Interventions et prises de position

Vous trouverez ci-dessous les dernières prises de position de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles des années 2006 à 2008, vous les trouverez sur le blog de Jean-Pierre Sueur.

Pour celles antérieures à 2006, consultez la rubrique Archives.

Jean-Pierre Sueur est intervenu le 15 février au Sénat lors du débat sur projet de loi relatif à l’orientation des étudiants pour exposer un désaccord majeur avec la rédaction de ce texte.

>> Le communiqué de presse

>> Lire le compte-rendu intégral de son intervention

>> Voir la vidéo de son intervention

 

Jean-Pierre Sueur est intervenu le 13 février lors du débat sur projet de loi relatif à l’organisation d’un référendum en 2018 en Nouvelle-Calédonie prévu par les accords de Paris, puis de Nouméa. Il a rappelé le rôle historique joué par Michel Rocard ainsi que Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur.

>> Le communiqué de presse

>> Lire le compte-rendu intégral de son intervention

>> Voir la vidéo de son intervention

 

Je tiens à signaler tout particulièrement l’important rapport que vient de publier la commission des Lois du Sénat sur le sujet si important que constituent les infractions sexuelles à l’encontre des mineurs.

Si la rapporteure est Marie Mercier, le rapport a été élaboré par un groupe de travail pluraliste composé d’un représentant de chaque groupe politique.

Sa publication a été décidée à l’unanimité par la commission des Lois.

On trouvera ci-dessous le lien vers le texte intégral et les propositions qu’il présente.

JPS

>> Lire le rapport

Frédérique de Lignières vient de publier, sous le titre La légion bretonne et autres nouvelles de la forêt d’Orléans, un recueil de nouvelles, légendes et histoires de la forêt d’Orléans. J’en ai fait la préface qu’on lira ci-dessous.

Ce livre est publié par les Éditions de l’Écluse. Qu’il me soit permis, en cette occasion, de souligner la qualité du travail éditorial de ces éditions, implantées dans notre région, qui ont publié nombre de textes sur le Gâtinais, mais aussi d’œuvres littéraires.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la préface

Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat ce jeudi 15 février en conclusion du débat sur le projet de loi relatif à l’orientation des étudiants.

Il a dit qu’il ne pouvait souscrire à la rédaction de ce texte tel qu’elle était issue des travaux de la commission mixte paritaire rassemblant sept députés et sept sénateurs et soumise au Sénat en dernière lecture.

En effet, il a toujours été dit que ce projet de loi devait permettre à tous les jeunes de trouver une place dans l’enseignement supérieur au terme du processus d’orientation et d’accompagnement mis en place. Or, le texte adopté en ultime lecture dispose que le recteur « propose aux candidats, auxquels aucune proposition d’admission n’a été faite, dans le cadre de la procédure nationale de préinscription, une inscription dans une formation, dans la limite des capacités d’accueil ». Or, pour Jean-Pierre Sueur, ces six derniers mots, « dans la limite des capacités d’accueil » peuvent aboutir à ce que le recteur se trouve dans l’impossibilité de proposer une solution à chaque jeune, dès lors que « les capacités d’accueil » qui auront été décidées en amont ne le permettront pas.

Jean-Pierre Sueur a ainsi marqué son profond attachement à ce que l’objectif annoncé - permettre un accueil dans l’enseignement supérieur de tous les jeunes avec une orientation et le cas échant un accompagnement adapté - soit pleinement réalisé.

Il n’est pas fréquent que cinq parlementaires du Loiret soient reçus ensemble à l’Élysée. J’ai cependant tenu à ce que cette audience eût lieu ce jeudi 8 février. Elle nous a permis de faire part, durant une heure, à Audrey Bourolleau, conseillère pour l’agriculture d’Emmanuel Macron et à Rebecca Peres, conseillère parlementaire, des angoisses et des inquiétudes des agriculteurs du Loiret quant au devenir des aides que reçoivent aujourd’hui les producteurs situés dans les « zones défavorisées simples » – essentiellement : la Sologne, la Puisaye et le Berry – de notre département du Loiret.

