Interventions et prises de position

Vous trouverez ci-dessous les dernières prises de position de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles des années 2006 à 2008, vous les trouverez sur le blog de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles antérieures à 2006, consultez la rubrique Archives.

Jean-Pierre Sueur déplore le fait que la Commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi organique rétablissant la confiance dans l’action publique, à laquelle il a participé ce 1er août n’ait pas abouti à un accord.

À ce stade, cela se traduira par la suppression de la « réserve parlementaire » qui permet de contribuer au financement des investissements des petites communes et des communes rurales, et cela, alors même que le dispositif est devenu parfaitement équitable et transparent.

Cet échec de la Commission mixte paritaire est dû à une position intransigeante de la majorité de l’Assemblée Nationale qui s’est même opposée à ce qu’un vote ait lieu au sein de la CMP.

Il est toutefois possible que le Conseil Constitutionnel annule cette disposition, qui ne relève pas d’une loi organique, ce qui permettrait de relancer le débat.

Jean-Pierre Sueur est intervenu le 2 août en séance publique dans le débat sur les conclusions de la commission mixte paritaire portant sur les projets de loi relatifs au rétablissement de la confiance dans la vie politique.
Il a d’abord fortement regretté la position de la majorité de l’Assemblée Nationale qui souhaite supprimer la « réserve parlementaire ». Il a dit que celle-ci était « devenue totalement équitable et transparente. Toutes les subventions attribuées sont publiques. » Il a souligné que cette réserve parlementaire permettait d’attribuer chaque année 146 millions d’euros aux petites communes et aux communes rurales. Il a dit sa crainte que cette suppression se traduise dans les faits par le reversement de cette somme dans le budget général de l’État, au détriment des petites communes et de la ruralité. Il espère que le Conseil constitutionnel pourra annuler cette disposition, ce qui permettra de rouvrir le débat.
Jean-Pierre Sueur a, en revanche, soutenu la suppression des emplois familiaux pour l’ensemble des élus et responsables publics. 
Il a soutenu le remboursement des frais professionnels sur justificatif pour les parlementaires, en substitution à l’indemnité représentative de  frais de mandat (IRFM). 
Il a soutenu l’imposition des indemnités complémentaires perçues par des parlementaires pour l’exercice de fonctions au sein des assemblées.
Il a soutenu la création d’un statut qui sera enfin inscrit dans la loi, pour les collaborateurs parlementaires.
Il a regretté que le « verrou de Bercy » qui avait été supprimé par le Sénat ait été réintroduit par l’Assemblée Nationale (il s’agit d’une disposition qui subordonne toute poursuite pénale pour un motif fiscal à l’autorisation préalable du ministère chargé du budget).
Enfin, Jean-Pierre Sueur est revenu sur la question des « micro partis » puisqu’il y a en France aujourd’hui 451 partis dont la plupart n’ont pas d’existence réelle, mais qui permettent de bénéficier d’avantages financiers injustifiés.
Il a rappelé que le gouvernement s’est engagé à mettre en place un groupe de travail à ce sujet, dont lui-même fera partie.
Jean-Pierre Sueur s’engagera pleinement pour réformer cet état de choses. 
 
 
Dans la presse :

Jean-Pierre Sueur était intervenu auprès de Jean-Jacques Urvoas, alors garde des Sceaux, sur la nécessité de travaux rapides au Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, suite à la forte inondation qui a touché cet établissement. L’échéancier annoncé par ce dernier ayant pris un réel retard, Jean-Pierre Sueur est intervenu auprès de Nicole Belloubet, nouvelle garde des Sceaux, pour que les travaux aient effectivement lieu le plus vite possible.

Celle-ci lui a répondu que « la publication de l’appel à candidatures de travaux a été effectuée le 7 juillet dernier dans le but d’aboutir à une notification et à un démarrage des travaux en octobre 2017 pour six mois ».

Ces travaux, si nécessaires, devraient donc être achevés en mars 2018.

>> Lire la lettre de la ministre

Dans la presse

>> La République du Centre du 29 juillet

>> Apostrophe 45, 28 juillet

>> France 3 Centre-Val de Loire

Marianne Dubois, députée du Loiret, Jean-Pierre Sueur et les représentants des salariés des sites de Pithiviers, Vert-le-Petit (Essonne) et Gennevilliers (Hauts de Seine), de l’entreprise Isochem ont été reçus ce mercredi 2 août au ministère de l’économie et des finances, au nom du ministre, par Xavier Merlin, directeur général des entreprises (DGE), ainsi que Laurence Aviragnet, Philippe Galard-Defontaine de la DGE et Mathieu Santune, plus particulièrement chargé des entreprises du secteur chimique à la DGE.

L’entreprise Isochem a été placée en redressement judiciaire suite au défaut d’un client, l’entreprise Gilead qui, à elle seule, représentait 40 % des commandes. Isochem avait été rachetée par le groupe financier Aurélius, tristement connu dans le Loiret depuis la fermeture de l’entreprise Quelle.
 
Reçus pendant 1h30, Jean-Pierre Sueur, Marianne Dubois et les représentants des salariés ont longuement exposé la situation de l’entreprise.
 
Suite à la procédure de redressement judiciaire, une « data room » a été ouverte depuis une semaine et mise à la disposition des repreneurs potentiels. L’ensemble des offres sera examiné en septembre.
 
Les représentants du ministère ont assuré les élus et les représentants des salariés qu’ils suivraient de près l’ensemble de la procédure et s’impliqueraient totalement pour qu’une solution industrielle (et non seulement financière ou bancaire) soit trouvée afin d’assurer la pérennité et le développement d’Isochem.
 
Dans la presse :
 

Le ministère de l’Intérieur a annoncé officiellement à Jean-Pierre Sueur – suite à des interventions de sa part – que le pèlerinage « Vie et Lumière » du mois d’août aurait bien lieu sur un terrain militaire à Grostenquin en Moselle.

Jean-Pierre Sueur rappelle que ce pèlerinage a lieu deux fois par an : à la Pentecôte et en août.

A la Pentecôte, il a toujours lieu dans le Loiret, à Nevoy.

Il se traduit par un grand rassemblement et par l’arrivée de milliers de caravanes. Les élus de Nevoy et du Giennois, ainsi que les pouvoirs publics dans le Loiret s’efforcent toujours de faire en sorte que celui-ci se déroule dans les meilleures conditions.

Il y a plusieurs années, un accord était intervenu entre Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, et les élus du Loiret concernés (dont Jean-Pierre Sueur) afin que le second rassemblement ait lieu dans une autre région, compte tenu de la forte mobilisation des élus et des services publics dans le Loiret pour que tout se passe au mieux à la Pentecôte.

Il se réjouit de constater que, cette année encore, cet accord sera respecté.

>> Lire Mag Centre

Après l’examen des projets de loi relatifs au rétablissement de la confiance en la démocratie par le Sénat puis par l’Assemblée Nationale, une commission mixte paritaire (CMP) se réunira le 1er août pour tenter de parvenir à un accord entre les versions de deux assemblées. Elle sera composée de sept sénateurs et sept députés. Jean-Pierre Sueur y siégera au titre du Sénat. Il interviendra le 2 août après-midi (la séance peut être suivie à partir de 14 h 30 sur senat.fr) au sujet des conclusions de cette CMP.

Son intervention figurera sur le site, le blogFacebook et Twitter.

Jean-Pierre Sueur sera reçu avec des représentants des différents sites de l’entreprise d’ISOCHEM – dont celui de Pithiviers – au ministère de l’économie, des finances et de l’industrie ce mercredi 2 août.

Un compte-rendu de cette rencontre sera disponible sur le site, le blog, Facebook et Twitter.

Le musée des Beaux-Arts d’Orléans est le second de France, après le Louvre, pour les pastels. Il offre une collection d’œuvres de Chardin, de Delatour et de Perronneau d’une grande richesse.

Il était naturel que notre musée accueille l’exposition sans précédent qui nous est offerte jusqu’en octobre en ce musée et qui propose un grand nombre d’œuvres de Jean-Baptiste Perronneau – celles du musée d’Orléans et de bien d’autres, venues de musées français ou étrangers ou prêtées par des collectionneurs privés.

Que toutes celles et ceux qui ont œuvré pour que cette remarquable rétrospective existe soient sincèrement remerciés.

Lorsqu’on entre dans la salle d’exposition, on peut avoir l’impression de découvrir une collection très classique, un peu conventionnelle, de portraits académiques, un peu figés.

Et – c’est le miracle de cette exposition -, quand on regarde de près chaque pastel, « l’académique » s’estompe, puis disparaît. Et les expressions de chaque visage s’imposent, avec une large palette de sentiments, de caractère, de tempéraments et une extraordinaire virtuosité de l’auteur de ces pastels pour les mettre en lumière.

Dominique d’Arnoult, grande spécialiste de Perronneau, insiste justement dans le catalogue de l’exposition sur ce qu’on pourrait appeler le réalisme des portraits, par opposition à l’académisme. Elle explique que, par rapport à la question de savoir s’il faut « corriger les défauts » des visages, « Perronneau prend le parti opposé à celui de l’école française prescrivant de « corriger » le naturel et suit le parti de l’école flamande (…) qui demande à la jeunesse de "rendre le naturel tel qu’elle le voit" (…) Perronneau s’efforce cependant d’exprimer les défauts avec cette "tendresse" que représente la nature. »

C’est assurément une exposition à ne pas manquer.

Jean-Pierre Sueur

 

Il faut remercier Alain Di Stefano, maire de Yèvre-la-Ville, de nous avoir donné la chance de découvrir des œuvres du grand sculpteur qu’est Claude Mercier et d’avoir pris la tête d’un « Comité Claude Mercier » qui a pris l’initiative de la publication d’un très beau livre, dont je recommande la lecture, mais aussi la contemplation – puisque nombre d’œuvres y sont bien photographiées  – intitulé Claude Mercier, catalogue raisonné et publié sous la direction de Carole Mercier-Métayer, avec des textes de Lydia Harambourg.

Claude Mercier l’écrit – et le dit – d’emblée : « Les formes qui font signe dans mes sculptures, je les possède en moi. Elles n’existaient nulle part ailleurs ; elles sont l’expression de ma liberté. »

Qu’il sculpte les animaux, les végétaux, les figures mythologiques, les instruments de musique, les miroirs, les objets cosmiques ou les formes de l’industrie, Claude Mercier sait épurer les lignes, créer le mouvement dans toute sa pureté, magnifier la matière.

Comme l’écrit très justement Lydia Harambourg, « la sculpture de Claude Mercier porte l’évidence des formes sensibles du monde transposées dans le jeu des tensions et des équilibres savants. Chaque sculpture est une structure dressée et cherche à suspendre l’insaisissable. Elle exige que nous nous déplacions pour en comprendre toutes les subtiles articulations. Chaque face nécessite une approche nouvelle pour une perception renouvelée de l’ensemble. Le regard va bien au-delà de sa vision générale et revient sur l’élégance des courbes qui jouent avec les verticales et les horizontales, s’infléchissent sous la pression des pensées intérieures » (p. 15).

Ce « catalogue raisonné » est un bel hommage à un grand sculpteur. Il mérite assurément d’être lu. Et surtout, les œuvres qu’il recèle méritent d’être longuement admirées.

Jean-Pierre Sueur

  • Ce livre est paru aux éditions SOMOGY
  • Le « Comité Claude Mercier » peut-être contacté par email (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) ou par voie postale (5 place de l’Église, 45300 Yèvre-la-Ville)

 

 

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Bernard de la Rochefoucauld, fondateur et ancien président de la Communauté de communes des Loges, ancien maire d’Ingrannes et créateur de l’Arboretum des Grandes Bruyères dans cette commune.

Bernard de la Rochefoucauld, ancien élève de l’École centrale, ingénieur et urbaniste, fut, toute sa vie, un homme d’entreprise et d’initiative – en France comme à l’étranger. Il présida l’Institut Montaigne. Amoureux du patrimoine, il fut parmi les fondateurs de la Fondation du Patrimoine. Passionné par les arbres et la nature, il créa, avec son épouse Brigitte, l’Arboretum des Grandes Bruyères, à Ingrannes, qu’il avait plaisir à faire visiter lui-même. Il fut à l’origine de la Fondation des Parcs de France.

Maire d’Ingrannes, Bernard de la Rochefoucauld fut parmi les créateurs de l’Association des maires ruraux du Loiret.

Mais je garde surtout le souvenir du grand défenseur de l’intercommunalité qu’il a été. Avec ses collègues maires, il créa la Communauté de communes des Loges rassemblant des communes du secteur de la forêt d’Orléans et d’au-delà. Il en devint naturellement le président et parvint à faire travailler ensemble les maires et les élus de toutes les communes membres dans un excellent climat. Il me disait souvent qu’il n’avait aucune ambition – sinon celle de favoriser le travail en commun.

Il me parlait souvent de la loi de 1992 que, jeune ministre, j’avais défendue devant le Parlement. Il y voyait un germe de grand progrès pour l’aménagement du territoire, dans le respect de la spécificité et de la personnalité de chaque commune.

Aujourd’hui, je le remercie pour son soutien constant à cette cause et aussi pour son profond humanisme.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a annoncé le 17 juillet dernier sa candidature aux élections sénatoriales du 24 septembre prochain, à la tête d’une liste qui, outre lui-même, comprend :

  • Anne Leclercq, agricultrice, adjointe au maire d’Ouzouer-sur-Trézée, vice-présidente du Conseil régional Centre-Val de Loire ;
  • Denis Thion, maire de Courcelles, vice-président du Pays Beauce-Gâtinais en Pithiverais ;
  • Anne Besnier, vice-présidente de la Communauté de communes des Loges, vice-présidente du Conseil régional Centre-Val de Loire, ancienne maire de Fay-aux-Loges et ancienne conseillère départementale ;
  • Bernard Delaveau, maire de Paucourt, vice-président de la Communauté d’agglomération de Montargis et des Rives du Loing, secrétaire du comité directeur de l’Association des maires du Loiret.

Dans les médias :

>> Mag Centre

>> Apostrophe 45

>> La République du Centre

>> France Bleu Orléans

 

Nouvelle directrice du Centre chorégraphique national d’Orléans, Maud Le Pladec vient de présenter « Borderline » au Festival d’Avignon, un spectacle très fort (qui sera proposé à Orléans du 5 au 7 octobre) consacré au drame des êtres humains qui sombrent dans ces « bateaux de la mort » qui traversent la Méditerranée – ou parfois en réchappent après avoir vécu des moments épouvantables – pour le plus grand profit des passeurs qui méprisent le plus cyniquement du monde les lois les plus élémentaires de l’humanité.

Ce spectacle, mis en scène par Guy Cassiers, s’appuie sur un texte non seulement réaliste, mais décapant, dérangeant, un texte dont on ne peut sortir indemne, de l’écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature.

La chorégraphie de Maud Le Pladec est sobre, d’une tragique simplicité. Elle se suffit à elle-même. Le drame est dit, montré, dansé, sans fioriture, sans détour inutile.

On éprouve parfois quelque difficulté à vivre la relation entre le texte, bouleversant, mais dit en néerlandais, et donc « sous-titré », et la chorégraphie – comme si l’un et l’autre relevaient de logiques parallèles, également prégnantes. Mais c’est un défaut mineur – si c’en est un ! Reste la force du spectacle. Et du message qu’il délivre.

J’ai dit – on m’excusera de le répéter – l’autre jour au Sénat que 2 247 êtres humains sont morts depuis le début de cette année dans ces « bateaux de la mort » qui traversent la Méditerranée.

Cela ne peut, ne doit pas continuer. Le théâtre peut aussi envoyer des cris d’alarme.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire deux extraits de l’interview croisée de Guy Cassiers et Maud Le Pladec dans le programme du spectacle

Il faut remercier Jeannie Blanchet et Marie Cabreval d’avoir publié chez l’éditeur Daniel Plot un très beau livre rassemblant nombre des œuvres du graveur Jean-Pierre Blanchet.

Celui-ci, qui fut l’élève de Louis-Joseph Soulas, maîtrisait remarquablement les techniques du burin et de la pointe sèche.

Il était amoureux d’Orléans. Et il entreprit de restituer les rues et les paysages de la ville avec beaucoup de poésie, de délicatesse, de sobriété. Son œuvre est épurée. Il lui suffit de quelques traits pour rendre sensible l’atmosphère d’une rue, d’une place, des bords de Loire.

C’est une œuvre humaine aussi où l’on rencontre nombre de personnages stylisés, silhouettes à peine esquissées mais qui, comme par surprise, animent l’espace.

On vagabonde ainsi de gravure en gravure dans les quartiers d’Orléans.

Et au-delà, puisque Jean-Pierre Blanchet nous conduit à Cléry, à Saint-Benoît-sur-Loire, mais aussi à Vézelay, à Combourg, ou au cœur des œuvres d’Alain Fournier, de Gérard de Nerval et de Jean Cocteau qu’il sut illustrer – sans oublier la Lettre à une voyageuse de Roger Secrétain.

On ne se lasse pas d’admirer ce livre. C’est le livre d’un graveur-poète. Charles Trenet chantait « l’âme des poètes. » Celle de Jean-Pierre Blanchet – ce livre le montre à chaque page – continue de hanter les rues d’Orléans.

Jean-Pierre Sueur

  • On peut commander ce livre au prix unitaire de 25 €  auprès de l’Association « Les amis de Jean-Pierre Blanchet », Lieudit 2 les Banchets, 41240 Villermain. Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

   

Jean-Pierre Sueur est intervenu à de nombreuses reprises du 10 au 13 juillet lors de l’examen du projet de loi de « rétablissement de la confiance dans l’action publique » (dite de « moralisation »).

Nous publions ci-dessous les liens vers l’ensemble de ses interventions.

>> Lors de la discussion générale

>> Sur l’inégibilité ité liée au casier judiciaire

>> Sur les conflits d’intérêt : intervention 1 et intervention 2

>> Sur le droit du Parlement à légiférer sur les matières relevant du pouvoir exécutif

>> Au sujet des collaborateurs parlementaires : intervention 1 et intervention 2

>> Sur les emplois familiaux : intervention 1 et intervention 2

>> Sur les micro-partis

>> Déclarations des candidats à l’élection présidentielle

Lire aussi :

>> Le communiqué de presse sur la discussion générale

>> La République du Centre du 13 juillet

Y a-t-il trop d'élus locaux en France ? À cette question ma réponse est claire : c'est non ! 
Qu'on n'y voie pas une quelconque démagogie. Non, ma réponse se fonde uniquement sur l'expérience et sur ce que je connais des 326 communes du Loiret. 
Les conseils municipaux des plus petites communes, celles de moins de cent habitants, comptent sept élus. Au-delà, et jusqu'à 500 habitants, ils sont onze. Jusqu'à 1 500 habitants, ils sont quinze, puis dix-neuf jusqu'à 2 500 habitants, etc.
Et je puis témoigner que ce qui caractérise ces 7, 11, 15 ou 19 citoyennes et citoyens réunis autour de la table du conseil municipal de nos villages et petites communes, c'est qu'elles – où ils – connaissent chaque rue, chaque chemin, chaque entreprise, chaque commerce, chaque ferme, chaque école, chaque association....Ils font corps avec leur commune. Ils l'aiment. Ils savent mieux que quiconque ce qui est bien, ce qui est souhaitable pour leur commune.

Ils sont les meilleurs défenseurs de ce qu'on appelle l'« aménagement du territoire ».
Qui dirait qu'il serait bénéfique de les remplacer par des technocrates, sans doute moins nombreux, mais plus éloignés du terrain et ne connaissant pas, comme eux, les réalités ?
J'ajoute que plus de 90 % des conseillers municipaux de France ne touchent aucune indemnité. Et pour ceux qui en touchent, il suffit de diviser le montant de cette indemnité par le nombre d'heures consacrées à la commune pour vérifier que ce n'est pas trop cher payé de l'heure....
Ils sont environ 550 000. Ils font vivre au quotidien la démocratie et battre le cœur de la République.
On peut poser la question du nombre des parlementaires. D'ailleurs l'absentéisme qui subsiste – hélas ! – montre qu'ils pourraient être moins nombreux.

