Interventions et prises de position

Vous trouverez ci-dessous les dernières prises de position de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles des années 2006 à 2008, vous les trouverez sur le blog de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles antérieures à 2006, consultez la rubrique Archives.

Jean-Pierre Sueur a participé le lundi 4 décembre sur la chaîne parlementaire LCP-AN à un débat sur l’avenir de la gauche et du Parti socialiste organisé par l’émission « Ça vous regarde » animée par Arnaud Ardoin, avec Barbara Romagnan, ancienne députée PS du Doubs, membre du mouvement « Génération.s », Emmanuel Maurel, député européen, membre du bureau national du PS, et Christophe Prochasson, historien, président de l'École des hautes études en sciences sociales.

>> (Re)voir l'émission

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur interroge la ministre du travail sur les modalités de mise en oeuvre du régime de garantie des salaires (AGS).

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Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur interroge la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, sur les critères d'attribution de bourses de l'enseignement supérieur aux étudiants étrangers bénéficiaires de la protection subsidiaire.

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Dans une question écrite adressée au ministre de l’Économie et des Finances, Jean-Pierre Sueur défend la pérennisation du crédit d’impôt applicable aux maîtres-restaurateurs.

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La Revue du Trombinoscope vient de publier un article de Jean-Pierre Sueur sous le titre « Les défis de la ville dite "intelligente" » dans un dossier consacré aux « Smart cities ».

>> Lire l’article

 

Intervenant sur le budget de la Justice, Jean-Pierre Sueur est revenu sur l’échéancier des travaux au Centre pénitentiaire de Saran. Il a rappelé que Jean-Jacques Urvoas lui avait écrit le 3 février 2017 que les travaux seraient achevés « à la fin de cette année. » Or, ils n’ont toujours pas commencé ! Il a rappelé que Nicole Belloubet lui a écrit le 21 juillet dernier qu’ils commenceraient en octobre 2017 pour s’achever « à la fin du premier trimestre 2018. » Olivier Dussopt, qui représentait Nicole Belloubet, en déplacement en Nouvelle Calédonie, lui a indiqué que ces travaux « commenceraient en janvier pour s’achever en juin... » Jean-Pierre Sueur en accepte l’augure, mais, comme toujours, il sera vigilant...
 
Toujours sur ce budget, Jean-Pierre Sueur a dit combien celui-ci était contraint, du fait d’un recours massif et coûteux aux « Partenariats Public Privé » (PPP). Le ministre lui a répondu qu’il ne serait plus fait appel à cette procédure. 
 
Il a aussi regretté la diminution des crédits pour la maintenance du parc immobilier carcéral et pour les aménagements de peine. Il a plaidé pour l’encellulement individuel,  les  alternatives à la détention, la préparation aux sorties de prison et à la réinsertion des détenus, rappelant la phrase de Robert Badinter pour qui « la condition pénitentiaire était la première cause de récidive. »
 
 
 

Je tiens à signaler tout particulièrement les pages 116 à 129 (qu’on peut télécharger ci-dessous) du rapport publié le 29 novembre dernier par la Cour des comptes sous le titre « L’avenir de l’assurance maladie ».

Ayant rencontré les maires et les élus de plus de trois cents communes du Loiret lors de la dernière campagne électorale pour les sénatoriales, j’ai pu constater que leur PREMIÈRE préoccupation – relayant celle des habitants – est aujourd’hui la désertification médicale.

Depuis des années, des mesures « incitatives » sont prises par les différents gouvernements. Et c’est encore le cas de l’actuel gouvernement.

Force est de constater que jusqu’à ce jour, elles n’ont pas permis d’enrayer la désertification médicale, ni l’inégalité qui se creuse entre les territoires et les citoyens par rapport à l’accès aux soins.

Je redis que je souhaite que les mesures qui s’imposent absolument soient prises au terme d’une concertation et d’un dialogue avec les représentants des médecins et des professionnels de santé.

Mais au terme de ces concertations et dialogues, il reviendra aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités pour rétablir la nécessaire égalité quant à l’accès aux soins.

À cet égard, l’analyse et les préconisations de la Cour des comptes me paraissent devoir retenir toute notre attention.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’extrait du rapport de la Cour des comptes

>> En savoir plus sur ce rapport

Jean-Pierre Sueur est intervenu sur le budget de la sécurité, ce 5 décembre, en séance publique au Sénat. 
Il s’est réjoui de l’augmentation du nombre de personnels qui sera de 1 926 dans la police et de 456 dans la gendarmerie, en 2018. Il a noté que ces augmentations, qui s’inscrivent  dans le droit-fil de celles effectuées durant les années précédentes, permettront de dépasser les effectifs de 2007 après les lourdes  diminutions enregistrées entre 2007 et 2012, années au cours desquelles plus de 10 000 postes avaient été supprimés et les crédits d’investissement avaient baissé de 16% pour la police et de 18% pour la gendarmerie.
Jean-Pierre Sueur a, en revanche, regretté la diminution des crédits d’équipement. Ceux-ci avaient augmenté de 37 millions d’euros dans la précédente loi de finances. Ils baissent de 7 % dans le présent budget. Il a aussi posé les problèmes de l’immobilier - et notamment de la dette contractée pour la gendarmerie à cet égard.
Il a soutenu le projet de « police de sécurité du quotidien », et demandé que les moyens financiers nécessaires y soient affectés Il a enfin soutenu les efforts accomplis dans la lutte contre le terrorisme, en particulier pour assurer une coordination efficace entre le niveau central et les services  chargés du renseignement sur le terrain.
 
 
 

Jean-Pierre Sueur a présenté en séance publique au Sénat son rapport budgétaire sur les « pouvoirs publics ».

>> Voir la vidéo de son intervention

Lire :

>> Le communiqué de presse

>> Le texte intégral du rapport

Jean-Pierre Sueur est intervenu en séance publique au Sénat lors du débat budgétaire le 27 novembre pour soutenir le maintien du produit de la taxe de solidarité sur les billets d’avion.

>> Lire le compte-rendu intégral de son intervention

Le Sénat vient de publier le rapport rédigé par Jean-Pierre Sueur sur le chapitre « pouvoirs publics » du projet de loi de finances pour 2018.

Ce rapport traite, pour l’essentiel, de la présidence de la République, du Conseil Constitutionnel, des assemblées parlementaires et de la Cour de Justice de la République.

S’agissant de la présidence de la République, Jean-Pierre Sueur note que sa dotation budgétaire, qui était de 109 millions d’euros en 2012, a été réduite à 100 millions d’euros en 2015, 2016 et 2017. Il y a donc eu un grand effort de réduction des dépenses lors du précédent quinquennat.

Il note l’ensemble des efforts faits pour continuer à maîtriser les dépenses, s’agissant notamment des véhicules, des chauffeurs, des frais de déplacement et de la préparation des voyages officiels.

Il approuve toutefois l’augmentation de trois millions d’euros de crédits, qui se justifie par d’impérieuses raisons de sécurité. Il est en effet indispensable d’investir dans le « Data Center » et l’Antenne Spéciale de transmission de l’Élysée (ASTE), désormais également interministérielle, pour assurer la totale fiabilité et confidentialité des communications du président de la République avec les chefs d’État étrangers et en matière de défense – notamment.

S’agissant du Conseil Constitutionnel, Jean-Pierre Sueur note que le budget pour 2018 revient au niveau de 2016, celui de 2017 ayant été marqué par le fait que trois élections nationales avaient justifié un crédit spécifique. Il remarque que les nouvelles dispositions relatives aux parrainages pour les élections présidentielles ont été mises en place dans de bonnes conditions.

Il écrit que le volume des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) se stabilise et que l’augmentation de l’activité internationale du Conseil Constitutionnel et les effets louables pour faire connaître son activité et, plus généralement, les questions de droit, doivent être menées à l’avenir « dans un cadre budgétaire contraint. »

Pour ce qui est des assemblées parlementaires, il constate le maintien des crédits en euros constants, assorti toutefois d’un recours aux « disponibilités », c’est-à-dire aux réserves de chaque assemblée.

Il constate aussi les efforts de maîtrise budgétaire s’agissant du Jardin du Luxembourg, dont il faut noter qu’il est ouvert 365 jours par an et accueille chaque année huit millions de visiteurs…

Il écrit enfin que la dotation de la Cour de Justice de la République est reconduite, hors éventuel procès, grâce à une maîtrise des dépenses de fonctionnement, même si le coût des locaux de cette institution reste trop élevé.

>> Le texte intégral du rapport

  • Jean-Pierre Sueur présentera ce rapport en séance publique au Sénat le 30 novembre au matin.

Jean-Pierre Sueur a interpellé ce mardi 28 novembre Élisabeth Borne, ministre chargée des transports, sur les lourdes conséquences pour de nombreux usagers de l’endommagement d’un aiguillage à la gare d’Orléans.

>> Lire la question écrite

>> Le courrier à la ministre

C'est avec une grande tristesse que j'ai appris le décès de Pierre Ody, qui fut durant quatre mandats, de 1989 à 2014, maire de Semoy.

Pierre Ody était né à Châteauroux, sur le chemin de l'exode vers Ussel où ses parents se sont réfugiés.

Après avoir été lycéen au lycée Benjamin Franklin d'Orléans, où il eut pour professeur Marcel Reggui qui exerça une grande influence sur lui et auquel il resta toujours fidèle, il fut cheminot durant 35 ans.

Très engagé syndicalement, il exerça des responsabilités au sein de la CFDT des cheminots.

Il exerça également des responsabilités au sein de plusieurs associations œuvrant au service des personnes handicapées. Il s'est aussi engagé plus récemment au sein de l'Union départementale des anciens combattants (UDAC) du Loiret : il était ancien combattant d'Afrique du Nord.

Membre actif du Parti socialiste, il fut élu en 1989 maire de la commune de Semoy. Durant un quart de siècle, il se consacra pleinement à cette commune et œuvra pour son développement, pour la création d'un véritable centre-bourg et pour la construction de nombreux équipements. 

Il fut également très actif au sein du SIVOM et de l'agglomération d'Orléans, aujourd'hui devenue Métropole. C'est ainsi qu'il fut, en sa qualité de vice-président chargé des déchets, un précurseur en matière de lutte pour l'environnement.

Il fut aussi précurseur en matière d'insertion professionnelle des jeunes en sa qualité de président du Plan local pour l'insertion et l'emploi (PLIE), qu'il présida durant onze ans.

Pierre Ody était enfin un militant de l'Europe. Il avait fondé le jumelage entre Semoy et Brehna (Allemagne), auquel il était resté profondément attaché.

Il était chevalier de la Légion d'Honneur.

Dévoué, Pierre Ody le fut toujours. Mais je puis aussi témoigner de son ouverture d'esprit, de son attention aux autres, de sa grande générosité.

Aujourd'hui, je perds avec Pierre un ami fidèle. Cet ami était aussi un homme de paix. Puissions-nous tous nous en souvenir au moment où il nous quitte.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a défendu, lors de la discussion de la proposition de loi sur les modalités de dépôt des candidatures aux élections, un amendement qui permettra de présenter aux élections municipales dans les communes de plus de mille habitants, des listes comprenant jusqu’à vingt-deux noms pour vingt sièges à pourvoir. Cet amendement, qui a été adopté, reprend sous une forme modifiée, une proposition de loi de Jean-Noël Cardoux, qui faisait suite à l’incompréhension manifestée dans la commune de Bouay-les-Barres lorsque, après le décès de la maire, il avait été nécessaire d’organiser une élection partielle pour élire un nouveau maire alors même qu’une seule liste avait été présentée aux élections municipales précédentes. La faculté qui sera désormais offerte de présenter deux candidats supplémentaires éviterait l’organisation d’élections partielles dans de telles circonstances ou lors de la démission d’un maire, si l’Assemblée nationale vote ce texte.

>> Lire le compte-rendu intégral de l'intervention de Jean-Pierre Sueur en séance publique le 22 novembre

>> Voir la vidéo de son intervention

 

J’apporte tout mon soutien à la proposition de loi « relative aux modalités de dépôt de candidatures aux élections », dont l’objet est d’empêcher « les fraudes et le dépôt de candidatures à l’insu de l’accord des personnes. »

Nous avons pu – hélas ! – constater une telle pratique dans le Loiret, où le Front National y a eu recours, comme dans plusieurs autres départements.

C’est ainsi que le rapporteur de la proposition de loi pour le Sénat, Didier Marie, a rappelé que, lors des élections municipales de 2014, « à Orléans une nonagénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, a été inscrite, malgré elle, sur la liste Orléans Bleu Marine. »

Et on se souvient qu’en 2011, aux élections cantonales, dans le canton de Lorris, le Front National avait présenté une candidate inconnue, dont la photo n’a jamais été publiée, qui n’est jamais apparue dans le canton et dont on peut se demander si elle avait été consultée avant que sa candidature fût déposée. Notons que cela ne l’avait pas empêchée d’obtenir, au second tour, plus de 41 % des suffrages… contre Denis Godeau, qui a cependant été largement élu conseiller général du canton.

Cette proposition de loi a été unanimement adoptée par la Commission des lois du Sénat le 15 novembre dernier. J’espère qu’elle sera adopte par le Sénat le 22 novembre prochain, puis par l’Assemblée Nationale.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la proposition de loi

 

 

Je me réjouis qu’après quinze ans d’éclipse, la Ville d’Orléans ait rejoint les « villes et villages fleuris », et qu’elle ait retrouvé ses « trois fleurs » en attendant, je l’espère, de rejoindre la catégorie des villes titulaires du label « quatre fleurs ».
Il était incompréhensible qu’Orléans, ville marquée historiquement par une solide tradition horticole, ville des Floralies et du Parc Floral, se soit aussi longtemps détournée du mouvement du « fleurissement » auquel nombre de nos concitoyens et, j’en suis sûr, nombre d’Orléanaises et d’Orléanais sont très légitimement attachés. 
J’ajoute que ces « fleurs » sont aussi une marque de reconnaissance pour le travail des personnels du remarquable service des espaces verts de la Ville d’Orléans.
Jean-Pierre Sueur
 
 

Édouard Philippe, Premier ministre, a adressé à Jean-Pierre Sueur une lettre au sujet des mesures prises pour mettre fin au drame que représente le naufrage d’embarcations en Méditerranée, pour le plus grand bénéfice des « passeurs » criminels.

Jean-Pierre Sueur avait déjà interrogé le gouvernement à ce sujet en juillet dernier.

Lire :

>> La lettre du Premier ministre

>> La question d’actualité de Jean-Pierre Sueur, posée le 7 juillet dernier et la réponse de Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement

Jean-Pierre Sueur a participé le mercredi 15 novembre à la première réunion du groupe de travail du Sénat sur la réforme constitutionnelle présidé par Gérard Larcher, président du Sénat.

>> Lire l’article et voir la vidéo sur Public Sénat

Jean-Pierre Sueur s'est vu confier par la Commission des lois du Sénat une mission d'information sur la thanatopraxie.

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur a interpellé Nicolas Hulot, ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur la date d'application des nouvelles modalités de mise en œuvre du crédit d'impôt pour la transition énergétique.

>> Lire la question écrite

C’est un combat que je mène depuis 1992 ! J’étais alors secrétaire d’État aux collectivités locales. Et, avec l’appui constant de Pierre Bérégovoy, je préparais le projet de loi qui deviendrait la loi du 9 janvier 1993, qui devait mettre fin au monopole des pompes funèbres : « Le monopole biaisé » qui cohabitait avec une « concurrence faussée » pour reprendre les termes d’un rapport de trois inspections générales.

Travaillant sur ce sujet, je m’étais rendu compte qu’il fallait protéger les familles à un moment où elles étaient éprouvées, et donc vulnérables, et devaient prendre en moins de vingt-quatre heures toute une série de décisions quant aux obsèques du défunt. Elles étaient, en ces moments, dans l’impossibilité de faire des choix prenant en compte l’ensemble des coûts induits.

C’est pourquoi j’ai eu l’idée d’inscrire dans la loi l’obligation de « devis type » comparables entre eux, que les entreprises et opérateurs funéraires devaient rendre publics selon un modèle établi par le ministère de l’Intérieur.

Je précise, comme je l’ai déjà fait à de nombreuses reprises –  qu’il ne s’agissait évidemment pas d’obliger à des prestations standardisées. Toute prestation et tout ensemble de prestations restaient et restent possibles. Simplement, pour permettre des comparaisons, il fallait que ce fût à partir de données – et de prestations – homogènes.

Lors de la commission mixte paritaire qui a précédé l’adoption de la loi de 1993, députés et sénateurs ont considéré que ces dispositions étaient d’ordre règlementaire, et qu’il n’était pas opportun de les inscrire dans la loi puisqu’elles pourraient être logiquement inscrites dans le règlement national et les règlements communaux des opérations funéraires.

Je pense aujourd’hui avoir eu le tort de les suivre puisque – mis à part le cas d’Orléans ! – ces dispositions n’ont pas – ou très peu – été inscrites dans les règlements municipaux. Et pas plus dans le règlement national.

C’est pourquoi j’ai veillé à ce qu’elles fussent inscrites dans la loi de 2008 relative au droit funéraire  qui a été adoptée sur la base d’une proposition de loi que j’avais préparée et rédigée avec Jean-René Lecerf.

… Mais la rédaction de cette loi sur ce sujet ayant donné lieu – à mon avis à tort ! – à des interprétations mettant en cause l’obligation de ce qui était devenu des « devis modèles », j’ai pu préciser les choses par une nouvelle rédaction dans une loi du 16 février 2015.

Les choses sont maintenant claires. Toutes les entreprises funéraires doivent déposer dans les mairies de villes de plus de cinq mille habitants des devis modèles établis sur la base d’un arrêté du ministère de l’Intérieur du 23 août 2010 et tous les maires de ces communes doivent rendre publics ces devis afin qu’ils pussent être à tout moment consultés par les familles  – le plus simple étant, bien sûr – que ces devis soient publiés sur le site Internet de la commune.

Je remercie l’association Familles Rurales qui, à l’occasion de la Toussaint de cette année, a réalisé une enquête nationale. Selon cette enquête, les dispositions légales que je viens de rappeler ne sont respectées que par quatre entreprises sur dix.

C’est pourquoi, sur la base des conclusions de cette enquête (lien ci-dessous), j’ai interpellé le ministre de l’Intérieur par une question écrite (lire ci-dessous) pour lui demander les dispositions qu’il compte prendre pour faire appliquer strictement et partout la loi en vigueur.