Déjà, la semaine précédente, lors de leurs assemblées générales respectives, les dirigeants de la FDSEA – à Châteauneuf-sur-Loire – et des Jeunes Agriculteurs – à Épieds-en-Beauce – nous avaient alertés à juste titre. En effet, ces secteurs géographiques sont ceux où les aides européennes et françaises sont vitales pour la survie d’exploitations d’élevage, de production laitière et de diverses cultures. La suppression de ces aides pourrait mettre en cause l’existence d’un certain nombre d’exploitations – voire d’une grande partie de la production laitière et de l’élevage dans le Loiret.

C’est pourquoi, depuis l’entrevue de jeudi, j’ai maintenu le contact avec l’Élysée et le ministère de l’Agriculture et suis resté constamment en contact avec les dirigeants de la FDSEA. Suivant le dossier ce vendredi, presque heure par heure, j’ai pu mesurer la complexité du sujet. Toutes les régions concernées font valoir leurs arguments. J’ai craint que cela entraîne une « foire d’empoigne » dont le résultat ne serait pas forcément ni rationnel, ni juste. Or je rappelle qu’une réforme de ces aides qui sont payées à 75 % par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) obligeait les États membres à établir, pour leur versement, une carte fondée sur des critères scientifiques – notamment climatiques et biophysiques – rigoureux.

J’ai pu craindre aussi que l’image de notre département apparaisse au plan national caricaturalement bonne, au motif qu’il y a, en effet, des secteurs prospères, dans la Beauce en particulier, alors que lorsqu’on connaît de près le Loiret – je crois le connaître ! –, on sait qu’il y a de grandes disparités entre différents secteurs géographiques, et qu’une grande partie de la Sologne, de la Puisaye ou du Gâtinais connaît des difficultés souvent plus fortes que celles de communes dans certaines zones dites « de montagne » où l’accès aux aides ne donne pas lieu à discussion.

La difficulté vient aussi du fait qu’il faut définir une nouvelle carte établissant un classement commune par commune, à volume financier constant. Il est clair qu’il serait nécessaire que soient rendus publics, en même temps que la nouvelle carte, les soutiens financiers que l’État pourrait apporter pour compenser les « sorties » du dispositif, soutiens qui devraient naturellement être pérennes.

J’espère que mes interventions renouvelées, ainsi que celles de plusieurs de mes collègues parlementaires, que les démarches du préfet du Loiret et, bien sûr, l’action menée par les agriculteurs de notre département et leurs représentants seront bénéfiques.

Car pour connaître nombre d’entre eux, je peux redire que les producteurs des « zones défavorisées simples » du Loiret doivent continuer à percevoir les aides qui sont indispensables pour la pérennité de leurs exploitations.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur est intervenu ce mardi 13 février au Sénat lors du débat sur le projet de loi relatif à l’organisation de la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. 
 
S’étant rendu à la tête d’une délégation de la commission des lois en Nouvelle-Calédonie et ayant établi un rapport, Jean-Pierre Sueur a vigoureusement défendu ce texte qui permet l’organisation de la consultation prévue par les accords de Matignon en 1988, puis ceux de Nouméa en 1998. 
 
Il est revenu sur l’action de son ami Michel Rocard qui, après une période d’intenses violences et d’incompréhension, avait fait le pari, au départ incroyable, d’un accord auquel ont puissamment contribué Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, ainsi que tant d’autres au cours des trente dernières années.
 
Il s’est réjoui du consensus qui s’est établi récemment entre les signataires de ces deux accords sur la liste électorale spéciale pour la consultation référendaire. Il a demandé à la ministre, Mme Annick Girardin, que la question posée soit « extrêmement claire » : « que votre oui soit oui et que votre non soit non » a-t-il dit, « il s’agit là de l’indispensable fidélité à l’engagement pris par la République ». 
 