Mais il serait vexatoire pour les élus locaux et, de surcroît, très préjudiciable à notre vie démocratique que de réduire leur nombre et de congédier sans raison tant de bénévoles qui servent inlassablement nos communes et leurs habitants. Et comme nul n'est infaillible, il est toujours possible de revenir sur un « effet d'annonce » inopportun...

Jean-Pierre Sueur

J'en ai moi-même été surpris. Alors que tous les groupes politiques du Sénat, et la commission des lois unanime, avaient pris position pour la suppression de la possibilité pour un parlementaire d'employer un membre de sa famille comme collaborateur, mardi dernier, lors d'un vote à main levée, la majorité des sénateurs présents a voté contre cette disposition.

Les choses sont revenues dans l'ordre – si l'on peut dire – le lendemain puisque, mercredi dernier, l'interdiction des emplois familiaux a été adoptée par le Sénat à l'issue d'un scrutin public par 306 voix pour et 11 contre.

Que s'est-il passé ?

Il s'est passé ce que j'ai appelé un « lapsus législatif ».

La vérité, c'est qu'un certain nombre de sénateurs comme de députés employaient des membres de leur famille comme collaborateurs parlementaires, ce qui n'était nullement illégal – et ne l'est toujours pas tant que la nouvelle loi n'est pas définitivement adoptée. Et comme l'a rappelé Catherine Tasca, ce ne sont pas les emplois familiaux qui sont illégaux, mais les emplois fictifs. Et il est apparu à ceux qui n'ont pas levé leur doigt le mardi soir qu'on faisait, en quelque sorte, payer à tous les « emplois familiaux » le prix de quelques « emplois fictifs ».

De plus – et je l'ai dit publiquement en séance –, alors qu'il a été souvent dit, au plus haut niveau de l'État, qu'il ne fallait pas légiférer en fonction de l'actualité immédiate, mais avec le « recul » nécessaire, on faisait, en l'espèce, le contraire. Car il est clair que s'il n'y avait pas eu une « affaire » dite « Pénélope Fillon », personne ne parlerait aujourd'hui des emplois familiaux...

Ceci peut expliquer cela.

Pour ma part, j'ai eu une position constante à ce sujet. En tant que député, maire, ministre, président d'agglomération ou sénateur, je n'ai jamais recruté personne de ma famille. En effet, même si de tels recrutements n'auraient pas été illégaux, ils auraient toujours pu être interprétés, perçus et vécus comme relevant du favoritisme. Je suis donc pleinement d'accord avec l'inscription de leur interdiction dans la loi.

J'ajoute – et je l'ai aussi dit en séance – qu'il m'apparaissait quasiment vexatoire qu'on n'évoque dans la loi les collaborateurs parlementaires que par rapport à cette question des emplois familiaux. C'est pourquoi, avec d'autres, je me suis employé à ce que la loi expose d'abord leurs missions et leurs fonctions, et évoque la meilleure façon de prendre en compte leurs droits – qui doivent se rapprocher le plus possible de ceux liés au « licenciement économique » – en cas de licenciement du fait de la non réélection du parlementaire pour lequel ils travaillent.

Tout s'est donc passé comme prévu, et conformément aux engagements pris, lorsque par un scrutin public (procédure qui a pour effet d'enregistrer la position effective de chaque sénateur), l'interdiction des emplois familiaux a été votée au Sénat par le score – sans appel – de 306 voix contre 11.

Mais cet épisode doit faire réfléchir. Car ce n'est pas un cas isolé. J'ai souvent vu de telles variations au cours des débats parlementaires. Cela témoigne seulement du fait que nos assemblées – le Sénat comme l'Assemblée Nationale – sont vivantes, qu'elles sont le lieu de vrais débats, que ces débats ne sont ni artificiels ni bouclés d'avance, comme certains le laissent croire. Et il est bien qu'il en soit ainsi.

J'en tire une conclusion : il faut laisser aux assemblées parlementaires le temps de délibérer, de se faire une opinion, de bien peser le pour et le contre de chaque ligne de ce qui deviendra la loi qui s'appliquera – parfois pendant très longtemps – à tous les Français. Or tous les pouvoirs exécutifs sont très pressés, trop pressés.  Ils voudraient que la loi fût faite et votée à toute allure. Ils ont tort. Il faut sans doute moins de lois. Mais il faut que celles-ci soient discutées et élaborées avec soin. Cela suppose qu'on renonce à faire de la procédure dite « accélérée » la procédure de droit commun – comme c'est malheureusement le cas en ce mois de juillet –, mais que, sauf exception liée à une véritable urgence, on ait recours à la procédure « ordinaire » – avec deux lectures dans chaque assemblée – telle qu'elle est inscrite dans la Constitution.

 

Jean-Pierre Sueur

 

Poursuivant son soutien aux femmes du « Réseau DES France » rassemblant les femmes victimes des effets de l’exposition au distilbène ainsi que leurs filles, Jean-Pierre Sueur a posé une nouvelle question écrite à la nouvelle ministre de la santé.

Nous reproduisons ci-dessous la page consacrée à cette initiative dans le numéro 56 de « Le Lettre » de l’association Réseau DES France.

>> Lire l’article

Jean-Pierre Sueur a été le premier intervenant dans le débat en séance publique au Sénat sur les projets de loi « rétablissant la confiance dans l'action publique » – également appelés « projets de loi de moralisation ». Il a d'abord souligné qu'il s'agissait du 31e texte sur ces sujets du financement et de la transparence de la vie politique, depuis les premiers textes de Michel Rocard jusqu'à la dernière loi de 2013, dont il a été le rapporteur, qui a créé la Haute Autorité et déjà légiféré sur les conflits d'intérêt.

Rappelant qu'il y avait aujourd'hui 451 partis politiques recensés en France, il a défendu son amendement réformant les règles en vigueur afin de mettre fin à la prolifération de ces pseudo-partis "de commodité" permettant de recueillir quelques subsides.

Sur la « réserve parlementaire », Jean-Pierre Sueur s'est prononcé contre sa suppression à un moment où celle-ci est justement devenue équitable et totalement transparente. Il a craint que cela se traduise par une perte de revenus pour les petites communes et communes rurales et a exprimé sa vigilance  à ce sujet.

S'agissant des collaborateurs parlementaires, il a regretté qu'il ne soit question d'eux dans le projet de loi qu'au sujet des « emplois familiaux », auxquels il est opposé. Il a donc défendu un amendement définissant leur fonction et prenant en compte le fait que la fin de leur contrat en cas de non-réélection du parlementaire pour lequel ils travaillent puisse être qualifiée de « licenciement économique ».

Il a également défendu la fiscalisation des indemnités de fonction des parlementaires.

Il a terminé en évoquant l'honnêteté et le dévouement de la plupart des 550 000 élus que compte notre pays.

L'intervention de Jean-Pierre Sueur a été applaudie sur tous les bancs. 

Après avoir reçu les salariés de l’entreprise ISOCHEM de Pithiviers qui est en cessation de paiement et pour laquelle une procédure de redressement judiciaire a été décidée par le Tribunal de Commerce d’Évry, Jean-Pierre Sueur a saisi de ce dossier Bruno Le maire, ministre de l’économie et des finances, en charge de l’industrie.

Il lui a exposé les grandes compétences de cette entreprise dans les domaines de la chimie fine, de la pharmacie et de la cosmétique. Il a insisté sur le fait que les difficultés présentes n’étaient dues qu’au départ d’un seul client. Il lui a dit sa crainte que le groupe Aurélius qui possède ISOCHEM « prenne principalement en compte ses intérêts financiers – comme cela a déjà été le cas pour la société QUELLE. » Il lui a demandé de tout faire pour qu’une solution industrielle soit trouvée et favorisée. Il a demandé à être reçu dans son ministère avec des représentants des salariés.

>> Lire La République du Centre du 11 juillet

Marianne Dubois députée du Loiret, Jean-Pierre Sueur, Marie-Agnès Linguet maire de Fleury les Aubrais, vice-présidente d’Orléans Métropole, et Nathalie Balberde représentante des organisations syndicales (UNSA, CFE-CGC, CGT) ont été reçus au cabinet d'Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, au sujet du devenir du laboratoire de la SEITA de Fleury les Aubrais, qui compte 87 salariés.

Ils ont été reçus par Anne Beinier, conseillère auprès de la ministre, chargée notamment des addictions et par Guillaume Couillard, conseiller santé du Premier ministre, Édouard Philippe.

Ils ont soutenu le projet des salariés de voir le laboratoire de Fleury les Aubrais transformé en laboratoire indépendant afin de pouvoir assurer les analyses désormais prescrites pour ce qui est du tabac, tant au niveau européen qu’au niveau français – ce qui suppose un examen du dossier et un agrément par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Cela se traduirait par le maintien sur place du laboratoire.

Guillaume Couillard et Anne Beinier les ont assurés qu’ils suivraient ce projet avec la plus grande attention en lien très étroit avec l’ANSES.

 

À l’initiative de son épouse Nicole, un livre vient de paraître consacré à l’œuvre du peintre Gérard Bouilly.

Jean-Pierre Sueur a écrit une longue préface à ce livre que nous publions intégralement.

Ce livre intitulé Gérard Bouilly est notamment disponible auprès de l’éditeur, Daniel Plot, 14 rue Pierre et Marie Curie, 45400 Fleury-les-Aubrais (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), au prix de 25 €.

>> Lire la préface

 

 

Intervenant lors de la séance des questions d’actualité au Sénat, Jean-Pierre Sueur a rappelé que « 2 247 êtres humains étaient morts ou disparus depuis le 1er janvier en Méditerranée, victimes des passeurs et de leur bateaux de la mort. La méditerranée est devenue un cimetière à ciel ouvert. Si cela continue il y aura 5 000 morts en 2017. » Il a rappelé que les ministres de l’Intérieur français et allemand avaient assuré leur homologue italien de leur « solidarité résolue ». Il a demandé au Gouvernement par quelles mesures cette « solidarité résolue » se traduirait concrètement. Il a aussi demandé que la France intervienne auprès de l’Union européenne afin que Frontex dispose des moyens pour empêcher le départ de ces bateaux, avec l’aide des États concernés, lorsqu’il y a un État, ou en se substituant à eux lorsqu’il y en a pas, comme c’est le cas en Libye. Il a enfin demandé au Gouvernement d’œuvrer en lien étroit avec les associations qui mènent une action importante par rapport aux migrants et il a demandé quels moyens seraient mis œuvre pour poursuivre le raccourcissement des délais d’instruction des demandes d’asile.

Dans la réponse qu’il a faite au nom du Gouvernement, M. Christophe Castaner, Secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, a notamment déclaré : « Nous allons demander à ce que soit renforcé le soutien aux gardes côtes libyens avec un appui financier et le contrôle étroit de l’Union européenne ; nous proposerons un soutien conditionnel à l’Organisation mondiale des migrations (OIM) et au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés afin de développer des infrastructures en Libye ; nous demandons un contrôle renforcé aux frontières de la Libye. » Il a rappelé que ces décisions font partie d‘un ensemble qui a été repris dans le cadre du conseil des ministres de l’Intérieur de Tallin et qu’une échéance majeure pour approfondir les options présentées sera la conférence qui se tiendra à Tunis le 24 juillet prochain et à laquelle participeront les principaux États membres de l’Union européenne concernés par la crise migratoire.

Il a enfin indiqué que s’agissant du droit d’asile, un plan de refonte profonde permettant d’améliorer le dispositif et de raccourcir les délais d’instruction des dossiers sera présenté prochainement.

>> Lire le texte de la question et la réponse

>> Voir la vidéo de l'intervention

Jean-Pierre Sueur a déposé de nombreux amendements sur le projet de loi rétablissant la confiance en la vie démocratique. Il intervient à ce sujet ce lundi 10 juillet en séance publique au Sénat.

>> Lire les amendements de Jean-Pierre Sueur :

- sur le projet de loi ordinaire

sur le projet de loi organique

>> Lire les textes initiaux :

- du projet de loi ordinaire

- du projet de loi organique

>> Lire les textes établis par la Commission des lois :

- du projet de loi ordinaire

- du projet de loi organique

Je signale tout particulièrement au sujet des deux mille vers inédits de Charles Péguy enfin publiés l’article de Pascale Auditeau dans La République du Centre de ce samedi 8 juillet.

>> Lire l’article

Tout a été dit ou écrit sur Simone Veil ces derniers jours. Et je ne voudrais pas redire ce qui a été si bien dit pour lui rendre hommage.

On me permettra d’apporter ici un témoignage plus personnel.

D’abord lorsqu’avec Henri Berthier, alors maire de Pithiviers et avec Camille Suttin, maire de Beaune-la-Rolande, nous avons décidé, alors que j’étais moi-même maire d’Orléans, de créer le Centre d’étude et de recherches sur les camps d’internement du Loiret (CERCIL) afin de rappeler la mémoire de tous ces êtres humains, de tous ces enfants qui avaient vécu dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande qui étaient l’antichambre de la déportation et de la mort, il ne faut pas croire que ce projet a été d’emblée largement soutenu. On nous a trop souvent dit qu’il n’était pas utile de revenir là-dessus, qu’il ne fallait pas « remuer cette poussière », revenir sur ces épisodes tragiques du passé. Soyons justes : nombre de nos concitoyens nous ont aussi soutenus. Parmi ceux-ci, Simone Veil fut la première. Son soutien et son engagement furent immédiats, absolus et constants.

Simone Veil avait connu la déportation à l’âge de seize ans. Elle récusait les discours pathétiques ou la commisération. Non : elle voulait que la vérité fût connue. Toute la vérité. Elle le dirait toute sa vie. Simplement pour que l’on sache, pour que toutes les générations sachent – et pour que cette horreur, ces horreurs, ne reviennent plus, ne recommencent pas.

Simone Veil ne s’épanchait pas. Elle parlait simplement, justement.

Autre souvenir : celui du Club Vauban. Avec son mari, Antoine Veil, elle avait créé ce que ce dernier appelait une « atypique confrérie ». Tous deux réunissaient tous les mois, pour un petit déjeuner, un groupe d’élus composé de deux moitiés, une moitié de droite (qu’Antoine appelait les parcimonieux) et une moitié de gauche (qu’il appelait les « partageux »). Je fus près de quinze ans membre de ce club dont le nom découlait simplement de l’adresse de Simone et d’Antoine : ils habitaient place Vauban à Paris. Pour en être membre, il fallait être profondément européen et attaché au dialogue social.

Qu’on ne se méprenne pas. Je ne pense pas qu’à cette époque le but aurait été de faire un « gouvernement Vauban » rassemblant la droite et la gauche.

Non, l’objectif était plus modeste, mais ambitieux cependant.

Simone et Antoine Veil voulaient « jeter des ponts », faire avancer des idées, dépasser les incompréhensions ou les sectarismes. Ce fut très riche.

Lors de ces réunions, Simone parlait peu. Mais c’était toujours avec justesse. Avec force. Elle ne biaisait pas. Elle détestait les inutiles prudences. Elle allait au but, directement. C’était vraiment une femme de conviction – au sens le plus noble du terme.

Je la revois parler de l’Europe. Elle était persuadée que l’Europe était la réponse aux camps d’extermination.

Il fallait, elle voulait que ces peuples et ces citoyens de différents pays d’Europe apprennent à se connaître, à se comprendre et à s’aimer.

Elle savait que rien de cela n’était ni ne serait facile. Mais sa volonté était farouche.

Enfin, nous n’oublierons pas, et les femmes de France et d’ailleurs n’oublieront jamais, son combat pour l’IVG dans cette assemblée d’hommes, bravant avec un immense courage injures et quolibets.

Il y a quelques années, 1 500 femmes maires réunies par le Sénat lui ont fait une longue ovation debout.

L’émotion était palpable, intense.

Oui, j’en suis persuadé, Simone Veil doit désormais reposer au Panthéon.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’interview de Jean-Pierre Sueur dans La République du Centre du 1er juillet

>> Lire l’article du JDD du 2 juillet

La revue Conflits a publié dans son numéro de juillet-août-septembre 2017 une interview de Jean-Pierre Sueur intitulée « Remettre l’entreprise au cœur de la ville ».

>> Lire l'article

A noter aussi dans le même numéro un article de David Simonnet intitulé « Enjeux géopolitiques des métropoles européennes ».

 

On le sait. Avec mon collègue Hugues Portelli, nous sommes à l’initiative d’une nouvelle loi sur les sondages.

Celle-ci, qui a été votée par le Parlement, était devenue nécessaire, tant les sondages ont pris une place déterminante dans le débat public.

Nous l’avons souvent dit : présenter dans les médias des chiffres absolus n’a pas de sens. Tous les sondages comportent une « marge d’erreur », qui est plus ou moins élevée selon la taille de l’échantillon analysé.

Ainsi, lorsque l’on dit qu’un candidat a obtenu, selon un sondage, un score de 49 %, cela signifie que le score prévisible (au moment où le sondage a été réalisé) est situé entre 46,5 % et 51,5 %, si la marge d’erreur est de plus ou moins 2,5% (ce qui est fréquemment le cas).

Nous avons donc logiquement inscrit dans la loi que la première publication de chaque sondage devait être accompagnée de la mention de la marge d’erreur.

Voici comment la loi est détournée : certains instituts publient sur un site Internet – souvent peu connu ou peu fréquenté – la marge d’erreur avant la publication dans le média (presse écrite, radio, télévision) qui a commandé le sondage. Et, lorsque celui-ci est publié à une plus large audience, il n’est plus accompagné de la mention de la marge d’erreur.

Ainsi, même si la loi est formellement respectée, l’esprit de la loi est totalement bafoué !

J’ai exposé cela lors du débat sur l’application des lois qui a eu lieu récemment à la Commission des lois du Sénat. J’ai demandé que l’on se prépare à une modification pour éviter qu’à l’avenir un tel « détournement » reste possible et pour que les citoyens disposent enfin des informations nécessaires pour bien apprécier le résultat d’un sondage.

J’ajoute que, sur d’autres aspects, l’application de la loi laisse à désirer. Ainsi, la Commission des sondages doit être saisie pour chaque sondage d’une note précisant les critères de redressement (puisque les chiffres publiés ne sont pas toujours – loin s’en faut – les « chiffres bruts » issus de la consultation de l’« échantillon »). Là encore, on constate que nombre de notes remises à la Commission des sondages au sujet de ces « redressements » sont très indigentes.

Là encore, il faudra préciser les termes de la loi.

On le voit : la législation est une matière vivante. Et il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier… afin que la volonté du législateur s’exprime en toute clarté et qu’elle soit ensuite strictement respectée.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’article du Canard Enchaîné à ce sujet

Savez-vous combien il y a de partis politiques en France ?

Vous serez étonnés d’apprendre qu’il y en avait, en 2016, 451.

Cet effectif progresse d’ailleurs régulièrement, puisqu’il y avait 20 partis en 1990 et 250 en 2000 !

Pourquoi une telle progression ?

Parce que la loi actuelle permet trop facilement à des formations politiques obtenant un nombre, même faible, de suffrages dans un certain nombre de départements (et selon des règles spécifiques dans les départements d’outre-mer) d’obtenir un financement public.

C’est ainsi que, par commodité, ou pour des raisons purement financières, de nombreux « partis » se sont créés, qui n’ont pas de véritable activité politique et ne sont pas connus comme tels de nos concitoyens.

Ces pratiques, pourtant légales, me paraissent très préjudiciables pour ce qui est du financement public des partis politiques qui doit, à mon sens, être limité aux vrais partis.

C’est pour réformer cet état de choses que j’ai déposé devant la commission des lois du Sénat l’amendement ci-joint, dans le cadre du débat sur le projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique (dit : « projet de loi de moralisation »).

Par ailleurs, pour bien illustrer et éclairer le problème posé, je reproduis intégralement ci-dessous le chapitre 3 du dernier livre de René Dosière intitulé Argent, morale, politique et consacré au financement des partis politiques.

 

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l'amendement

>> Lire le chapitre 3 du livre de René Dosière

 

Les partis politiques n’ont de sens et d’utilité que par rapport aux convictions, aux valeurs et aux projets qu’ils portent.

Ils se doivent, de surcroît, d’être des lieux de débat, d’étude, de réflexion afin d’élaborer des réponses aux questions qui se posent à chaque époque, et qui sont toujours nouvelles et de préparer et proposer des réformes afin de faire avancer la société.

