt-quatre ans.

    Dans un article publié parallèlement à son livre, et que citent les éditeurs de ce texte, Mounier écrit : « Tout de suite se révèle la race ardente qui nous a donné un de nos plus vigoureux polémistes. La race où l’on connaît encore la fierté, fût-elle un rien batailleuse, et où l’honneur n’est pas un vain mot transmis par une caste, mais la conscience un peu farouche de la droiture gardée. »

    Mounier décrit la maison de Cécile en 1930, celle du 52 rue du Faubourg de Bourgogne. Ce n’est pas celle où elle vécut avec son fils, qui portait le numéro 50. Une municipalité d’Orléans a eu en effet la funeste idée de démolir la maison natale de Charles Péguy pour y « trouer » la rue éponyme. Ce devait être en 1925. Par une sorte de remords, on a mis là une stèle à peine visible, qui jouxtait l’ancien garage entre des herbes folles, et qu’il serait judicieux de remettre pleinement en valeur.

    Donc Cécile est relogée au 52, mais auparavant elle a tenu une épicerie rue de Bourgogne.

    Elle raconte à Mounier les péripéties qui ont précédé l’entrée de Charles Péguy à l’École Normale Supérieure. « Il s’est présenté à Normale une première fois. On en prenait vingt-quatre, il est 26e, le 25e est pris après une démission, mais lui passe à côté. Alors, il fait son service pensant travailler à côté. Mais il faut croire qu’on n’a pas beaucoup de temps après l’exercice, il échoua encore. Il alla alors à Sainte Barbe avec une demi-bourse, je payais l’autre moitié et j’aurais bien tout payé pour mon garçon. L’épicerie marchait bien de ce moment. Il réussit. Il fait un an d’école. Puis il me dit : "Je veux prendre un an de congés pour faire ma Jeanne d’Arc". Je ne voulais pas qu’il quitte son étude. Enfin ! »

    Le récit d’Emmanuel Mounier est également très révélateur pour ce qui est des rapports entre Cécile et la belle famille de Charles Péguy, la famille de son épouse Charlotte, les Baudouin. Cécile dit : « Cette gaillarde de mère Baudouin entortille mon garçon. » Elle ajoute : « J’ai fait tout ce que j’ai pu pour empêcher le mariage. C’est pour ça qu’ils m’en veulent les Baudouin. Il n’a jamais pu se défaire de la belle-mère ; et il en a bien souffert, le pauvre petit. »

    Enfin, Cécile déploie sur son établi de rempailleuse de chaises, sous le regard admiratif d’Emmanuel Mounier, les cahiers de l’élève Péguy, « tous de la même calligraphie soignée, écrits d’on ne sait quelle plume qui ne laisse sur le papier qu’un trait imperceptible et sûr », ainsi que les superbes cartes de géographies qu’il passe des après-midis à dessiner fût-ce en renonçant à la cavalcade du mardi gras.

    Emmanuel Mounier embrasse Cécile en partant, et il achève ainsi son reportage : « Je me perds dans Orléans, entre des murs qui sentent le vinaigre, dans des rues étroites sans trottoirs, emmurés, et sans but, de vieux quartiers calmes. La nuit tombe. »

    Jean-Pierre Sueur

    >> Lire l'entretien du 28 janvier 1930 entre Emmanuel Mounier et la mère de Péguy

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  • Après avoir entendu depuis deux jours tant de déclarations affligeantes, je reste stupéfait devant la position du gouvernement français sur l’accueil - ou plutôt le refus d’accueil - de l’Aquarius et de ses passagers en détresse. 
    Il ne s’agit pas du droit d’asile. Il s’agit du devoir humanitaire de secours à des êtres humains en danger, pris en charge par une ONG française. 
    Il est évident que les ports corses étaient plus proches de la position de l’Aquarius que ceux d’Espagne ! Il y a, à ce sujet, des déclarations ahurissantes ! 
    J’ajoute qu’en vertu du  strict droit maritime, l’Espagne avait moins de raison que la France d’accueillir ce navire ! Son gouvernement l’a fait pour des raisons humanitaires, comme la France aurait pu, et aurait dû, le faire.
    Et quant à l’Italie, l’Europe l’a laissée seule accueillir tous les êtres humains victimes des passeurs et de la misère qui atteignaient ses textes au péril de leur vie.
    La réponse à cette absence de solidarité, on l’a trouvée dans les urnes italiennes. 
    Le défi des migrations est considérable. On n’y répondra pas par des projets de loi de circonstance. La France doit être fidèle à ses valeurs. Et il faut courageusement se battre pour une vraie politique européenne, contre toutes les démagogies, toutes les fausses prudences et toutes les démissions.
    Jean-Pierre Sueur
     
    Une remarquable tribune de Christiane Taubira
    Je signale tout particulièrement le texte remarquable publié par Christiane Taubira dans le JDD.
     
     
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  • Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat pour soutenir une proposition de loi présentée par Martial Bourquin et Rémy Pointereau créant un pacte national pour la revitalisation des centres bourgs et centres villes, et contenant des mesures relatives à la fiscalité, aux commerces, au logement et aux normes. 
     
    Il a notamment défendu le compromis trouvé pour qu’en matière de sauvegarde du patrimoine les prérogatives des Architectes des bâtiments de France s’exercent dans le cadre d’un dialogue approfondi avec les élus.   
     
    La proposition de loi a été adoptée à l’unanimité par le Sénat. 
     
     
     

    Jean-Pierre Sueur est également intervenu lors de la discussion de la proposition de loi relative à l’équilibre territorial et à la vitalité de la démocratie locale pour demander que la plus grande liberté soit laissée aux élus des intercommunalités  pour la définition et le fonctionnement des « pôles territoriaux » qui peuvent être créés au sein de ces intercommunalités, récusant à cet égard un cadre législatif trop strict et trop complexe.

    >> Lire le compte-rendu intégral de son intervention

     
     
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  • À la demande des responsables de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Loiret, exprimées lors de leur manifestation devant le dépôt pétrolier de Saint-Jean de Braye, Jean-Pierre Sueur a adressé un message à Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture pour apporter son soutien à leurs demandes suivantes :
    - interdire l’importation de tout produit ne correspondant pas aux standards de production français ;
    - consulter systématiquement le CORENA (Comité de rénovation des normes en agriculture) pour réaliser des études d’impact  en cas de nouvelles réglementations ;
    - donner des moyens pour concrétiser les objectifs des États généraux de l’Alimentation et pour mettre en œuvre les plans filières.