Il a achevé son propos en rappelant que les communards avaient été exilés à l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie, à 18 000 kilomètres de Paris, alors que Victor Hugo plaidait, sans succès, à la tribune du Sénat pour l’amnistie. « C’était un artisan de paix », a-t-il dit, « comme tous ceux qui œuvreront demain pour que la consultation voulue par la République en Nouvelle-Calédonie soit une œuvre de paix ». 
 

C’est avec une vive émotion que j’ai participé au vingtième anniversaire du lycée Charles-Péguy d’Orléans.

J’étais maire d’Orléans lors de la création de ce lycée et je tenais fortement à ce qu’il portât le nom de Charles Péguy, immense écrivain né à Orléans, conformément aux vœux unanimes du conseil municipal et du conseil régional.

… Cette dénomination suscita lors de la première réunion du conseil d’administration du nouveau lycée, à laquelle je participais, quelques controverses, avant d’être finalement adoptée.

J’ai rappelé cela lors de la chaleureuse manifestation qui a marqué ce vingtième anniversaire, ce 9 février.

J’ai aussi écrit, il y a près de vingt ans à ce sujet, un texte intitulé « Un débat difficile », que je republie ci-dessous.

Les nombreuses expositions présentées à l’occasion de cet anniversaire et toutes les explications fournies par les enseignants et les élèves ont donné l’image d’un lycée vivant, innovant, offrant des enseignements de qualité – comme c’est le cas, je tiens à l’écrire, danstous les lycées d’Orléans et de son agglomération !

Au lycée Charles-Péguy, j’ai noté un fort intérêt des élèves – les expositions en témoignaient – pour l’architecture, l’urbanisme et le design. Penser la ville d’hier, d’aujourd’hui et de demain, cela fait assurément partie de la formation.

Cet intérêt n’est sans doute pas sans rapport avec l’architecture du lycée elle-même. Celle-ci, due à Patrice Debaque, qui était présent à la manifestation ce vendredi, apparaît toujours aussi belle et forte qu’au premier jour…

 

Jean-Pierre Sueur

>> Lire « Un débat difficile » paru dans le numéro 8 de la revue Le Porche et repris dans Aimez-vous Orléans ?

 

Mag’Centre vient de publier un numéro spécial consacré à l’histoire, aux élus, aux enjeux et aux projets d’Orléans Métropole et dans lequel est parue une interview de Jean-Pierre Sueur.

>> Lire l’interview

De graves problèmes s’étant posés, notamment à la suite des inondations de 2016, six maires du secteur Val de Loire sud, le président du syndicat de rivière du Loiret et plusieurs agriculteurs avaient saisi, il y a un an, le préfet de l’époque des lourdes difficultés engendrées par le défaut d’entretien de collecteurs d’eau, en particulier lorsqu’ils traversent des propriétés privées. Leur démarche étant restée sans suite, Jean-Pierre Sueur a écrit au préfet du Loiret pour demander l’organisation d’une réunion de travail associant les élus et responsables professionnels concernés. Il a également saisi le ministre de l’Agriculture de ce sujet par une question écrite.

>> Lire la question écrite

Suite à la demande de l’UMIH, qui rassemble les hôteliers et restaurateurs du Loiret, j’ai donc posé une question à Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire. On lira ci-dessous la question et la réponse que celui-ci vient de me faire. Celle-ci reprend, pour l’essentiel, la législation en vigueur.

Je continue pour ma part à considérer qu’il y a une vraie disparité, et même une profonde inégalité, lorsque l’on constate que les entreprises de restauration se signalent par des panneaux d’une taille considérable dans les entrées de ville… cependant que l’on est parfois très vétilleux à l’égard d’une pré-enseigne de taille relativement modeste qui signale une auberge ou un petit hôtel à l’entrée d’un village.