Ils sont encore les instances qui ont pour mission d’arbitrer entre les candidats aux différentes élections par des procédures démocratiques.

Les partis sont nécessaires. La Constitution précise qu’il « contribuent à l’expression du suffrage. » Il n’est pas de démocratie sans parti politique. Et il n’est pas de parti digne de ce nom sans démocratie en son sein.

Les récentes « primaires » ont été, à gauche comme à droite, une confirmation de ce que je viens d’écrire.

Il a pu arriver – il est arrivé – que le vainqueur des primaires ne soit pas en phase avec la majorité – ou les opinions majoritaires – du parti dont il se réclame.

On en a vu les conséquences.

Si les adhérents des partis se trouvent dessaisis de la désignation de leurs représentants et aussi de la détermination de la ligne politique ou du programme qui sont, de fait, liés au candidat élu, alors on peut aller vers un effacement, de fait, des partis politiques.

Il peut aussi arriver que faute de travail sur le fond, de prise en compte de la société et de l’actualité telles qu’elles sont et non telles qu’on voudrait qu’elles fussent, les partis perdent de leur force et de leur vigueur. Il faut alors les régénérer.

Il peut arriver enfin que les contours des partis ne correspondent plus à des clivages clairs. Ainsi des positions inconciliables peuvent perdurer au sein du même parti, cependant que des partis différents peuvent réunir des adhérents dont les positions sont proches, voire semblables.

Dans ces cas, il est sain de chercher à clarifier les choses.

En tout état de cause, tout parti peut perdre de sa substance lorsqu’il se détourne des idées, projets et convictions qui fondent son existence.

Cela ne signifie pas qu’il mourra pour autant. On a pu voir aussi des partis continuer à exister comme des astres morts.

Je termine en citant, bien sûr, Charles Péguy et Notre Jeunesse : « Tout commence en mystique et finit en politique […] L’essentiel est que […] la mystique ne soit point dévorée par la politique à laquelle elle a donné naissance. »

Il écrivait encore : « Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique. »

Ce qui est premier c’est l’idée. C’est le sens. Il faut sans cesse les retrouver, les faire renaître, s’y ressourcer. Le reste est second – ce qui ne signifie pas secondaire.

Jean-Pierre Sueur

Je me souviendrai toujours du jour où Xavier Darcos est venu annoncer au Sénat qu’il n’y aurait plus d’école le samedi matin.

J’ai immédiatement pensé que cela se traduirait par trois heures d’enseignement en moins pour les enfants et par la concentration du temps scolaire sur quatre jours hebdomadaires dans l’un des pays du monde où le nombre annuel de jours de scolarité est le moins élevé.

Je sais qu’on nous a expliqué que ces trois heures seraient remplacées par du « soutien ».

Il n’empêche que j’ai perçu cela très négativement.

Pour les enfants des familles aisées, où il y a beaucoup de livres et d’ordinateurs à la maison et où les parents peuvent tout expliquer, cela n’est pas dramatique.

Mais cela peut l’être pour les enfants qui ne disposent pas des mêmes chances et des mêmes moyens.

Pour ceux-là, c’est l’école et c’est le temps scolaire qui – seuls – permettent la réussite.

J’ai été déçu de constater que cette décision de Xavier Darcos n’avait donné lieu qu’à bien peu d’opposition, comme si chacun s’y résignait.

C’est pourquoi j’ai été heureux que les ministres qui lui ont succédé rétablissent les « quatre jours et demi » de temps scolaire.

Certes, les modalités, qui ont trop largement reposé sur les communes – dont les moyens et situations financières sont très inégales – ont pu donner lieu à discussion et à contestation. Mais il faut reconnaître qu’au total nous sommes parvenus à atteindre l’objectif qui était assigné : rétablir la semaine de « quatre jours et demi ».

Il était prévu qu’au cours de cette année et des années suivantes, ce dispositif serait évalué.

… Et puis un nouveau ministre arrive qui, aussitôt, et sans attendre la moindre évaluation, remet tout cela en cause.

Je le regrette. Faire, défaire, refaire… n’est pas la bonne méthode en matière d’éducation. Nos élèves méritent mieux.

Jean-Pierre Sueur

À la suite des inondations de mai-juin 2016 qui avaient contraint au déplacement en pleine nuit de nombreux détenus du Centre pénitentiaire de Saran, Jean-Pierre Sueur avait interpellé le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, sur la situation ainsi créée et les mesures à prendre.

Ce dernier lui avait annoncé, par lettre, un échéancier très précis pour la réalisation des travaux qui sont absolument nécessaires et urgents.

Cet échéancier était décrit dans les termes suivants : « L’agence publique pour l’immobilier de la Justice (APIJ) a été mandatée pour conclure un marché de maîtrise d’œuvre, portant sur un diagnostic, des études et les travaux qui seront à réaliser. Le calendrier prévisionnel prévoit que le diagnostic doit être remis au mois de février 2017, pour une finalisation et des études au printemps et un achèvement des travaux à la fin de cette année ».

Or, il apparaîtrait que cet échéancier n’est pas respecté.

Jean-Pierre Sueur a saisi la nouvelle ministre de la Justice, Mme Nicole Belloubet. Il lui écrit notamment : « Ainsi, d’après les informations en sa possession, le diagnostic n’aurait toujours pas été remis alors que nous sommes fin juin ; les études ne seraient pas finalisées alors qu’elles devaient l’être au printemps. Dans ces conditions, on peut légitimement douter que les travaux seront achevés à la fin de l’année 2017. J’ai donc l’honneur de vous demander de bien vouloir m’informer de l’état exact d’avancée des études et des travaux sur les mesures urgents que vous comptez diligenter afin que le retard pris par rapport à l’échéancier annoncé soit rattrapé et que les travaux attendus – qui, je le rappelle, sont nécessaires et urgents – soient menés à bien dans les délais les plus rapides qu’il sera possible. »

 

Les Français ont parfaitement intégré – depuis 1958 – les présupposés de la Cinquième République. Conformément au choix qu’ils ont fait lors de l’élection présidentielle, ils ont donné une majorité – et, en l’occurrence, une majorité absolue – au président de la République qu’ils ont élu un mois plus tôt. Celui-ci dispose donc des moyens de mettre en œuvre sa politique. Il pourra agir et faire des réformes.

C’est bien sûr l’un des grands avantages du « système » instauré dès le début de la Cinquième République, dont j’ai eu l’occasion de mettre aussi en évidence les limites. Pour moi, une assemblée parlementaire ne saurait être le prolongement du pouvoir exécutif. Je reste fidèle à Montesquieu et au principe de la séparation des pouvoirs. Il reviendra aux député(e)s nouvellement élu(e)s de veiller à être, bien sûr, membres d’une majorité cohérente –, mais à garder la liberté et l’indépendance d’esprit qui sont consubstantiels au vrai travail parlementaire.

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Trois faits ont marqué cette élection.

En premier lieu, les Français ont limité le poids de la « très forte majorité » que promettaient les sondages. Ils ont marqué à la fois leur attachement aux présupposés de la Cinquième République évoqués ci-dessus, mais ils ont en même temps mis en œuvre ce que disait François Mitterrand entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988 – au grand dam de candidats que je connais bien… –, pour qui « il n’était pas souhaitable qu’un parti fût trop dominant ».

En second lieu, je tiens à souligner que les femmes font – enfin ! – leur entrée, en nombre cette fois très significatif, à l’Assemblée nationale. La parité a d’abord été instaurée aux élections municipales. Elle l’a été aux régionales, grâce à la proportionnelle. Elle l’a été aux élections départementales par la réforme qui a réduit le nombre de cantons afin d’instaurer des « binômes ». Je note que si cette réforme a alors été contestée, plus personne ne remet – ni ne remettra – en cause la parité qu’elle a permis de mettre en œuvre dans les conseils départementaux. Si elle n’est pas strictement paritaire, l’Assemblée nationale s’en rapproche désormais beaucoup – du fait du choix du mouvement « La République en marche » qui, comme d’autres – y compris le PS – l’avaient fait auparavant, a présenté autant de femmes que d’hommes. C’est un incontestable progrès.

Le troisième fait marquant est l’abstention massive. On peut y voir un symptôme du désintérêt pour la politique. Je me souviens que François Mitterrand me disait que depuis toujours c’était une sorte de « sport national » que de décrier la politique et surtout les élus. J’y vois une forme d’injustice : ce n’est pas parce que certains élus ont un comportement répréhensible qu’il faut jeter la pierre à la grande majorité des élus qui assument leur mission avec rectitude et dévouement. Pour ma part, je ne saurais me résigner à cette forte abstention. Je pense toujours à tous ceux qui dans le monde se sont battus, et ont donné leur vie, pour que nous ayons le droit et la liberté de voter. Je ne sais pas s’il faut rendre le vote obligatoire. C’est une possibilité. Mais je sais que mon instituteur inscrivait sur le tableau : « Voter est un devoir » – et qu’il serait bien d’enseigner constamment aux enfants et aux jeunes – comme certains enseignants, soyons justes, le font – les principes les plus précieux qui fondent la République.

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Je termine par une question parmi bien d’autres encore que pose cette « nouvelle donne » : celle de l’avenir du Parti socialiste.

Le Parti socialiste est né en 1905. Il a une longue histoire faite d’heures glorieuses et de défaites.

Il faut, une nouvelle fois, le reconstruire.

Mais ce ne doit pas être dans l’ambiguïté.

Il nous faut de la cohérence, en tout cas plus de cohérence – c’est un euphémisme ! – que dans la dernière période.

À mon sens, ce parti doit continuer à se battre pour la justice, la solidarité, les droits de l’Homme. Il doit inscrire son combat pour la justice dans le cadre d’une économie ouverte et de la mondialisation. Il doit promouvoir un État fort centré sur ses missions régaliennes, mais aussi sur ses missions en termes de redistribution et d’aménagement du territoire : il faut donner toute leur chance à tous les territoires, ce qui doit passer par de vraies péréquations. Il doit promouvoir l’esprit d’entreprise et favoriser l’accès d’un plus grand nombre de nos concitoyens à l’acte d’entreprendre. Il doit défendre le droit au travail, tout en travaillant aux évolutions nécessaires en lien étroit avec les partenaires sociaux. Il doit être profondément européen. Il doit s’inscrire clairement de la social-démocratie européenne.

Mais il faut choisir. On ne peut pas défendre cela et son contraire.

Et dans l’immédiat, je reprendrai volontiers la formule de Stéphane Le Foll qui disait, ce lundi matin sur France Inter, qu’il devait être « constructif et vigilant. »

Constructif d’abord. Emmanuel Macron a annoncé que son action serait « progressiste ». Nous nous retrouvons, et je me retrouve, dans ce terme. J’ai déjà écrit qu’on ne pouvait pas mener une action progressiste avec des conservateurs… Et je soutiendrai toute démarche, toute action, tout projet « progressiste ».

Mais nous devons être aussi vigilants. Je rappellerai que c’est le devoir premier des parlementaires qui se doivent de défendre leurs convictions avec la liberté et l’indépendance d’esprit – j’y reviens – sans lesquelles on ne peut pas exercer dans de bonnes conditions un mandat parlementaire.

Jean-Pierre Sueur

Le premier tour des élections législatives a donné lieu à une très forte mobilisation des électeurs qui ont confirmé et renforcé leur vote des présidentielles.

C’est une vague, comme il y en eut plusieurs depuis le début de la Cinquième République – j’y reviendrai ci-dessous – et, dans ces cas, la vague emporte tout et ne prend pas en compte le travail effectivement accompli par les députés sortants qui se représentent.

C’est, en particulier, le cas dans le Loiret pour mon amie Valérie Corre, députée travailleuse, active à l’Assemblée Nationale, qui a assumé son mandat avec sérieux et conviction, dans la proximité avec nos concitoyens et avec le souci constant de renouveler les pratiques politiques.

C’est pourquoi je regrette très vivement qu’elle ne puisse – dans l’immédiat – poursuivre sa tâche.

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Pour le second tour des élections législatives dans le Loiret, j’appelle à voter pour les candidats appartenant au mouvement « La République en Marche ».

En effet, je partage nombre de leurs positions. Emmanuel Macron a dit et redit qu’il voulait mener une action « progressiste ». Je partage cet objectif.

Ces candidats du mouvement « La République en Marche » sont opposés à des candidats appartenant au parti « Les Républicains » (LR) auquel je me suis moi-même toujours opposé.

Ma position est donc logique. Elle s’inscrit dans la continuité des choix politiques que j’ai toujours faits et dans la fidélité à mes convictions.

J’ajoute que, pour autant, je respecte les personnes. La politique, pour moi, n’est pas la guerre. Et on se doit de respecter ses adversaires politiques. Et même de travailler avec eux, lorsque c’est nécessaire – nous l’avons souvent fait – pour défendre des intérêts majeurs du Loiret et de ses habitants.

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On me permettra de présenter, en outre, une analyse plus générale du résultat du premier tour et de ses conséquences.

Une fois encore, les réflexes liés à près de soixante ans de pratique de la Cinquième République ont pleinement « fonctionné ».

À la suite de l’élection d’un nouveau président de la République, les électeurs se sont d’abord préoccupés de donner à ce président la majorité parlementaire qui lui permettra de mettre en œuvre la politique qu’il a annoncée.

Les uns et les autres – à droite comme à gauche – auraient mauvaise grâce d’en faire grief (comme certains l’ont déjà fait), car ce dispositif et ce « réflexe » ont plusieurs fois profité à la droite, en 1958 et 1993, et à la gauche, en 1981 et 2012 – pour se limiter à ces seuls exemples.

Cette logique – qui est strictement celle de la Cinquième République – apporte la stabilité, la clarté et la cohérence.

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Cela fait cependant des années que, pour ma part, je préconise une autre logique, celle qui dissocierait les élections présidentielle et législative – ce qui est le contraire de ce qu’a décidé Lionel Jospin lorsqu’il a choisi de faire des législatives la conséquence immédiate de la présidentielle.

Pour moi, cette autre logique devrait aller de pair avec l’instauration (ou le retour) de la représentation proportionnelle départementale.

On me rétorque parfois que l’on reviendrait, ce faisant, à l’instabilité chronique de la Quatrième République.

Je récuse cet argument, pour la simple raison qu’il n’y avait pas, sous la Quatrième République, un président de la République élu au suffrage universel direct, disposant de prérogatives fortes durant tout l’exercice de son mandat.

En revanche, le dispositif que je propose – et je ne suis pas le seul ! – donnerait au Parlement une autonomie à l’égard du pouvoir exécutif qui n’existe pas dans les cas de majorités très massives comme celle qui se dessine pour dimanche prochain.

Elle serait plus conforme à la « séparation des pouvoirs » telle que Montesquieu l’a définie.

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Un homme avait perçu les inconvénients de ces « majorités massives ».

C’était François Mitterrand, qui n’a pas hésité à instaurer la proportionnelle départementale en 1986, en dépit des objections de Michel Rocard.

Le même François Mitterrand a déclaré avant le second tour des élections législatives de 1988 qu’il n’était « pas souhaitable qu’un seul parti soit trop majoritaire » (ce qui n’avait pas facilité la tâche des candidats à ces législatives dont j’étais !).

Et c’est encore François Mitterrand qui déclarait lors du dernier conseil des ministres qu’il présida en 1993 – j’y étais présent – que s’il avait « un seul reproche à se faire », c’était de ne pas avoir, envers et contre tous, rétabli cette proportionnelle départementale.

France Info vient de publier sur son site deux graphiques que je reproduis ci-dessous.

Le premier représente la physionomie de l’Assemblée Nationale telle que les instituts de sondage la « prédisent » d’après les résultats du premier tour, avec le système actuel.

Le second figure quelle serait la composition de la même assemblée, à la proportionnelle.

Ces deux graphiques méritent réflexion.

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Mais, en attendant de telles réformes institutionnelles qui – de toute façon – ne sont pas pour tout de suite, je reviens à mon point de départ.

Et je souhaite qu’Emmanuel Macron, qui doit en avoir – et en aura ! – les moyens, puisse mener à bien une politique de progrès, une politique réformatrice, européenne et fidèle aux valeurs de justice et de solidarité.

J’entends, ici et là, les doutes et les interrogations.

Pour ma part, je me refuse aux procès d’intention.

Et je souhaite, dans ce nouveau contexte, le meilleur pour notre pays.

Jean-Pierre Sueur

  

Le débat qui revient sur la question de la « moralisation » de la vie politique appelle de ma part une première remarque dont je puis vous assurer qu’elle n’est en rien « corporatiste. »

Il y a 550 000 élus en France. J'en connais beaucoup, au plan national, mais aussi, bien sûr, dans le Loiret. Et je puis témoigner que ces élus, dans leur écrasante majorité, assument le mandat qui leur a été confié par les électeurs, avec dévouement et probité. Aussi sont-ils parfois découragés de constater que dès lors que certains ont un comportement condamnable, l’amalgame soit trop facilement fait avec tous les autres. Qu’on condamne ceux qui doivent l’être,  qu’on instaure des règles d’inéligibilité très strictes pour ceux-là, comme le propose François Bayrou : très bien ! Mais je demande aussi qu’on ne voue pas de ce fait aux gémonies ceux qui n’ont rien à se reprocher.

Ayant été le rapporteur au Sénat de la dernière loi sur ce sujet  - la loi sur la transparence de la vie publique –, qui a permis de beaucoup avancer sur les conflits d’intérêts et a créé la Haute autorité de la transparence de la vie publique, je puis affirmer que le projet de loi pour « la confiance dans la vie démocratique », préparé par François Bayrou, s’inscrit dans la continuité de ce texte et de textes plus anciens – les premiers étant dus à l’initiative de Michel Rocard – qui poursuivent le même objectif.

Je partage les objectifs et j’approuve, pour l’essentiel, les dispositions de ce nouveau texte.

S’agissant de la réforme constitutionnelle, il s’agit de mesures très judicieuses – je pense en particulier à la suppression de la Cour de justice de la République –, dont certaines – telle la réforme du Conseil Constitutionnel pour en exclure les anciens présidents de la République – étaient vivement souhaitées par François Hollande, mais auxquelles la droite – ou une partie de la droite – s’est constamment opposée ces dernières années, ce qui ne permettait pas d’obtenir au Congrès la majorité requise.

Il en allait d’ailleurs ainsi pour la réforme du statut du Parquet et du Conseil supérieur de la magistrature – réforme attendue de beaucoup et indispensable pour éviter que la France soit constamment condamnée ou critiquée par la Cour européenne des Droits de l’Homme. Et puisqu’il y a donc un projet de réforme constitutionnelle, il me paraîtrait salutaire que ces réformes concernant la Justice y soient enfin intégrées.

Sur les parlementaires, les conflits d’intérêts, la suppression des « emplois familiaux », les justifications des frais entraînés par l’exercice des mandats parlementaires, le financement des partis politiques et la transparence à cet égard ainsi qu’au sujet des dons effectués pour financer les campagnes électorales, je partage les objectifs poursuivis. Je serai évidemment attentif à l’écriture précise du texte : c’est mon rôle en tant que parlementaire.

Un dernier mot sur la « réserve parlementaire ». Je précise d’abord que ce que l’on appelle ainsi est une somme inscrite au budget du ministère de l’Intérieur, dont l’affectation relève des parlementaires.

 Au Sénat, en particulier, ces sommes sont majoritairement affectées aux petites et moyennes communes afin de les aider à financer leurs équipements et investissements. Tout est désormais transparent puisque les sommes attribuées sont publiées au Journal Officiel.

Des évolutions sont, bien sûr, tout à fait possibles. Je n’y mettrai qu’une condition. Puisqu’il s’agit, je l’ai dit, de sommes qui aujourd’hui aident, pour l’essentiel, les petites et moyennes communes, et donc la ruralité… il ne serait pas acceptable pour moi qu’elles soient purement et simplement reversées dans le « pot commun » du budget de l’État. Ce serait alors un recul pour ces petites et moyennes communes et pour la ruralité.

Jean-Pierre Sueur

À quelques jours du premier tour des élections législatives, permettez-moi de revenir sur cette question, après tout fondamentale : à quoi sert le Parlement ? Puisqu’il s’agit d’élire des députés, il n’est pas inutile de revenir sur leur rôle et de préciser ce que l’on attend d’eux.