Jean-Pierre Sueur

Lire :

>> Le communiqué de Familles Rurales

>> L’analyse de l’enquête de Familles Rurales par Mélodie Pépin, journaliste à France Bleu

Application de la législation sur les « devis modèles » relatifs aux prestations funéraires

Question n° 02026 adressée à M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur
À publier le : 16/11/2017
Texte de la question : M. Jean-Pierre Sueur appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur le respect de la législation sur les « devis-modèles » relatifs aux prestations funéraires. L'article L. 2223-21-1 du code général des collectivités territoriales, introduit par la loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008 relative à la législation funéraire, fait obligation à tous les opérateurs funéraires agréés de déposer chaque année, dans les mairies, des « devis-modèles » strictement comparables, présentant les tarifs proposés pour les prestations définies par l'arrêté du 23 août 2010. Cette disposition a été précisée dans l'article 15 de la loi n° 2015-177 du 16 février 2015 relative à la modernisation et à la simplification du droit et des procédures dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. Elle vise à apporter une information aux familles et à leur permettre de comparer les coûts des prestations constituant une cérémonie d'obsèques à un moment où elles sont éprouvées, et donc vulnérables, et où elles doivent prendre des décisions dans des délais rapides. Or, selon une enquête publiée récemment par l'association « famille rurales », la réglementation susnommée ne serait respectée que par quatre entreprises habilitées sur dix. Il lui demande, en conséquence, de lui faire connaître les mesures concrètes qu'il compte prendre pour que l'article L. 2223-2-1 du code général des collectivités territoriales soit strictement appliqué sur l'ensemble du territoire.
Contacté par les salariés de l’entreprise VERGNET d’Ormes, Jean-Pierre Sueur tient, conformément à leur souhait, à exprimer son total soutien aux termes de la lettre ouverte que ceux-ci ont adressée aux responsables de BPI-France, qui est aujourd’hui le principal actionnaire de l’entreprise.
En lien depuis plusieurs semaines avec les cabinets du Premier ministre et du ministre de l’Économie et  des Finances, Jean-Pierre Sueur a pu obtenir que ces instances reprennent contact avec l’ensemble des repreneurs potentiels. Aujourd’hui, une offre au moins a été très sensiblement améliorée en termes de nombre d’emplois maintenus dans cette entreprise de pointe dans un secteur décisif pour l’environnement.
Mais, même avec ces améliorations, un plan social risque d’être  malheureusement nécessaire. C’est pourquoi les salariés de  VERGNET demandent que BPI-France, principal actionnaire, contribue au financement de ce plan social - ce que BPI-France refuse encore  à ce jour.
C’est pourquoi, Jean-Pierre Sueur est ré intervenu  avec une particulière insistance auprès des cabinets du Premier ministre et du Ministre de l’Économie et des Finances pour qu’ils interviennent en ce sens auprès de BPI-France.
 
>> La lettre ouverte des salariés de Vergnet à BPI-France

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur a interpellé Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, sur les effets négatifs pour certaines communes des nouveaux critères de classement des territoires en zone de revitalisation rurale (ZRR)  sur la base des intercommunalités.

>> Lire la question écrite

J’apprends avec tristesse la disparition de Jack Ralite.

Il avait été ministre de la Santé de François Mitterrand.

Communiste, il était profondément « rénovateur », et le fut toujours davantage.

Je l’ai bien connu au Sénat. Il était passionné de culture. Il adorait le théâtre, tout le théâtre. Toutes ses interventions, au Sénat et ailleurs, étaient émaillées de citations de poètes. Mais on voyait bien qu’il n’avait pas recours au « Dictionnaire des citations ». Non : ces livres de poésie, il les connaissait, il les aimait, il vivait avec eux.

Il me fit l’amitié de venir soutenir, conjointement avec Catherine Tasca, la liste que je menais, à Orléans, pour les élections municipales de 2008.

Enfin, il accepta immédiatement d’écrire avec moi et de co-signer l’article ci-joint, paru dans le journal Le Monde, en réponse aux attaques portées contre la psychanalyse - et contre un pan entier de notre culture.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’article du Monde du 9 septembre 2005

Jean de La Fontaine est l’un des plus grands poètes que compte notre littérature.
Le malheur, c’est que chacun croit le connaître pour avoir, dans son enfance, appris quelques fables. Du coup, on ne le lit plus.
Alors que c’est un immense poète lyrique (Les deux pigeons) :
« Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ;
[…]
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d’objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m’arrête ?
Ai-je passé le temps d’aimer ? »
 
La Fontaine est aussi un immense poète satirique (Les obsèques de la lionne) :
« Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts. »
 
La Fontaine est encore un immense styliste. Il a le don de la mise en scène et du raccourci. C’est un virtuose – le plus grand sans doute – du style indirect libre (La mort du bûcheron) :
« Un pauvre Bûcheron, tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé, marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos. »
 
Je pourrais continuer longtemps. Lire l’œuvre, considérable, et trop souvent méconnue, de La Fontaine est un rare plaisir.
C’est pourquoi je me réjouis que France Inter ait fait, l’été dernier, appel à Érik Orsenna pour nous conter chaque matin les épisodes trop méconnus de sa vie, et surtout pour nous lire des pages de lui, des pages de pure poésie, encore davantage méconnues que ne l’est sa vie.
Du coup, j’ai lu le livre éponyme du même auteur, La Fontaine, une école buissonnière, édité, suite à cette série radiophonique estivale, par Stock et France Inter.
Érik Orsenna nous y explique combien la Fontaine fut un piètre politique, victime de sa vraie fidélité à Fouquet, au moment où tout le monde se détournait de lui.
Il nous narre surtout le drame que fut la fin de la vie du poète.
Car – j’ai omis de l’écrire tout à l’heure – La Fontaine fut aussi un immense poète érotique en même temps qu’un fabuleux conteur. Il publia ses contes bien avant d’écrire ses fables.
Et à la fin de sa vie, au temps de Port Royal et du jansénisme triomphants, il dut, sur la requête d’un  obscur – c’est le cas de le dire ! – abbé Pouget, se repentir publiquement d’avoir écrit ces contes, en interdire toute réimpression et jeter au feu une pièce qu’il venait d’écrire. Il dut déclarer devant l’Académie française où il était entré : « Il est d’une notoriété qui n’est que trop publique que j’ai eu  le malheur de composer un livre de contes infâmes. […] Je conviens que c’est un livre abominable. […] J’en demande pardon […] à vous, messieurs de l’Académie. »
La Fontaine aurait terminé sa vie dans un quasi dénuement sans la générosité d’un ultime bienfaiteur.
Érik Orsenna nous apprend qu’après sa mort, le 13 avril 1695, « quand on le dévêtit pour le préparer au tombeau, on trouva le corps de La Fontaine lacéré : il portait un cilice, cette chemise de fer qui entaille la chair pour le punir de ses abandons passés. »
Ajouterai-je qu’en dépit de ses qualités, le livre d’Érik Orsenna me déçut un peu. Ou plutôt, il me laissa sur ma faim. En effet, ce livre procède de ce que j’appellerai le vagabondage littéraire. C’est agréable, plaisant et instructif quand on écoute cela le matin à la radio. Mais le livre lui, souffre de ce que l’auteur nous parle beaucoup de lui-même. Il nous expose ainsi qu’il a « fort pratiqué la flatterie, aux temps mitterrandiens où [il était] courtisan. » Il nous annonce qu’il a déjà visité « 96 pays » et qu’il lui en reste donc « 101 à visiter (si je m’en tiens à la liste de l’ONU). » Il se plaît à des facilités, comme lorsque s’agissant de Chapelain, qui devait choisir des écrivains pour le compte de Colbert, il écrit : « Chapelain sélectionne grave. » Il fait des détours pour nous narrer des anecdotes concernant l’Académie française du XXe siècle, nous annonce qu’il travaille sur une« gastronomie des couleuvres »« qu’il faut avaler quand on veut de l’honneur ou des pouvoirs. » (Ajouterai-je que l’usage par notre académicien d’un passé simple plutôt que d’un imparfait du subjonctif, page 99, me laisse rêveur… Aurais-je tort ?).
Mais je m’égare. À vrai dire – soyons franc – je préfère lire les solides études universitaires auxquelles Érik Orsenna a l’honnêteté de se référer.
En dépit de ces bien légères critiques, nous devons lui être reconnaissant si, grâce à ses paroles et à un livre, nombre de nos contemporains éprouvent désormais le goût de lire un grand poète… tellement méconnu.
Jean-Pierre Sueur

Je signale tout particulièrement l’article de Jean-Dominique Burtin, paru sur Mag Centre, consacré au dernier numéro de la revue des Amis de Roger Toulouse et qui contient de riches témoignages sur ce grand artiste.

JPS

>> Lire l’article

Jean-Pierre Sueur a répondu aux questions de Philippe de La Grange, dans Le Courrier du Loiret du 2 novembre, sur les emplois aidés

>> Lire l’article

Je signale deux interviewes que j’ai particulièrement appréciées dans la presse cette semaine :

Jean-Pierre Sueur est intervenu en séance publique au Sénat lors de la discussion d’une proposition de loi du sénateur Jean-Claude Carle sur l’accueil des gens du voyage.

Il a remercié la ministre déléguée Jacqueline Gourault pour la « proposition équilibrée » qu’elle a défendue dans la discussion de ce texte, dans le droit-fil de la « loi Besson ». Il a dit : « Il faut que les communes et intercommunalités respectent leurs droits et leurs devoirs. Et il faut que les gens du voyage respectent leurs droits et leurs devoirs ».

Il a rappelé que « seulement 18 départements sur 101 respectent leurs obligations légales en matière de terrains d’accueil et de grand passage ».

Il a ajouté : « Par ailleurs, il est clair qu’il faut renforcer les moyens des maires et présidents d’intercommunalités pour faire appliquer la loi en cas de stationnement illicite lorsque les terrains existent ».

Il a, par ailleurs, regretté que cette proposition de loi ait été déposée alors même que le sujet est traité dans la loi « Égalité et Citoyenneté » adoptée en janvier dernier. Il a rappelé qu’à l’initiative du député Dominique Raimbourg, cette loi renforce les pouvoirs du préfet pour faire appliquer la loi en matière de terrains d’accueil et de grand passage et qu’elle renforce également les moyens des élus pour faire appliquer la loi par rapport à des stationnements illicites.

Il a indiqué que les décrets d’application de cette loi n’étaient toujours pas publiés et a conclu : « Nous devons tous demander au gouvernement de publier ces décrets pour que cette loi s’applique rapidement », regrettant l’attitude qui consiste« à refaire une loi alors que l’encre de la loi précédente n’est pas sèche et qu’on ne peut ni l’appliquer ni l’évaluer. »

>> Lire le texte intégral de son intervention en séance publique

Interrogé par François Vignal (de Public Sénat), j’ai indiqué que, pour moi, l’« urgence absolue », en matière constitutionnelle, était la réforme du statut du Parquet. En dépit du fait que les trois derniers ministres de la Justice ainsi que l’actuelle suivent strictement les propositions du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour la nomination des magistrats du Parquet, le fait que la nomination relève, en droit, du pouvoir exécutif, a pour conséquence que la Cour Européenne des Droits de l’Homme persiste à considérer que les membres du Parquet français ne sont pas des « magistrats indépendants. »

Et la France est donc régulièrement condamnée par cette instance.

Les débats de ces dernières années, au Sénat tout particulièrement, ont montré qu’un accord politique était possible sur cette question qui nécessite une réforme de la Constitution.

Celle-ci a été retardée pour des raisons politiciennes : il ne fallait pas que tel président de la République en eût le bénéfice…

Ces considérations, il est plus que temps de les dépasser !

J’expose également dans le texte de François Vignal publié sur le site publicsenat.fr, les difficultés qu’entraîneront la mise en œuvre de la réduction du nombre de parlementaires, députés et sénateurs – qui, a priori, ne relève pas d’une réforme constitutionnelle – eu égard à la mission de représentation des territoires conférée par la Constitution au Sénat et à la jurisprudence récente du Conseil constitutionnel sur la mise en œuvre du principe d’égalité.

JPS

>> Lire sur Public Sénat :

C’est avec joie que j’ai appris qu’au terme d’une longue journée de négociations, les signataires de l’accord de Nouméa (le 5 mai 1998) avaient trouvé un accord sur l’épineuse question de la liste électorale des Calédoniens qui participeront au referendum sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie qui doit avoir lieu en 2018.

Ainsi, la démarche de pacification initiée par Michel Rocard, avec les Accords de Matignon en 1988, poursuivie par le gouvernement de Lionel Jospin en 1998, ira-t-elle à son terme.

Paul Néaoutyine, président de la Province Nord et leader de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), que j’ai reçu mardi 31 octobre au Sénat, n’était pas sûr qu’un tel accord pût advenir au cours de la semaine.

La vigilance reste néanmoins toujours nécessaire à la suite de la bonne nouvelle relatée dans Le Monde du 4 novembre.

Et cela d’autant plus que les enjeux sont importants, notamment pour la jeunesse de Nouvelle-Calédonie, comme l’analyse Claudine Wéry dans la même édition du Monde.

JPS

Lire :

>> Les articles de Patrick Roger et Claudine Wéry dans Le Monde

>> Le rapport de Sophie Joissains, Jean-Pierre Sueur et Catherine Tasca : « Nouvelle-Calédonie : continuer à avancer vers le destin commun »

Je tiens à saluer l’accord intervenu le lundi 30 octobre à la Préfecture du Loiret au terme d’une réunion d’une demi-heure, pour obtenir que les travaux d’aménagement des quais de la gare de Ferrières-Fontenay soient enfin réalisés.

Ces travaux étaient nécessaires à Fontenay-sur-Loing de même qu’ils l’étaient à Dordives (où ils ont été réalisés il y a deux ans) afin que nombre de trains allant à Paris ou en venant puissent s’y arrêter, alors qu’aujourd’hui, faute de quais suffisamment longs, ils passent sans s’arrêter.

Comme l’a dit Frédéric Néraud, vice-président du Département, il a fallu, paradoxalement, neuf ans de patience et trente minutes de réunion pour obtenir ce « feu vert à l’allongement des quais… »

Je salue la forte implication de François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, pour obtenir ce résultat puisque sur les 1,6 million d’euros que coûtera cette réalisation, la Région prendra à sa charge 1,3 million d’euros, le Département 140 000 €, la Communauté de communes 80 000 € et la commune de Fontenay-sur-Loing 80 000 € également.

… Pour avoir suivi de près ce dossier depuis neuf ans… on me permettra une remarque sur l’inutile longueur de nos processus de décision… Je me souviens des innombrables démarches qu’il a fallu faire auprès de l’instance qui s’appelait RFF et de la SNCF – qui se renvoyaient la balle ! –, auprès du ministre des transports, de la préfecture, etc. Je me souviens d’une réunion à la préfecture, il y a trois ou quatre ans, au cours de laquelle j’avais dénombré plus de trente personnes autour de la table… pour ne pas aboutir.

Je n’oublie ni l’action, utile, des usagers et de leur association, ni la détermination, la ténacité et la patience des élus concernés.

Tout est bien, certes, qui finit bien : les travaux auront lieu en 2018. Et, encore une fois, je rends hommage à tous ceux qui ont permis cet heureux dénouement. Mais ce dossier doit être l’occasion de réfléchir à la lenteur excessive de certaines de nos procédures et modalités de prises de décision.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’article de Jean-Baptiste Dos Ramos dans La République du Centre du 31 octobre

>> L'Éclaireur du Gâtinais du 1er novembre

 

Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat lors du débat sur la proposition de loi pour le redressement de la Justice. Il a demandé la mise en œuvre d’une loi de programmation « sur dix ans » pour rattraper le « grand retard » du budget de la Justice.
Il a dit : « La France se situe au 39e rang sur les 43 pays de l’OCDE, pour le montant du budget de la Justice par rapport au PIB. La France consacre à la Justice 72 € par habitant contre 146 € en Allemagne et 155 € au Royaume Uni. Notre pays compte dix magistrats pour 100 000 habitants, soit moitié moins que la moyenne des pays de l’Union Européenne. »
Il a plaidé pour une loi de programmation sur le long terme – dix ans –, s’opposant à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, qui a jugé cela irréaliste. Il a dit : « Nous sommes victimes du culte de l’annualité budgétaire. La dignité de la politique réside dans le long terme. » Il a aussi dénoncé la pratique des « gels budgétaires en cours d’année » et la « fantasmagorie qui consiste à voter des budgets, dont une partie des crédits est ensuite annulée de manière discrétionnaire. »

>> Lire le compte-rendu intégral des interventions de Jean-Pierre Sueur en séance publique :

 

Le magazine Le Petit Solognot daté du 25 octobre a publié une longue interview donnée par Jean-Pierre Sueur à Stéphane de Laage, sous le titre : « Jean-Pierre Sueur, sénateur au long cours ».

>> Lire l’interview

Jean-Pierre Sueur avait saisi le Premier ministre, Édouard Philippe, au sujet de la situation difficile dans laquelle se trouve l’entreprise Vergnet d’Ormes et  de la nécessité de tout faire pour la sauver.

Il a été reçu ce lundi 23 octobre, à Matignon, par Jonathan Nussbaumer, conseiller industrie du Premier ministre, Célia Cauquil-Tellechea, conseillère parlementaire, Marc Glita, représentant la Direction Générale de l’Industrie du Ministère de l’Économie  et des Finances, et Évelyne Trotin, représentant le Ministère du Travail.

Les représentants du Premier  ministre et des autres ministères ont mis l’accent sur la haute qualité des produits et technologies mises en œuvre par l’entreprise Vergnet. Les éoliennes « rabattables » en cas de cyclone sont un produit d’exception très recherché dans nombre  de pays touchés par les cyclones. Ces équipements ainsi que les centrales solaires contribuent au rayonnement de cette entreprise au plan international dans le domaine si décisif de l’écologie et des énergies renouvelables.

Dans ces conditions, les représentants du Premier ministre et des autres ministères ont indiqué à Jean-Pierre Sueur que des contacts seraient repris sans délai au plan national avec les repreneurs qui se sont fait connaître et l’ensemble des entreprises industrielles susceptibles d’être concernées et intéressés ainsi qu’avec les établissements financiers concernés, afin de trouver une solution, dans les semaines et mois qui viennent, pour assurer la pérennité de l’entreprise Vergnet et le maintien de ses emplois.

Jean-Pierre Sueur a insisté sur la grande urgence de ces démarches, eu égard à la situation actuelle de l’entreprise.

Dans la presse :

>> Apostrophe 45

>> Puissance 2 D

>> La République du Centre

Jean-Pierre Sueur signe l’éditorial intitulé « Il faut écouter les élus locaux » dans le dernier numéro de la revue Communes de France.

>> Lire l’article

 

 

Jean-Pierre Sueur a apporté une longue réponse à Gilles Lepeltier, maire de Lion-en-Sullias et président de l’Union départementale des maires ruraux du Loiret qui lui a transmis les motions votées lors du récent Congrès de maires ruraux de France. Il a également adressé à Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, une question écrite relative aux « critères de classement des communes en zone de revitalisation rurale ».

Lire :

>> La réponse de Jean-Pierre Sueur à Gilles Lepletier et la question écrite

>> Le courriel adressé aux parlementaires du Loiret par Gilles Lepeltier et les motions

Sur la halle de la Charpenterie, je regrette vraiment que... dix-huit ans après... Olivier Carré réitère des affirmations strictement contraires à la vérité.

Olivier Carré a déclaré que cette halle est « un bâtiment dont les grossistes n’ont pas voulu car ils ne pouvaient pas entrer un camion. »

Je précise d’abord que ce bâtiment n’a jamais été fait pour accueillir les grossistes, mais une partie des détaillants qui étaient autrefois accueillis sous des « champignons », qui étaient vétustes, et devaient être remplacés pour des raisons de sécurité, ainsi que dans le bâtiment assez laid qui était derrière ces « champignons » et que nous avons démoli pour construire un multiplexe de cinémas ainsi qu’un parking (sans lequel il n’y aurait pas eu de multiplexe).