Lors d’une réunion de concertation qui a réuni, à la préfecture du Loiret, élus, professionnels et services de l’État, le préfet Jean-Marc Falcone a proposé la mise en place d’un groupe de travail pour étudier de manière positive la mise en œuvre de la législation et de la règlementation à cet égard. J’espère que cette démarche pragmatique permettra des avancées concrètes sur cette question qui peut avoir des conséquences non négligeables pour un certain nombre de professionnels de la restauration et de l’hôtellerie en milieu rural.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la question écrite et la réponse

Claude de Ganay, Richard Ramos, Stéphanie Rist, Hugues Saury et Jean-Pierre Sueur, parlementaires du Loiret, ont été reçus ce jeudi 8 février à la présidence de la République par Audrey Bourolleau, conseillère agriculture du président de la République et Rebecca Peres, conseillère parlementaire.
Ils ont défendu tous ensemble, avec force, les demandes des agriculteurs du Loiret pour le maintien des aides aux zones défavorisées de notre département.
 
 
Au moment où l’on parle beaucoup de rythmes scolaires, je tiens à rappeler une réalité que beaucoup semblent totalement méconnaître.
Aujourd’hui, alors que tous les élèves vont à l’école quatre jours et demi par semaine, le nombre de jours de classe est, en France, de 162 jours sur une année de 365 jours.
La moyenne européenne est de 185 jours de classe par an. Dans la plupart des pays d’Europe, il y a entre 180 et 200 jours de classe par an.
Ce chiffre, 162 jours, est le plus bas de tous les pays d’Europe et de tous les pays de l’OCDE.
Le passage de quatre jours et demi à quatre jours de classe par semaine se traduira, là où il sera mis en œuvre, par une année comptant 144 jours de classe et, en vérité, 140 jours en intégrant les jours fériés.
Alors, non seulement, nous resterons la lanterne rouge de l’Europe et de l’OCDE, mais nous « décrocherons » très fortement par rapport à l’ensemble des autres pays.
Un certain nombre de classements internationaux – que l’on peut toujours, bien sûr, contester – montrent déjà un « décrochage » des élèves français pour ce qui est du niveau des connaissances acquises dans plusieurs disciplines.
Qui peut croire qu’avec 140 jours de classe par an, on peut faire aussi bien que nos voisins avec 185 jours et davantage ?
Ce qui est clair, c’est que le temps scolaire est précieux. Et qu’il est encore plus précieux pour les jeunes issus de milieux défavorisés : pour eux, l’école est leur seule chance.
J’ai, pour ma part, la conviction qu’on ne pourra pas maintenir et accroître le niveau des connaissances et compétences acquises par les élèves français sans – d’une manière ou d’une autre – accroître le nombre de jours de classe dans l’année.
Cette déclaration ne sera peut-être pas très populaire.
Mais les chiffres sont là. Ils sont incontestables.
Jean-Pierre Sueur
 

Jean-Pierre Sueur vient de publier son 29e compte-rendu de mandat en tant que sénateur du Loiret. Celui-ci compte 114 pages, « malgré de nombreuses coupes », comme Jean-Pierre Sueur l’explique dans l’éditorial. Il n’a, en effet, en 2017, pas pu publier cette Lettre numéro 29 en milieu d’année, comme de coutume, en raison des règles s’imposant lors des campagnes électorales.

Si bien que cette Lettre n° 29 revient largement sur son activité durant l’ensemble de l’année 2017.

>> Télécharger le numéro 29 de La Lettre

>> Lire l’éditorial

>> Consulter les précédentes Lettres

J’ai participé ce samedi 2 février à la conférence organisée à la Fondation Jean-Jaurès par les amis d’Ibni Oumar Mahamat Saleh – et tout particulièrement le romancier Thomas Dietrich – afin de « ne pas oublier » la « disparation » – je mets des guillemets – de cet homme de sagesse qui fut étudiant en mathématiques à l’Université d’Orléans, recteur, ministre et finalement leader de l’opposition tchadienne.