Je suis, en effet, frappé par la multiplication des déclarations selon lesquelles l’élection législative ne devrait être que la pure et simple conséquence de l’élection présidentielle – comme si l’Assemblée nationale n’était vouée qu’à être une sorte de complément ou d’accompagnement du pouvoir exécutif.

Pour bien connaître – je crois – les deux assemblées qui composent le Parlement, je dirai tout net que telle n’est pas ma conception.

Je suis un disciple de Montesquieu qui a théorisé la séparation des pouvoirs entre un pouvoir exécutif, un pouvoir législatif et un pouvoir judiciaire.

Ce qui suppose que le pouvoir législatif – et donc les parlementaires – disposent d’une liberté d’appréciation, d’une capacité de jugement propre, en un mot d’une indépendance d’esprit par rapport au pouvoir exécutif, quel qu’il soit.

Il revient en effet au Parlement de voter les lois. Et par rapport à tout projet gouvernemental ou à toute proposition émanant d’un ou de plusieurs parlementaires, tout député ou tout sénateur a un droit d’amendement imprescriptible. Il lui revient d’adopter, de modifier ou de récuser tout article de loi en raison des convictions qui sont les siennes.

De même, la Constitution confère aux parlementaires un pouvoir de contrôle sur le gouvernement. Comment « contrôler » un pouvoir exécutif si l’on ne dispose pas à son égard de l’indépendance nécessaire ?

Qu’on m’entende bien. Je ne plaide pas pour une « cohabitation » permanente – encore que nos institutions rendent celle-ci possible. Je pense qu’il est bénéfique qu’il puisse y avoir une cohérence entre le pouvoir exécutif et une majorité parlementaire. C’est d’ailleurs ce que nous avons connu le plus souvent au cours de la Cinquième République.

C’est pourquoi, puisqu’Emmanuel Macron a dit vouloir mener une action « progressiste », il me paraît souhaitable qu’il dispose d’une majorité « progressiste ».

Mais je n’envisage pas cette majorité comme une collection de « godillots » – même si Jean-Pierre Chevènement, qui s’y connaissait pour ce qui est de l’indépendance d’esprit, a dit un jour que c’étaient de « bonnes chaussures. »

Je plaide pour une majorité progressiste dont chacune et chacun des membres apportera sa pierre à l’écriture de la loi, au contrôle de l’exécutif et à la représentation de la Nation.

Pour qu’il en soit ainsi, la meilleure solution me paraît être que cette majorité soit plurielle et intègre les socialistes qui se reconnaissent dans la gauche de gouvernement – auxquels j’apporte tout mon soutien – aux côtés des représentants de « La République en marche », des radicaux et écologistes, des centristes ayant rompu avec la droite conservatrice et des gaullistes sociaux effectivement attachés à l’esprit de la Résistance.

Cette majorité de progrès sera composée de femmes et d’hommes qui apporteront leurs analyses, leurs idées, leurs projets, leurs convictions – en un mot, de vrais parlementaires.

Jean-Pierre Sueur

C’est une belle idée que de faire vivre la culture dans les locaux de l’hôpital Madeleine, désormais déserté par les médecins et personnels hospitaliers. Je salue cette initiative de la Ville d’Orléans qui permet de retrouver ces locaux familiers sous un jour nouveau. Ainsi le cloître se prête-t-il très bien à la présentation d’œuvres graphiques – et les artistes présentement exposés ont bien du talent. De même, les concerts de musique classique résonnent bien le soir entre les murs, les bâtiments, parmi leurs ombres et leurs lumières. On en vient à souhaiter que la si remarquable chapelle du XVIIIe siècle, dessinée par le grand architecte Jacques V Gabriel, puisse être restaurée, éclairée le soir, et ouverte aux concerts et manifestations culturelles.

Un dernier mot : je ne comprends pas pourquoi ces manifestations culturelles sont affublées, comme d’autres, d’une appellation anglaise puisque cela s’intitule « Loire Art Show ». Faut-il donc céder à l’anglomanie ambiante ?

Jean-Pierre Sueur

 

Je tiens à saluer le travail de Jean-Louis Pierre qui a beaucoup œuvré pour publier et faire connaître les ouvrages de Ramuz et qui fait désormais vivre en Indre-et-Loire une maison d’édition appelée « La Guêpine » qui publie des livres originaux et exhume des textes inédits ou oubliés dignes d’être connus ou retrouvés.

Ainsi en est-il d’un texte d’Albert Camus qu’il vient de publier et qui eut un destin singulier. Jeune journaliste, Albert Camus écrivit pour « Le Soir républicain » qui paraissait à Alger, un article consacré à la liberté de la presse et à la censure, qui devait paraître le 25 novembre 1939… et qui fut censuré ! Ce texte ne fut donc pas publié.

Comme l’écrit Jean-Louis Pierre dans sa préface : « Pendant cette période, les rédacteurs jouèrent au chat et à la souris avec la censure, certains numéros offrants des blancs impressionnants. »

Il fallut attendre l’année 2012 pour que ce texte contre la censure, qui fut donc censuré, fût publié pour la première fois à l’initiative du quotidien Le Monde.

Camus s’y interroge sur la question de savoir « comment, en face de la suppression de ces libertés, un journaliste peut rester libre. » Et il décrit les quatre « moyens » qu’il préconise, à savoir « la lucidité, le refus, l’ironie et l’obstination. » Il s’agit, écrit-il, « de préserver la liberté jusqu’au sein de la servitude. » Et il ajoute que « la vertu de l’homme est de le maintenir face à tout ce qui le nie. »

Vous pouvez donc trouver ce texte, complété par une analyse de Jean Daniel, aux éditions « La Guêpine », 10 mail de la Poterie, 37600 Loches, pour le prix de 13 €. Ne vous en privez pas.

Jean-Pierre Sueur

Faut-il déjà rappeler que les Français ont fait un choix lors de l’élection présidentielle et que, quoi qu’on puisse penser des conditions dans lesquelles ce choix a été fait, il s’impose aux démocrates que nous sommes ?

Faut-il rappeler aussi que les Français, souvent fatigués des postures politiques, ou politiciennes, stéréotypées, ont approuvé et semblent toujours approuver la volonté d’Emmanuel Macron de faire bouger les lignes et d’imprimer un nouveau cours à la vie politique de notre pays ?

J’écris cela pour inciter à la réflexion par rapport aux critiques que je vois monter alors que ce quinquennat ne fait que commencer. Il sera plus judicieux, me semble-t-il, de juger les actes plutôt que les intentions prêtées.

Mais je veux aussi dire que je comprends le malaise que peut susciter la formule « ni droite ni gauche » – ou plutôt « et de droite et de gauche » – en ce qu’elle laisserait supposer une sorte de symétrie, d’égalité entre la gauche et la droite, la recherche de la vérité consistant à additionner ce qu’elles auraient de meilleur pour façonner une sorte de parti central qui risquerait de gommer toute différence – à l’exception de celles qui caractérisent les extrêmes qui, du coup, se renforceraient.

Quand on se sent, quand on se vit « de gauche » depuis toujours, ou quand, venu d’ailleurs, on a, peu à peu, adhéré aux valeurs de la gauche, quand on y croit, qu’on a milité, qu’on milite toujours pour la justice, le progrès, pour une société plus solidaire, où l’égalité et la fraternité ne soient pas de vains mots, on ne se résout pas à oublier ces idéaux et ces valeurs.

Je suppose qu’il en est de même pour celles et ceux qui partagent les convictions de la droite – mais je ne puis en parler, n’en ayant pas l’expérience.

Je reviens donc à la gauche. Et je précise que, pour moi, être de gauche c’est – dans la foulée de Pierre Mendès-France, Michel Rocard et Jacques Delors – inventer une gauche moderne qui sait que le marché existe, qu’il est nécessaire, mais qui n’ignore pas qu’il est « myope », une gauche moderne qui croit donc au rôle de l’État et des services publics. C’est inventer une gauche qui regarde en face la mondialisation, mais ne se résout pas à ce que les peuples, les gouvernants et les organisations internationales subissent cette mondialisation sans faire prévaloir les règles du droit et de la justice. C’est inventer une gauche qui renforcera l’Europe, qui est aujourd’hui si nécessaire, comme pôle de stabilité, de développement, de paix et de progrès dans un monde instable et dangereux.

On le voit, comme bien d’autres, je tiens à cette gauche – et d’ailleurs à la gauche.

Je ne suis pas sectaire pour autant. Et de même que des élus de bords différents travaillent ensemble dans toutes les intercommunalités de France – depuis les communautés de communes jusqu’aux métropoles –, je ne vois pas pourquoi l’on ne pourrait pas coopérer au plan national sur un certain nombre de sujets et de perspectives.

Mais que ce soit dans la clarté ! Et sans nier les différences.

Emmanuel Macron a fait un choix. Il a dit que son action serait « progressiste. » Pour que son action soit progressiste, il doit pouvoir s’appuyer sur une majorité progressiste.

C’est pourquoi – au risque de me répéter – je redirai qu’il est, pour moi, essentiel que ceux qui se réclament de la gauche et d’une gauche réformatrice puissent faire entendre leur voix et peser au sein de la future majorité.
Je redis qu’on ne fera pas une majorité progressiste avec des conservateurs. Et c’est pourquoi je soutiens les candidats qui se réclament du socialisme et de la gauche de gouvernement aux prochaines élections législatives.

Jean-Pierre Sueur

Après la tragédie de Manchester, la barbarie a encore frappé en Égypte où l’on déplore vingt-huit morts dans un attentat terroriste visant des chrétiens coptes, un mois et demi après un premier attentat qui, le jour des Rameaux, a tué quarante-cinq fidèles coptes. Dans les deux cas, il y eut de nombreux blessés. Ces attentats ont été revendiqués par l’État Islamiste. Rappelons que la communauté copte est l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient. Elle rassemble 10 % des Égyptiens. Ce que les tueurs fanatiques manifestent par ce nouvel acte de barbarie, c’est leur totalitarisme, leur refus de la liberté religieuse, de la liberté de conviction et de la liberté de penser. Ne nous résignons pas ! Ne nous habituons pas ! Continuons de lutter, en unissant toutes les énergies au plan international pour lutter contre ce fanatisme et contre l’horreur du terrorisme.

Jean-Pierre Sueur

C’est un événement qui est passé inaperçu. On le doit à Romain Vaissermann qui a récemment publié aux éditions Paradigme une version complète de « La Tapisserie de Sainte-Geneviève et de Jeanne d’Arc » de Charles Péguy parue le 1er décembre 1912 dans les Cahiers de la Quinzaine comprenant, pour la première fois, deux mille vers inédits qui figurent dans les manuscrits mais n’avaient jamais été publiés, pas même en 1912 !

On le sait, cette « Tapisserie » est composée de neuf parties appelées par Péguy « Neuf jours ». Une partie des textes inédits sont des « états inédits » du « Jour VIII ». Mais l’essentiel, soit 1 898 vers, constitue un texte unique qui, pour Romain Vaissermann complète le huitième ou le neuvième jour, alors que pour Julie Sabiani, il s’agissait d’un grand fragment, au moins, d’un « dixième jour ».

Car ces vers, s’ils n’ont jamais été publiés, n’étaient pas inconnus. Julie Sabiani – hélas disparue – y a consacré sa thèse intitulée « Les alexandrins inédits et poèmes posthumes de Charles Péguy (1903-1913) » en 1989. Mais Julie Sabiani a souhaité que celle-ci restât inédite – en raison, sans doute, de son constant « perfectionnisme » – ce pour quoi Romain Vaissermann ne la cite qu’avec « parcimonie ».

(Suite de la lettre électronique)

On en profitera pour regretter que ces vers inédits n’aient pas pu être inclus dans la récente édition,  dans la Bibliothèque de la Pléiade, des « œuvres dramatiques et poétiques » de Charles Péguy en raison des contraintes qui furent imposées aux quatre « éditeurs », Claire Daudin, Pauline Bruley, Jérôme Roger et – justement – Romain Vaissermann, contraintes qui les conduisirent aussi à réduire considérablement l’appareil critique : il aurait fallu deux tomes – mais c’est une autre histoire !

Dans l’édition récente publiée par Paradigme, Romain Vaissermann dispose heureusement de toute la place nécessaire pour proposer un travail d’érudition très approfondi.

Il compare tous les manuscrits. Et comme Péguy avait coutume d’écrire une part de sa poésie sur des enveloppes et des étiquettes, il va même jusqu’à s’intéresser (p. 246) à la date de parution de « Le mode pratique », périodique auquel sa belle-mère était abonnée – il écrivait sur l’enveloppe ! – pour déterminer la date d’écriture de strophes inédites.

Romain Vaissermann revient aussi sur les raisons pour lesquelles Péguy a choisi pour cette Tapisserie la forme du sonnet, citant Halévy qui ne comprenait pas pourquoi « cet illimité s’enfermait dans le plus rigide des cadres » – ce à quoi Péguy avait répondu que dans le « Jour VIII » plutôt que deux versets, il en avait écrit « une centaine »… (p. 30 et 31).

Il apporte également d’utiles précisions sur l’écriture de Charles Péguy, et notamment sur son rapport à la rime. Ainsi, dans le long texte inédit de 1 898 vers, la moitié des rimes sont en –age. Péguy utilisait le Dictionnaire méthodique et pratique des rimes françaises de Philippe Martinon. Il ne s’en cachait pas. Il lui arrivait même d’« épuiser une rime. » Mais il avait arraché la préface de son exemplaire de ce dictionnaire, considérant que son auteur était un « imbécile qui prétendait apprendre aux gens à faire des vers » (p. 44).

À vrai dire, les rimes comme les mots, comme les formes syntaxiques guidaient Péguy dans son acte d’écriture dont la modernité tient au fait qu’il restitue l’écriture en train de s’écrire… Et c’est à juste titre que Romain Vaissermann cite Mallarmé qui écrivait qu’il fallait « laisser l’initiative aux mots » (p. 48).

*

*   *

Mais venons-en aux vers inédits.

Ceux-ci déclinent en quatrains tout ce que Sainte-Geneviève, née à Nanterre vers 420 et morte à Paris vers 500, surplombant le temps et l’espace, a pu voir, mesurer, éprouver, subir en assistant depuis sa mort au cours de l’histoire.

Ces quatrains sont caractéristiques de l’écriture de Péguy. Ils approfondissent le même thème autour d’un patron syntaxique (ici : Il fallut qu’elle vît puis :Il fallut qu’il advînt). Certains quatrains sont plus denses que d’autres. Il en est qui préparent des « culminations » à venir, d’autres qui déclinent ceux qui précèdent. C’est – nous l’avons dit – une écriture qui se présente comme s’écrivant.

À certains égards, ces quatrains peuvent apparaître comme préparant le chef d’œuvre qui suivra : Ève.

Plutôt  que de gloser, je préfère en donner quelques exemples – dont la lecture ne remplacera en rien, comme c’est toujours le cas avec Péguy, la plongée dans le texte même, pris dans sa totalité, et surtout sa continuité.

« Il fallut qu’elle vît au plus fort de son âge
dégénérer sa race et se tarir sa veine
et ses trésors perdus à son épargne vaine
à force de payer pour le pont à péage » (5/8)
 
« Il fallut qu’elle vît dans cet appareillage
sombrer le beau vaisseau fleuri de marjolaine
et qu’elle vît l’orgueil et la simple verveine
se prendre entremêlés dans ce commun naufrage » (29/32)
 
« Il fallut  qu’elle vît l’oiseau du beau ramage
le savant psychologue enfler son chalumeau
et nous épousseter des poils de son plumeau
le monde, l’homme et Dieu de son savant plumage » (121/124)
 
« Il fallut qu’elle vît l’avoine et le fourrage
manquer au râtelier et la grêle verveine
et les lourds obusiers fleuris de marjolaine
céder la place à l’humble et sèche saxifrage » (165/168)
 
« Il fallut qu’il advînt que le jour de l’orage
l'homme montra son rang et qu’il fut foudroyé
et qu’il montrait son père voulait poudroyé
renaître de sa cendre et reprendre visage » (213/216)
 
« Il fallut qu’il advînt qu’en ce dur cabotage
le patron vit le port et perdit les amers
et que tout le royaume et l’empire des mers
fussent le prix d’un pauvre et faible canotage » (241/244)
 
« Il fallut qu’elle vît par cet affreux chantage
le prix du pain monter plus haut que toute bourse
et la grâce tarir comme une pauvre source
qui périssait de soif sur un sable sauvage » (257/260)
 
« Il fallut qu’il advînt qu’au jour du coloriage
le printemps fut vêtu d’un vert éblouissant
mais le plus bel automne épais et jaunissant
fut vêtu pour un grave et sévère esclavage » (329/332)
 
« Il fallut qu’il advînt qu’au jour de l’habillage
l’homme montra sa veste et fut trouvé tout nu
nu pauvre humilié simple et redevenu
le tout premier Adam chassé de l’héritage » (441/444)
 
« Il fallut qu’il advînt que le jour du drapage
le sable envahissait la Loire et le canal
et les doubles chalands qui suivaient le chenal
pour paraître légers jetaient leur lourd bagage » (621/624)
 
« Il fallut qu’il advînt pour le jour du geôlage
l’homme était prisonnier dans sa propre maison
et l’âme était captive en sa propre raison
et lui-même était l’hôte et lui-même l’otage » (729/732)
 
« Il fallut qu’il advînt que le jour du sarclage
le jardinier vieilli avait le doigt trop lourd
et souvent la bonne herbe était jetée au four
et le chiendent croissait au cœur de l’héritage » (761/764)
 
« Il fallut qu’il advînt qu’au jour de l’écimage
les plus hauts peupliers furent tranchés premiers
et les plus bas ormeaux furent tranchés derniers
et prolongeaient longtemps leur plus modeste ombrage » (809/812)
 
« Il fallut qu’il advînt que le jour du binage
l’herbe avait tant rongé les belles plates bandes
que les fins résédas et les humbles lavandes 
périssaient sur le flot de ce libertinage. » (885/888)
 
« Il fallut qu’il advînt que le jour du cuivrage
les trompettes sonnaient autour de Jéricho
et le septième jour et le septuple écho
fit s’écrouler le mur comme un échafaudage » (1285/1288)
 
« Il fallut qu’il advînt le jour du fourbissage
que les armes brillaient comme un soleil levant
mais quand le soir tomba sur la pluie et le vent
le sang la mort la rouille avaient fait leur ouvrage » (1349/1352)
 
« Il fallut qu’il advînt le jour du cahotage
que seuls nous monterons le chemin raboteux
la toute dure au pied du sentier caillouteux
et la foule suivra le chemin de halage » (1636/1640)

… Rappelons pour finir que le « chemin de halage » était proche du faubourg de Bourgogne où Péguy vécut son enfance et qu’il est aussi question dans La Tapisserie de Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc d’autres lieux chers aux Orléanais comme Saint-Marceau et Saint-Loup. Et concluons en remerciant chaleureusement Romain Vaissermann pour sa riche édition critique qui nous permet enfin d’avoir accès à une part méconnue – et même inconnue – de l’œuvre de Charles Péguy.

 

Jean-Pierre Sueur

Permettez-moi de citer la dernière « lettre de campagne » de Laurent Joffrin, datée du 25 mai, parue sur le site de Libération. J’y lis ceci :

« Le chômage a nettement décru le mois dernier. Sur plusieurs mois, il est désormais clair que la courbe fatidique s’est inversée. François Hollande avait prévu de manger son pain noir en début de mandat pour trouver du pain blanc avant l’élection. Mais comme la conjoncture a un an de retard sur le calendrier qu’il avait prévu, il n’a mangé que du pain noir. Le pain blanc est pour Macron. »

J’ajouterai que le journal Le Monde daté du 24 mai titre sur « le grand retour des investissements étrangers en France. »

J’ai souvent écrit déjà que l’histoire réévaluerait le bilan du quinquennat de François Hollande, et notamment les effets de la politique économique qu’il a menée et maintenue, contre vents et marées, depuis 2013. Peut-être sera-ce plus rapide que je l’imaginais.

Jean-Pierre Sueur

On a beaucoup reproché à Jacques Chirac qui avait été élu, en 2002, avec plus de 80 % des voix, d’avoir fait ensuite un gouvernement de droite sans prendre aucunement en compte la grande diversité de la large majorité qui l’avait élu.