Ce bâtiment a été conçu en lien très étroit avec les usagers des halles et leur président, malheureusement décédé. Les architectes peuvent encore témoigner des nombreux contacts qui ont eu lieu avec ces usagers, maraîchers et détaillants, pour la conception du bâtiment.

Le fait que leurs véhicules ne puissent pas accéder au bâtiment est grossièrement inexact. Il y a, dans ce bâtiment, 21 portes au total, dont 20 permettaient l’accès des camionnettes des usagers des halles.

Il y avait, certes, une porte sur 21 devant laquelle il y avait trois marches. Cette seule porte n’était pas accessible aux camionnettes, pour cause... Simplement, les architectes l’avaient maintenue pour assurer à des fins esthétiques la symétrie entre les deux façades de l’édifice !

Il y a eu sur TF1 une émission dénommée « Combien ça coûte ? » lors de laquelle il a été tiré parti de cette SEULE porte (sur 21), filmée pour les besoins de la cause, pour « démontrer » (sic) que le bâtiment n’était pas accessible aux usagers des halles...

C’était tellement énorme que j’ai sollicité et obtenu de TF1 un « droit de réponse », qui m’a permis de rétablir la vérité.

... La vérité ayant été rétablie, et chacun pouvant constater ce qu’il en est, il est vraiment absurde de réitérer, après tant d’années, des contre-vérités aussi grossières.

J’ajoute qu’à l’époque les usagers des halles étaient unanimement hostiles à un déplacement du marché au Quai du Roi et qu’ils voulaient que ce déplacement fût le plus court possible afin de revenir rapidement sur le carreau de la Charpenterie, un certain nombre d’entre eux étant alors accueillis dans la nouvelle halle.

J’ai toujours regretté que le choix ait été fait de renoncer à la présence – qui était multiséculaire – d’un marché sur le site de la Charpenterie, au cœur de la ville ancienne, qui eût été – et serait – très complémentaire des Halles Châtelet.

Mais le choix étant maintenant fait, je souhaite, bien sûr, le meilleur, et dans de bonnes conditions financières, pour le devenir de la halle de la Charpenterie.

 

Jean-Pierre Sueur

Lire :

>> La Républqiue du Centre du 19 octobre

>> Apostrophe 45

>> Mag Centre

 

Je signale tout particulièrement au sujet de l’intégration du Giennois dans le patrimoine mondial de l’UNESCO, l’article d’Anne-Laure Le Jan paru dans l’édition du 19 octobre de La République du Centre.

>> Lire l’article

Nous devons être reconnaissants à Abdelkader Damani, directeur du FRAC Centre-Val de Loire installé aux Turbulences sur le mail d’Orléans, pour avoir initié, conçu, préparé et « mis en scène » cette première Biennale d’architecture d’Orléans, qui a débuté il y a quelques jours.

Notre reconnaissance doit aussi aller à la Ville d’Orléans, au ministère de la Culture, à la Région Centre-Val de Loire et au Département du Loiret, qui ont soutenu cette entreprise qui renoue avec Archilab, manifestation internationale vouée à l’architecture contemporaine dont les premières éditions ont eu lieu à la fin des années 1990 avec le soutien actif de la municipalité que je conduisais alors et avec le concours très efficace de Marie-Ange Brayer – pour laquelle le FRAC et Archilab furent une vraie passion – ainsi que de Frédéric Migayrou.

Archilab s’appuyait sur le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) de notre région qui, à l’opposé de bien d’autres FRAC que j’ai parfois présentés de manière trop polémique, comme des « agrégats inconstitués d’objets disparates », s’était donné une spécialité : rassembler les maquettes des œuvres architecturales novatrices construites ou imaginées dans le monde entier durant le XXe siècle.

La collection de maquettes du FRAC Centre-Val de Loire est donc unique au monde. Elle nous donnait une légitimité pour organiser l’événement orléanais qui, au cours des dernières années, a eu le plus d’écho au niveau international, je veux dire : Archilab – ce que la plupart des Orléanais ignorent !

Il s’agissait d’une rencontre entre plusieurs dizaines d’équipes d’architectes novateurs venus de nombreux pays auxquels nous proposions d’exposer leurs œuvres dans un ancien site militaire – Les Subsistances militaires – qui a désormais laissé place aux Turbulences, œuvre architecturale remarquables due à Dominique Jakob et Brendan MacFarlane.

Dois-je l’écrire ? J’ai beaucoup craint que, du fait des alternances politiques, Archilab ne disparaisse. Je le craignais d’autant plus que je savais que d’autres villes étaient sur les rangs pour s’approprier ce qui avait été conçu et vécu à Orléans – et qui était connu et reconnu dans les milieux de l’architecture, au plan mondial.

Heureusement, il n’en fut rien – et il n’en est rien.

On le voit aujourd’hui.

(suite de la lettre électronique)

Abdelkader Damani a eu une belle idée de donner pour titre à la biennale : « Marcher dans le rêve d’un autre ».

On ne saurait mieux définir l’architecture.

Il est bien que le choix des architectes appelés à construire des édifices publics donne lieu à des concours. Certains voulaient – ou voudraient – qu’au nom d’une idée fausse de la démocratie, ces choix donnent lieu à une procédure électorale – à un référendum en quelque sorte.

Ce serait nier que l’architecture est œuvre d’art. Et que, comme telle, elle ressortît d’une démarche singulière, qu’elle est, dans tous les sens du terme, une création.

L’architecte ne doit certes pas travailler en vase clos. Il doit comprendre les attentes et le contexte. Il doit savoir écouter, dialoguer.

Mais, à la fin des fins, il s’engage, lui, comme tout artiste, en proposant une œuvre qui est la sienne, même si un grand nombre d’êtres humains seront appelés à y vivre, à y travailler, à s’y mouvoir et même s’ils seront nombreux à se l’approprier – ou non. Car il y a toujours un risque. Le risque du neuf. Le risque de la subversion des formes anciennes, le risque de n’être pas compris – durant un premier temps du moins –, avant d’être copié, voire singé.

On a vu cela.

Alors l’architecte fait un rêve.

Et nous, nous qui habitons la cité, qui y travaillons, qui y passons, nous prenons place et nous marchons, nous déambulons et nous habitons dans « ce rêve d’un autre. »

Il y a harmonie, communion, symbiose – ou non. C’est une chance pour nos villes. Si elles se bornaient à recopier ce dont nous avons hérité, elles ne vivraient pas, ne seraient pas tournées vers le futur. Elles s’endormiraient.

 

Je l’ai dit lors de l’inauguration de la Biennale. J’ai éprouvé une grande reconnaissance à l’égard des Orléanais qui ont élu l’équipe municipale que je conduisais en 1989 – soit onze ans avant la fin du XXe siècle.

Je leur ai été reconnaissant de nous avoir élus, bien sûr.

Mais je les remercie pour une autre raison, à laquelle beaucoup ne pensaient sans doute pas.

Cette raison, c’est qu’ils nous ont permis d’enfin donner dans notre cité toute sa place à l’architecture du XXe siècle avant que ce XXe siècle ne s’achève.

La construction de la médiathèque (ci-dessus) fut, à cet égard, exemplaire.

J’avais repéré depuis longtemps ce site, qui était alors occupé par le commissariat de police, et qui avait la particularité de donner sur les mails et de les dominer.

Construire la médiathèque en cet endroit, ce fut un manifeste, un engagement pour une œuvre qui – je le déplore – en est toujours à ses débuts : la reconquête des mails.

Les mails sont l’avenue principale de notre jeune métropole.

Ils furent, historiquement, un lieu de convivialité, de rencontre, de passage, de continuité entre les faubourgs et le centre-ville.

Ils sont devenus une pseudo autoroute.

Je persiste et signe : la tâche urbanistique la plus urgente pour notre agglomération, c’est aujourd’hui la reconquête des mails.

J’imagine entre la médiathèque et le théâtre deux voies de circulation dans chaque sens et, au centre – on ne peut pas faire moins – et de chaque côté, de vastes espaces verts voués au cheminement, aux cyclistes, à la rencontre, au commerce, à l’art, à la convivialité, au passage…

J’imagine les faubourgs et les quartiers et villes dits périphériques retrouvant une totale continuité avec le centre-ville…

Installer la médiathèque en ce lieu, c’était donc un premier manifeste.

C’en était un second en termes architecturaux. La création de Dominique Lyon et Patrice du Besset inscrirait résolument l’architecture du XXe siècle dans notre ville.

J’ai souvent dit que si les matériaux de la médiathèque étaient contemporains, la facture d’ensemble était classique. Nulle anecdote, nulle facilité, nulle fioriture dans cet édifice de verre et d’aluminium – mais des lignes pures, fortes, courbes et droites, se mariant sobrement.

Cela a déconcerté, puis séduit. L’œuvre fut décriée avant qu’on ne se l’approprie. Elle figure dans nombre de livres d’architecture. Si elle n’était pas là, elle manquerait assurément.

Je n’étais pas architecte. Je n’étais ni l’un ni l’autre des deux architectes. Mais comme, avec Augustin Cornu, j’ai suivi la construction de jour en jour, j’ai éprouvé une forte émotion quand l’édifice commença à être habité.

Oui, ces hommes et ces femmes de toutes générations marchaient dans ce rêve qui était devenu le nôtre.

C’était d’autant plus important que j’avais vu s’élever de part et d’autre de la cathédrale des arcades qui allaient ouvrir sur le musée d’un côté et sur le Conseil régional de l’autre.

La construction des arcades de la rue Royale et du pont Royal fut une longue, belle et forte aventure, comme le savent tous ceux qui ont lu les livres consacrés à Aignan-Thomas Desfriches et à Jean Hupeau.

Mais qu’au vingtième siècle – ce siècle si fécond en créations artistiques et architecturales – on en fût réduit à recopier et à singer les œuvres du passé m’avait consterné.

L’architecture du XXe siècle devait continuer à prendre toute la place qui devait être la sienne avec le pont de l’Europe dû à Santiago Calatrava, dont nous décidâmes de choisir la version la plus ambitieuse, cependant que les critiques redoublaient de la part de ceux qui considèrent toujours que toute œuvre humaine est vouée à défigurer la nature.

Aujourd’hui, chacun voit que cette œuvre de haute culture se marie avec la nature.

Ce pont figure, lui aussi, dans d’innombrables livres et revues d’architecture, de par le monde.

Il y eut encore le tramway et son environnement conçu par Jean-Michel Wilmotte.

Il y eut les édifices très remarquables disposés le long de la ligne, conçus et commandés par Serge Lemoine – qu’il faudrait restaurer, présenter, éclairer et magnifier…

Il y eut le Zénith de Philippe Chaix et Jean-Paul Morel.

Il y eut le Centre de conférences d’Aymeric Zublana.

D’autres choses encore…

Et je garde pour la fin les salles Jean-Louis-Barrault et Antoine-Vitez au théâtre, œuvres très remarquables dues à François Deslaugiers.

Car, évoquant François Deslaugiers, je me souviens qu’il a aussi construit un édifice à La Source.

Et je me rends compte que j’ai été injuste. Car il est un quartier d’Orléans où l’archirecture du XXe siècle a pris sa vraie place, c’est celui de La Source et du campus universitaire.

Et je rêve d’une grande exposition et d’un ouvrage qui mettraient en valeur et en lumière toutes les œuvres architecturales remarquables qui y ont été construites.

Mais je reviens à la Biennale d’architecture.

Des dizaines d’architectes du monde entier y présentent leurs réflexions, leurs projets et leurs rêves.

C’est riche et c’est précieux. Cela donne à voir, à penser, à imaginer – aussi bien au FRAC (aux Turbulences) qu’à Saint-Pierre-le-Puellier, dans le très bel édifice ouvert à tous devant la médiathèque, aux Tanneries à Amilly… que dans d’autres lieux.

Oserais-je une critique ?

(C’est d’ailleurs une critique que j’avais présentée lors de certaines éditions d’Archilab).

Cette critique tient au fait que ce qui est présenté est souvent très conceptuel.

Qu’on m’entende bien. Je n’ai rien contre les concepts. Ce serait absurde !

Mais il manque parfois – me semble-t-il – des liens entre les concepts et ce qui est effectivement construit, bâti.

Or, il est nombre d’équipes d’architecture – et notamment celles qui sont invitées – qui bâtissent, construisent des édifices, des logements, des quartiers urbains profondément innovants, rompant avec les conformismes ambiants pour inventer de l’architecture toujours neuve…

On aimerait les voir davantage.

Heureusement, la réponse à cette critique figure dans l’exposition même avec tout ce que Patrick Bouchain, invité d’honneur, nous y offre.

Car lui aime le réel, magnifie le réel. Il transforme et transfigure des friches industrielles, repense la ville et l’urbain, s’intéresse à tout et conçoit de fabuleuses architectures pour les théâtres et les cirques…

On ne saurait trop l’en remercier !

Je souhaite longue et belle vie à la Biennale d’architecture d’Orléans.

Jean-Pierre Sueur

>> En savoir plus sur la Biennale d'architecture

 

J’ai signé la motion appelant à une nécessaire amélioration de la ligne SNCF dite « POLT » (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse). Celle-ci demande une réduction des temps de parcours, une vraie régularité, une meilleure qualité de desserte et une vraie complémentarité avec les autres lignes nationales.

Cette motion a été proposée à la signature de tous les élus concernés par cette ligne.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la déclaration commune des élus de la ligne POLT

Qu’est-ce qu’être de gauche ?

À cette question fondamentale, certains répondent très facilement et considèrent qu’il faudrait indexer la position la plus « à gauche » sur la radicalité et le simplisme des propos tenus.

On se doute bien que ce n’est pas ma position.

Pour moi, être de gauche, c’est s’attacher à comprendre, à transformer et à réformer la réalité avec le souci constant de la justice et de l’émancipation, de l’épanouissement, de la promotion de chaque être humain.

À cette aune, Pierre Mendès-France est bien plus à gauche que bien des chantres bruyants d’une illusoire radicalité.

Edmond Maire répond à la même définition. C’est pourquoi je tiens à reproduire ici intégralement le très remarquable portrait qu’en a dressé Jacques Julliard dans l’hebdomadaire Marianne du 6 octobre dernier.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’éditorial de Jacques Julliard : Jeunesse d’Edmond Maire

Ayant été réélu vice-président de la Commission des lois du Sénat – commission que j’ai présidée durant trois ans, et à laquelle j’appartiens depuis que je suis sénateur – j’ai pensé qu’il était utile que j’en dise quelques mots.

Cette commission « des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale » a en charge environ la moitié – parfois davantage – des projets et propositions de loi. C’est dire que son activité est intense.

Elle traite de tous les textes relatifs à la Justice – justice pénale, administrative, commerciale, prud’homale – et aussi de l’administration pénitentiaire (les maisons d’arrêt, centres pénitentiaires, etc.) et de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Elle a en charge tout ce qui relève du ministère de l’Intérieur, et donc de la sécurité publique, la lutte contre le terrorisme et les attentats, mais aussi la sécurité civile (les sapeurs-pompiers).

Relèvent également du ministère de l’Intérieur – et donc de la Commission des lois – l’administration de l’État – et donc les préfectures, sous-préfectures, mais aussi les services publics et la fonction publique.

Relèvent encore de la Commission des lois les dossiers relatifs à l’immigration et au droit d’asile.

J’y ajouterai les lois électorales – qui ne sont pas un petit sujet, comme on l’a vu au cours des dernières années.

Et, bien qu’elles relèvent non seulement du ministère de l’Intérieur mais aussi d‘autres minstères, j’y ajouterai le grand sujet des collectivités locales – communes, intercommunalités, départements, régions – et donc de tout ce qui a trait à la décentralisation.

Autre sujet, très lourd, dont la commission des lois a la charge : l’outremer. Ce sujet est important, mais aussi multiple car chaque collectivité d’outremer a son identité et son statut propres. Outre les textes de loi, l’outremer justifie de nombreux rapports (j’en ai corédigé quatre au cours du dernier mandat). De surcroît, il faut veiller pour chaque texte législatif à écrire des articles spécifiques relatifs à l’application dudit texte à chaque collectivité d’outremer.

N’oublions pas que l’outremer, ce sont des millions de compatriotes – c’est la présence et l’influence de la France sur tous les continents.

J’ajouterai que les projets de lois constitutionnelles relèvent encore de la Commission des lois.

Et je terminerai en précisant que cet inventaire n’est pas exhaustif !

On pourrait s’interroger sur la question de savoir s’il est judicieux que tous ces sujets soient traités par la même commission.

Je me souviens que des questions du même ordre s’étaient posées s’agissant du ministère de l’Intérieur lorsque j’étais secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, chargé des collectivités locales. Et la question est récurrente. On a ainsi souvent suggéré de rattacher les préfets au Premier ministre, de créer un ministère des collectivités locales complètement distinct du ministère de l’Intérieur – si bien que dans un tel schéma, le ministère de l’Intérieur deviendrait, en gros, un ministère de la Sécurité – ou de la Police.

Je n’ai jamais souscrit à un tel schéma. Il m’est toujours apparu bénéfique au contraire que le même ministère ait en charge à la fois l’organisation et la gestion de l’État ET les collectivités locales. Il n’y a jamais eu pour moi de fossé ou de rupture entre l’État et les collectivités locales : le premier comme les secondes ont en charge le service public, le bien public. Toute la question est de savoir comment leurs prérogatives s’articulent. La décentralisation n’est pas la négation de l’État. Elle est la négation d’un État ankylosé, mais certes pas d’un État qui exerce pleinement ses compétences propres.

De même, j’ai toujours apprécié qu’il y ait au ministère de l’Intérieur les directions générales de la police nationale (et maintenant de la sécurité intérieure) ET la direction générale des libertés publiques. Leurs missions sont – ou doivent être – complémentaires.

Mais revenons à la Commission des lois. En vertu des mêmes réflexions que je menais sur le ministère de l’Intérieur, je crois pouvoir dire aujourd’hui que le fait de traiter à la fois des différents sujets dont j’ai fait l’inventaire est bénéfique.

Aussi me paraît-il judicieux que notre commission traite à la fois des questions de justice, de liberté ET de sécurité.

Dans toutes les lois visant à assurer notre sécurité, à lutter contre le terrorisme et les attentats, la question des libertés et du rôle de la Justice se pose. La victoire des terroristes, ce serait de nous faire renoncer à nos libertés. Et pourtant, sans mesures spécifiques – et qui ne manquent pas de conséquences – on ne peut pas lutter contre le terrorisme. Toute la question, c’est toujours l’articulation entre des préoccupations légitimes.

De même est-il judicieux de traiter à la fois de l’organisation de l’État, de ses prérogatives ET des collectivités locales de métropole et d’outremer.

Je pourrais multiplier les exemples…

Mais il est temps de conclure.

Il reste maintenant aux membres de la Commission des lois au Sénat d’assurer au cours de ce nouveau mandat leur lourde tâche avec détermination. Car s’agissant de toutes ces matières, le Parlement doit pleinement assumer les missions que la Constitution lui confie. Il serait paradoxal et incompréhensible qu’il en fût autrement.

Jean-Pierre Sueur

On se dit que Marieke Aucante aime la Sologne. C’est un amour ancien, profond, sensuel. De la Sologne, elle connaît les chemins, les arbres, les couleurs, les paysans, les sous-bois, les étangs et les mystères. Elle connaît les animaux bien sûr, mais surtout les hommes et les femmes, dans leur diversité. Elle n’ignore rien des rapports sociaux, du dit et du non-dit, des vérités enfouies et des secrets solidement gardés.