Nous demandons toujours que la lumière soit faite sur les événements qui se sont produits le 3 février 2008 à N’Djamena. Nous demandons que les responsables, quels qu’ils soient, puissent être jugés.

On lira ci-dessous l’article de Charlotte Bozonnet paru dans Le Monde en 2014, qui présente de manière objective ce qu’on peut savoir aujourd’hui.

Le procureur de la République de Paris a été saisi. Un juge d’instruction a été nommé. Il vient d’être remplacé par un nouveau juge d’instruction. Il faudrait que soit délivrée une commission rogatoire qui lui permette d’aller enquêter sur place.

J’ai dit que la « disparition » ne permettait pas le deuil. Et que l’oubli serait une autre forme de mort. Nous ne voulons pas oublier. Et c’est pourquoi nous devons rester vigilants.

Jean-Pierre Sueur

>> Écouter l’interview de Jean-Pierre Sueur sur RFI

>> Lire l’article de Charlotte Bozonnet

>> Lire l’article de La République du Centre

 

 

On lira – et entendra – ci-dessous plusieurs réactions, dont la mienne, rapportées par Public Sénat suite aux déclarations d’Emmanuel Macron, président de la République, au sujet des nouvelles missions qu’il voudrait voir confiées au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

>> Lire, voir et écouter

Éditorial du numéro 29 de février 2018 de La Lettre de Jean-Pierre Sueur
 
Si toutes les élections nationales qui ont eu lieu en 2017 ont été importantes, on me pardonnera de m’attarder sur l’une d’entre elles : l’élection sénatoriale.
Je veux vous écrire, en toute sincérité, que j’ai été très touché par la confiance qui m’a été renouvelée, dans de bonnes conditions, pour la troisième fois, par de nombreux grands électeurs du Loiret.
Cette marque de confiance se traduit, pour moi, par une engagement fort : être fidèle aux communes du Loiret, à leurs élus, à leurs habitants, ainsi, bien sûr, qu’à ceux de notre département et de notre région – et me faire l’interprète au Parlement et auprès du gouvernement de leurs préoccupations, de leurs difficultés, de leurs attentes, de leurs propositions.
Ainsi suis-je d’ores et déjà intervenu sur la question des finances communales, sur les nécessaires assouplissements attendus par les communautés de communes, sur la désertification médicale, etc.
Cette Lettre, que beaucoup d’entre vous recevront pour la première fois, me permet de rendre compte de mon travail parlementaire et de mes interventions pour le Loiret.
Afin d’être davantage en prise avec l’actualité, je publie également tous les lundis après-midi une lettre électronique (nous en sommes au numéro 675 !) à laquelle chacune et chacun peut s’abonner gratuitement sur mon site www.jpsueur.com (cliquer sur « La lettre électronique » en haut à gauche de la page d’accueil).
La présente Lettre (en papier) paraît tous les six mois – à l’exception notable de l’année dernière au cours de laquelle je n’ai pas pu la publier en milieu d’année en raison des règles relatives aux campagnes électorales.
De ce fait, ce numéro est un peu plus épais que les précédents, même si j’ai dû me résigner à de nombreuses « coupes ».
Je souhaite que ces moyens d’information soient aussi des outils de dialogue. Être au contact des élus et des habitants est pour un parlementaire une absolue nécessité. C’est cela qui donne aux interventions faites à la tribune ou dans l’hémicycle du Sénat leur authenticité et leur crédibilité.
Je vous assure, toutes et tous, de mes sentiments bien dévoués.
Jean-Pierre Sueur
 

Ayant participé au groupe de travail mis en place par Gérard Larcher, président du Sénat, rassemblant quinze sénatrices et sénateurs de toutes tendances pour faire des propositions en vue d’une prochaine réforme constitutionnelle, je veux souligner que les travaux ont été, au sein de ce groupe, riches et fructueux.