Il serait donc illogique de reprocher à Emmanuel Macron qui a, lui, aussi été élu par plus de 60 % des voix d’électeurs qui récusaient le projet du Front national, d’avoir tiré, dans la composition de son gouvernement, les conséquences de la diversité de la majorité qui l’a élu – et, de surcroît, d’avoir fait ce qu’il avait annoncé en s’employant à rassembler des hommes et des femmes venus de différents horizons politiques pour mettre en œuvre son projet.

Ce projet, il l’a lui-même constamment présenté comme « progressiste ».

Et pour le mettre en œuvre, il lui faudra une majorité à l’Assemblée Nationale, une majorité progressiste.

C’est dans cet état d’esprit que je soutiens les candidats socialistes aux élections législatives.

J’entendais ce dimanche Pierre Moscovici dire sur France Inter que le Parti socialiste ne devait pas s’engager sur la voie d’une « opposition pavlovienne » à Emmanuel Macron et à son gouvernement. En même temps, il appelait de ses vœux une « refondation » du Parti socialiste qui devait être – disait-il – un parti « libre et constructif. »

C’est dans cet esprit d’esprit, à nouveau – un esprit « libre et constructif » – que je considère que les socialistes ont – avec d’autres bien sûr – leur contribution à apporter à la « majorité progressiste » qu’Emmanuel Macron a appelée de ses vœux.

Car ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas faire une « majorité progressiste »… avec une majorité de conservateurs.

Jean-Pierre Sueur

C’est avec tristesse que j’apprends le décès d’Henri Rivière.

Henri Rivière était le leader charismatique incontesté de la CFDT au Centre hospitalier régional d’Orléans (CHRO). Sous son impulsion, la CFDT y fut d’ailleurs, durant plusieurs décennies, largement majoritaire. J’ai très souvent dialogué avec lui alors qu’en tant que maire d’Orléans, j’exerçais les fonctions de président du conseil d’administration du CHRO. Il était un syndicaliste déterminé. Il défendait avec fougue les personnels de l’hôpital et surtout ceux du bas de l’échelle – les « basses catégories » comme on disait ! Mais tout en étant déterminé, « Riton » – c’était son surnom – était d’une prodigieuse humanité. Si bien qu’il était respecté de tous, depuis le directeur général, les médecins jusqu’à tous les membres du personnel. Il a fini sa vie, vendredi dernier, dans son hôpital. Il avait écrit un livre-témoignage – qu’il faudrait republier  – qui s’appelait CHRO, mon amour.

Après sa retraite, Henri a continué à s’engager, et à faire preuve d’un constant dévouement à La Ferté Saint-Aubin où il résidait. Il fut conseiller municipal dans l’équipe de Philipe Froment. Il milita au Parti socialiste et dans un grand nombre d’associations. Il ne manquait jamais une occasion de « servir ». Ses obsèques auront lieu mardi 23 mai à 10 h 30 à l’Espace Madeleine-Sologne à La Ferté. Je pense particulièrement à sa « grande famille » de l’hôpital qui perd un être cher, ainsi qu’à Marie-Claire et à tous ses proches.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a donné à David Creff (La République du Centre) une interview sur le « sinistre urbanistique » des entrées de ville.

>> Lire l’interview

>> Lire aussi la proposition de loi de Jean-Pierre Sueur sur les entrées de ville et les débats auxquels elle a donné lieu au Sénat

Les actes du colloque organisé par Jean-Pierre Sueur : « Revenir en Tunisie. Pour une reprise durable du tourisme en Tunisie et pour une coopération franco-tunisienne dans ce domaine » sont en ligne sur le site du Sénat.

Jean-Pierre Sueur a organisé ce colloque en sa qualité de président du groupe d’amitié France-Tunisie du Sénat.

>> Lire le compte-rendu complet

Lire l'interview de Jean-Pierre Sueur par Luc Barre dans La République du Centre du 14 mai sur les conditions dans lesquelles il est devenu secrétaire d'État aux collectivités locales.

 

 

J’écris ces lignes après avoir regardé dans la soirée les reportages sur la « passation de pouvoir » à l’Élysée, puisque les fêtes de Jeanne d’Arc qui, une fois encore, ont rassemblé les Orléanais, ne m’ont pas permis de suivre cet événement en direct.

Le mot qui me vient sous la plume pour caractériser cette « passation de pouvoir » est : « dignité ».

Évoquant l’ensemble de ses prédécesseurs, prononçant des paroles et accomplissant des gestes éminemment républicains, Emmanuel Macron a pris un bon départ.

Je sais qu’il n’ignore rien des difficultés de la tâche qui l’attend.

Ces difficultés sont renforcées par le fait qu’il a choisi de « faire bouger les lignes », de changer la donne politique afin de dépasser des oppositions qui ont pu apparaître comme trop rituelles et trop figées, en unissant ce qu’il appelle les « progressistes » –  c’est-à-dire, si je comprends bien, et je crois bien comprendre, ceux qui ne sont pas conservateurs et qui s’opposent donc à ces derniers.

Je lui souhaite bonne chance et succès.

Je sais que beaucoup ont déjà commencé à faire son procès alors qu’il n’a encore engagé aucune action – et pour cause !

Je ne partage pas cet état d’esprit.

Beaucoup de Français attendent d’Emmanuel Macron un renouveau de notre vie politique. Je partage cette aspiration.

S’agissant du clivage entre la gauche et la droite, qui structure notre vie politique depuis si longtemps, je ne pense pas qu’il disparaîtra.

D’ailleurs, le clivage entre progressistes et conservateurs le recouvre largement.

J’ai dit – et je maintiens – qu’Emmanuel Macron devra pouvoir s’appuyer sur une majorité large, cohérente et progressiste.

Je maintiens que celle-ci doit, à mon sens, être « plurielle » et comprendre à côté du mouvement « République En Marche », les socialistes – ou socio-démocrates – qui, bien sûr, auront choisi de ne pas être dans l’opposition, c’est-à-dire la majorité d’entre eux, des radicaux, des écologistes, des centristes et des gaullistes sociaux qui auront évidemment choisi de rompre avec la droite conservatrice.

Pour moi, l’enjeu des élections législatives, c’est la constitution d’une telle majorité, dans sa diversité. Chaque composante devra apporter sa contribution pour gagner le défi du changement, de la réforme et du renouveau.

Jean-Pierre Sueur

 

Je tiens à saluer la mémoire de Louis Boyer, que j’ai bien connu, qui exerça trois mandats de sénateur du Loiret, fut maire de Gien durant trente-six ans et conseiller général du Loiret pendant trente ans.

À Gien, Louis Boyer a succèdé en tant que maire à Pierre Dézarnaulds qui avait participé au gouvernement du Front populaire et a œuvré avec ardeur et efficacité pour  la reconstruction de Gien. Louis Boyer n’avait pas les mêmes orientations politiques. Il était membre des Républicains indépendants alors que Pierre Dézarnaulds, qui appartenait au Parti radical, était un homme de gauche.

Si, au Sénat, Louis Boyer fut toujours fidèle à sa famille politique (RI puis UDF) et défendit ses options, notamment en sa qualité de vice-président de la commission des affaires sociales, à Gien, il suivit les traces de son prédécesseur en poursuivant l’œuvre de reconstruction que celui-ci avait engagée, en créant de nouveaux quartiers et en construisant de nombreux logements. À cela s’est ajoutée, au fil du temps, une action économique considérable : Louis Boyer s’est pleinement enangé pour faire venir à Gien de grandes entreprises françaises et internationales, afin de créer le plus grand nombre d’emplois qu’il serait possible pour les habitants du Giennois.

Il a aussi poursuivi l’action de son prédécesseur en se montrant consensuel et en étant très proche des habitants de la ville, qu’il connaissait et auxquels il était très dévoué.

Il était très attaché aux sports et aux clubs sportifs de sa commune. Et c’est à très juste titre que le stade de football de Gien porte désormais son nom.

Nous n’avions pas les mêmes idées politiques. Mais nos relations ont toujours été très cordiales. Je sais qu’un grand nombre de Giennois et d’habitants du Loiret auront été marqués par la manière dont il se préoccupait des êtres humains et savait être chaleureux et bienveillant.

Jean-Pierre Sueur

Je veux d’abord féliciter chaleureusement Emmanuel Macron pour sa belle victoire.

J’en vois déjà qui font la « fine bouche » devant cette victoire.

Je ne suis pas de ceux-là.

En effet, c’était un pari, un défi, que de parvenir à une telle élection, avec l’appui d’un parti fondé il y a moins d’un an, contre toutes les habitudes du monde politique.

Ce pari a été gagné.

Et le succès d’Emmanuel Macron traduit à l’évidence une volonté d’un profond renouveau dans l’exercice de l’action politique.

Il traduit une volonté de « faire bouger les lignes. »

Et, pour ma part, je veux voir – et je vois – cela positivement.

Il faut toujours, dans une démocratie, écouter ce qu’expriment les électeurs !

Et puis, c’est un beau message envoyé au monde (les réactions sont innombrables) que l’élection d’un président jeune, ouvert aux questions internationales et profondément européen.

La large victoire d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen est une autre bonne nouvelle. Mais comme il l’a dit lui-même, le vote de nombre de nos concitoyens pour l’extrême droite traduit des colères et des détresses auxquelles seule une action publique efficace et juste pourra répondre.

La question de l’emploi, en particulier, reste devant nous, même si – je le redis – les mesures prises par François Hollande et ses gouvernements produisent et produiront des effets, et si l’action de François Hollande sera réévaluée dans l’histoire. À cet égard, je ne pense pas qu’il y aura « rupture », même si le nouveau président imprimera – ce qui est naturel – sa marque propre.

À la suite de cette belle victoire, rien ne serait pire que de se retrouver, dans six semaines, entraînés dans une cohabitation stérile et inefficace.

C’est pourquoi je plaide à nouveau pour la constitution, à la faveur des élections législatives, d’une majorité ample, cohérente et progressiste.

Une majorité progressiste, ce ne sera – bien entendu – pas une majorité conservatrice !

J’appelle donc de mes vœux un vaste rassemblement intégrant le mouvement « La République en marche », les socialistes qui se reconnaissent dans la « gauche de gouvernement », celle qui veut réformer – en laquelle je me reconnais moi-même –, les radicaux, les écologistes qui partagent la même volonté et les centristes ou gaullistes de progrès qui veulent eux aussi réformer la France, et ont donc choisi de rompre avec le programme droitier qui était notamment celui de François Fillon.

Une telle majorité sera diverse. Elle sera plurielle. Ce qui est, à mon avis, nécessaire si on veut qu’elle soit large. Elle devra être cohérente : il faut, à cet égard, tirer les leçons des dernières années. Cette cohérence sera la condition de son efficacité.

Et, bien sûr, elle sera progressiste.

Ce qui signifie pour moi qu’il faudra conjuguer le dynamisme économique, l’esprit d’initiative avec la solidarité et la justice, sans lesquelles il n’est pas de progrès.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a participé sur radio Arc-en-Ciel le 29 avril à un émission animée par Émilie Canton à propos du livre de Christain Jamet, Le Loiret des écrivains et des artistes.

>> (Ré)écouter l'émission

 

Jean-Pierre Sueur était réintervenu auprès de Martine Pinville, secrétaire d’État chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire, suite aux remarques de l’UFC-Que choisir ? d’Orléans qui a constaté les limites du dispositif « Bloctel ».

Martine Pinville lui a répondu.

>> Lire la lettre de Martine Pinville

 

Jean-Pierre Sueur a posé une question écrite à la ministre de la santé pour relayer une demande de l’association « Réseau DES France » qui regroupe les femmes – et leurs filles – victimes des conséquences de la prescription du distilbène.

Conséquences de la prescription du distilbène
 
Question n° 25812 adressée à Mme la ministre des affaires sociales et de la santé 
Texte de la question : M. Jean-Pierre Sueur appelle l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la situation des femmes auxquelles le distilbène a été prescrit. Si des dispositions spécifiques ont pu être prises pour prendre en compte les difficultés susceptibles d'affecter la grossesse de celles-ci, des publications scientifiques récentes montrent que les conséquences de leur exposition au distilbène évoluent. Que ces femmes aient été enceintes ou non, elles encourent toujours des risques particuliers tels que la survenue d'adénocarcinomes à cellules claires (cancers ACC) du col utérin ou du vagin ou des risques accrus de cancers du sein ou de dysplasies. La prévention liée à ces risques spécifiques nécessite une consultation médicale avec frottis tous les ans. L'association « réseau DES (diéthylstilboestrol) France » demande que ces consultations puissent bénéficier, eu égard aux conditions dans lesquelles le distilbène a été prescrit en France et aux conséquences induites, d'un remboursement à 100 %. Il lui demande quelle suite, qu'il espère favorable, elle pourra réserver à cette proposition. 
 

Depuis 2008, Jean-Pierre Sueur se bat, conjointement avec Gaëtan Gorce, sénateur de la Nièvre, pour obtenir la vérité quant aux conditions de la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, leader de l’opposition tchadienne (celui-ci, mathématicien, avait fait ses études à l’Université d’Orléans). Une procédure judiciaire est en cours en France.

Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, vient de répondre à une question écrite posée à ce sujet par Gaëtan Gorce.

>> Lire la question écrite et la réponse

 

Je signale l’article publié au sujet des « récupérations » le 2 mai dernier sur le site de l’hebdomadaire Le Point (bien entendu, au moment où j’ai fait la déclaration qui est citée sur Péguy, je n’étais pas maire d’Orléans, comme indiqué par erreur, mais ancien maire d’Orléans).

JPS

>> Lire l’article

Devant les grandes menaces que ferait peser sur la France l’élection de Mme Le Pen, j’appelle clairement toutes celles et tous ceux qui me font confiance à voter pour Emmanuel Macron.

Les choses sont très claires.

Comme l’a écrit Robert Badinter, « Notre devoir est de combattre l’extrême droite » et « S’abstenir, c’est favoriser l’élection de Mme Le Pen. »

Je citerai aussi un élu qui n’est pas du même bord politique que Robert Badinter, mais qui partage le même attachement aux valeurs de la République. Il s’agit d’Alain Juppé qui a écrit, lui aussi, avec une totale clarté : « Quand, dans une élection à deux candidats, on veut éliminer l’un, il n’y a pas d’autre solution que de voter pour l’autre. L’abstention ou le vote blanc, c’est un coup de pouce à Mme Le Pen. »

La menace d’une élection de la représentante de l’extrême droite existe. Il serait irresponsable de le nier. Ce serait une catastrophe pour notre pays. J’écris ce texte en ce 30 avril, « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation ». Qui peut oublier tout ce qui a été dit à ce sujet par les responsables d’hier et d’aujourd’hui du Front National ? Comment méconnaître la xénophobie de ce parti ? Comment méconnaître le fait qu’il tourne le dos aux valeurs de la République ? Et comment ignorer le désastre économique et humain où conduirait l’application de son programme et sa volonté de voir notre pays quitter l’Europe ? Oui, ce serait un désastre pour la France et pour l’Europe.

Dans ce contexte, l’absence d’appelde Jean-Luc Mélenchon et les appels d’autres à voter blanc ou à s’abstenir sont de profondes erreurs et de lourdes fautes.

Chacun peut apprécier ou non le programme d’Emmanuel Macron. Mais nul ne peut contester que c’est le programme républicain d’un candidat républicain.

Alors, ne vous laissez pas abuser.

Je terminerai en citant ces vers d’Aragon :

« Quand les blés sont sous la grêle,

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat »

Et en redisant : ne vous trompez pas. S’abstenir ou voter blanc, c’est voter Le Pen. Alors, pour que notre pays reste lui-même, continue de porter ce qui est le plus précieux en lui : votez pour Emmanuel Macron !

Jean-Pierre Sueur

>> Lire à ce sujet l'interview de Robert Badinter dans Le Journal du Dimanche du 30 avril

Suite aux interventions qu'il avait faites auprès d'elle, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, a annoncé à Jean-Pierre Sueur qu'elle avait décidé d'attribuer 1,8 million d'euros pour reconstruire sur le site actuel de l'hôpital de Briare un nouvel EHPAD de 84 places.

> La lettre de Marisol Touraine

Je suis très heureux de la parution au Journal Officiel du décret qui crée Orléans Métropole à compter de ce 1er mai. C'est le fruit de nombreux efforts de conviction menés par les parlementaires et des élus de notre agglomération, qui se sont unis pour porter, au delà des divergences politiques, ce projet qui constitue un atout essentiel pour notre avenir. Plusieurs ministres nous ont entendus et compris. Je mentionnerai, notamment, Manuel Valls qui a su nous entendre alors qu'il était Premier ministre.
J'ajoute qu'il fallut aussi en passer par un long parcours parlementaire au cours duquel - je puis en parler en connaissance de cause - les obstacles et embûches n'ont pas manqué. Mais une fois encore, l'union des parlementaires de notre agglomération a permis d'atteindre le but - comme cela avait déjà été le cas lorsque nous avons obtenu, de haute lutte, la transformation du nom de notre région, qui était "Centre", en "Centre-Val de Loire".

Cet atout, il faut maintenant en tirer pleinement parti. Je ferai trois remarques à ce sujet.

Tout d'abord, le fait d'être une métropole donne des compétences et des responsabilités pour agir avec davantage d'efficacité dans des domaines essentiels comme l'économie, l'emploi, l'aménagement, l'université, la recherche ou l'environnement. Mais ces compétences et responsabilités doivent, en vertu de la loi, être négociées avec l'État, la Région et le Département. Il est clair que les partenariats qui pourront et devront être mis en œuvre seront déterminants.

En second lieu, je redis qu'il n'y a pas lieu d'opposer la métropole à la ruralité. Une telle opposition serait stérile. Notre département du Loiret vient en effet de se doter de nouvelles "communautés de communes" couvrant, autour des villes, de larges secteurs du monde rural. Ces nouvelles communautés ont la "taille critique" pour œuvrer, elles aussi, avec plus d'efficacité dans les domaines du développement économique, tout particulièrement. Ce qu'il faut maintenant, c'est additionner et conjuguer les dynamismes de la nouvelle métropole et des nouvelles communautés pour aller ensemble de l'avant.

Enfin, notre région compte désormais deux métropoles, celle d'Orléans et celle de Tours. J'appelle de mes vœux qu'elles coopèrent davantage et construisent en lien avec l'agglomération de Blois un vrai "pôle métropolitain du Val de Loire". Faire du Val de Loire, connu dans le monde entier pour son patrimoine monumental et naturel, un pôle de développement de l'économie nouvelle, de la science, de la culture, de l'environnement, des nouvelles formes de tourisme, etc, est un grand et beau projet d'avenir qui ne peut, bien sûr, être mis en œuvre qu'en lien étroit et en totale symbiose avec la Région "Centre-Val de Loire".

Jean-Pierre Sueur

Dans la presse

>> Mag Centre, 30 avril 2017

Lors de l'émission "C Politique", sur France 5, ce dimanche 16 avril, Brice Teinturier a fait, s'agissant des sondages, deux affirmations auxquelles je tiens à répondre.

Marges d'erreur

Sur les "marges d'erreur", d'abord, Brice Teinturier a dit que ce n'était plus un problème puisque les Instituts de sondage fournissent cette marge d'erreur à leur clients – c'est à dire, en l'espèce, aux médias. Cela est sans doute vrai. Mais le problème reste entier car chacun peut observer chaque jour qu'à de rares et notables exceptions près...les télés, radios et journaux ne mentionnent pas ces marges d'erreur en annonçant les résultats des sondages, si bien que les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs peuvent penser de bonne foi que les chiffres annoncés ont un caractère absolu. Or, il n'en est rien. Ne prenons qu'un seul exemple : il y a peu, un candidat est, paraît-il, "passé devant un autre" en obtenant un demi-point de plus (18, 5 % contre 18 %). Ce demi-point a donné lieu à un certain nombre de commentaires et éditoriaux. Mais chacun peut mesurer l'inanité de ceux-ci quand on apprend que la marge d'erreur dudit sondage est de + ou - 2, 7 %... Autrement dit, tout ce qu'on peut dire, c'est que le score du premier candidat est situé dans une fourchette allant de 15,8 à 21,2 % et celui du second dans une fourchette allant de 15,3 à 20,7 %. Le résultat annoncé ne permet donc pas de d'affirmer que l'un est devant l'autre où l'autre devant l'un. C'est exactement ce qui s'est passé lors de l'élection présidentielle de 2002, dont, quinze ans après, on ne semble pas avoir tiré toutes les conséquences. Je réponds donc à Brice Teinturier que le problème restera entier tant que tous les médias ne mentionneront pas la marge d'erreur – ce qui, je le rappelle, est depuis 2016 une obligation légale.