Elle a été nourrie de l’œuvre de Maurice Genevoix. Mais cela ne l’a jamais complexée. Elle a peu à peu trouvé sa voie, elle s’est frayé ses passages, a cultivé sa singularité.

Et elle nous offre avec son dernier livre intitulé En écartant les branches (éditions Marivole) l’un de ses meilleurs ouvrages romanesques.

Le titre est un programme. Il s’agit pour Marieke Aucante de dépasser les descriptions superficielles de la Sologne prétendument authentiques et de retrouver les êtres humains qui y vivent, avec leurs peurs et leurs désirs, leurs conformismes et leurs folies, leurs vilenies et leurs grandeurs – « en écartant les branches », précisément.

Il y a donc le châtelain, Charles-Henry, qui est un Parisien, un journaliste sur la piste de scandales, sa jeune épouse, Hermine, romantique à souhait, le garde-chasse, Pierre Germain, qui a quitté le Creusot où il était ouvrier chez Arcelor Mittal – il nous rappelle qu’on appelait l’usine où il travaillait « le chagrin » – pour venir vivre parmi les arbres de Sologne, sa mère, âgée, son jumeau, qui débarque du Creusot, et bien d’autres personnages.

Charles-Henry n’a que mépris pour la Sologne et ceux qui y vivent. Il veut engrillager toute la propriété.

Hermine devient amoureuse du garde-chasse. Marieke Aucante devance nos remarques  en évoquant elle-même L’amant de Lady Chatterley.

Il y a la Sologne vivante, bruissante, avec ses rites, ses fêtes et ses rumeurs, et en contrepoint, l’univers parisien où vit Charles-Henry, qui ne fait que passer en Sologne, ainsi que l’univers des forges du Creusot et de leurs travailleurs.

Il y a des pages de vive sensualité, un meurtre, une enquête, des soupçons, des élans mystiques.

Que dire ? C’est un reportage et c’est un roman. C’est un livre que l’on prend plaisir à lire. Et comme Marieke Aucante écrit beaucoup… on attend qu’elle écarte d’autres branches.

Jean-Pierre Sueur 

Comment l’ignorer ? Barbara est morte il y a vingt ans.
Et nous sommes déjà submergés par une abondance de « révélations ».
Les uns retrouvent des morceaux de lettres d’amour.
Les autres retrouvent ses amants. Il en est d’inconnus qui apparaissent et de présumés qui ressurgissent.
À les lire, à les entendre, il n’y aura bientôt plus de mystères.
Je trouve que c’est dommage.
Et que c’est vain, totalement vain.
Pourquoi ?
Parce que Barbara a sans cesse dit qu’elle avait tout dit sur elle dans ses chansons.
Les témoignages sont innombrables.
C’est ainsi qu’elle a répondu à un journaliste : « Je n’ai aucune imagination. Tout ce que j’ai à dire est dans mes chansons. Et je vous prie de ne pas me poser ce genre de questions. »
À un autre, elle a déclaré : « Je n’ai pas d’imagination. Je n’ai que ma vie et les choses qui m’ont bouleversée. »
Oui, tout est dans ses chansons : Barbara l’a dit des centaines de fois.
Alors à quoi bon chercher ailleurs ?
Et à ceux qui douteraient de ce que Barbara pourrait penser de cette surabondance de pseudo « révélations », je conseillerai d’écouter une chanson.
Une seule.
Elle s’appelle « Les rapaces ».
 

Jean-Pierre Sueur

 

Le terrorisme est toujours là. Un récent attentat en Grande-Bretagne nous le rappelle.

Certains seraient tentés de se résigner et de se dire « à quoi bon ? » – puisque ce fléau revient toujours.

Se résigner, ce serait cependant donner raison aux terroristes.

J’espère de tout cœur que, grâce aux efforts de tous, nous vaincrons ce mal.

Et je pense à ces lignes qui figurent à la dernière page de La peste d’Albert Camus, par lesquelles celui-ci explique que le héros du livre, le docteur Rieux, « savait […] que cette chronique ne pouvait pas être celle d’une victoire définitive. Elle ne pouvait être que le témoignage de ce qu’il a fallu accomplir et que, sans doute, devraient accomplir encore contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d’admettre les fléaux, s’efforcent cependant d’être des médecins. »

Même si le mal peut revenir, la dignité humaine, et le respect, en chaque être humain, de l’humanité, imposent de lutter contre le terrorisme et les doctrines mortifères et inhumaines qui le nourrissent.

Jean-Pierre Sueur

Ayant assisté ce 28 septembre, à Orléans, au congrès de « Régions de France », association regroupant l’ensemble de régions de notre pays, qui étaient accueillis par François Bonneau, président de notre région « Centre-Val de Loire », j’ai été frappé par la teneur du discours du Premier ministre qui, après quelques considérations « localistes » - d’ailleurs plutôt incertaines – a opposé une fin de non-recevoir à une demande forte des présidents de régions – ce qui a conduit François Bonneau, comme Philippe Richert, qui était alors encore président de « Régions de France », à rester impassibles au terme du discours et à refuser tout applaudissement, ce qui me paraitrait être sans précédent.
Encore cette « demande »  des régions de France n’était-elle pas une nouvelle revendication : c’était tout simplement la volonté de voir respecté un engagement pris par l’État qui consistait à verser aux régions en 2018 comme en 2017, 450 millions d’Euros pour compenser le transfert à celles-ci de la compétence économique.
J’ai trouvé, comme la totalité des présidents de régions, cette fin de non-recevoir très regrettable. Les régions sont en effet devenues des acteurs majeurs en matière économique.
L’économie est aujourd’hui pour elles une compétence exclusive, qui s’exerce cependant en lien avec les métropoles et les intercommunalités.
Elles ont besoin d’investir dans l’économie, dans l’innovation, la création d’entreprises, le soutien aux PME et TPE – dans tout ce qui favorise l’emploi !
Réduire leurs moyens à cet égard est un très mauvais calcul et un très mauvais signe.
Puissent les prochains débats, au Sénat comme à l’Assemblée Nationale, conduire le gouvernement à revoir sa position.
Je ne manquerai pas, pour ma part, d’intervenir en ce sens.
Jean-Pierre Sueur

Je suis en total désaccord avec la décision brutale du gouvernement de supprimer, dès 2017, un nombre important de « contrats aidés ».

J’ai pu constater les vives réactions et les inquiétudes de nombreux élus, responsables d’établissements scolaires, responsables d’associations – notamment à caractère social – dirigeants de petites entreprises. Je suis intervenu auprès du Premier ministre et des ministres concernés pour soutenir sans réserve auprès d’eux la position de l’ensemble des associations regroupant les maires de France afin d’obtenir un « moratoire » qui se traduise, dans l’immédiat, par le maintien de tous les emplois aidés existants.

En effet, alors qu’il y avait, fin 2016, 497 000 emplois aidés dans notre pays, le gouvernement a décidé d’en supprimer 149 000 dès 2017.

Je sais qu’il est revenu en arrière dans certains domaines. Mais, dans de nombreux secteurs, les suppressions restent effectives. Elles sont brutales, n’ont donné lieu à aucune anticipation ni concertation et entraînent de lourdes difficultés.

Sur le fond, le débat est ancien. Ce n’est pas la première fois que de tels dispositifs sont mis en cause au motif qu’il faut privilégier ce qu’on appelle les « emplois réels » induits par les entreprises et l’économie.

Cependant, la réalité c’est que, même s’il faut bien sûr, tout faire pour que nos entreprises créent le maximum d’emplois… nous sommes encore loin – et resterons loin, du moins durant un certain nombre d’années ! – du compte. Il est clair que les entreprises et l’économie ne créent pas tous les emplois nécessaires, eu égard notamment au développement démographique de notre pays.

C’est pourquoi les emplois aidés sont précieux et nécessaires. Ils permettent d’assumer de nombreuses tâches utiles à la cohésion sociale.

Les emplois aidés ont le grand avantage de proposer – aux jeunes tout particulièrement, mais pas uniquement – de leur « mettre le pied à l’étrier » en vue de leur future insertion professionnelle.

Pour moi, c’est un impératif : il faut maintenir les contrats aidés.

Jean-Pierre Sueur

L’article qu’on lira ci-dessous, publié sur le site de Radio France International, nous rappelle que « les régions françaises changeaient d’identité » il y a un an.
C’est à ce moment-là que, suite à un amendement que j’avais déposé, la région « Centre » est devenue « Centre-Val de Loire ».
J’ai, depuis, eu l’occasion de dire souvent que si je n’avais déposé et fait voter qu’un seul amendement – celui-là –, je n’aurais pas perdu mon temps au Sénat…
Cet amendement, il me fallut moins d’une minute pour le rédiger. Il se limite à une seule phrase : « À compter de la publication de la présente loi, la région Centre est dénommée Centre-Val de Loire ».
Il fallut un peu plus de temps pour le faire accepter et le faire voter, au Sénat d’abord, à l’Assemblée Nationale ensuite, où ce fut plus difficile : que tous ceux qui ont contribué à son adoption soient encore remerciés !
Depuis un an, on voit la différence.
Le terme « Centre » n’évoquait pas note région. Il renvoyait au Massif Central, à l’Auvergne et au Limousin. Ces confusions étaient quotidiennement entretenues par les présentatrices (et parfois présentateurs) de la météo sur les chaînes de télévision.
À l’inverse, la Loire, le Val de Loire, les châteaux de la Loire, sont connus dans le monde entier. Chacun sait où ils se trouvent. 
La Loire est l’axe naturel de notre région, même si elle ne traverse pas tous ses départements.
Pour le tourisme, comme pour l’économie et la culture, le « Val de Loire » est un atout considérable. On le voit déjà aujourd’hui.
Albert Camus écrivait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».
Je ne prétends pas que cette nouvelle – et juste – identité contribue à notre bonheur. Mais elle contribue sûrement à l’essor de notre région. Et c’est déjà un résultat non négligeable !
Jean-Pierre Sueur
> lire l'article paru sur le site de RFI
 
 

Après avoir reçu les représentants des salariés de l’entreprise Vergnet d’Ormes, Jean-Pierre Sueur a saisi ce vendredi le Premier ministre, Édouard Philippe, pour lui demander de tout faire, dans des délais rapprochés, afin d’assurer la pérennité de cette entreprise. Il lui a demandé en particulier d’intervenir auprès des autorités éthiopiennes afin que celles-ci honorent la dette contractée auprès de l’entreprise. 

Il a demandé la mobilisation de l’État, notamment avec la banque publique d’investissement (BPI) et d’autres organismes compétents, pour assurer le relais financier jusqu’à la fin des négociations en cours avec de nouveaux partenaires industriels.
Il a rappelé que cette entreprise développe des produits de pointe – comme des éoliennes rabattables destinées aux zones affectées par les cyclones, ainsi que des centrales solaires. Il lui a écrit qu’il serait incompréhensible que, dans le contexte actuel, une telle entreprise, qui est en redressement judiciaire, ne puisse être sauvée et ne puisse se développer.
 
Il a demandé à être reçu à Matignon.
 
J’ai toujours dit et écrit que je jugerai sur pièces les mesures proposées par l’actuel gouvernement.
Je dois dire ici mon profond désaccord avec la réforme de l’Impôt Sur la Fortune qui a été annoncée, puisque celle-ci revient à exonérer tous les plus hauts – et les très hauts – éléments de patrimoine qui ne sont pas immobiliers, et donc tous les portefeuilles financiers qui constituent les patrimoines les plus élevés dans notre pays.
Et cela en vertu d’une théorie dite du « ruissellement » selon laquelle l’enrichissement doit être magnifié dès lors que la collectivité est censée en bénéficier !
Mais ce pari est plus que risqué.
Et comme l’écrit justement Françoise Fressoz dans « Le Monde » du 28 septembre, « On n’est pas loin d’entendre le « enrichissez-vous » prêté à tort ou à raison à Guizot sous la monarchie de Juillet. Laquelle finit par fabriquer une robuste classe de rentiers. On ne peut aujourd’hui exclure que la même tendance se reproduise, au risque de creuser fortement les inégalités, qui sont beaucoup plus considérables en termes de patrimoine que de revenus ».
Emmanuel Macron s’était défini comme étant « et de droite et de gauche ».
Il me paraît que tous ceux qui ont en France du mal à « boucler leur fin de mois » ne souscriront pas – c’est un euphémisme – à ces propositions qui susciteront l’incompréhension, voire la révolte, de nombre de ceux qui se reconnaissent dans le « peuple de gauche » – et dans le peuple tout court !
Jean-Pierre Sueur

Après le remarquable livre de Christiane Noireau que j’ai présenté ici le 5 octobre 2015, voici que paraît un nouvel ouvrage, non moins remarquable, que l’on doit à André et Catherine Soulas, paru aux éditions « lelivredart » sous le titre : « L’œuvre gravé de Louis-Joseph Soulas : un catalogue raisonné », un inventaire exhaustif de ce grand artiste que l’on a tant de plaisir à redécouvrir.

Ce « catalogue raisonné » ne recouvre pas toute l’œuvre de Louis-Joseph Soulas puisque celle-ci compte des illustrations pour une trentaine d’ouvrages et des centaines d’huiles et d’aquarelles. Mais pour ce qui est de « l’œuvre gravé », ce ne sont pas moins de 850 planches qui sont recensées et reproduites.

On y retrouve le cher moulin de Lignerolles, la Beauce et la Sologne gravés sous tous les angles et en toutes saisons, « un vieux paysan de mon pays », un « chemineau », mais aussi Raboliot – et encore Orléans et d’autres villes comme Collioure, Uzerche, Saint-Tropez ou Coutances… Et aussi des figures illustres, comme Beethoven, Berlioz, Paul Valéry ou Max Jacob.

… Mais toujours, après tant de tours et de détours – jusqu’à des « marines » – on revient au moulin, à la Beauce et à ses paysages aimés entre tous, saisis sur le vif, avec des traits épurés. Ces paysages nous parlent, ils ont une âme.

Raboliot - Village de Brinon-sur-Sauldre

Il faut remercier André et Catherine Soulas de nous avoir restitué dans leur intégralité ces 650 gravures qui constituent un parcours artistique d’une exceptionnelle densité et dont on mesure ainsi combien il trouve son unité, au-delà de la diversité des sujets traités, dans une fidélité à des motifs et à des paysages qu’il a dans le regard, dans le cœur – et qui ne le quitteront pas.

Jean-Pierre Sueur

Moulin en septembre

Lignerolles

Après avoir dit mes désaccords avec les propositions du gouvernement sur les collectivités locales et avec les propos du président de la République sur l’ISF, je tiens à saluer les positions d’Emmanuel Macron sur l’Europe, énoncées à la Sorbonne le 26 septembre.
Qu’il s’agisse de l’Europe de la Défense, de la nécessaire convergence des politiques sociales, de la non moins nécessaire taxation des « GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans chaque pays, de l’importance d’une politique européenne en matière d’investissements, de l’élargissement du programme Erasmus ou d’une gouvernance économique plus efficace de la zone Euro, je ne puis que souscrire aux objectifs affirmés.
Il en était de même pour les discours courageux tenus quelques jours plus tôt par Emmanuel Macron pour demander de revoir le système injuste des « travailleurs détachés ».
Il n’est pas indifférent que la France reprenne ainsi l’initiative pour les nouvelles étapes de la construction européenne.
Puissent ces appels être entendus et sa traduire – il y faudra de la volonté et de la ténacité – par des décisions concrètes !
Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a posé à Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, une question écrite relative aux conséquences des impayés d'eau pour les communes.

>> Lire la question écrite

Je salue la mémoire d'Edmond Maire, grande figure du syndicalisme et de la gauche réformatrice !

Il avait apporté son total soutien à la "laïcisation" de la CFTC, projet qui était porté avec une grande détermination par son prédécesseur Eugène Descamps.

Lui succédant à la tête de la nouvelle CFDT, Edmond Maire en a fait un syndicat puissant, recrutant de nombreux nouveaux adhérents, ne refusant aucun débat et façonnant la nouvelle image et la nouvelle identité d'un syndicalisme réformateur, profondément attaché au dialogue social.

Il voulait réformer la vie dans l'entreprise, les rapports sociaux et, plus largement, la société, tout en étant fidèle aux réalités vécues sur le terrain par les salariés. Pour lui, ce n'était pas incompatible. C'était tout à fait complémentaire.

Je l'ai revu pour la dernière fois aux obsèques de Michel Rocard, aux Invalides. Michel avait tenu à ce qu'il s'y exprime.

Ce jour-là, deux figures de ce qu'on a appelé la "deuxième gauche" étaient rassemblées. Michel et Edmond étaient très unis. Ils ont tous les deux beaucoup oeuvré, non seulement pour la "deuxième gauche", mais pour rénover la gauche tout entière - et, au-delà, notre société.

Il nous faut continuer sur ce chemin.

Jean-Pierre Sueur

J’ai souvent écrit mon estime pour le travail d’édition mené avec ténacité – et avec un grand amour de la littérature – par Jean-Louis Pierre, créateur des éditions « La guêpine », situées à Loches.

Une nouvelle illustration de ce travail de grande qualité nous est offerte avec la parution d’un texte inédit de Charles Louis-Combet, écrivain trop peu connu, qui a, au travers de nombreux livres, mené ce que j’appellerai une « quête de l’intime » en un style somptueux, de haute lignée.

Ce texte inédit  s’intitule : Charles Péguy, l’initiation.

Charles Louis-Combet nous conte comment alors qu’adolescent il était fasciné par l’un de ses camarades appelé « l’Ange musicien », il fut successivement subjugué par la découverte des Fleurs du mal de Baudelaire et du Mystère des Saints Innocents de Péguy.

Charles Louis-Combet nous invite donc à le suivre – une fois encore – dans un cheminement intime fait d’angoisses, de désillusions, d’enthousiasmes et de découvertes.

Il s’interroge sur la question de savoir si Le Mystère des Saints Innocents « agirait comme un antidote ou me confirmerait dans une soumission à la tentation baudelairienne. »

Peu à peu, il est emporté, « saisi », par le style de Péguy – « par la singularité de l’expression, mais absorbé, en même temps, par la simplicité, la familiarité même de la vision et de la pensée. »

Et il écrit : « Ce n’était pas l’idée mais la forme de l’idée qui tout à la fois m’éveillait et me déchirait. » Et encore : « Ma première lecture de Péguy s’imposa d’emblée, pour moi, comme une initiation au rythme (…) J’étais mû, constamment, par le rythme, par la modulation inépuisable du souffle, qui s’associait, en mon esprit, à ce que je connaissais par ailleurs, grâce à la pratique du chant grégorien. J’ai éprouvé tout de suite la composante physique de la prosodie de Péguy, ses assises de chair, de respiration, de circulation du sang et souplesse des muscles. »

Enfin, Claude Louis-Combet nous restitue sa découverte d’Ève – chef d’œuvre de Charles Péguy, malheureusement trop méconnu – avec un remarquable enthousiasme :« Je retrouvais dans Ève, mais comme porté à l’infini, ce qui m’avait émerveillé dans les Tapisseries : une allure de légion en marche, de piétinement cadencé, obstiné, irrésistible (…) Je retrouvais par là, et ne me privais pas de goûter, dans le prolongement des Mystères, une épaisseur charnelle de verbe, un souffle physique de rythme, une respiration rappelant à tout moment que le poème est œuvre du corps. »

Oui, il faut remercier Jean-Louis Pierre de nous offrir ce texte, l’un des plus pénétrants qu’il m’ait été donné de lire sur l’écriture de Charles Péguy.