Comme cela a été précisé au départ, chaque groupe politique et chaque membre du Sénat garde sa liberté d’appréciation et de jugement, y compris par rapport aux conclusions du groupe de travail et aux quarante propositions récemment rendues publiques par Gérard Larcher. En ce qui me concerne, si je considère qu’un certain nombre d’entre elles sont positives, je suis en désaccord, ou mon jugement est nuancé, sur plusieurs d’entre elles.

J’aborderai ci-dessous plusieurs questions qui « font débat » et sur lesquelles j’aurai l’occasion de revenir ultérieurement en fonction des initiatives que prendra le président de la République.

1. Il m’apparaît, en premier lieu, qu’il faut, davantage que ne le font les « quarante propositions », se centrer sur la question essentielle de l’équilibre des pouvoirs dans notre République. Soixante ans après l’adoption de la Constitution de 1958, on mesure combien celle-ci a assuré la stabilité de nos institutions, mais on mesure aussi à quel point la Constitution est marquée par un déséquilibre des pouvoirs au bénéfice du président de la République dont les prérogatives sont très étendues, ainsi que du gouvernement, au détriment du Parlement. Un rééquilibrage me paraît aujourd’hui indispensable – sans pour autant remettre en cause ce qui fait l’efficacité de nos institutions si on les compare, pour ne prendre que cet exemple, au régime en vigueur sous la Quatrième république.

De même, il me paraît indispensable de prendre en compte, dans la Constitution, la « révolution numérique » et ses conséquences en matière de protection des données personnelles, pour ne citer que cette question, étant entendu que d’autres – comme la « neutralité » du net – sont également posées.

Il me paraît enfin également nécessaire de prendre en compte l’aspiration des Français à plus de citoyenneté et à une plus forte « participation citoyenne » à la prise de décision à différents niveaux.

2. Sur trois points, il y a un large accord. Il s’agit de la suppression de la Cour de justice de la République (ce qui suppose toutefois la mise en place d’un « filtre » pour éviter que les ministres ne succombent sous le poids du « harcèlement judiciaire »), de la nécessaire réforme du statut des membres du Parquet, qui devront désormais être nommés sur avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature (ce qui évitera que la France soit régulièrement condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme au motif que son Parquet ne serait pas indépendant du pouvoir exécutif) et enfin de la fin de la présence des anciens présidents de la République au sein du Conseil Constitutionnel. Puisqu’il y a ce large accord sur ces trois points, la réforme pourrait au moins porter sur ceux-ci.

3. Je ne partage pas le point de vue de Gérard Larcher qui s’oppose au projet de limiter, dans le temps, le nombre de mandats consécutifs qui pourraient être exercés par la même personne. Cette limitation serait fixée à trois mandats. Il m’apparaît qu’en trois mandats, quels qu’ils soient – locaux ou nationaux – on peut incontestablement « agir dans la durée » et que cette mesure contribuerait au renouvellement de la vie politique. C’est pourquoi j’y suis favorable.

4. S’agissant de la réduction du nombre des élus, je suis plus réservé et plus nuancé. D’abord, je crains qu’il y ait quelque démagogie dans le discours selon lequel il y aurait trop d’élus. Les sondages vont certes en ce sens. Mais il peut y avoir des contradictions entre un jugement très général (« Oui, il y a trop d’élus »)… et la considération que les Français peuvent porter à tel ou tel élu précis, qu’ils ont élu et qu’ils connaissent. Et puis, l’exercice de la démocratie passe forcément par des élus : il est difficile et même impossible de généraliser la « démocratie directe ».

Pour ce qui est des élus locaux, ils sont certes nombreux en France, mais la plupart d’entre eux sont totalement bénévoles et ne perçoivent pas d’indemnité. Y a-t-il « trop » d’élus dans un village où onze personnes composent le conseil municipal dans lequel seuls trois sont –faiblement – indemnisés, l’avantage étant que chacun de ces élus connaît chaque maison, chaque route, chaque ferme, chaque commerce, etc. – si bien que les élus des petites et moyennes communes sont en fait les meilleurs défenseurs de l’aménagement du territoire et de la démocratie locale.