Redressements

Brice Teinturier a également minimisé la question des "redressements", indiquant qu'avec le grand développement des sondages en ligne elle était devenue marginale. Là encore, soyons clairs. Les Instituts de sondage affirment que leur démarche est "scientifique". Il est bien qu'ils l'affirment, car si elle ne l'était pas, il serait vain de publier ces collections de chiffres ! Mais si la démarche est "scientifique", il faut alors une totale transparence. Les sondeurs disent souvent qu'il faut respecter leurs "secrets de fabrication" et qu'on ne demande pas aux chefs dans les restaurants de dévoiler leurs recettes. Mais les chefs font de la cuisine ou de la gastronomie. Ils ne prétendent pas, comme les sondeurs, faire de la "science". Si on fait de la science, on doit être transparent. Et si les Instituts récusent le fait qu'on puisse avancer que certains redressements sont faits au "doigt mouillé", il leur est loisible de publier les calculs qui les justifient. Rappelons qu'un redressement est la différence qui existe entre le résultat brut d'un sondage et le résultat publié. Ce redressement peut être légitime lorsque l'Institut a des raisons de penser, en se fondant notamment sur des résultats antérieurs, que des partisans de tel ou tel candidat ou parti font des "sous déclarations". Mais alors, il faut l'expliquer et le justifier. C'est pourquoi – en vertu, depuis 2016, de la loi –, les Instituts doivent fournir à la Commission des sondages avant la publication de chaque sondage les critères précis des redressements effectués. La commission des sondages doit publier sur son site Internet ces données – et d'autres. Chacun peut consulter ce site. Or chacun peut constater que la notice concernant ces données n'est pas toujours mise en ligne avant la publication du sondage et que, le plus souvent, les critères de redressement sont mentionnés de manière tellement floue, vague et générale que cela n'apporte aucun éclairage concret et précis sur les corrections effectuées. En ce domaine aussi, il revient à la Commission des sondages – faut-il le rappeler ? – de veiller à la bonne application de la loi, et de l'esprit de la loi.

Michel Rocard craignait que la vie politique ne se transforme en une course de chevaux. C'est peut-être, en partie, inévitable...Au moins peut-on veiller et tenir à ce que les lois soient appliquées.

Jean-Pierre Sueur

En mémoire de Saïda Echahbouni, artiste d’Orléans-la-Source qui vient de nous quitter, je publie ce dessin intitulé « La porte de Chefchaouen ».

JPS

C’est une règle fondamentale en démocratie : il faut toujours écouter le message des électeurs.

En plaçant en tête Emmanuel Macron, les électeurs ont clairement manifesté leur désir d’un renouveau dans le fonctionnement de la vie politique.

Ce désir de renouveau, il faut l’entendre. Et il faut œuvrer pour ne pas le décevoir.

Les historiens reviendront, à n’en pas douter, sur cette émergence d’un candidat pratiquement inconnu il y a trois ans, ayant créé son parti il y a un an, et se retrouvant en position de devenir bientôt président de la République – ce qui est sans précédent sous la Cinquième République et même sous les Quatrième et Troisième Républiques.

Il semble peu contestable que, pour que cet événement advienne, il fallait, au-delà des circonstances très particulières de cette élection, qu’il y ait chez les Français une profonde volonté de changer la donne et de faire bouger les lignes.

Trois questions se posent maintenant, liées au second tour de la présidentielle, aux législatives et à l’exercice du pouvoir.

• S’agissant du second tour de l’élection présidentielle, les choses sont pour moi d’une totale clarté. J’appelle à voter massivement pour Emmanuel Macron, devenu le candidat des valeurs républicaines, afin de battre Marine Le Pen dont le programme est plus que dangereux pour la France et pour l’Europe. Nombre de Français n’imaginent pas, encore aujourd’hui, le désastre que seraient la sortie de l’Europe et de l’euro et le retour au protectionnisme le plus étroit pour notre économie, nos emplois, notre agriculture, notre système social, etc. Sans compter les positions antihumanistes – c’est le moins qu’on puisse dire – du parti de Jean-Marie Le Pen, même s’il a été plus ou moins habilement ripoliné par sa fille.

• S’agissant des législatives, l’enjeu est de taille. Il faudra « transformer l’essai » de l’élection présidentielle. Il faudra donc qu’Emmanuel Macron puisse s’appuyer sur une majorité claire à l’Assemblée nationale. Je me suis déjà exprimé là-dessus. Je ne crois pas que le mouvement « En marche ! » puisse y parvenir seul, par une démarche « sui generis » en quelque sorte. Le Parti socialiste est largement devenu un parti « social-démocrate », au sens où il veut mettre en œuvre justice et solidarité dans une société ouverte, une société d’initiative et d’entreprise, s’inscrivant fermement dans une logique européenne. Certains ne partagent pas ces choix, mais ils ne sont pas majoritaires. Je propose donc qu’une majorité nouvelle soit créée associant le mouvement « En marche ! », la majorité du Parti socialiste et d’autres encore provenant des partis écologiques et des centristes véritablement attachés à la réforme de notre société. La constitution d’une telle majorité supposera des discussions, des négociations et des choix pour les élections législatives : une multiplicité excessive de candidatures portant des projets proches peut, en effet, avoir dans le dispositif électoral actuel (il faut avoir 12,5 % des inscrits – et non des votants – pour se maintenir au second tour) des effets délétères. Cette majorité que j’appelle de mes vœux pourra être liée par un « contrat de législature » – pour reprendre la belle expression de Pierre Mendès-France – qui sera une charte engageant ses signataires à mener à bien toute une série de réformes dans les cinq ans qui viennent.

• S’agissant enfin de l’exercice du pouvoir, je suis convaincu, tirant les leçons des cinq ans qui viennent de s’écouler, qu’il faut agir vite – les six premiers mois sont décisifs ! – et conjuguer une grande clarté dans la mise en œuvre des réformes avec les nécessaires explications. Notre « opinion » – pour reprendre un mot bien imprécis – se cabre vite contre les réformes dès lors qu’elles ne sont pas clairement justifiées et expliquées, ce qui produit de l’immobilisme. Sur le fond, j’ai déjà dit que je pensais que la politique économique de François Hollande et de ses gouvernements serait réévaluée par l’histoire. J’ai lu dans Le Figaro vendredi dernier ce titre : « Les entreprises se remettent à embaucher : un niveau jamais atteint depuis 2002. » François Hollande et ses gouvernements auront eu le mérite d’œuvrer pour créer des conditions favorables à notre développement économique et à l’emploi. Ce sont des acquis sur lesquels il faudra, à mon sens, s’appuyer, pour aller plus loin et mener à bien nombre de réformes nécessaires. Nous en reparlerons. J’ajouterai, pour finir par là où j’ai commencé, que le renouveau du fonctionnement de ce qu’on appelle la « politique » fait assurément partie des évolutions indispensables : celle-ci doit être moins stéréotypée, moins figée dans des postures, plus proche des préoccupations quotidiennes. Oui, il faut faire bouger les lignes…

Jean-Pierre Sueur

Delmira Dauvilliers, maire de Malesherbes, présidente de la Communauté de communes du Pithiverais-Gâtinais, Marianne Dubois, députée du Loiret et Jean-Pierre Sueur ont été reçus le 28 avril à la direction de la SNCF à Paris par Alain Krakovitch, directeur général du « Transilien » et Julien Dehornoy, directeur des lignes D et R.

Ils leur ont fait part du vif attachement des habitants du Nord Loiret au maintien d’une liaison SNCF directe Malesherbes-Paris – sans rupture de charge à Corbeil-Essonnes – ainsi qu’à la modernisation du matériel roulant et des infrastructures.

Alain Krakovitch et Julien Dehornoy les ont assurés qu’une étude comparative de la liaison directe soutenue par les élus et d’une liaison avec rupture de charge était en cours et serait présentée aux élus en septembre dans le cadre d’une concertation.

Delmira Dauvilliers, Marianne Dubois Dubois et Jean-Pierre Sueur ont également sollicité une rencontre auprès de Valérie Pécresse, présidente du Syndicat des Transports de l’Ile-de-France (STIF), car le STIF est également directement concerné par cette question.

Ils continueront d’œuvrer pour défendre les intérêts des usagers du service public que constitue la ligne D du RER. 

>> Lire La République du Centre du 29 avril

Ayant été à l’initiative de la nouvelle législation sur la publication des sondages, Jean-Pierre Sueur est intervenu dans plusieurs médias à ce sujet.

Il a posé une question écrite au gouvernement pour demander l’application effective de la loi exigeant la publication des marges d’erreur des sondages.

Il a également répondu à Brice Teinturier.

Lire

>> La question écrite et le communiqué correspondant

>> La dépêche de l’AFP (publiée par le site Orange Actualités)

>> Ouest-France

>> Mag Centre

>> Apostrophe 45

>> Sur Le Figaro.fr, l'aticle d'Alexis Feertchak : "Les sondages influencent-ils les élections ?"

 

Jean-Pierre Sueur est intervenu lors de l’émission d’Envoyé Spécial sur France 2 consacrée aux sondages.

>> (Re)voir l’émission

Il est également intervenu dans le journal de M6.

>> (Re)voir son intervention : à 5 minutes et 50 secondes (inscription gratuite obligatoire pour accéder à 6Play)

 

Enfin, à la suite des déclarations de Brice Teinturier lors de l’émission « C Politique » sur France 5 le 16 avril, Jean-Pierre Sueur lui a répondu.

>> Lire sa réponse

Parallèlement à la question écrite relative aux sondages qu’il a récemment adressée au ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Sueur a saisi la présidente de la Commission nationale des sondages.

> Lire la lettre

Jean-Pierre Sueur a adressé une question écrite (lire ci-dessous) au ministre de l’Intérieur dans laquelle il lui rappelle que la loi du 15 avril 2016 dispose que « la première publication ou la première diffusion de tout sondage » est accompagnée de la mention des « marges d'erreurs des résultats publiés ou diffusés. » Or, il apparaît à l'évidence que, dans de nombreux cas, cette disposition n'est pas appliquée. Il lui demande en conséquence quelles dispositions il compte prendre pour que cette obligation légale soit strictement appliquée.

Application des dispositions légales relatives aux sondages

Question n° 25727 adressée à M. le ministre de l'intérieur

À publier le : 20/04/2017

Texte de la question : M. Jean-Pierre Sueur rappelle à M. le ministre de l'intérieur que l'article 2 de la loi n°77-808 du 19 juillet 1977 relative à la publication et à la diffusion de certains sondages d'opinion, modifiée par la loi n° 2016-508 du 15 avril 2016 de modernisation de diverses règles applicables aux élections, dispose que « la première publication ou la première diffusion de tout sondage » est accompagnée de la mention des « marges d'erreurs des résultats publiés ou diffusés, le cas échéant par référence à la méthode aléatoire. » Or, il apparaît à l'évidence que, dans de nombreux cas, cette disposition n'est pas appliquée. Il lui demande en conséquence quelles dispositions il compte prendre pour que cette obligation légale soit strictement appliquée.

Jean-Pierre Sueur a répondu aux questions de Christian Siret, dans Le Courrier du Loiret daté du 13 avril, sur l’avenir du Pithiverais.

>> Lire l’interview

 

Jean-Pierre Sueur a posé à Annick Girardin, ministre de la fonction publique, une question écrite relative au référencement des mutuelles qui assurent la protection sociale complémentaire des fonctionnaires actifs et retraités.

>> Lire la question écrite

Jean-Pierre Sueur interviendra au cours de l’émission Envoyé Spécial consacrée aux sondages, qui sera diffusée sur France 2 ce jeudi 13 avril à 20 h 50.

Il est, avec Hugues Portelli, à l’origine de la nouvelle législation sur les sondages aujourd’hui en vigueur.

Comment ne pas penser, une fois encore, aux victimes, en Suède, et, ce dimanche, en Égypte. Un événement chassant l’autre, nous ne devons pas nous habituer à la barbarie, la banaliser en quelque sorte. Prévention, éducation, vigilance, surveillance, répression : tout doit être mis en œuvre, partout, par les hommes et les femmes qui croient en l’humanité pour lutter contre les discours et les actes qui nient la liberté, la dignité, le droit de penser, de croire ou de ne pas croire, d’être soi-même – ces discours et ces actes qui nient, en tout être humain, en chaque être humain et en n’importe lequel ou laquelle d’entre nous ce que nous appelons l’humanité et qui est notre bien commun et le bien commun le plus précieux de toutes les civilisations.

JPS

 

Jean-Louis Rizzo, qui fut élu à Amilly, où il habite, professeur d’histoire à Montargis et enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris, nous a déjà offert des livres très solides sur Pierre Mendès-France et une biographie magistrale d’Alexandre Millerand. Il nous propose aujourd’hui (aux éditions Glyphe) un ouvrage pleinement d’actualité consacré aux « élections présidentielles en France depuis 1848. »

Ce livre qui analyse les vingt-huit élections présidentielles qui ont eu lieu dans notre pays à ce jour est une forte leçon d’histoire. L’histoire permet de mieux comprendre l’actualité immédiate, de la « mettre en perspective » et donc de favoriser la réflexion.

La première élection présidentielle au suffrage dit universel (mais, à l’époque, seuls les hommes votaient) fut inscrite dans la Constitution du 4 novembre 1848 – sous l’impulsion, notamment, d’Alexis de Tocqueville qui avait écrit De la démocratie en Amérique. Le premier président fut, on le sait, Louis-Napoléon Bonaparte. Jean-Louis Rizzo explique comment son élection face à Cavaignac et à Lamartine fut une première manifestation du vote de la « France rurale » : « Les paysans, majoritaires dans la France du milieu du XIXe siècle, ont eu peur de la République au mois de juin [1848] et ils gardent un bon souvenir de leur prospérité au temps du Premier Empire » (p. 25). Mais – on le sait également – ce premier président élu fut aussi l’auteur du coup d’État du 2 décembre 1851 et de la proclamation de l’Empire un peu plus tard – ce qui devait conduire Victor Hugo à s’exiler.

Jean-Louis Rizzo explique justement que « ces événements sont lourds de conséquences pour l’histoire de l’élection présidentielle en France. Les républicains vont considérer pendant plus d’un siècle qu’élire le chef de l’État au suffrage universel direct constitue un danger parce qu’un ambitieux ou un aventurier pourra toujours se faire élire et se targuer de la légitimité populaire pour gouverner à sa guise et même violer les règles de droit. Le référendum gaulliste de 1962 mettra douloureusement fin à cette conception républicaine » (p. 28).

Jean-Louis Rizzo conte ensuite l’histoire des élections des présidents de la troisième et de la quatrième République, qui étaient élus par le Congrès composé de l’ensemble des parlementaires, députés et sénateurs. Il note que ce mode d’élection favorise les présidents de l’une ou l’autre des deux chambres. Il note aussi que ces élections traduisent une« crainte du pouvoir personnel. » Ainsi, « les dirigeants politiques de premier plan ont du mal à se faire élire parce que les parlementaires préfèrent avoir à l’Élysée un arbitre plutôt qu’une forte personnalité. C’est ainsi que Jules Ferry échoue en 1887, que Clémenceau doit se retirer en janvier 1920 et qu’Aristide Briand mord la poussière en 1931 » (p. 33).

Chemin faisant, nous arrivons à la dernière élection de ce type, celle de René Coty, en 1953, à la suite de pas moins de treize tours de scrutin (mais René Coty ne fut candidat qu’au douzième…).

Jean-Louis Rizzo analyse précisément la réforme de 1962 avec l’élection du président de la République au suffrage universel direct, suite à un référendum organisé par le Général de Gaulle sur la base de l’article 11 de la Constitution, ce que Gaston Monnerville, président du Sénat, a considéré comme une « forfaiture » au motif qu’une telle révision aurait dû être faite sur la base de l’article 89 de la Constitution – mais alors il aurait fallu obtenir l’accord préalable des deux assemblées, accord qui n’aurait pas été obtenu, toujours par crainte du « pouvoir personnel », crainte qui resta celle de Pierre Mendès-France alors que François Mitterrand, prenant acte de la réforme, savait qu’il faudrait désormais en passer par cette élection au suffrage universel direct pour qu’il y ait une alternance.

Jean-Louis Rizzo raconte en détail toutes les élections présidentielles de la Cinquième République et donne aussi nombre d’informations et d’analyses précieuses sur les lois et les règles en la matière, les débats, le rôle des médias, l’irruption des primaires. Il évoque aussi la réforme de 2000 due à Lionel Jospin. La substitution du quinquennat au septennat aura changé les rythmes politiques, le temps réel du mandat étant désormais de quatre ans, voire moins, puisque, très vite, le pays se retrouve en campagne électorale, et encore davantage avec l’instauration des primaires. Cette réforme accroît, en fait, le poids politique du président de la République qui plonge encore davantage dans la gestion de l’actualité. Et quant à l’inversion du calendrier qui a conduit, jusqu’à maintenant, à ce que les législatives suivent immédiatement les présidentielles, elle a aussi accru – du moins jusqu’ici : on ne sait pas ce que nous réservent les prochains mois – le rôle du président, les Français dotant toujours le président – du moins en principe ! – d’une majorité censée le soutenir.

En conclusion, Jean-Louis Rizzo note que cette élection est désormais « incontournable » - au regard des 99 gouvernements que la France a connus en soixante-cinq ans sous la Troisième République et des 22 en onze ans sous la quatrième (p. 231).

Il observe d’ailleurs que « la responsabilité gouvernementale ne joue plus, le dernier gouvernement remercié par le Parlement l’ayant été le 5 octobre 1962, voilà plus d’un demi-siècle » (p. 232).

Il considère toutefois que le pouvoir est « outrageusement concentré » (p. 234) autour du président de la République.

Il ne plaide pas pour autant pour un « régime présidentiel » qui, pour lui, renforcerait encore les pouvoirs du chef de l’État sans augmenter ceux du Parlement.

Il ne plaide pas non plus pour le retour à un « régime parlementaire classique » (p. 234).

Pour lui, il faut plutôt à en revenir à l’inspiration originelle de la Constitution de 1958 qui avait mis en place un régime « avant tout parlementaire » au sein duquel « les pouvoirs du président de la République ne concernaient que des décisions exceptionnelles. » Il constate  et déplore en effet que « la pratique gaullienne des institutions ainsi que la réforme de 1962 ont totalement déséquilibré le système » (p. 235).

Il y a matière à débattre de toutes ces questions –, le grand intérêt du livre de Jean-Louis Rizzo étant de décrire l’histoire d’une institution et d’apporter nombre d’informations et d’analyses utiles pour mener, avec tout l’éclairage requis, les débats sur ces sujets essentiels.

Jean-Pierre Sueur 

 
J’ai participé le 3 avril sur La Chaine Parlementaire – Assemblée nationale (LCP-AN) à un débat sur l’avenir du Parti socialiste, dans le cadre de l’émission « Ça vous regarde » animée par Arnaud Ardoin, avec Stéphane Travert, député, et les journalistes Janick Alimi (Le Parisien/Aujourd’hui en France) et Benjamin Sportouch (RTL).
 