Jean-Pierre Sueur

Comment cacher la joie qui a été la mienne lorsque j’ai appris que la liste que je menais est arrivée très largement en tête lors des élections sénatoriales de ce 24 septembre dans le Loiret, alors que, déjà, j’étais arrivé en première position, dès le premier tour, avec un autre mode de scrutin en 2011 !
Je remercie de tout cœur toutes celles et tous ceux qui nous ont fait confiance. 
Je remercie aussi de tout cœur mes colistiers : Anne Leclercq, Denis Thion, Anne Besnier et Bernard Delaveau qui, durant toute la campagne électorale, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour parvenir avec moi à ce résultat.
On me permettra de tirer de cette élection plusieurs leçons.
D’abord, il me parait clair qu’il est toujours préférable, quel que soit le contexte, quelles que soient les circonstances, quels que soient les inévitables « hauts » et « bas » de la vie politique, de garder les convictions profondes et les valeurs qui animent ceux qui s’engagent dans la responsabilité publique.
Socialiste et rocardien, j’ai toujours été attaché à la fois à la solidarité, à la justice sociale et au réalisme économique.
On m’a suggéré et proposé de changer d’appartenance, d’étiquette, et même de me présenter sans étiquette. J’ai refusé, parce qu’on ne gagne jamais à se renier. Aucun des nombreux grands électeurs qui m’ont fait confiance, quelle que soit leur sensibilité, ne m’ont d’ailleurs jamais demandé cela. 
En second lieu, j’ai toujours pris très au sérieux le travail au Sénat, comme le travail pour le Loiret, avec l’ensemble des élus des communes, du département et de la région. Je tiens à l’un et à l’autre. Un parlementaire doit être présent et actif au Parlement. Il ne doit pas être « hors sol ». On ne parle pas de la même manière au Sénat lorsqu’on est au contact constant de toutes les réalités et de tous les problèmes que vivent nos citoyens, qu’on le ferait si l’on n’avait pas ce contact constant.
Enfin, j’ai eu le souci de « rendre compte » de mon action par un compte rendu de cent pages tous les six mois (une « Lettre » semestrielle), par un bilan détaillé envoyé à tous les grands électeurs à l’issue du mandat et par une lettre électronique envoyée tous les lundis après-midi et accessible à tous sur Internet. 
Il va de soi que j’aborde la nouvelle période qui s’ouvre dans le même état d’esprit, avec les mêmes engagements, la même volonté d’œuvrer au Sénat et dans le Loiret, de rendre compte de mon action et d’agir en conformité avec mes convictions et mes valeurs. 
Par rapport au pouvoir exécutif et au gouvernement, je serai à la fois positif, exigeant et vigilant. 
Positif car je voterai toutes les lois et les dispositions qui me paraîtront aller dans le bon sens comme la récente loi sur la moralisation de la vie politique. Positif aussi parce que je m’efforcerai de faire des propositions utiles.
Vigilant et exigeant car il y a des mesures que je ne pourrais voter si elles restaient en l’état. Je pense en particulier à celles qui porteraient préjudice aux communes, aux collectivités locales et à leurs finances.
Il ne me serait pas possible, en effet, d’avoir entendu tout ce que m’ont dit les élus dans le très grand nombre de communes du Loiret que j’ai visitées sans en tirer les conséquences. C’est une question de loyauté. 
Une nouvelle période commence donc. Je redis un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui m’ont soutenu et je dis à l’ensemble des élus et des habitants de Loiret qu’ils pourront compter sur ma disponibilité et mon dévouement. 
 
Jean-Pierre SUEUR
Sénateur du Loiret 
 

La bibliothèque Marguerite-Durand, consacrée à « l’histoire des femmes et des mouvements féministes » à Paris, étant menacée de « relocalisation », ce qui risquerait à terme d’entraîner sa perte d’identité, voire sa disparition, Jean-Pierre Sueur a écrit à Anne Hidalgo, maire de Paris.

Lire :

>> La lettre adressée à Anne Hidalgo

>> Le courriel du Collectif de défense de la bibliothèque Marguerite-Durand

Jean-Pierre Sueur a publié un compte-rendu complet de son mandat de sénateur concernant les six années de ce mandat, de 2011 à 2017.

>> Télécharger la compte-rendu de mandat (40 pages, en PDF)

Jean-Pierre Sueur a posé au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, la question suivante relative aux conditions d’éligibilité au Fonds de soutien à l’investissement local (FSIL) :

M. Jean-Pierre Sueur appelle l’attention de M. le ministre de l’Intérieur sur les conditions d’éligibilité au Fonds de soutien à l’investissement local (FSIL). Sont actuellement éligibles à ce fonds les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre. Or, il se trouve que des syndicats de communes n’ayant pas de fiscalité propre peuvent se trouver dans l’obligation d’effectuer des investissements pour lesquels une subvention du FSIL serait très précieuse. C’est, en particulier, le cas de syndicats scolaires ou de syndicats assurant la gestion de l’eau. Il apparaît, en effet, inéquitable que, lorsqu’une commune réalise des travaux dans une école, elle peut bénéficier d’un concours au titre du FSIL alors que cela est impossible s’il s’agit d’une école relevant de plusieurs communes et dont la gestion relève d’un syndicat intercommunal. Il lui demande en conséquence s’il ne lui paraîtrait pas justifié et souhaitable de donner aux préfets la possibilité de faire bénéficier, dans de telles circonstances, ces syndicats de communes de subventions au titre du FSIL.

Jean-Pierre Sueur déplore le fait que la Commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi organique rétablissant la confiance dans l’action publique, à laquelle il a participé ce 1er août n’ait pas abouti à un accord.

À ce stade, cela se traduira par la suppression de la « réserve parlementaire » qui permet de contribuer au financement des investissements des petites communes et des communes rurales, et cela, alors même que le dispositif est devenu parfaitement équitable et transparent.

Cet échec de la Commission mixte paritaire est dû à une position intransigeante de la majorité de l’Assemblée Nationale qui s’est même opposée à ce qu’un vote ait lieu au sein de la CMP.

Il est toutefois possible que le Conseil Constitutionnel annule cette disposition, qui ne relève pas d’une loi organique, ce qui permettrait de relancer le débat.

Jean-Pierre Sueur est intervenu le 2 août en séance publique dans le débat sur les conclusions de la commission mixte paritaire portant sur les projets de loi relatifs au rétablissement de la confiance dans la vie politique.
Il a d’abord fortement regretté la position de la majorité de l’Assemblée Nationale qui souhaite supprimer la « réserve parlementaire ». Il a dit que celle-ci était « devenue totalement équitable et transparente. Toutes les subventions attribuées sont publiques. » Il a souligné que cette réserve parlementaire permettait d’attribuer chaque année 146 millions d’euros aux petites communes et aux communes rurales. Il a dit sa crainte que cette suppression se traduise dans les faits par le reversement de cette somme dans le budget général de l’État, au détriment des petites communes et de la ruralité. Il espère que le Conseil constitutionnel pourra annuler cette disposition, ce qui permettra de rouvrir le débat.
Jean-Pierre Sueur a, en revanche, soutenu la suppression des emplois familiaux pour l’ensemble des élus et responsables publics. 
Il a soutenu le remboursement des frais professionnels sur justificatif pour les parlementaires, en substitution à l’indemnité représentative de  frais de mandat (IRFM). 
Il a soutenu l’imposition des indemnités complémentaires perçues par des parlementaires pour l’exercice de fonctions au sein des assemblées.
Il a soutenu la création d’un statut qui sera enfin inscrit dans la loi, pour les collaborateurs parlementaires.
Il a regretté que le « verrou de Bercy » qui avait été supprimé par le Sénat ait été réintroduit par l’Assemblée Nationale (il s’agit d’une disposition qui subordonne toute poursuite pénale pour un motif fiscal à l’autorisation préalable du ministère chargé du budget).
Enfin, Jean-Pierre Sueur est revenu sur la question des « micro partis » puisqu’il y a en France aujourd’hui 451 partis dont la plupart n’ont pas d’existence réelle, mais qui permettent de bénéficier d’avantages financiers injustifiés.
Il a rappelé que le gouvernement s’est engagé à mettre en place un groupe de travail à ce sujet, dont lui-même fera partie.
Jean-Pierre Sueur s’engagera pleinement pour réformer cet état de choses. 
 
 
Dans la presse :
Jean-Pierre Sueur et Delmira Dauvilliers, maire du Malesherbois et présidente de la Communauté de communes Pithiverais-Gâtinais et Hervé Bonnin, collaborateur parlementaire de Marianne Dubois, député du Loiret, ont été reçus ce 29 août à Paris, au siège du Syndicat des Transports d’Île de France (STIF) par Laurent Probst, Directeur général et Jean-Louis Perrin, Directeur général adjoint, au sujet du devenir de la ligne SNCF (RER D) Paris-Malesherbes, après avoir été reçus en juin sur le même sujet par la SNCF.
Ils ont fait part de leur total désaccord avec le projet d’une rupture de charge qui obligerait les usagers à changer de train à Corbeil-Essonne et qui rallongerait incontestablement le temps de trajet alors que la ligne est déjà très dégradée puisque 64% des trains connaissent aujourd’hui des retards, selon le ministère des Transports.
Conformément aux engagements de ce ministère, les dirigeants du STIF les ont informés qu’une étude était en cours à ce sujet à l’initiative de la SNCF et que le STIF procéderait à une contre-expertise, afin d’étudier précisément la prise en compte de la demande des élus.
Ceux-ci ont également demandé que soient étudiées, dans ce cadre, les possibilités de liaisons directes ne desservant pas un certain nombre de gares, afin de réduire significativement les temps de transport entre Malesherbes et Paris.
Ils ont insisté sur la nécessité de doter cette ligne RER D de matériels neufs et modernes.
Les dirigeants du STIF ont indiqué que les décisions seraient prises, après consultations, fin 2017 ou début 2018.
 
 

Jean-Pierre Sueur était intervenu auprès de Jean-Jacques Urvoas, alors garde des Sceaux, sur la nécessité de travaux rapides au Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, suite à la forte inondation qui a touché cet établissement. L’échéancier annoncé par ce dernier ayant pris un réel retard, Jean-Pierre Sueur est intervenu auprès de Nicole Belloubet, nouvelle garde des Sceaux, pour que les travaux aient effectivement lieu le plus vite possible.

Celle-ci lui a répondu que « la publication de l’appel à candidatures de travaux a été effectuée le 7 juillet dernier dans le but d’aboutir à une notification et à un démarrage des travaux en octobre 2017 pour six mois ».

Ces travaux, si nécessaires, devraient donc être achevés en mars 2018.

>> Lire la lettre de la ministre

Dans la presse

>> La République du Centre du 29 juillet

>> Apostrophe 45, 28 juillet

>> France 3 Centre-Val de Loire

Marianne Dubois, députée du Loiret, Jean-Pierre Sueur et les représentants des salariés des sites de Pithiviers, Vert-le-Petit (Essonne) et Gennevilliers (Hauts de Seine), de l’entreprise Isochem ont été reçus ce mercredi 2 août au ministère de l’économie et des finances, au nom du ministre, par Xavier Merlin, directeur général des entreprises (DGE), ainsi que Laurence Aviragnet, Philippe Galard-Defontaine de la DGE et Mathieu Santune, plus particulièrement chargé des entreprises du secteur chimique à la DGE.

L’entreprise Isochem a été placée en redressement judiciaire suite au défaut d’un client, l’entreprise Gilead qui, à elle seule, représentait 40 % des commandes. Isochem avait été rachetée par le groupe financier Aurélius, tristement connu dans le Loiret depuis la fermeture de l’entreprise Quelle.
 
Reçus pendant 1h30, Jean-Pierre Sueur, Marianne Dubois et les représentants des salariés ont longuement exposé la situation de l’entreprise.
 
Suite à la procédure de redressement judiciaire, une « data room » a été ouverte depuis une semaine et mise à la disposition des repreneurs potentiels. L’ensemble des offres sera examiné en septembre.
 
Les représentants du ministère ont assuré les élus et les représentants des salariés qu’ils suivraient de près l’ensemble de la procédure et s’impliqueraient totalement pour qu’une solution industrielle (et non seulement financière ou bancaire) soit trouvée afin d’assurer la pérennité et le développement d’Isochem.
 
Dans la presse :
 

Le ministère de l’Intérieur a annoncé officiellement à Jean-Pierre Sueur – suite à des interventions de sa part – que le pèlerinage « Vie et Lumière » du mois d’août aurait bien lieu sur un terrain militaire à Grostenquin en Moselle.

Jean-Pierre Sueur rappelle que ce pèlerinage a lieu deux fois par an : à la Pentecôte et en août.

A la Pentecôte, il a toujours lieu dans le Loiret, à Nevoy.

Il se traduit par un grand rassemblement et par l’arrivée de milliers de caravanes. Les élus de Nevoy et du Giennois, ainsi que les pouvoirs publics dans le Loiret s’efforcent toujours de faire en sorte que celui-ci se déroule dans les meilleures conditions.

Il y a plusieurs années, un accord était intervenu entre Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, et les élus du Loiret concernés (dont Jean-Pierre Sueur) afin que le second rassemblement ait lieu dans une autre région, compte tenu de la forte mobilisation des élus et des services publics dans le Loiret pour que tout se passe au mieux à la Pentecôte.

Il se réjouit de constater que, cette année encore, cet accord sera respecté.

>> Lire Mag Centre

Après l’examen des projets de loi relatifs au rétablissement de la confiance en la démocratie par le Sénat puis par l’Assemblée Nationale, une commission mixte paritaire (CMP) se réunira le 1er août pour tenter de parvenir à un accord entre les versions de deux assemblées. Elle sera composée de sept sénateurs et sept députés. Jean-Pierre Sueur y siégera au titre du Sénat. Il interviendra le 2 août après-midi (la séance peut être suivie à partir de 14 h 30 sur senat.fr) au sujet des conclusions de cette CMP.

Son intervention figurera sur le site, le blogFacebook et Twitter.

Jean-Pierre Sueur sera reçu avec des représentants des différents sites de l’entreprise d’ISOCHEM – dont celui de Pithiviers – au ministère de l’économie, des finances et de l’industrie ce mercredi 2 août.

Un compte-rendu de cette rencontre sera disponible sur le site, le blog, Facebook et Twitter.

Le musée des Beaux-Arts d’Orléans est le second de France, après le Louvre, pour les pastels. Il offre une collection d’œuvres de Chardin, de Delatour et de Perronneau d’une grande richesse.

Il était naturel que notre musée accueille l’exposition sans précédent qui nous est offerte jusqu’en octobre en ce musée et qui propose un grand nombre d’œuvres de Jean-Baptiste Perronneau – celles du musée d’Orléans et de bien d’autres, venues de musées français ou étrangers ou prêtées par des collectionneurs privés.

Que toutes celles et ceux qui ont œuvré pour que cette remarquable rétrospective existe soient sincèrement remerciés.

Lorsqu’on entre dans la salle d’exposition, on peut avoir l’impression de découvrir une collection très classique, un peu conventionnelle, de portraits académiques, un peu figés.

Et – c’est le miracle de cette exposition -, quand on regarde de près chaque pastel, « l’académique » s’estompe, puis disparaît. Et les expressions de chaque visage s’imposent, avec une large palette de sentiments, de caractère, de tempéraments et une extraordinaire virtuosité de l’auteur de ces pastels pour les mettre en lumière.

Dominique d’Arnoult, grande spécialiste de Perronneau, insiste justement dans le catalogue de l’exposition sur ce qu’on pourrait appeler le réalisme des portraits, par opposition à l’académisme. Elle explique que, par rapport à la question de savoir s’il faut « corriger les défauts » des visages, « Perronneau prend le parti opposé à celui de l’école française prescrivant de « corriger » le naturel et suit le parti de l’école flamande (…) qui demande à la jeunesse de "rendre le naturel tel qu’elle le voit" (…) Perronneau s’efforce cependant d’exprimer les défauts avec cette "tendresse" que représente la nature. »

C’est assurément une exposition à ne pas manquer.

Jean-Pierre Sueur

 

Il faut remercier Alain Di Stefano, maire de Yèvre-la-Ville, de nous avoir donné la chance de découvrir des œuvres du grand sculpteur qu’est Claude Mercier et d’avoir pris la tête d’un « Comité Claude Mercier » qui a pris l’initiative de la publication d’un très beau livre, dont je recommande la lecture, mais aussi la contemplation – puisque nombre d’œuvres y sont bien photographiées  – intitulé Claude Mercier, catalogue raisonné et publié sous la direction de Carole Mercier-Métayer, avec des textes de Lydia Harambourg.

Claude Mercier l’écrit – et le dit – d’emblée : « Les formes qui font signe dans mes sculptures, je les possède en moi. Elles n’existaient nulle part ailleurs ; elles sont l’expression de ma liberté. »

Qu’il sculpte les animaux, les végétaux, les figures mythologiques, les instruments de musique, les miroirs, les objets cosmiques ou les formes de l’industrie, Claude Mercier sait épurer les lignes, créer le mouvement dans toute sa pureté, magnifier la matière.

Comme l’écrit très justement Lydia Harambourg, « la sculpture de Claude Mercier porte l’évidence des formes sensibles du monde transposées dans le jeu des tensions et des équilibres savants. Chaque sculpture est une structure dressée et cherche à suspendre l’insaisissable. Elle exige que nous nous déplacions pour en comprendre toutes les subtiles articulations. Chaque face nécessite une approche nouvelle pour une perception renouvelée de l’ensemble. Le regard va bien au-delà de sa vision générale et revient sur l’élégance des courbes qui jouent avec les verticales et les horizontales, s’infléchissent sous la pression des pensées intérieures » (p. 15).

Ce « catalogue raisonné » est un bel hommage à un grand sculpteur. Il mérite assurément d’être lu. Et surtout, les œuvres qu’il recèle méritent d’être longuement admirées.

Jean-Pierre Sueur

  • Ce livre est paru aux éditions SOMOGY
  • Le « Comité Claude Mercier » peut-être contacté par email (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) ou par voie postale (5 place de l’Église, 45300 Yèvre-la-Ville)

 

 

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Bernard de la Rochefoucauld, fondateur et ancien président de la Communauté de communes des Loges, ancien maire d’Ingrannes et créateur de l’Arboretum des Grandes Bruyères dans cette commune.

Bernard de la Rochefoucauld, ancien élève de l’École centrale, ingénieur et urbaniste, fut, toute sa vie, un homme d’entreprise et d’initiative – en France comme à l’étranger. Il présida l’Institut Montaigne. Amoureux du patrimoine, il fut parmi les fondateurs de la Fondation du Patrimoine. Passionné par les arbres et la nature, il créa, avec son épouse Brigitte, l’Arboretum des Grandes Bruyères, à Ingrannes, qu’il avait plaisir à faire visiter lui-même. Il fut à l’origine de la Fondation des Parcs de France.