S’agissant des parlementaires, on peut, certes, réduire leur nombre. Mais il faut veiller à la nécessaire proximité entre ceux-ci et les habitants. Est-il souhaitable que dans nombre de départements, il n’y ait qu’un seul sénateur ? Et que pour maintenir un sénateur et un député par département – ce qui paraît être souhaitable – on réduise drastiquement la représentation parlementaire des départements les plus peuplés, ce qui aurait pour effet de lourdement malmener le principe d’égalité. Ce sont de vraies questions.

5. On dit souvent que la procédure parlementaire est longue. Même si l’on peut et doit améliorer cette procédure, je conteste cette affirmation. Faire une bonne loi demande du temps. Et je me réjouis que dans les « quarante propositions » qu’il a présentées, Gérard Larcher n’ait pas cédé à un certain « air du temps » qui conduirait à faire de la « procédure accélérée » la procédure de droit commun. Je rappelle que cette « procédure accélérée », à laquelle le gouvernement ne devrait en principe recourir qu’en cas d’urgence effective, limite le débat parlementaire à une seule lecture devant chaque assemblée avant la réunion de la commission mixte paritaire (CMP) – rassemblant sept députés et sept sénateurs – puis les lectures finales. Il me paraît essentiel qu’il puisse y avoir – sauf exception – deux lectures dans chaque assemblée avant la CMP. Pourquoi ? Parce que les assemblées travaillent dans l’ordre du discursif : elles débattent, adoptent ou non des centaines d’amendements – et c’est l’essence de la démocratie –, mais elles doivent produire, au terme du processus, un texte normatif – une loi. Le passage du « discursif » au « normatif » demande du temps. Le temps de la loi n’est pas celui de l’immédiateté. L’écriture de la loi demande du temps. Et il est sage – comme nous l’avons proposé au Sénat – d’encadrer plus strictement le recours par le pouvoir exécutif à la procédure accélérée.

Jean-Pierre Sueur

Lire aussi :

>> Le compte-rendu du colloque sur « L’écriture de la loi »

>> Pour le bicamérisme

>> Y a-t-il trop d’élus en France ?

>> À quoi sert le Parlement ?

Jean-Pierre Sueur, président du groupe France-Tunisie du Sénat, fera partie de la délégation officielle de la visite d'État que fera Emmanuel Macron, président de la République, les mercredi 31 janvier et jeudi 1er février.

 

À la suite de la démission de Didier Guillaume, Patrick Kanner, sénateur du Nord, a été élu président du groupe socialiste du Sénat.

Jean-Pierre Sueur a été désigné en qualité de premier vice-président délégué.

C’est avec beaucoup de tristesse que j’apprends le décès de Guy Boutin. Bénévole de tous les instants, toujours engagé, toujours dévoué, Guy Boutin a beaucoup apporté dans de nombreux domaines. Je sais combien il fut fidèle à l’action qu’avec d’autres j’ai menée pour Orléans et combien ses encouragements et conseils furent précieux. Cheminot, il fut chef de circonscription puis inspecteur. Il prit des responsabilités syndicales. Il fut parallèlement et ensuite : responsable d’association de parents d’élèves, responsable mutualiste et acteur dans le monde du handicap, c’est ainsi qu’il siégea au sein de la commission régionale d’invalidité. Mais c’est surtout dans deux domaines que son action fut marquante. D’abord au service de son quartier de la Madeleine pour lequel il a constamment agi, au sein du comité des fêtes, du conseil de quartier et de l’ADAQO. Enfin, pour les jardins. Guy aimait les jardins. Il s’engagea pour « Les jardins du cheminot ». Et puis, à nouveau, il s’engagea pleinement dans le beau projet du « Jardin d’Emmanuel » qui s’est traduit par la création, avec les habitants, d’un beau jardin au milieu des bâtiments et habitations du quartier Madeleine. Ce projet était et reste précurseur : les jardins doivent tenir toute leur place dans la ville de demain. J’assure son épouse Colette et ses filles Sophie et Emmanuelle, de toute mon amitié.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a exposé sa position sur la « désertification médicale » dans La République du Centre du 18 janvier, en réponse aux questions d’Anne-Marie Coursimault.