J’ai souvent parlé des liens précieux qui sont les miens avec la Tunisie. Retournant à Tunis ce vendredi 7 avril avec le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, qui m’a invité à l’accompagner, rencontrant avec lui le président de la République, Beji Caïd Essebsi et le Premier ministre, Youssef Chahed, je mesure ce que ce cher pays attend de nous :
- D’abord une aide économique. Bernard Cazeneuve a annoncé des transformations de prêts en aides à l’investissement. L’Agence française de développement apporte 750 millions de financement pour soutenir cinquante projets. 1 300 entreprises françaises sont emplantées en Tunisie, engendrant 150 000 emplois. Cela est bien. Mais il faut faire davantage. Car le chômage des jeunes et des jeunes diplômés est important, surtout dans les régions du Centre et du Sud. Et la Tunisie doit réussir. Car ceux qui lui sont hostiles (Daech, au premier chef) ne supportent pas que, dans ce pays, la « révolution de Jasmin » ait accouché d’une vraie démocratie reconnaissant la liberté de conscience et l’égalité entre les hommes et les femmes. Si la Tunisie ne connaît pas un essor économique, elle verra les menaces de ses adversaires s’amplifier.
- Il faut soutenir le tourisme en Tunisie. Il représente plus de 10 % du PIB. C’est le sens du colloque que nous avons récemment organisé au Sénat. On lira ci-dessous l’interview que j’ai donnée à cette occasion à l’hebdomadaire tunisien 30 Minutes.
- Il nous faut accueillir davantage d’étudiants tunisiens en France. Le président Beji Caïd Essebsi l’a demandé. Bernard Cazeneuve s’y est engagé.
- Je cite enfin pour finir ce que nous a dit Synem Belkooya, danseuse et créatrice de plusieurs festivals culturels tunisiens : « Daech propose aux jeunes un passeport pour la mort. Nous leur proposons un rapport pour la vie. »
Jean-Pierre Sueur
 

Jean-Pierre Sueur participera ce vendredi 7 avril au déplacement du Premier ministre Bernard Cazeneuve à Tunis. Il participera à des rencontres avec Beji Caïd Essebsi, président de la République tunisienne, Youssef Chahed, Premier ministre et M. Mohammed Ennaceur, président de l’Assemblée nationale, à la signature d’accords relatifs à la conversion de la dette tunisienne en projets de développement ainsi qu’à des réunions de travail sur la sécurisation des sites culturels et la lutte contre la radicalisation. 

Les dernières interventions de Jean-Pierre Sueur dans les médias à propos de l’élection présidentielle et de son positionnement dans la campagne.

>> Apostrophe 45 :
>> Mag Centre : 
 
 
  • Jean-Pierre Sueur participe ce lundi 3 avril de 19 h 30 à  20 h 30 sur LCP (AN) à l’émission « Ça vous regarde » d’Arnaud Ardoin sur le thème : « Quel avenir pour le PS ? »
 
Alerté par plusieurs habitants du Loiret, Jean-Pierre Sueur était intervenu auprès de Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la situation des Droits de l’Homme et des minorités religieuses en Iran.
Jean-Marc Ayrault lui a répondu.
 
Il faut remercier Christophe Chaillou, maire de Saint-Jean de la Ruelle, et Ludovic Deschamps, adjoint à la culture, de nous offrir à la Maison de la musique et de la danse une exposition inédite rassemblant les œuvres de Roger Toulouse consacrées aux animaux. En écrivant ses fables mettant en scène des animaux, La Fontaine ne s’adressait qu’aux hommes. Dans le texte qu’on lira ci-dessous et qui présente l’exposition, Abel Moittié, président des Amis de Roger Toulouse, écrit que souvent, dans ces œuvres, « le peuple animal (…) se transforme en archétypes de bêtes plutôt inquiétantes » et que ces créations d’une « nouvelle race d’animaux robotisés » sont « peut-être » une manière « d’entrer en résistance, pour dénoncer les dérives et les excès de l’idolâtrie technologique. » J’ajouterai toutefois que, d’une part, tout le « bestiaire » de Roger Toulouse ne procède pas seulement de cette « angoisse » et que, d’autre part, on peut aussi « lire » ou « interpréter » nombre de toiles et de sculptures de Roger Toulouse comme autant d’hommages à la technique, aux savoir-faire et à l’industrie – en bref, au progrès. Mais la force de l’œuvre de Roger Toulouse tient justement au fait que des interprétations ne sont jamais univoques et que – comme l’a très bien montré Abel Moittié lors de l’inauguration de cette exposition –, Roger Toulouse s’est toujours remis en cause, si bien que ses différentes périodes sont autant d’approfondissements et de quêtes de la vérité par l’art.
Jean-Pierre Sueur
  • L’exposition est ouverte à la Maison de la musique et de la danse de Saint-Jean de la Ruelle, jusqu’au 8 avril, du lundi au samedi, de 14 h à 18 h.
 
 

Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, est invité à participer à la 9e édition du Festival de Géopolitique qui se déroule à Grenoble du 8 au 11 mars.

Il fera, ce jeudi 9 mars, une conférence intitulée « Demain, la ville ? ».

 

Géraldi Leroy fut, on le sait, directeur du Centre Charles-Péguy d’Orléans et professeur de littérature à l’Université d’Orléans. Il était le meilleur connaisseur des idées, de la vie et de l’œuvre de Charles Péguy, comme en témoignent ses deux livres majeurs, Péguy entre l’ordre et la révolution et Péguy l’inclassable. Il nous a récemment quittés. Dans un numéro qui vient de paraître, la revue de l’Amitié Charles-Péguy lui rend hommage en republiant quatre de ses articles ainsi qu’une bibliographie complète et qu’une série d’hommages que je reproduis ici.
Jean-Pierre Sueur
 
L’orgue est un instrument qui résonne, au plus profond de nous, avec sa magie propre, et ses « échos sonores », comme eût dit Victor Hugo, qui nous transportent depuis les musiques les plus intimes jusqu’au fracas des tempêtes telluriques.
Honoré de Balzac l’avait écrit : « L’orgue est certes le plus grand, le plus audacieux, le plus magnifique de tous les instruments créés par le génie humain. Il est un orchestre entier auquel une main habile peut tout demander, il peut tout exprimer. »
Parmi les « mains habiles », les virtuoses et les grands artistes de l’orgue figure notre ami François-Henri Houbart, natif d’Orléans, titulaire depuis 1979 du grand orgue Cavaillé-Coll de la Madeleine, ancien professeur au Conservatoire d’Orléans puis au Conservatoire régional de Rueil-Malmaison – où il a succédé à Marie-Claire Alain –, internationalement reconnu pour ses soixante-dix albums enregistrés et pour les centaines de concerts qu’il a donnés dans le monde entier et – cette qualité n’est pas la moindre ! – le meilleur connaisseur des nombreuses orgues du Loiret : il a joué sur la plupart d’entre elles et leur a consacré trois disques admirables…
François-Henri Houbart était donc, à l’évidence, le mieux placé pour rédiger cette somme, parue il y a quelques mois, sous le titre Histoire de l’Orgue en Orléanais et dans le Loiret (éditions Delatour), qui ne compte pas moins de 480 pages et nous offre un panorama complet des instruments du Loiret, de leur histoire, ainsi que des « organiers » – ancien nom des facteurs d’orgue – tels Jean-Baptiste Isnard ou Adrien Picard, dit Lépine.
Loin d’être une austère compilation, ce livre est très vivant. Il est presque, de page en page, une autobiographie de son auteur tant celui-ci n’hésite pas à s’engager pour les causes qui lui tiennent à cœur. Ainsi nous fait-il part de sa colère devant les décisions prises alors que, très jeune, il était déjà amoureux des orgues, par rapport aux instruments qui nous ont « quittés », comme « le grand orgue du XVIIe siècle de Saint-Paul d’Orléans » ou « le John Abbey de 1834 à Olivet », ou qui ont été modifiés comme l’orgue de Saint-Donatien, à Orléans, ou celui de Beaugency : « Mes interventions [dans la presse et à la radio] et mes demandes de classement – ajoute-t-il – n’y firent rien. Je n’avais alors qu’une vingtaine d’années ; c’est hélas l’âge où personne ne nous prend au sérieux. Dommage quand on se sait déjà fort impliqué parce que passionné et respectueux du patrimoine ! Je me félicite toutefois d’avoir sauvé le grand orgue de Saint-Aignan, dont la "baroquisation" avait été envisagée […]. D’autre part, Pierre Bernier, l’abbé Chausson et moi-même avons réussi à préserver le joli Beaurain de Beaune-la-Rolande, en 1992, des affres d’un prétendu facteur d’orgues (!) absolument incompétent et dangereux » (p. 68).
François-Henri Houbart nous entraîne dans l’archéologie des orgues du Loiret. Il nous apprend ainsi qu’il y eut, semble-t-il, un orgue à Saint-Benoît dès le Xe siècle et que le roi Louis XI fit son entrée à Orléans, en septembre 1461, au son d’un orgue portatif.
Il nous conte, bien sûr, l’incroyable histoire de l’orgue de Lorris, l’un des plus anciens orgues aujourd’hui conservés en France, puisqu’il date du XVIe siècle. Il se trouva que l’organiste titulaire de cet orgue, « par vengeance stupide au moment de Noël 1893 et dans un moment de folie vis-à-vis d’un organiste "concurrent", s’en prit à l’instrument à coups de couteau en le détériorant complètement. » Cet orgue resta à l’abandon pendant soixante-dix ans. Il fallut attendre les années 1970 pour que, sous l’impulsion de « Michel Chausson, véritable redécouvreur et historien de ce pur joyau », l’orgue fût enfin patiemment « ressuscité » et inauguré en 1975 par Marie-Claire Alain et Michel Chapuis (p. 140-141). C’est donc grâce à Michel Chausson que nous pouvons entendre chaque été dans la très belle église de Lorris des concerts inoubliables sur cet orgue à la sonorité étrange, à nulle autre pareille.
 
Un signe...
François-Henri Houbart nous conte aussi l’histoire du grand orgue de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, qui était, à l’origine, celui de la basilique de Saint-Benoît-sur-Loire. En, 1821, l’évêque d’Orléans, Mgr de Varicourt, demandait qu’il y eût « un échange entre l’orgue à clavier et trente-sept jeux de l’abbaye bénédictine et le petit orgue à deux claviers de Sainte-Croix – et ceci malgré le soulèvement des habitants de Saint-Benoît-sur-Loire, la résistance du Conseil de fabrique et de l’organiste, Simon Gaudry. » (…) « L’acheminement du grand instrument se fit par bateau, sur la Loire, et de nuit, afin d’éviter quelque émeute, en décembre 1821, sous la protection de deux compagnies de la Garde royale » (p. 174). La légende dit que lorsque le bateau qui transportait l’orgue quitta la rive, le courant se tarit, le vent tomba – et que les habitants de Saint-Benoît y virent un signe…
Tous les instruments sont décrits dans cet ouvrage, depuis le plus ancien – celui de Lorris – jusqu’au plus récent, l’orgue d’Artenay, inauguré en 2015.
On me permettra une mention particulière pour l’orgue Aubertin de Saint-Marceau (41 jeux et trois claviers) inauguré en 1999 alors que j’étais maire d’Orléans. Je puis témoigner qu’il fallut beaucoup de ténacité pour mener à bien ce projet, et je remercie mon équipe municipale de m’avoir suivi, ainsi que François-Henri Houbart qui a bien voulu écrire que « rien d’aussi prestigieux et important n’avait été fait depuis le Cavaillé-Coll de la cathédrale en 1880 » (p. 245).
Voilà donc une « somme » qui sera un ouvrage de référence et qui porte à chaque page la marque de son auteur : François-Henri Houbart s’y révèle – mais nous le savions ! – à la fois érudit, enthousiaste et généreux.
 
Jean-Pierre Sueur
 

 

 
Il faut rendre hommage à Marie-Christine Meunier, maire du Moulinet-sur-Solin, à ses deux adjointes et à tout son conseil municipal, pour être parvenus, à force de ténacité et d’opiniâtreté, en sollicitant les subventions, en organisant une souscription et en se donnant beaucoup de mal, à effectuer la superbe restauration de l’église de ce village de 140 habitants – l’église Saint-Philippe – qu’il nous a été donné de redécouvrir samedi dernier.
Précisons que cette église, qui date du XIe ou du XIIe siècle, qui dépendait de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, aurait été irrémédiablement détruite si une équipe d’élus courageux n’avait entrepris cette restauration.
J’ai eu l’occasion, ce samedi, de remercier chaleureusement ces élus grâce auxquels cet édifice vivra dans les siècles futurs.
Je tiens enfin à noter que cette restauration – comme le montrent les photos – donne toute sa place à la couleur, avec des murs ocre et ses tuiles rouge foncé. On a trop souvent oublié, que, par le passé, nos églises et nos cathédrales étaient coloriées.
Au Moulinet-sur-Solin, au cœur du village, les couleurs chantent sur cet édifice qui séduit, aujourd’hui comme hier, par son architecture et ses lignes épurées.
 
Jean-Pierre Sueur
 
Jean-Pierre Sueur organise au Sénat un colloque sur le thème « Revenir en Tunisie : pour une reprise du tourisme en Tunisie et une coopération France-Tunisie en ce domaine », le 23 mars prochain de 14 h 30 à 18 h.
 
 
 
Jean-Pierre Sueur était intervenu à Tunis le 14 janvier dernier lors du colloque organisé par Sciences-Po Tunis sur « Les six ans du Printemps arabe »
 
Re(voir)l les vidéos du colloque et les interventions de Jean-Pierre Sueur
Michel Touraine a eu raison d’honorer, lors d’une récente inauguration du « clocher tors » restauré de l’église de Puiseaux, les artisans et les entreprises qui ont accompli un travail remarquable de précision et de beauté.
Nombre de Loirétains ignorent que notre département compte – à Puiseaux – le deuxième (par la hauteur) « clocher tors » d’Europe.
Un « clocher tors » est un clocher torsadé, strié de lignes courbes.
On s’est longuement interrogé pour savoir si ce caractère, rare, du clocher de Puiseaux était le fruit d’une conception voulue au départ, ou de phénomènes naturels, voire accidentels qui ont déformé le clocher.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, s’agissant de la restauration, la réponse à cette question ne fait aucun doute : ce sont les artisans, les hommes de métier, des spécialistes de l’ardoise, des tailleurs de pierre, des entreprises vouées à ces tâches difficiles qui ont accompli la prouesse que les photos ci-contre permettent de contempler.
Il fallut en particulier tailler une à une des milliers d’ardoises pour qu’elles s’ajustent exactement aux courbures et torsades du clocher.
Assurément, du bel ouvrage.
 
Jean-Pierre Sueur
 

Après avoir reçu conjointement avec Valérie Corre, députée, les représentants du syndicat CGT d’EDF, Jean-Pierre Sueur a écrit à Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, ainsi qu’à Bernard Cazeneuve, Premier ministre, et à Ségolène Royal, ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, pour marquer son désaccord avec le projet de fermeture de tous les guichets et points de contact d’EDF sur le territoire, considérant que cette politique, limitant les contacts avec les usagers au téléphone et à l’Internet, était préjudiciable et contraire à la conception d’un service public de proximité. Cette position a été, lors d’un conseil d’établissement d’EDF, celle de l’ensemble des organisations syndicales.

>> Lire les lettres

Dès le soir des primaires de la gauche, j’ai dit que Benoît Hamon était le candidat légitime du Parti Socialiste.
Quelques jours après, j’ai signé un texte de soutien à Benoît Hamon avec de nombreux élus de notre région.
Pourquoi ai-je pris cette position ? 
Essentiellement parce que je souhaite être fidèle à un parti – le PS – dont je suis l’élu depuis longtemps, dont j’ai beaucoup reçu et au sein duquel je crois avoir, là où je suis et là où j’étais, œuvré avec loyauté et conviction.
J’ajoute que, lorsqu’on le lit complètement, le programme de Benoît Hamon compte nombre de mesures positives et nécessaires qu’il s’agisse de l’éducation, de la justice sociale, ou de nombre d’autres domaines.
Mais je veux continuer de parler vrai. 
 
Il existe aussi des divergences que je ne peux pas taire. Elles portent sur la conception du travail, sur l’énergie et aussi sur la politique économique.
Dans la fidélité à Pierre Mendès France, à Michel Rocard et à Jacques Delors, j’ai soutenu la politique économique de François Hollande et de ses gouvernements. Je suis persuadé que l’histoire réévaluera le bilan de François Hollande. En effet, contrairement à son prédécesseur, celui-ci a mis en œuvre une politique économique courageuse afin de restaurer la compétitivité des entreprises, de réduire la dette et le déficit, en un mot de créer les conditions pour la croissance et l’emploi. Ceux qui parlent de redressement ne peuvent ignorer que ce redressement est en cours.
Or chacun sait que Benoît Hamon s’est opposé à cette politique.
C’est pourquoi, dès le lendemain de son succès aux primaires, j’ai publié un texte par lequel, en même temps que je lui apportais mon soutien, je demandais qu’il devienne le candidat de TOUS les socialistes, et aussi de tous les électeurs et sympathisants socialistes en prenant en compte les efforts, les apports, les réussites de ce quinquennat. Je lui ai également demandé de s’adresser aux responsables des partis de gauche existant depuis longtemps, bien sûr, mais aussi aux « progressistes » – et donc au mouvement « En Marche », qui apporte de nouvelles propositions.
Je lui demandais d’œuvrer pour rassembler sans exclusive.
Je le demande toujours. Ma position est exactement celle de Bernard Cazeneuve, celle d’un soutien exigeant.
Je vois que, notamment lors de son discours de Bercy, Benoît Hamon a « infléchi » son propos. Je pense qu’il peut et doit aller au-delà.
Et, en particulier – pour être tout à fait clair – je pense qu’il est inutile et contre-productif qu’il critique à ce point Emmanuel Macron et son mouvement « En Marche ». 
Pourquoi ?
D’abord, parce qu’il a déjà bien à faire – et si légitimement – pour combattre Marine Le Pen, dont le programme serait dangereux pour le devenir de notre pays et de son économie, et François Fillon, dont le programme reste puissamment conservateur, même si sa candidature est devenue pathétique.
Ensuite, parce que je ne vois pas l’intérêt qu’il y a pour Benoît Hamon à dire qu’Emmanuel Macron est le « marche pied du Front National » si d’aventure il devait nous demander d’ici quelque temps de le soutenir pour barrer la route à ce même Front National.
Enfin, parce que nombre d’électeurs – hier – de François Hollande jugent positivement sa démarche.
Sur celle-ci, je veux aussi être clair.
J’ai eu l’occasion de parler avec Emmanuel Macron avant qu’il déclare sa candidature. En fidélité à Michel Rocard, auquel il se réfère souvent, et qui fut toujours ancré à gauche – une gauche moderne et novatrice ! –, je lui ai dit mes réserves sur sa démarche, qui me paraissait contraire à notre histoire politique. Encore aujourd’hui, je me pose des questions sur la majorité sur laquelle il pourrait s’appuyer s’il était élu président de la République.
Cela étant dit, je pense que nombre de ses propositions sont réalistes et novatrices – même si je ne les partage pas toutes ! – et que, comme l’a bien dit Bertrand Delanoë, il « crée les conditions économiques pour pouvoir mettre en œuvre une politique de la solidarité » – ce qui, pour le coup, est authentiquement rocardien.
Et pour être tout à fait clair, je pense qu’il ne faut pas injurier l’avenir et que nous devrions œuvrer pour qu’il y ait une majorité à l’Assemblée Nationale unissant les socialistes et le mouvement « En Marche » et, bien sûr, d’autres encore… Préférons toujours l’ouverture à la fermeture !
Je sais que mon propos heurtera ceux qui, de part et d’autre, annoncent, prédisent et provoquent la « cassure en deux » du Parti Socialiste.
J’en vois les raisons. Cela a souvent été dit : le Parti Socialiste français n’a jamais fait, ni assumé explicitement, son « Bad Godesberg » – pour faire référence à un congrès historique du SPD allemand.
En fait, cette mutation vers la social-démocratie – œuvrer pour la justice dans une société de marché, d’initiative et d’entreprise –, nous l’avons faite peu à peu à force de gouverner, et de rectifier certains choix initiaux pour tenir compte des réalités – de 1981 à 1983 et de 2012 à 2013 par exemple.
Mais, pour ma part, je ne me résous pas à cette « cassure en deux ».
J’ai connu le temps de la SFIO déclinante, de l’UGS, du PSA, du PSU, et des clubs. Je sais combien les ruptures peuvent être rapides et combien la réunification demande ensuite de patience et de temps !
Donc, je plaiderai encore et toujours pour le rassemblement. À temps et à contre temps. Aucune fracture n’est irrémédiable.
J’ajoute que cette campagne présidentielle – et l’émergence du mouvement « En Marche » – montrent que nombre de nos concitoyens veulent voir « bouger les lignes » dans notre paysage politique. Cette aspiration est sans doute plus profonde que certains l’imaginent.
Le scrutin d’arrondissement pour les élections législatives joint à l’élection présidentielle au suffrage universel a abouti à une alternance claire entre deux blocs – majorité et opposition – qui a assuré la permanence et la solidité des institutions de la Cinquième République. Ce système a toutefois l’inconvénient d’empêcher en France des coalitions fondées sur des « contrats de législature » – pour reprendre l’expression de Pierre Mendès France, – ce qui est possible dans la majorité des pays d’Europe.
Je pense qu’il serait aujourd’hui souhaitable que cela fût désormais possible dans notre pays (ce serait cohérent avec la proposition que j’ai faite ci-dessus), mais il eût fallu, ou il faudrait, pour y parvenir, instaurer une représentation proportionnelle totale ou partielle – ce que les derniers gouvernements ont eu le tort de ne pas faire. François Mitterrand l’avait fait en 1986. Michel Rocard s’y était opposé. Et sur ce point, j’étais, et je reste, en accord avec François Mitterrand.
Un dernier mot. Beaucoup des raisonnements et des analyses que l’on entend ou lit sur les médias reposent sur les sondages. Soyons prudents à cet égard. Ceux-ci sont changeants et peuvent changer. Je regrette, de surcroît, que nombre d’instituts et de médias se refusent à appliquer les lois désormais en vigueur, suite à un long combat que j’ai mené avec mon collègue Hugues Portelli à ce sujet.
Si bien qu’il ne faut négliger aucune menace.
Et qu’en tout état de cause, ce sera un devoir impérieux pour tous ceux qui sont attachés aux valeurs de notre République, de tout faire pour éviter que le Front National ne s’installe à l’Élysée, ce qui, en dépit des sondages, est un risque réel et ce qui serait une catastrophe pour l’avenir de la France et de l’Europe.
Jean-Pierre Sueur
 
Jean-Pierre Sueur était intervenu auprès de Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, au sujet de la revalorisation du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) des ingénieurs et techniciens (IT) du CNRS.
Thierry Mandon lui a répondu.
 