Maire d’Ingrannes, Bernard de la Rochefoucauld fut parmi les créateurs de l’Association des maires ruraux du Loiret.

Mais je garde surtout le souvenir du grand défenseur de l’intercommunalité qu’il a été. Avec ses collègues maires, il créa la Communauté de communes des Loges rassemblant des communes du secteur de la forêt d’Orléans et d’au-delà. Il en devint naturellement le président et parvint à faire travailler ensemble les maires et les élus de toutes les communes membres dans un excellent climat. Il me disait souvent qu’il n’avait aucune ambition – sinon celle de favoriser le travail en commun.

Il me parlait souvent de la loi de 1992 que, jeune ministre, j’avais défendue devant le Parlement. Il y voyait un germe de grand progrès pour l’aménagement du territoire, dans le respect de la spécificité et de la personnalité de chaque commune.

Aujourd’hui, je le remercie pour son soutien constant à cette cause et aussi pour son profond humanisme.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a annoncé le 17 juillet dernier sa candidature aux élections sénatoriales du 24 septembre prochain, à la tête d’une liste qui, outre lui-même, comprend :

  • Anne Leclercq, agricultrice, adjointe au maire d’Ouzouer-sur-Trézée, vice-présidente du Conseil régional Centre-Val de Loire ;
  • Denis Thion, maire de Courcelles, vice-président du Pays Beauce-Gâtinais en Pithiverais ;
  • Anne Besnier, vice-présidente de la Communauté de communes des Loges, vice-présidente du Conseil régional Centre-Val de Loire, ancienne maire de Fay-aux-Loges et ancienne conseillère départementale ;
  • Bernard Delaveau, maire de Paucourt, vice-président de la Communauté d’agglomération de Montargis et des Rives du Loing, secrétaire du comité directeur de l’Association des maires du Loiret.

Dans les médias :

>> Mag Centre

>> Apostrophe 45

>> La République du Centre

>> France Bleu Orléans

 

Nouvelle directrice du Centre chorégraphique national d’Orléans, Maud Le Pladec vient de présenter « Borderline » au Festival d’Avignon, un spectacle très fort (qui sera proposé à Orléans du 5 au 7 octobre) consacré au drame des êtres humains qui sombrent dans ces « bateaux de la mort » qui traversent la Méditerranée – ou parfois en réchappent après avoir vécu des moments épouvantables – pour le plus grand profit des passeurs qui méprisent le plus cyniquement du monde les lois les plus élémentaires de l’humanité.

Ce spectacle, mis en scène par Guy Cassiers, s’appuie sur un texte non seulement réaliste, mais décapant, dérangeant, un texte dont on ne peut sortir indemne, de l’écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature.

La chorégraphie de Maud Le Pladec est sobre, d’une tragique simplicité. Elle se suffit à elle-même. Le drame est dit, montré, dansé, sans fioriture, sans détour inutile.

On éprouve parfois quelque difficulté à vivre la relation entre le texte, bouleversant, mais dit en néerlandais, et donc « sous-titré », et la chorégraphie – comme si l’un et l’autre relevaient de logiques parallèles, également prégnantes. Mais c’est un défaut mineur – si c’en est un ! Reste la force du spectacle. Et du message qu’il délivre.

J’ai dit – on m’excusera de le répéter – l’autre jour au Sénat que 2 247 êtres humains sont morts depuis le début de cette année dans ces « bateaux de la mort » qui traversent la Méditerranée.

Cela ne peut, ne doit pas continuer. Le théâtre peut aussi envoyer des cris d’alarme.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire deux extraits de l’interview croisée de Guy Cassiers et Maud Le Pladec dans le programme du spectacle

Il faut remercier Jeannie Blanchet et Marie Cabreval d’avoir publié chez l’éditeur Daniel Plot un très beau livre rassemblant nombre des œuvres du graveur Jean-Pierre Blanchet.

Celui-ci, qui fut l’élève de Louis-Joseph Soulas, maîtrisait remarquablement les techniques du burin et de la pointe sèche.

Il était amoureux d’Orléans. Et il entreprit de restituer les rues et les paysages de la ville avec beaucoup de poésie, de délicatesse, de sobriété. Son œuvre est épurée. Il lui suffit de quelques traits pour rendre sensible l’atmosphère d’une rue, d’une place, des bords de Loire.

C’est une œuvre humaine aussi où l’on rencontre nombre de personnages stylisés, silhouettes à peine esquissées mais qui, comme par surprise, animent l’espace.

On vagabonde ainsi de gravure en gravure dans les quartiers d’Orléans.

Et au-delà, puisque Jean-Pierre Blanchet nous conduit à Cléry, à Saint-Benoît-sur-Loire, mais aussi à Vézelay, à Combourg, ou au cœur des œuvres d’Alain Fournier, de Gérard de Nerval et de Jean Cocteau qu’il sut illustrer – sans oublier la Lettre à une voyageuse de Roger Secrétain.

On ne se lasse pas d’admirer ce livre. C’est le livre d’un graveur-poète. Charles Trenet chantait « l’âme des poètes. » Celle de Jean-Pierre Blanchet – ce livre le montre à chaque page – continue de hanter les rues d’Orléans.

Jean-Pierre Sueur

  • On peut commander ce livre au prix unitaire de 25 €  auprès de l’Association « Les amis de Jean-Pierre Blanchet », Lieudit 2 les Banchets, 41240 Villermain. Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

   

Jean-Pierre Sueur est intervenu à de nombreuses reprises du 10 au 13 juillet lors de l’examen du projet de loi de « rétablissement de la confiance dans l’action publique » (dite de « moralisation »).

Nous publions ci-dessous les liens vers l’ensemble de ses interventions.

>> Lors de la discussion générale

>> Sur l’inégibilité ité liée au casier judiciaire

>> Sur les conflits d’intérêt : intervention 1 et intervention 2

>> Sur le droit du Parlement à légiférer sur les matières relevant du pouvoir exécutif

>> Au sujet des collaborateurs parlementaires : intervention 1 et intervention 2

>> Sur les emplois familiaux : intervention 1 et intervention 2

>> Sur les micro-partis

>> Déclarations des candidats à l’élection présidentielle

Lire aussi :

>> Le communiqué de presse sur la discussion générale

>> La République du Centre du 13 juillet

Y a-t-il trop d'élus locaux en France ? À cette question ma réponse est claire : c'est non ! 
Qu'on n'y voie pas une quelconque démagogie. Non, ma réponse se fonde uniquement sur l'expérience et sur ce que je connais des 326 communes du Loiret. 
Les conseils municipaux des plus petites communes, celles de moins de cent habitants, comptent sept élus. Au-delà, et jusqu'à 500 habitants, ils sont onze. Jusqu'à 1 500 habitants, ils sont quinze, puis dix-neuf jusqu'à 2 500 habitants, etc.
Et je puis témoigner que ce qui caractérise ces 7, 11, 15 ou 19 citoyennes et citoyens réunis autour de la table du conseil municipal de nos villages et petites communes, c'est qu'elles – où ils – connaissent chaque rue, chaque chemin, chaque entreprise, chaque commerce, chaque ferme, chaque école, chaque association....Ils font corps avec leur commune. Ils l'aiment. Ils savent mieux que quiconque ce qui est bien, ce qui est souhaitable pour leur commune.

Ils sont les meilleurs défenseurs de ce qu'on appelle l'« aménagement du territoire ».
Qui dirait qu'il serait bénéfique de les remplacer par des technocrates, sans doute moins nombreux, mais plus éloignés du terrain et ne connaissant pas, comme eux, les réalités ?
J'ajoute que plus de 90 % des conseillers municipaux de France ne touchent aucune indemnité. Et pour ceux qui en touchent, il suffit de diviser le montant de cette indemnité par le nombre d'heures consacrées à la commune pour vérifier que ce n'est pas trop cher payé de l'heure....
Ils sont environ 550 000. Ils font vivre au quotidien la démocratie et battre le cœur de la République.
On peut poser la question du nombre des parlementaires. D'ailleurs l'absentéisme qui subsiste – hélas ! – montre qu'ils pourraient être moins nombreux.

Mais il serait vexatoire pour les élus locaux et, de surcroît, très préjudiciable à notre vie démocratique que de réduire leur nombre et de congédier sans raison tant de bénévoles qui servent inlassablement nos communes et leurs habitants. Et comme nul n'est infaillible, il est toujours possible de revenir sur un « effet d'annonce » inopportun...

Jean-Pierre Sueur

J'en ai moi-même été surpris. Alors que tous les groupes politiques du Sénat, et la commission des lois unanime, avaient pris position pour la suppression de la possibilité pour un parlementaire d'employer un membre de sa famille comme collaborateur, mardi dernier, lors d'un vote à main levée, la majorité des sénateurs présents a voté contre cette disposition.

Les choses sont revenues dans l'ordre – si l'on peut dire – le lendemain puisque, mercredi dernier, l'interdiction des emplois familiaux a été adoptée par le Sénat à l'issue d'un scrutin public par 306 voix pour et 11 contre.

Que s'est-il passé ?

Il s'est passé ce que j'ai appelé un « lapsus législatif ».

La vérité, c'est qu'un certain nombre de sénateurs comme de députés employaient des membres de leur famille comme collaborateurs parlementaires, ce qui n'était nullement illégal – et ne l'est toujours pas tant que la nouvelle loi n'est pas définitivement adoptée. Et comme l'a rappelé Catherine Tasca, ce ne sont pas les emplois familiaux qui sont illégaux, mais les emplois fictifs. Et il est apparu à ceux qui n'ont pas levé leur doigt le mardi soir qu'on faisait, en quelque sorte, payer à tous les « emplois familiaux » le prix de quelques « emplois fictifs ».

De plus – et je l'ai dit publiquement en séance –, alors qu'il a été souvent dit, au plus haut niveau de l'État, qu'il ne fallait pas légiférer en fonction de l'actualité immédiate, mais avec le « recul » nécessaire, on faisait, en l'espèce, le contraire. Car il est clair que s'il n'y avait pas eu une « affaire » dite « Pénélope Fillon », personne ne parlerait aujourd'hui des emplois familiaux...

Ceci peut expliquer cela.

Pour ma part, j'ai eu une position constante à ce sujet. En tant que député, maire, ministre, président d'agglomération ou sénateur, je n'ai jamais recruté personne de ma famille. En effet, même si de tels recrutements n'auraient pas été illégaux, ils auraient toujours pu être interprétés, perçus et vécus comme relevant du favoritisme. Je suis donc pleinement d'accord avec l'inscription de leur interdiction dans la loi.

J'ajoute – et je l'ai aussi dit en séance – qu'il m'apparaissait quasiment vexatoire qu'on n'évoque dans la loi les collaborateurs parlementaires que par rapport à cette question des emplois familiaux. C'est pourquoi, avec d'autres, je me suis employé à ce que la loi expose d'abord leurs missions et leurs fonctions, et évoque la meilleure façon de prendre en compte leurs droits – qui doivent se rapprocher le plus possible de ceux liés au « licenciement économique » – en cas de licenciement du fait de la non réélection du parlementaire pour lequel ils travaillent.

Tout s'est donc passé comme prévu, et conformément aux engagements pris, lorsque par un scrutin public (procédure qui a pour effet d'enregistrer la position effective de chaque sénateur), l'interdiction des emplois familiaux a été votée au Sénat par le score – sans appel – de 306 voix contre 11.

Mais cet épisode doit faire réfléchir. Car ce n'est pas un cas isolé. J'ai souvent vu de telles variations au cours des débats parlementaires. Cela témoigne seulement du fait que nos assemblées – le Sénat comme l'Assemblée Nationale – sont vivantes, qu'elles sont le lieu de vrais débats, que ces débats ne sont ni artificiels ni bouclés d'avance, comme certains le laissent croire. Et il est bien qu'il en soit ainsi.

J'en tire une conclusion : il faut laisser aux assemblées parlementaires le temps de délibérer, de se faire une opinion, de bien peser le pour et le contre de chaque ligne de ce qui deviendra la loi qui s'appliquera – parfois pendant très longtemps – à tous les Français. Or tous les pouvoirs exécutifs sont très pressés, trop pressés.  Ils voudraient que la loi fût faite et votée à toute allure. Ils ont tort. Il faut sans doute moins de lois. Mais il faut que celles-ci soient discutées et élaborées avec soin. Cela suppose qu'on renonce à faire de la procédure dite « accélérée » la procédure de droit commun – comme c'est malheureusement le cas en ce mois de juillet –, mais que, sauf exception liée à une véritable urgence, on ait recours à la procédure « ordinaire » – avec deux lectures dans chaque assemblée – telle qu'elle est inscrite dans la Constitution.

 

Jean-Pierre Sueur

 

Poursuivant son soutien aux femmes du « Réseau DES France » rassemblant les femmes victimes des effets de l’exposition au distilbène ainsi que leurs filles, Jean-Pierre Sueur a posé une nouvelle question écrite à la nouvelle ministre de la santé.

Nous reproduisons ci-dessous la page consacrée à cette initiative dans le numéro 56 de « Le Lettre » de l’association Réseau DES France.

>> Lire l’article

Jean-Pierre Sueur a été le premier intervenant dans le débat en séance publique au Sénat sur les projets de loi « rétablissant la confiance dans l'action publique » – également appelés « projets de loi de moralisation ». Il a d'abord souligné qu'il s'agissait du 31e texte sur ces sujets du financement et de la transparence de la vie politique, depuis les premiers textes de Michel Rocard jusqu'à la dernière loi de 2013, dont il a été le rapporteur, qui a créé la Haute Autorité et déjà légiféré sur les conflits d'intérêt.

Rappelant qu'il y avait aujourd'hui 451 partis politiques recensés en France, il a défendu son amendement réformant les règles en vigueur afin de mettre fin à la prolifération de ces pseudo-partis "de commodité" permettant de recueillir quelques subsides.

Sur la « réserve parlementaire », Jean-Pierre Sueur s'est prononcé contre sa suppression à un moment où celle-ci est justement devenue équitable et totalement transparente. Il a craint que cela se traduise par une perte de revenus pour les petites communes et communes rurales et a exprimé sa vigilance  à ce sujet.

S'agissant des collaborateurs parlementaires, il a regretté qu'il ne soit question d'eux dans le projet de loi qu'au sujet des « emplois familiaux », auxquels il est opposé. Il a donc défendu un amendement définissant leur fonction et prenant en compte le fait que la fin de leur contrat en cas de non-réélection du parlementaire pour lequel ils travaillent puisse être qualifiée de « licenciement économique ».

Il a également défendu la fiscalisation des indemnités de fonction des parlementaires.

Il a terminé en évoquant l'honnêteté et le dévouement de la plupart des 550 000 élus que compte notre pays.

L'intervention de Jean-Pierre Sueur a été applaudie sur tous les bancs. 

Après avoir reçu les salariés de l’entreprise ISOCHEM de Pithiviers qui est en cessation de paiement et pour laquelle une procédure de redressement judiciaire a été décidée par le Tribunal de Commerce d’Évry, Jean-Pierre Sueur a saisi de ce dossier Bruno Le maire, ministre de l’économie et des finances, en charge de l’industrie.

Il lui a exposé les grandes compétences de cette entreprise dans les domaines de la chimie fine, de la pharmacie et de la cosmétique. Il a insisté sur le fait que les difficultés présentes n’étaient dues qu’au départ d’un seul client. Il lui a dit sa crainte que le groupe Aurélius qui possède ISOCHEM « prenne principalement en compte ses intérêts financiers – comme cela a déjà été le cas pour la société QUELLE. » Il lui a demandé de tout faire pour qu’une solution industrielle soit trouvée et favorisée. Il a demandé à être reçu dans son ministère avec des représentants des salariés.

>> Lire La République du Centre du 11 juillet

Marianne Dubois députée du Loiret, Jean-Pierre Sueur, Marie-Agnès Linguet maire de Fleury les Aubrais, vice-présidente d’Orléans Métropole, et Nathalie Balberde représentante des organisations syndicales (UNSA, CFE-CGC, CGT) ont été reçus au cabinet d'Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, au sujet du devenir du laboratoire de la SEITA de Fleury les Aubrais, qui compte 87 salariés.

Ils ont été reçus par Anne Beinier, conseillère auprès de la ministre, chargée notamment des addictions et par Guillaume Couillard, conseiller santé du Premier ministre, Édouard Philippe.

Ils ont soutenu le projet des salariés de voir le laboratoire de Fleury les Aubrais transformé en laboratoire indépendant afin de pouvoir assurer les analyses désormais prescrites pour ce qui est du tabac, tant au niveau européen qu’au niveau français – ce qui suppose un examen du dossier et un agrément par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Cela se traduirait par le maintien sur place du laboratoire.

Guillaume Couillard et Anne Beinier les ont assurés qu’ils suivraient ce projet avec la plus grande attention en lien très étroit avec l’ANSES.

 

À l’initiative de son épouse Nicole, un livre vient de paraître consacré à l’œuvre du peintre Gérard Bouilly.

Jean-Pierre Sueur a écrit une longue préface à ce livre que nous publions intégralement.

Ce livre intitulé Gérard Bouilly est notamment disponible auprès de l’éditeur, Daniel Plot, 14 rue Pierre et Marie Curie, 45400 Fleury-les-Aubrais (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), au prix de 25 €.

>> Lire la préface

 

 

Intervenant lors de la séance des questions d’actualité au Sénat, Jean-Pierre Sueur a rappelé que « 2 247 êtres humains étaient morts ou disparus depuis le 1er janvier en Méditerranée, victimes des passeurs et de leur bateaux de la mort. La méditerranée est devenue un cimetière à ciel ouvert. Si cela continue il y aura 5 000 morts en 2017. » Il a rappelé que les ministres de l’Intérieur français et allemand avaient assuré leur homologue italien de leur « solidarité résolue ». Il a demandé au Gouvernement par quelles mesures cette « solidarité résolue » se traduirait concrètement. Il a aussi demandé que la France intervienne auprès de l’Union européenne afin que Frontex dispose des moyens pour empêcher le départ de ces bateaux, avec l’aide des États concernés, lorsqu’il y a un État, ou en se substituant à eux lorsqu’il y en a pas, comme c’est le cas en Libye. Il a enfin demandé au Gouvernement d’œuvrer en lien étroit avec les associations qui mènent une action importante par rapport aux migrants et il a demandé quels moyens seraient mis œuvre pour poursuivre le raccourcissement des délais d’instruction des demandes d’asile.

Dans la réponse qu’il a faite au nom du Gouvernement, M. Christophe Castaner, Secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, a notamment déclaré : « Nous allons demander à ce que soit renforcé le soutien aux gardes côtes libyens avec un appui financier et le contrôle étroit de l’Union européenne ; nous proposerons un soutien conditionnel à l’Organisation mondiale des migrations (OIM) et au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés afin de développer des infrastructures en Libye ; nous demandons un contrôle renforcé aux frontières de la Libye. » Il a rappelé que ces décisions font partie d‘un ensemble qui a été repris dans le cadre du conseil des ministres de l’Intérieur de Tallin et qu’une échéance majeure pour approfondir les options présentées sera la conférence qui se tiendra à Tunis le 24 juillet prochain et à laquelle participeront les principaux États membres de l’Union européenne concernés par la crise migratoire.

Il a enfin indiqué que s’agissant du droit d’asile, un plan de refonte profonde permettant d’améliorer le dispositif et de raccourcir les délais d’instruction des dossiers sera présenté prochainement.

>> Lire le texte de la question et la réponse

>> Voir la vidéo de l'intervention

Jean-Pierre Sueur a déposé de nombreux amendements sur le projet de loi rétablissant la confiance en la vie démocratique. Il intervient à ce sujet ce lundi 10 juillet en séance publique au Sénat.

>> Lire les amendements de Jean-Pierre Sueur :

- sur le projet de loi ordinaire

sur le projet de loi organique

>> Lire les textes initiaux :

- du projet de loi ordinaire

- du projet de loi organique

>> Lire les textes établis par la Commission des lois :

- du projet de loi ordinaire

- du projet de loi organique

Je signale tout particulièrement au sujet des deux mille vers inédits de Charles Péguy enfin publiés l’article de Pascale Auditeau dans La République du Centre de ce samedi 8 juillet.

>> Lire l’article

Tout a été dit ou écrit sur Simone Veil ces derniers jours. Et je ne voudrais pas redire ce qui a été si bien dit pour lui rendre hommage.

On me permettra d’apporter ici un témoignage plus personnel.

D’abord lorsqu’avec Henri Berthier, alors maire de Pithiviers et avec Camille Suttin, maire de Beaune-la-Rolande, nous avons décidé, alors que j’étais moi-même maire d’Orléans, de créer le Centre d’étude et de recherches sur les camps d’internement du Loiret (CERCIL) afin de rappeler la mémoire de tous ces êtres humains, de tous ces enfants qui avaient vécu dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande qui étaient l’antichambre de la déportation et de la mort, il ne faut pas croire que ce projet a été d’emblée largement soutenu. On nous a trop souvent dit qu’il n’était pas utile de revenir là-dessus, qu’il ne fallait pas « remuer cette poussière », revenir sur ces épisodes tragiques du passé. Soyons justes : nombre de nos concitoyens nous ont aussi soutenus. Parmi ceux-ci, Simone Veil fut la première. Son soutien et son engagement furent immédiats, absolus et constants.

Simone Veil avait connu la déportation à l’âge de seize ans. Elle récusait les discours pathétiques ou la commisération. Non : elle voulait que la vérité fût connue. Toute la vérité. Elle le dirait toute sa vie. Simplement pour que l’on sache, pour que toutes les générations sachent – et pour que cette horreur, ces horreurs, ne reviennent plus, ne recommencent pas.

Simone Veil ne s’épanchait pas. Elle parlait simplement, justement.

Autre souvenir : celui du Club Vauban. Avec son mari, Antoine Veil, elle avait créé ce que ce dernier appelait une « atypique confrérie ». Tous deux réunissaient tous les mois, pour un petit déjeuner, un groupe d’élus composé de deux moitiés, une moitié de droite (qu’Antoine appelait les parcimonieux) et une moitié de gauche (qu’il appelait les « partageux »). Je fus près de quinze ans membre de ce club dont le nom découlait simplement de l’adresse de Simone et d’Antoine : ils habitaient place Vauban à Paris. Pour en être membre, il fallait être profondément européen et attaché au dialogue social.

Qu’on ne se méprenne pas. Je ne pense pas qu’à cette époque le but aurait été de faire un « gouvernement Vauban » rassemblant la droite et la gauche.

Non, l’objectif était plus modeste, mais ambitieux cependant.

Simone et Antoine Veil voulaient « jeter des ponts », faire avancer des idées, dépasser les incompréhensions ou les sectarismes. Ce fut très riche.

Lors de ces réunions, Simone parlait peu. Mais c’était toujours avec justesse. Avec force. Elle ne biaisait pas. Elle détestait les inutiles prudences. Elle allait au but, directement. C’était vraiment une femme de conviction – au sens le plus noble du terme.

Je la revois parler de l’Europe. Elle était persuadée que l’Europe était la réponse aux camps d’extermination.

Il fallait, elle voulait que ces peuples et ces citoyens de différents pays d’Europe apprennent à se connaître, à se comprendre et à s’aimer.

Elle savait que rien de cela n’était ni ne serait facile. Mais sa volonté était farouche.

Enfin, nous n’oublierons pas, et les femmes de France et d’ailleurs n’oublieront jamais, son combat pour l’IVG dans cette assemblée d’hommes, bravant avec un immense courage injures et quolibets.

Il y a quelques années, 1 500 femmes maires réunies par le Sénat lui ont fait une longue ovation debout.

L’émotion était palpable, intense.

Oui, j’en suis persuadé, Simone Veil doit désormais reposer au Panthéon.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’interview de Jean-Pierre Sueur dans La République du Centre du 1er juillet

>> Lire l’article du JDD du 2 juillet

La revue Conflits a publié dans son numéro de juillet-août-septembre 2017 une interview de Jean-Pierre Sueur intitulée « Remettre l’entreprise au cœur de la ville ».

>> Lire l'article

A noter aussi dans le même numéro un article de David Simonnet intitulé « Enjeux géopolitiques des métropoles européennes ».

 

On le sait. Avec mon collègue Hugues Portelli, nous sommes à l’initiative d’une nouvelle loi sur les sondages.

Celle-ci, qui a été votée par le Parlement, était devenue nécessaire, tant les sondages ont pris une place déterminante dans le débat public.

Nous l’avons souvent dit : présenter dans les médias des chiffres absolus n’a pas de sens. Tous les sondages comportent une « marge d’erreur », qui est plus ou moins élevée selon la taille de l’échantillon analysé.

Ainsi, lorsque l’on dit qu’un candidat a obtenu, selon un sondage, un score de 49 %, cela signifie que le score prévisible (au moment où le sondage a été réalisé) est situé entre 46,5 % et 51,5 %, si la marge d’erreur est de plus ou moins 2,5% (ce qui est fréquemment le cas).

Nous avons donc logiquement inscrit dans la loi que la première publication de chaque sondage devait être accompagnée de la mention de la marge d’erreur.

Voici comment la loi est détournée : certains instituts publient sur un site Internet – souvent peu connu ou peu fréquenté – la marge d’erreur avant la publication dans le média (presse écrite, radio, télévision) qui a commandé le sondage. Et, lorsque celui-ci est publié à une plus large audience, il n’est plus accompagné de la mention de la marge d’erreur.

Ainsi, même si la loi est formellement respectée, l’esprit de la loi est totalement bafoué !

J’ai exposé cela lors du débat sur l’application des lois qui a eu lieu récemment à la Commission des lois du Sénat. J’ai demandé que l’on se prépare à une modification pour éviter qu’à l’avenir un tel « détournement » reste possible et pour que les citoyens disposent enfin des informations nécessaires pour bien apprécier le résultat d’un sondage.

J’ajoute que, sur d’autres aspects, l’application de la loi laisse à désirer. Ainsi, la Commission des sondages doit être saisie pour chaque sondage d’une note précisant les critères de redressement (puisque les chiffres publiés ne sont pas toujours – loin s’en faut – les « chiffres bruts » issus de la consultation de l’« échantillon »). Là encore, on constate que nombre de notes remises à la Commission des sondages au sujet de ces « redressements » sont très indigentes.

Là encore, il faudra préciser les termes de la loi.

On le voit : la législation est une matière vivante. Et il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier… afin que la volonté du législateur s’exprime en toute clarté et qu’elle soit ensuite strictement respectée.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’article du Canard Enchaîné à ce sujet

Savez-vous combien il y a de partis politiques en France ?

Vous serez étonnés d’apprendre qu’il y en avait, en 2016, 451.

Cet effectif progresse d’ailleurs régulièrement, puisqu’il y avait 20 partis en 1990 et 250 en 2000 !

Pourquoi une telle progression ?

Parce que la loi actuelle permet trop facilement à des formations politiques obtenant un nombre, même faible, de suffrages dans un certain nombre de départements (et selon des règles spécifiques dans les départements d’outre-mer) d’obtenir un financement public.

C’est ainsi que, par commodité, ou pour des raisons purement financières, de nombreux « partis » se sont créés, qui n’ont pas de véritable activité politique et ne sont pas connus comme tels de nos concitoyens.

Ces pratiques, pourtant légales, me paraissent très préjudiciables pour ce qui est du financement public des partis politiques qui doit, à mon sens, être limité aux vrais partis.

C’est pour réformer cet état de choses que j’ai déposé devant la commission des lois du Sénat l’amendement ci-joint, dans le cadre du débat sur le projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique (dit : « projet de loi de moralisation »).

Par ailleurs, pour bien illustrer et éclairer le problème posé, je reproduis intégralement ci-dessous le chapitre 3 du dernier livre de René Dosière intitulé Argent, morale, politique et consacré au financement des partis politiques.

 

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l'amendement

>> Lire le chapitre 3 du livre de René Dosière

 

Les partis politiques n’ont de sens et d’utilité que par rapport aux convictions, aux valeurs et aux projets qu’ils portent.

Ils se doivent, de surcroît, d’être des lieux de débat, d’étude, de réflexion afin d’élaborer des réponses aux questions qui se posent à chaque époque, et qui sont toujours nouvelles et de préparer et proposer des réformes afin de faire avancer la société.

Ils sont encore les instances qui ont pour mission d’arbitrer entre les candidats aux différentes élections par des procédures démocratiques.

Les partis sont nécessaires. La Constitution précise qu’il « contribuent à l’expression du suffrage. » Il n’est pas de démocratie sans parti politique. Et il n’est pas de parti digne de ce nom sans démocratie en son sein.

Les récentes « primaires » ont été, à gauche comme à droite, une confirmation de ce que je viens d’écrire.

Il a pu arriver – il est arrivé – que le vainqueur des primaires ne soit pas en phase avec la majorité – ou les opinions majoritaires – du parti dont il se réclame.

On en a vu les conséquences.

Si les adhérents des partis se trouvent dessaisis de la désignation de leurs représentants et aussi de la détermination de la ligne politique ou du programme qui sont, de fait, liés au candidat élu, alors on peut aller vers un effacement, de fait, des partis politiques.

Il peut aussi arriver que faute de travail sur le fond, de prise en compte de la société et de l’actualité telles qu’elles sont et non telles qu’on voudrait qu’elles fussent, les partis perdent de leur force et de leur vigueur. Il faut alors les régénérer.

Il peut arriver enfin que les contours des partis ne correspondent plus à des clivages clairs. Ainsi des positions inconciliables peuvent perdurer au sein du même parti, cependant que des partis différents peuvent réunir des adhérents dont les positions sont proches, voire semblables.

Dans ces cas, il est sain de chercher à clarifier les choses.

En tout état de cause, tout parti peut perdre de sa substance lorsqu’il se détourne des idées, projets et convictions qui fondent son existence.

Cela ne signifie pas qu’il mourra pour autant. On a pu voir aussi des partis continuer à exister comme des astres morts.

Je termine en citant, bien sûr, Charles Péguy et Notre Jeunesse : « Tout commence en mystique et finit en politique […] L’essentiel est que […] la mystique ne soit point dévorée par la politique à laquelle elle a donné naissance. »

Il écrivait encore : « Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique. »

Ce qui est premier c’est l’idée. C’est le sens. Il faut sans cesse les retrouver, les faire renaître, s’y ressourcer. Le reste est second – ce qui ne signifie pas secondaire.

Jean-Pierre Sueur

Je me souviendrai toujours du jour où Xavier Darcos est venu annoncer au Sénat qu’il n’y aurait plus d’école le samedi matin.

J’ai immédiatement pensé que cela se traduirait par trois heures d’enseignement en moins pour les enfants et par la concentration du temps scolaire sur quatre jours hebdomadaires dans l’un des pays du monde où le nombre annuel de jours de scolarité est le moins élevé.

Je sais qu’on nous a expliqué que ces trois heures seraient remplacées par du « soutien ».

Il n’empêche que j’ai perçu cela très négativement.

Pour les enfants des familles aisées, où il y a beaucoup de livres et d’ordinateurs à la maison et où les parents peuvent tout expliquer, cela n’est pas dramatique.

Mais cela peut l’être pour les enfants qui ne disposent pas des mêmes chances et des mêmes moyens.

Pour ceux-là, c’est l’école et c’est le temps scolaire qui – seuls – permettent la réussite.

J’ai été déçu de constater que cette décision de Xavier Darcos n’avait donné lieu qu’à bien peu d’opposition, comme si chacun s’y résignait.

C’est pourquoi j’ai été heureux que les ministres qui lui ont succédé rétablissent les « quatre jours et demi » de temps scolaire.

Certes, les modalités, qui ont trop largement reposé sur les communes – dont les moyens et situations financières sont très inégales – ont pu donner lieu à discussion et à contestation. Mais il faut reconnaître qu’au total nous sommes parvenus à atteindre l’objectif qui était assigné : rétablir la semaine de « quatre jours et demi ».

Il était prévu qu’au cours de cette année et des années suivantes, ce dispositif serait évalué.

… Et puis un nouveau ministre arrive qui, aussitôt, et sans attendre la moindre évaluation, remet tout cela en cause.

Je le regrette. Faire, défaire, refaire… n’est pas la bonne méthode en matière d’éducation. Nos élèves méritent mieux.

Jean-Pierre Sueur

À la suite des inondations de mai-juin 2016 qui avaient contraint au déplacement en pleine nuit de nombreux détenus du Centre pénitentiaire de Saran, Jean-Pierre Sueur avait interpellé le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, sur la situation ainsi créée et les mesures à prendre.

Ce dernier lui avait annoncé, par lettre, un échéancier très précis pour la réalisation des travaux qui sont absolument nécessaires et urgents.

Cet échéancier était décrit dans les termes suivants : « L’agence publique pour l’immobilier de la Justice (APIJ) a été mandatée pour conclure un marché de maîtrise d’œuvre, portant sur un diagnostic, des études et les travaux qui seront à réaliser. Le calendrier prévisionnel prévoit que le diagnostic doit être remis au mois de février 2017, pour une finalisation et des études au printemps et un achèvement des travaux à la fin de cette année ».

Or, il apparaîtrait que cet échéancier n’est pas respecté.

Jean-Pierre Sueur a saisi la nouvelle ministre de la Justice, Mme Nicole Belloubet. Il lui écrit notamment : « Ainsi, d’après les informations en sa possession, le diagnostic n’aurait toujours pas été remis alors que nous sommes fin juin ; les études ne seraient pas finalisées alors qu’elles devaient l’être au printemps. Dans ces conditions, on peut légitimement douter que les travaux seront achevés à la fin de l’année 2017. J’ai donc l’honneur de vous demander de bien vouloir m’informer de l’état exact d’avancée des études et des travaux sur les mesures urgents que vous comptez diligenter afin que le retard pris par rapport à l’échéancier annoncé soit rattrapé et que les travaux attendus – qui, je le rappelle, sont nécessaires et urgents – soient menés à bien dans les délais les plus rapides qu’il sera possible. »

 

Les Français ont parfaitement intégré – depuis 1958 – les présupposés de la Cinquième République. Conformément au choix qu’ils ont fait lors de l’élection présidentielle, ils ont donné une majorité – et, en l’occurrence, une majorité absolue – au président de la République qu’ils ont élu un mois plus tôt. Celui-ci dispose donc des moyens de mettre en œuvre sa politique. Il pourra agir et faire des réformes.

C’est bien sûr l’un des grands avantages du « système » instauré dès le début de la Cinquième République, dont j’ai eu l’occasion de mettre aussi en évidence les limites. Pour moi, une assemblée parlementaire ne saurait être le prolongement du pouvoir exécutif. Je reste fidèle à Montesquieu et au principe de la séparation des pouvoirs. Il reviendra aux député(e)s nouvellement élu(e)s de veiller à être, bien sûr, membres d’une majorité cohérente –, mais à garder la liberté et l’indépendance d’esprit qui sont consubstantiels au vrai travail parlementaire.

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Trois faits ont marqué cette élection.

En premier lieu, les Français ont limité le poids de la « très forte majorité » que promettaient les sondages. Ils ont marqué à la fois leur attachement aux présupposés de la Cinquième République évoqués ci-dessus, mais ils ont en même temps mis en œuvre ce que disait François Mitterrand entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988 – au grand dam de candidats que je connais bien… –, pour qui « il n’était pas souhaitable qu’un parti fût trop dominant ».

En second lieu, je tiens à souligner que les femmes font – enfin ! – leur entrée, en nombre cette fois très significatif, à l’Assemblée nationale. La parité a d’abord été instaurée aux élections municipales. Elle l’a été aux régionales, grâce à la proportionnelle. Elle l’a été aux élections départementales par la réforme qui a réduit le nombre de cantons afin d’instaurer des « binômes ». Je note que si cette réforme a alors été contestée, plus personne ne remet – ni ne remettra – en cause la parité qu’elle a permis de mettre en œuvre dans les conseils départementaux. Si elle n’est pas strictement paritaire, l’Assemblée nationale s’en rapproche désormais beaucoup – du fait du choix du mouvement « La République en marche » qui, comme d’autres – y compris le PS – l’avaient fait auparavant, a présenté autant de femmes que d’hommes. C’est un incontestable progrès.

Le troisième fait marquant est l’abstention massive. On peut y voir un symptôme du désintérêt pour la politique. Je me souviens que François Mitterrand me disait que depuis toujours c’était une sorte de « sport national » que de décrier la politique et surtout les élus. J’y vois une forme d’injustice : ce n’est pas parce que certains élus ont un comportement répréhensible qu’il faut jeter la pierre à la grande majorité des élus qui assument leur mission avec rectitude et dévouement. Pour ma part, je ne saurais me résigner à cette forte abstention. Je pense toujours à tous ceux qui dans le monde se sont battus, et ont donné leur vie, pour que nous ayons le droit et la liberté de voter. Je ne sais pas s’il faut rendre le vote obligatoire. C’est une possibilité. Mais je sais que mon instituteur inscrivait sur le tableau : « Voter est un devoir » – et qu’il serait bien d’enseigner constamment aux enfants et aux jeunes – comme certains enseignants, soyons justes, le font – les principes les plus précieux qui fondent la République.

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Je termine par une question parmi bien d’autres encore que pose cette « nouvelle donne » : celle de l’avenir du Parti socialiste.

Le Parti socialiste est né en 1905. Il a une longue histoire faite d’heures glorieuses et de défaites.

Il faut, une nouvelle fois, le reconstruire.

Mais ce ne doit pas être dans l’ambiguïté.

Il nous faut de la cohérence, en tout cas plus de cohérence – c’est un euphémisme ! – que dans la dernière période.

À mon sens, ce parti doit continuer à se battre pour la justice, la solidarité, les droits de l’Homme. Il doit inscrire son combat pour la justice dans le cadre d’une économie ouverte et de la mondialisation. Il doit promouvoir un État fort centré sur ses missions régaliennes, mais aussi sur ses missions en termes de redistribution et d’aménagement du territoire : il faut donner toute leur chance à tous les territoires, ce qui doit passer par de vraies péréquations. Il doit promouvoir l’esprit d’entreprise et favoriser l’accès d’un plus grand nombre de nos concitoyens à l’acte d’entreprendre. Il doit défendre le droit au travail, tout en travaillant aux évolutions nécessaires en lien étroit avec les partenaires sociaux. Il doit être profondément européen. Il doit s’inscrire clairement de la social-démocratie européenne.

Mais il faut choisir. On ne peut pas défendre cela et son contraire.