En sa qualité de membre associé de l’Académie d’architecture, Jean-Pierre Sueur a cosigné la lettre adressée par l’ensemble des membres de cette Académie aux candidats à l’élection présidentielle.
Regrettant que les questions de l’architecture et de l’urbanisme ne tiennent pas plus de place dans les programmes des différents candidats, l’Académie d’architecture leur demande « audace, vision et ambition pour le territoire et la cité. »
 

Il faut remercier Christian Jamet pour avoir écrit ce livre – Le Loiret des écrivains et des artistes – qui sera un guide précieux pour tous ceux qui aiment notre département du Loiret et qui l’aiment comme terre de culture. Et il faut également remercier Corsaire Éditions pour avoir publié cet ouvrage, remarquable illustré.

J’ai toujours pensé que nos villes et villages n’étaient pas seulement faits de pierres, mais aussi des « pierres vives » – pour reprendre le titre d’une célèbre collection des éditions du Seuil – que sont les œuvres de tous ceux, écrivains, artistes – tant d’autres aussi – qui y ont vécu et y ont créé des œuvres de l’esprit qui nous accompagnent lorsque nous marchons dans les rues, lorsque nous contemplons les paysages, et rêvons à ce qui fut et sera, puisque nous ne marcherons qu’un temps dans ces rues et ne regarderons qu’un temps ces paysages qui nous survivront.

Charles Trenet a ainsi chanté l’« âme des poètes », qui flotte et flottera dans les rues après que ceux-ci ont – ou auront – disparu.

C’est ainsi que Christian Jamet nous convie à des promenades inspirées en ce Loiret qui nous est cher : des bords de Loire – qui sera insensible au méandre de Guilly et à la découverte, depuis l’autre côté du fleuve, de l’abbaye de Saint-Benoît ? – aux villes, aux villages, à la forêt, immense et intime à la fois. On dit souvent que la forêt sépare l’Orléanais du Gâtinais. J’ai toujours pensé qu’au contraire elle les rapprochait : j’y reviendrai.

Plutôt que de rendre compte de toutes les pages du livre et de toutes les histoires qu’il raconte, je préfère vous inviter à déambuler en sa compagnie – comme jadis, plutôt que naguère, je lisais à Bièvre le poème éponyme de Victor Hugo à une auditrice indulgente.

Je préfère prendre le livre au hasard. Et vous livrer quelques pépites en ajoutant que dès que vous aurez commencé à le lire, vous ne le quitterez plus.

Jean-Pierre Sueur a soutenu en séance publique au Sénat le retour au caractère optionnel de la compétence « eau et assainissement » dans les communautés de communes.

Il a rappelé que dans la commission mixte paritaire (réunissant députés et sénateurs) sur la loi « NOTRe » un compromis avait été trouvé sur l’obligation de cette compétence à compter de 2020.

Il a dit que sa « connaissance du terrain » montrait que cette échéance était irréaliste et cela d’autant plus que de nombreux nouveaux périmètres de communautés de communes ont été fixés au 1er janvier 2017.

Il a ajouté que, dans ces communautés de communes, les modes de gestion de ces compétences étaient très divers : régies, concessions, délégations de service public, syndicats, etc. Et qu’il était impossible d’unifier cela dans de bonnes conditions dans une courte période sauf à ce que « des sociétés disposant de moyens juridiques et d’expertise importants imposent leur choix aux élus. »

Tout en réaffirmant l’objectif d’une gestion cohérente de l’eau et de l’assainissement – avec des prix identiques dans toutes les communes – restait pleinement justifié, il a plaidé, par réalisme et pragmatisme, pour une nécessaire souplesse afin de donner aux élus les moyens d’atteindre cet objectif dans de bonnes conditions.

>> Lire le texte intégral de son intervention

 

Jean-Pierre Sueur avait posé une question écrite à Jean-Michel Baylet, ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités locales au sujet des fusions de communautés de communes et de l'adoption des schémas de coopération territoriale (SCOT).
Jean-Michel Baylet lui a répondu.
 

Avec plus de deux cents participants, le colloque organisé au Sénat le 23 mars sur le thème « Revenir en Tunisie : pour une reprise durable du tourisme en Tunisie et une coopération franco-tunisienne en ce domaine » a été un grand succès. Il était organisé par Jean-Pierre Sueur, le groupe FranceTunisie du Sénat et la Fédérations des associations franco-tunisiennes en France.
Un compte-rendu intégral paraîtra ultérieurement : nous le signalerons sur ce site.
D’ores et déjà, vous pouvez regarder la vidéo réalisée par le service de la communication du Sénat, incluant des interviewes de Selma Elloumi Rekik, ministre tunisienne du tourisme, Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France en Tunisie, et Jean-Pierre Sueur, président du groupe d’amitié France-Tunisie du Sénat.
Dans la presse :
 

Jean-Pierre Sueur a posé, ce mardi 21 février, une question orale au Sénat pour demander au Gouvernement le maintien de la liaison SNCF directe entre Paris et le Malesherbois. Il a indiqué que la suppression de cette liaison directe serait très préjudiciable aux six cents usagers du Malesherbois et des environs qui empruntent ce train quotidiennement, ainsi qu’aux douze mille usagers qui empruntent chaque jour cette ligne au sud de Corbeil-Essonnes. 

En plus du texte de la question qu’il avait initialement préparée, il a évoqué un courrier reçu le 13 janvier dernier d’un responsable de la SNCF – qui ne l’a nullement convaincu – qui vantait tous les bénéfices (matériel roulant, ponctualité, etc.) dont bénéficieraient les usagers une fois que la liaison directe aurait été supprimée. Il a dit que ces avantages supposés n’étaient pas suffisamment crédibles pour justifier le préjudice que causerait la suppression de la liaison directe. 

Barbara Pompili, secrétaire d’État à la biodiversité, lui a répondu au nom d’Alain Vidalies, secrétaire d’État aux transports. Dans sa réponse, elle a évoqué les efforts accomplis pour améliorer les dessertes ferroviaires et les arguments qui ont conduit à envisager la solution d’un changement de train à Corbeil. Elle n’a toutefois pas caché les problèmes qui se posent puisqu’elle a révélé que « la ponctualité du RER D est réduite à 64 % au sud de Corbeil-Essonnes. »

Le point essentiel de la réponse se trouve dans la dernière phrase par laquelle la ministre a indiqué textuellement : « Le secrétaire d’État aux transports a pris note des réticences d’un certain nombre d’usagers sur cette nouvelle organisation. Il va demander au STIF d’examiner dans quelle mesure des trains directs pourraient être maintenus. » 

Reprenant la parole après la ministre, Jean-Pierre Sueur a dit que ce taux de ponctualité de 64 % était vraiment inacceptable et qu’il doutait fort qu’une correspondance à Corbeil, fût-elle « robuste » (pour reprendre le terme employé par la ministre), puisse répondre à l’attente des usagers. Il l’a donc vivement remerciée pour la dernière phrase de sa réponse. Celle-ci annonce que le maintien de trains directs sera réexaminé. 

Jean-Pierre Sueur ne manquera pas, en lien étroit avec les élus concernés, de prendre contact avec la SNCF et le STIF pour que ce réexamen soit effectif afin de se donner toutes les chances de voir le projet actuel abandonné au profit d’améliorations – absolument nécessaires – sur la ligne directe actuelle. 

Lire :

>> Le texte de la question orale de Jean-Pierre Sueur

>> La lettre de Julien Dehornoy, directeur de région à la SNCF, à Jean-Pierre Sueur en date du 13 janvier dernier

>> Le texte intégral de la réponse de Barbara Pompili lors de la séance des questions orales du Sénat de ce mardi 21 février

Dans la presse :

>> La République du Centre du 21 février

>> La République du Centre du 22 février

 

Jean-Pierre Sueur est intervenu dans l’émission « Secrets d’info » diffusée sur France Inter le samedi 18 mars à 13 h 20, consacrée aux sondages, préparée et animée par Sylvain Tronchet.
Lire les extraits des lois en vigueur définitivement adoptés à l’initiative de Jean-Pierre Sueur et d’Hugues Portelli sur :
 

C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris la mort brutale de Xavier Beulin.

Je le connaissais depuis que, dans les années 1980, il avait adhéré au Centre départemental des jeunes agriculteurs (CDJA) du Loiret. Il fut d'abord responsable local des « Jeunes » pour le secteur de Jargeau-Châteauneuf, avant de devenir président départemental. Très jeune, il avait déjà un sens aigu des responsabilités.

Dans son livre Notre agriculture est en danger, il raconte comment son père est mort dans ses bras alors qu'il avait 17 ans durant une nuit. Le matin, à cinq heures, explique-t-il, « alors que ni ma mère ni moi n'avons dormi, nous sommes dans le pré, derrière la ferme, pour rassembler les vaches avant la traite. »

Il renonce à ses études, ne passe pas le baccalauréat, pour se consacrer courageusement à la ferme familiale. Sa formation, il l'acquerra ensuite, à la force du poignet, multipliant les cours du soir et les stages, tout en restant agriculteur à plein temps.

Ses responsabilités au CDJA, à la FDSEA, à la Chambre d'agriculture du Loiret, et enfin à la présidence de la FNSEA, l'ont conduit à acquérir de solides compétences sur les questions agricoles, aux plans national, européen et mondial. Bien qu'il ne fût pas bachelier, il devint l'un des meilleurs connaisseurs et analystes de dossiers souvent complexes. Il était pédagogue aussi. Il fallait l'entendre dans les congrès, qu'ils fussent départementaux ou nationaux parler des arcanes de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qu'il connaissait très précisément, pour s'en persuader. Avec lui, la réflexion et l'attention montaient d’un cran.

On lui a beaucoup reproché que, bien que président de la FNSEA, il restât président du groupe AVRIL, ex SOFIPROTEOL, qui avait été créé par Jean-Claude Sabin, un visionnaire, qu'il admirait. En réalité, et contrairement aux légendes, il fut désigné – comme il l'écrit dans son livre – représentant de la FNSEA à la Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (FOP) alors que « personne ne se manifestait pour ce poste ; j'ai été sollicité ; je ne m'y attendais pas du tout ; j'ai fini par accepter... »

Pour lui, cet engagement devint vite essentiel. Je crois que ce fut son engagement principal. En effet, il permettait de montrer concrètement ce que pouvait être une politique de filière se traduisant par la maîtrise par les agriculteurs de toute la chaîne, de la production à la consommation. Cette politique, il voulait qu'elle soit mise en œuvre dans bien d'autres domaines de l'agriculture. Et c'est pourquoi, malgré les critiques, il ne lâcha pas cette responsabilité, qui était le cœur de son engagement.

De même, il ne voulait pas opposer les différentes formes d'agriculture entre elles. Il voulait que l'agriculture soit moderne et pensait que la protection de l'environnement passait par un constant recours à la science. Tout son livre en témoigne.

Bien qu'absorbé par ses lourdes responsabilités nationales, il était resté très lié à notre région – il était président du Conseil économique, social et environnemental du Centre-Val de Loire – et à notre département du Loiret, ne manquant ni un congrès départemental ni un comice agricole. Il était encore avec nous, ce vendredi, à Neuville-Aux-Bois, à l'assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Loiret.

On se doute que nous n'avons pas toujours été d'accord. Mais il tenait au dialogue. Si bien qu'en plus de trente ans, le dialogue fut constant entre nous. Son amitié était fidèle.

Au moment où il nous quitte, je pense à sa famille, à ses amis agriculteurs du Loiret et de bien au-delà. Je partage leur peine, et je sais combien Xavier va nous manquer...

Jean-Pierre Sueur

 

 

 
Eric Doligé, Marianne Dubois, Claude de Ganay et Jean-Pierre Sueur ont fait partie de la délégation des parlementaires de la région Centre-Val de Loire qui a été reçue ce mardi 21 mars par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, accompagnée des responsables professionnels agricoles de la région, dont Cédric Benoist, Président de la FDSEA du Loiret. 
 
Ils ont demandé avec force que la carte actuellement publiée pour la nouvelle définition des « zones défavorisées » du Loiret soit revue afin d’y intégrer en particulier les secteurs d’élevage du Giennois et de l’Est du Loiret ainsi que la Sologne et l’Orléanais. 
 
Ils ont soutenu les propositions des organisations professionnelles agricoles à ce sujet. 
 
Le ministre Stéphane Le Foll leur a donné son accord pour que deux critères supplémentaires puissent être pris en compte afin d’atteindre cet objectif : les critères « polyculture-élevage » et « déprise ». Il s’est également engagé à prendre en compte, à la fin des négociations avec les instances européennes, le critère de « continuité territoriale ». 
 
Les parlementaires et professionnels présents sont aussi intervenus auprès du ministre pour demander le versement rapide du solde des aides PAC. 
 
Dans la presse :
 
 

Jean-Pierre Sueur s’est exprimé le 16 février sur Public Sénat à propos du projet de François Fillon d’instaurer la majorité pénale à seize ans.

>> (Re)voir l’interview (à 16 minutes et 39 secondes)

 

En qualité de président de groupe d’amitié France-Tunisie du Sénat, Jean-Pierre Sueur organise le jeudi 23 mars de 14 h 30 à 18 h 30 au Sénat un colloque sur le thème : "Revenir en Tunisie. Pour une reprise durable du tourisme en Tunisie et pour une coopération franco-tunisienne en ce domaine".
Depuis les attentats qui avaient pour but d’atteindre la jeune démocratie tunisienne, le tourisme a connu une forte chute en Tunisie, ce qui constitue un grand préjudice pour ce pays ami, puisque le tourisme y représente une part non négligeable du produit intérieur brut.
C’est pour marquer la solidarité de la France avec la Tunisie que Jean-Pierre Sueur et les membres du groupe France-Tunisie du Sénat ont décidé d’organiser ce colloque qui vise aussi à promouvoir la forte coopération entre la France et la Tunisie dans ce domaine.
 

Voici le texte du courriel adressé par Jean-Pierre Sueur le 5 janvier 2017 à Jean-Jacques Urvoas, garde de sceaux, ministre de la justice, relatif à la situation du Centre pénitentiaire d'Orléans-Saran :

Monsieur le Ministre, 

J'ai l'honneur d'appeler très particulièrement votre attention sur les vives préoccupations des personnels du Centre pénitentiaire de Saran, après avoir rencontré sur place les représentants des syndicats FO, UFAP, CGT et SUD Santé ainsi que la direction par intérim de l'établissement.

Je comprends et partage les inquiétudes des personnels suite aux événements qui se sont produits récemment : deux suicides mais aussi une prise d'otage impliquant deux surveillants et deux infirmières, dont l'une a été blessée et qui sont toutes deux très choquées, prise d'otage par rapport à laquelle le personnel a réagi avec sang froid et un grand professionnalisme.

J'ajoute que, comme vous le savez, ce centre pénitentiaire, bien que neuf, a été sinistré puisqu'il a fait l'objet d'une importante inondation en mai et juin derniers.

Par rapport à cette situation, je me dois de vous faire part de cinq dispositions qui me paraissent nécessaires.

Premièrement, il est indispensable qu'un directeur pérenne soit nommé le plus vite possible dans cet établissement.

Deuxièmement, compte tenu des éléments précités, il m'apparaît indispensable que la surpopulation actuelle soit très sensiblement réduite. Je vous rappelle qu'il y a aujourd'hui 350 détenus pour 210 places, 15 détenus dormant sur des matelas au sol.

Troisièmement, il est également nécessaire d'accroître les conditions de sécurité en mettant fin au mode de fonctionnement dit "dégradé" et en développant les binômes pour faire face à des situations susceptibles d'être critiques.

Quatrièmement, il est en outre nécessaire que les personnels chargés des extractions judiciaires disposent des moyens de formation continue (notamment pour les formations liées au port d'armes) dans un environnement rapproché.

Cinquièmement, il est enfin indispensable qu'un calendrier des travaux soit établi pour la réhabilitation des deux bâtiments aujourd'hui inoccupés du fait des inondations et que les expertises les plus vigilantes possibles soient diligentées afin qu'il n'y ait pas à l'avenir de nouvelle inondation.

Vous remerciant très sincèrement pour toute l'attention que vous porterez à ces questions importantes, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret

 

Serge Vassal vient de nous quitter au terme d'une longue maladie. Il avait été durant douze ans conseiller municipal d'Orléans, dans l'opposition de 1983 à 1989, puis dans la majorité de 1989 à 1995. Il était passionné par les questions d'urbanisme et d'aménagement. Géographe, il avait enseigné au lycée Benjamin Franklin, puis il avait été maître de conférences à l'Université de Paris 1 (Panthéon Sorbonne), après avoir soutenu et publié une thèse consacrée aux rapports entre les villes d'Europe et les universités, au sein de laquelle les analyses sur le nouveau campus de La Source tiennent une place significative. Historien, il avait participé à l'écriture du troisième volume de l'histoire d'Orléans dirigée par Jacques Debal, consacré au vingtième siècle, et écrit un livre intitulé Orléans d'hier et d'aujourd'hui édité par la Société historique et archéologique de l'Orléanais. Il se passionnait pour le devenir d'Orléans et avait été l'un des premiers à plaider pour que notre ville cesse de "tourner le dos à la Loire". Attaché aux valeurs de la gauche, il fut membre du Parti socialiste et du Parti radical de gauche. C'était un humaniste. À ses enfants, Claire, Marc et Pierre, j'exprime toute ma sympathie et mon amitié.
 
Jean-Pierre Sueur

Je me réjouis profondément de l’adoption définitive du projet de loi conférant à la Communauté urbaine d’Orléans le statut de métropole, après un long parcours parlementaire.

Je suis aussitôt intervenu auprès du Premier ministre, Bernard Cazeneuve pour demander que le décret qui rendra effectif le nouveau statut puisse être publié dans les meilleurs délais possible.

Cela suppose au préalable – comme me l’a confirmé de directeur général des collectivités locales – un vote du Conseil de la communauté urbaine et un vote de chacune des communes membres pour obtenir la majorité qualifiée – ce qui, au vu des positions déjà prises, ne devrait pas poser de problème.

Jean-Michel Baylet, ministre en charge des collectivités locales, m’a déclaré au Sénat que dès lors que les délibérations nécessaires auront été transmises, « le décret sera pris dans les huit jours. »

 

Jean-Pierre Sueur