Et dans l’immédiat, je reprendrai volontiers la formule de Stéphane Le Foll qui disait, ce lundi matin sur France Inter, qu’il devait être « constructif et vigilant. »

Constructif d’abord. Emmanuel Macron a annoncé que son action serait « progressiste ». Nous nous retrouvons, et je me retrouve, dans ce terme. J’ai déjà écrit qu’on ne pouvait pas mener une action progressiste avec des conservateurs… Et je soutiendrai toute démarche, toute action, tout projet « progressiste ».

Mais nous devons être aussi vigilants. Je rappellerai que c’est le devoir premier des parlementaires qui se doivent de défendre leurs convictions avec la liberté et l’indépendance d’esprit – j’y reviens – sans lesquelles on ne peut pas exercer dans de bonnes conditions un mandat parlementaire.

Jean-Pierre Sueur

Le premier tour des élections législatives a donné lieu à une très forte mobilisation des électeurs qui ont confirmé et renforcé leur vote des présidentielles.

C’est une vague, comme il y en eut plusieurs depuis le début de la Cinquième République – j’y reviendrai ci-dessous – et, dans ces cas, la vague emporte tout et ne prend pas en compte le travail effectivement accompli par les députés sortants qui se représentent.

C’est, en particulier, le cas dans le Loiret pour mon amie Valérie Corre, députée travailleuse, active à l’Assemblée Nationale, qui a assumé son mandat avec sérieux et conviction, dans la proximité avec nos concitoyens et avec le souci constant de renouveler les pratiques politiques.

C’est pourquoi je regrette très vivement qu’elle ne puisse – dans l’immédiat – poursuivre sa tâche.

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Pour le second tour des élections législatives dans le Loiret, j’appelle à voter pour les candidats appartenant au mouvement « La République en Marche ».

En effet, je partage nombre de leurs positions. Emmanuel Macron a dit et redit qu’il voulait mener une action « progressiste ». Je partage cet objectif.

Ces candidats du mouvement « La République en Marche » sont opposés à des candidats appartenant au parti « Les Républicains » (LR) auquel je me suis moi-même toujours opposé.

Ma position est donc logique. Elle s’inscrit dans la continuité des choix politiques que j’ai toujours faits et dans la fidélité à mes convictions.

J’ajoute que, pour autant, je respecte les personnes. La politique, pour moi, n’est pas la guerre. Et on se doit de respecter ses adversaires politiques. Et même de travailler avec eux, lorsque c’est nécessaire – nous l’avons souvent fait – pour défendre des intérêts majeurs du Loiret et de ses habitants.

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On me permettra de présenter, en outre, une analyse plus générale du résultat du premier tour et de ses conséquences.

Une fois encore, les réflexes liés à près de soixante ans de pratique de la Cinquième République ont pleinement « fonctionné ».

À la suite de l’élection d’un nouveau président de la République, les électeurs se sont d’abord préoccupés de donner à ce président la majorité parlementaire qui lui permettra de mettre en œuvre la politique qu’il a annoncée.

Les uns et les autres – à droite comme à gauche – auraient mauvaise grâce d’en faire grief (comme certains l’ont déjà fait), car ce dispositif et ce « réflexe » ont plusieurs fois profité à la droite, en 1958 et 1993, et à la gauche, en 1981 et 2012 – pour se limiter à ces seuls exemples.

Cette logique – qui est strictement celle de la Cinquième République – apporte la stabilité, la clarté et la cohérence.

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Cela fait cependant des années que, pour ma part, je préconise une autre logique, celle qui dissocierait les élections présidentielle et législative – ce qui est le contraire de ce qu’a décidé Lionel Jospin lorsqu’il a choisi de faire des législatives la conséquence immédiate de la présidentielle.

Pour moi, cette autre logique devrait aller de pair avec l’instauration (ou le retour) de la représentation proportionnelle départementale.

On me rétorque parfois que l’on reviendrait, ce faisant, à l’instabilité chronique de la Quatrième République.

Je récuse cet argument, pour la simple raison qu’il n’y avait pas, sous la Quatrième République, un président de la République élu au suffrage universel direct, disposant de prérogatives fortes durant tout l’exercice de son mandat.

En revanche, le dispositif que je propose – et je ne suis pas le seul ! – donnerait au Parlement une autonomie à l’égard du pouvoir exécutif qui n’existe pas dans les cas de majorités très massives comme celle qui se dessine pour dimanche prochain.

Elle serait plus conforme à la « séparation des pouvoirs » telle que Montesquieu l’a définie.

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Un homme avait perçu les inconvénients de ces « majorités massives ».

C’était François Mitterrand, qui n’a pas hésité à instaurer la proportionnelle départementale en 1986, en dépit des objections de Michel Rocard.

Le même François Mitterrand a déclaré avant le second tour des élections législatives de 1988 qu’il n’était « pas souhaitable qu’un seul parti soit trop majoritaire » (ce qui n’avait pas facilité la tâche des candidats à ces législatives dont j’étais !).

Et c’est encore François Mitterrand qui déclarait lors du dernier conseil des ministres qu’il présida en 1993 – j’y étais présent – que s’il avait « un seul reproche à se faire », c’était de ne pas avoir, envers et contre tous, rétabli cette proportionnelle départementale.

France Info vient de publier sur son site deux graphiques que je reproduis ci-dessous.

Le premier représente la physionomie de l’Assemblée Nationale telle que les instituts de sondage la « prédisent » d’après les résultats du premier tour, avec le système actuel.

Le second figure quelle serait la composition de la même assemblée, à la proportionnelle.

Ces deux graphiques méritent réflexion.

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Mais, en attendant de telles réformes institutionnelles qui – de toute façon – ne sont pas pour tout de suite, je reviens à mon point de départ.

Et je souhaite qu’Emmanuel Macron, qui doit en avoir – et en aura ! – les moyens, puisse mener à bien une politique de progrès, une politique réformatrice, européenne et fidèle aux valeurs de justice et de solidarité.

J’entends, ici et là, les doutes et les interrogations.

Pour ma part, je me refuse aux procès d’intention.

Et je souhaite, dans ce nouveau contexte, le meilleur pour notre pays.

Jean-Pierre Sueur

  

Le débat qui revient sur la question de la « moralisation » de la vie politique appelle de ma part une première remarque dont je puis vous assurer qu’elle n’est en rien « corporatiste. »

Il y a 550 000 élus en France. J'en connais beaucoup, au plan national, mais aussi, bien sûr, dans le Loiret. Et je puis témoigner que ces élus, dans leur écrasante majorité, assument le mandat qui leur a été confié par les électeurs, avec dévouement et probité. Aussi sont-ils parfois découragés de constater que dès lors que certains ont un comportement condamnable, l’amalgame soit trop facilement fait avec tous les autres. Qu’on condamne ceux qui doivent l’être,  qu’on instaure des règles d’inéligibilité très strictes pour ceux-là, comme le propose François Bayrou : très bien ! Mais je demande aussi qu’on ne voue pas de ce fait aux gémonies ceux qui n’ont rien à se reprocher.

Ayant été le rapporteur au Sénat de la dernière loi sur ce sujet  - la loi sur la transparence de la vie publique –, qui a permis de beaucoup avancer sur les conflits d’intérêts et a créé la Haute autorité de la transparence de la vie publique, je puis affirmer que le projet de loi pour « la confiance dans la vie démocratique », préparé par François Bayrou, s’inscrit dans la continuité de ce texte et de textes plus anciens – les premiers étant dus à l’initiative de Michel Rocard – qui poursuivent le même objectif.

Je partage les objectifs et j’approuve, pour l’essentiel, les dispositions de ce nouveau texte.

S’agissant de la réforme constitutionnelle, il s’agit de mesures très judicieuses – je pense en particulier à la suppression de la Cour de justice de la République –, dont certaines – telle la réforme du Conseil Constitutionnel pour en exclure les anciens présidents de la République – étaient vivement souhaitées par François Hollande, mais auxquelles la droite – ou une partie de la droite – s’est constamment opposée ces dernières années, ce qui ne permettait pas d’obtenir au Congrès la majorité requise.

Il en allait d’ailleurs ainsi pour la réforme du statut du Parquet et du Conseil supérieur de la magistrature – réforme attendue de beaucoup et indispensable pour éviter que la France soit constamment condamnée ou critiquée par la Cour européenne des Droits de l’Homme. Et puisqu’il y a donc un projet de réforme constitutionnelle, il me paraîtrait salutaire que ces réformes concernant la Justice y soient enfin intégrées.

Sur les parlementaires, les conflits d’intérêts, la suppression des « emplois familiaux », les justifications des frais entraînés par l’exercice des mandats parlementaires, le financement des partis politiques et la transparence à cet égard ainsi qu’au sujet des dons effectués pour financer les campagnes électorales, je partage les objectifs poursuivis. Je serai évidemment attentif à l’écriture précise du texte : c’est mon rôle en tant que parlementaire.

Un dernier mot sur la « réserve parlementaire ». Je précise d’abord que ce que l’on appelle ainsi est une somme inscrite au budget du ministère de l’Intérieur, dont l’affectation relève des parlementaires.

 Au Sénat, en particulier, ces sommes sont majoritairement affectées aux petites et moyennes communes afin de les aider à financer leurs équipements et investissements. Tout est désormais transparent puisque les sommes attribuées sont publiées au Journal Officiel.

Des évolutions sont, bien sûr, tout à fait possibles. Je n’y mettrai qu’une condition. Puisqu’il s’agit, je l’ai dit, de sommes qui aujourd’hui aident, pour l’essentiel, les petites et moyennes communes, et donc la ruralité… il ne serait pas acceptable pour moi qu’elles soient purement et simplement reversées dans le « pot commun » du budget de l’État. Ce serait alors un recul pour ces petites et moyennes communes et pour la ruralité.

Jean-Pierre Sueur

À quelques jours du premier tour des élections législatives, permettez-moi de revenir sur cette question, après tout fondamentale : à quoi sert le Parlement ? Puisqu’il s’agit d’élire des députés, il n’est pas inutile de revenir sur leur rôle et de préciser ce que l’on attend d’eux.

Je suis, en effet, frappé par la multiplication des déclarations selon lesquelles l’élection législative ne devrait être que la pure et simple conséquence de l’élection présidentielle – comme si l’Assemblée nationale n’était vouée qu’à être une sorte de complément ou d’accompagnement du pouvoir exécutif.

Pour bien connaître – je crois – les deux assemblées qui composent le Parlement, je dirai tout net que telle n’est pas ma conception.

Je suis un disciple de Montesquieu qui a théorisé la séparation des pouvoirs entre un pouvoir exécutif, un pouvoir législatif et un pouvoir judiciaire.

Ce qui suppose que le pouvoir législatif – et donc les parlementaires – disposent d’une liberté d’appréciation, d’une capacité de jugement propre, en un mot d’une indépendance d’esprit par rapport au pouvoir exécutif, quel qu’il soit.

Il revient en effet au Parlement de voter les lois. Et par rapport à tout projet gouvernemental ou à toute proposition émanant d’un ou de plusieurs parlementaires, tout député ou tout sénateur a un droit d’amendement imprescriptible. Il lui revient d’adopter, de modifier ou de récuser tout article de loi en raison des convictions qui sont les siennes.

De même, la Constitution confère aux parlementaires un pouvoir de contrôle sur le gouvernement. Comment « contrôler » un pouvoir exécutif si l’on ne dispose pas à son égard de l’indépendance nécessaire ?

Qu’on m’entende bien. Je ne plaide pas pour une « cohabitation » permanente – encore que nos institutions rendent celle-ci possible. Je pense qu’il est bénéfique qu’il puisse y avoir une cohérence entre le pouvoir exécutif et une majorité parlementaire. C’est d’ailleurs ce que nous avons connu le plus souvent au cours de la Cinquième République.

C’est pourquoi, puisqu’Emmanuel Macron a dit vouloir mener une action « progressiste », il me paraît souhaitable qu’il dispose d’une majorité « progressiste ».

Mais je n’envisage pas cette majorité comme une collection de « godillots » – même si Jean-Pierre Chevènement, qui s’y connaissait pour ce qui est de l’indépendance d’esprit, a dit un jour que c’étaient de « bonnes chaussures. »

Je plaide pour une majorité progressiste dont chacune et chacun des membres apportera sa pierre à l’écriture de la loi, au contrôle de l’exécutif et à la représentation de la Nation.

Pour qu’il en soit ainsi, la meilleure solution me paraît être que cette majorité soit plurielle et intègre les socialistes qui se reconnaissent dans la gauche de gouvernement – auxquels j’apporte tout mon soutien – aux côtés des représentants de « La République en marche », des radicaux et écologistes, des centristes ayant rompu avec la droite conservatrice et des gaullistes sociaux effectivement attachés à l’esprit de la Résistance.

Cette majorité de progrès sera composée de femmes et d’hommes qui apporteront leurs analyses, leurs idées, leurs projets, leurs convictions – en un mot, de vrais parlementaires.

Jean-Pierre Sueur

C’est une belle idée que de faire vivre la culture dans les locaux de l’hôpital Madeleine, désormais déserté par les médecins et personnels hospitaliers. Je salue cette initiative de la Ville d’Orléans qui permet de retrouver ces locaux familiers sous un jour nouveau. Ainsi le cloître se prête-t-il très bien à la présentation d’œuvres graphiques – et les artistes présentement exposés ont bien du talent. De même, les concerts de musique classique résonnent bien le soir entre les murs, les bâtiments, parmi leurs ombres et leurs lumières. On en vient à souhaiter que la si remarquable chapelle du XVIIIe siècle, dessinée par le grand architecte Jacques V Gabriel, puisse être restaurée, éclairée le soir, et ouverte aux concerts et manifestations culturelles.

Un dernier mot : je ne comprends pas pourquoi ces manifestations culturelles sont affublées, comme d’autres, d’une appellation anglaise puisque cela s’intitule « Loire Art Show ». Faut-il donc céder à l’anglomanie ambiante ?

Jean-Pierre Sueur

 

Je tiens à saluer le travail de Jean-Louis Pierre qui a beaucoup œuvré pour publier et faire connaître les ouvrages de Ramuz et qui fait désormais vivre en Indre-et-Loire une maison d’édition appelée « La Guêpine » qui publie des livres originaux et exhume des textes inédits ou oubliés dignes d’être connus ou retrouvés.

Ainsi en est-il d’un texte d’Albert Camus qu’il vient de publier et qui eut un destin singulier. Jeune journaliste, Albert Camus écrivit pour « Le Soir républicain » qui paraissait à Alger, un article consacré à la liberté de la presse et à la censure, qui devait paraître le 25 novembre 1939… et qui fut censuré ! Ce texte ne fut donc pas publié.

Comme l’écrit Jean-Louis Pierre dans sa préface : « Pendant cette période, les rédacteurs jouèrent au chat et à la souris avec la censure, certains numéros offrants des blancs impressionnants. »

Il fallut attendre l’année 2012 pour que ce texte contre la censure, qui fut donc censuré, fût publié pour la première fois à l’initiative du quotidien Le Monde.

Camus s’y interroge sur la question de savoir « comment, en face de la suppression de ces libertés, un journaliste peut rester libre. » Et il décrit les quatre « moyens » qu’il préconise, à savoir « la lucidité, le refus, l’ironie et l’obstination. » Il s’agit, écrit-il, « de préserver la liberté jusqu’au sein de la servitude. » Et il ajoute que « la vertu de l’homme est de le maintenir face à tout ce qui le nie. »

Vous pouvez donc trouver ce texte, complété par une analyse de Jean Daniel, aux éditions « La Guêpine », 10 mail de la Poterie, 37600 Loches, pour le prix de 13 €. Ne vous en privez pas.

Jean-Pierre Sueur

Faut-il déjà rappeler que les Français ont fait un choix lors de l’élection présidentielle et que, quoi qu’on puisse penser des conditions dans lesquelles ce choix a été fait, il s’impose aux démocrates que nous sommes ?

Faut-il rappeler aussi que les Français, souvent fatigués des postures politiques, ou politiciennes, stéréotypées, ont approuvé et semblent toujours approuver la volonté d’Emmanuel Macron de faire bouger les lignes et d’imprimer un nouveau cours à la vie politique de notre pays ?

J’écris cela pour inciter à la réflexion par rapport aux critiques que je vois monter alors que ce quinquennat ne fait que commencer. Il sera plus judicieux, me semble-t-il, de juger les actes plutôt que les intentions prêtées.

Mais je veux aussi dire que je comprends le malaise que peut susciter la formule « ni droite ni gauche » – ou plutôt « et de droite et de gauche » – en ce qu’elle laisserait supposer une sorte de symétrie, d’égalité entre la gauche et la droite, la recherche de la vérité consistant à additionner ce qu’elles auraient de meilleur pour façonner une sorte de parti central qui risquerait de gommer toute différence – à l’exception de celles qui caractérisent les extrêmes qui, du coup, se renforceraient.

Quand on se sent, quand on se vit « de gauche » depuis toujours, ou quand, venu d’ailleurs, on a, peu à peu, adhéré aux valeurs de la gauche, quand on y croit, qu’on a milité, qu’on milite toujours pour la justice, le progrès, pour une société plus solidaire, où l’égalité et la fraternité ne soient pas de vains mots, on ne se résout pas à oublier ces idéaux et ces valeurs.

Je suppose qu’il en est de même pour celles et ceux qui partagent les convictions de la droite – mais je ne puis en parler, n’en ayant pas l’expérience.

Je reviens donc à la gauche. Et je précise que, pour moi, être de gauche c’est – dans la foulée de Pierre Mendès-France, Michel Rocard et Jacques Delors – inventer une gauche moderne qui sait que le marché existe, qu’il est nécessaire, mais qui n’ignore pas qu’il est « myope », une gauche moderne qui croit donc au rôle de l’État et des services publics. C’est inventer une gauche qui regarde en face la mondialisation, mais ne se résout pas à ce que les peuples, les gouvernants et les organisations internationales subissent cette mondialisation sans faire prévaloir les règles du droit et de la justice. C’est inventer une gauche qui renforcera l’Europe, qui est aujourd’hui si nécessaire, comme pôle de stabilité, de développement, de paix et de progrès dans un monde instable et dangereux.

On le voit, comme bien d’autres, je tiens à cette gauche – et d’ailleurs à la gauche.

Je ne suis pas sectaire pour autant. Et de même que des élus de bords différents travaillent ensemble dans toutes les intercommunalités de France – depuis les communautés de communes jusqu’aux métropoles –, je ne vois pas pourquoi l’on ne pourrait pas coopérer au plan national sur un certain nombre de sujets et de perspectives.

Mais que ce soit dans la clarté ! Et sans nier les différences.

Emmanuel Macron a fait un choix. Il a dit que son action serait « progressiste. » Pour que son action soit progressiste, il doit pouvoir s’appuyer sur une majorité progressiste.

C’est pourquoi – au risque de me répéter – je redirai qu’il est, pour moi, essentiel que ceux qui se réclament de la gauche et d’une gauche réformatrice puissent faire entendre leur voix et peser au sein de la future majorité.
Je redis qu’on ne fera pas une majorité progressiste avec des conservateurs. Et c’est pourquoi je soutiens les candidats qui se réclament du socialisme et de la gauche de gouvernement aux prochaines élections législatives.

Jean-Pierre Sueur