>> Lire l’interview

Jean-Pierre Sueur est intervenu le 17 janvier 2018 dans le débat, en séance publique au Sénat, sur le rapport de Pierre-Yves Collombat, sénateur, sur la crise financière mondiale.

Son intervention a d’abord porté sur les modalités du débat.

>> Lire le compte-rendu de l’intervention de Jean-Pierre Sueur

>> Lire le rapport complet de Pierre-Yves Collombat

>> Voir la vidéo de l’intervention de Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a coprésidé, le 18 janvier 2018, l’audition par les commissions des affaires européennes, des lois et des affaires étrangères du Sénat de Julian King, commissaire européen pour l’Union de la sécurité.

Il l’a interrogé sur la « guerre du cryptage » et sur la nécessité d’une cohérence européenne en ce domaine, sur la mise en place du dispositif PNR, sur son éventuelle extension aux transports maritimes, sur la cybersécurité, et sur les risques de « fuite » de certains opérateurs économiques induits par les règles européennes en cette matière.

>> Lire le compte rendu de la réunion

Voir :

>> La vidéo de l’intervention de Jean-Pierre Sueur

>> La vidéo de la réponse de Julian King et de l’ensemble de la réunion

Jean-Pierre Sueur a participé le 27 novembre 2017 au colloque organisé à Nancy par l’Université de Lorraine et l’Union crématiste européenne sur le thème « Droit et crémation : quel statut juridique pour les restes humain ? »

Il a fait l’une des interventions introductives de ce colloque.

La revue Résonance a publié un compte-rendu précis du colloque et de l’intervention de Jean-Pierre Sueur.

>> Lire l’article de Résonance

Le président de la République a récemment annoncé que, d’ici trois ans, la taxe d’habitation serait totalement supprimée.

Le même président de la République avait annoncé auparavant devant le congrès des maires de France, le 23 novembre dernier, qu’il voulait « garantir pleinement l’autonomie financière et fiscale » des communes et que, pour ce faire, il mettrait en œuvre une« réforme en profondeur de la fiscalité locale, et en particulier communale » et qu’une mission était confiée à cet effet à Alain Richard et Dominique Bur.

Je rappelle que la suppression totale de la taxe d’habitation se traduira par un « manque à gagner » de dix-neuf milliards… et que ces dix-neuf milliards ne se trouveront pas sous les pieds d’un cheval…

Ancienne sénatrice devenue ministre, Jacqueline Gourault annonçait légitimement qu’il y aurait un nouvel impôt local, défini au terme de la mission annoncée et mise en œuvre.

Et puis, le lendemain, le ministre Le Maire contredit Jacqueline Gourault, contrainte au « rétropédalage » : non, dit-il, il n’y aura pas d’impôt nouveau !

… La question reste cependant entière. Si l’État compense intégralement le manque à gagner pour les collectivités locales… il faudra toujours trouver dix-neuf milliards.

L’augmentation d’un impôt existant serait évidemment – et formellement – compatible avec les propos de Bruno Le Maire.

Mais ne joue-t-on pas sur les mots ?

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat, ce mardi 16 janvier, lors des questions au gouvernement pour interroger le gouvernement sur les conséquences de la suppression de la taxe d’habitation et sur les préoccupations de nombreux maires et élus locaux à ce sujet. 
Il a rappelé que la suppression complète de la taxe d’habitation se traduirait par un coût de 19 milliards d’euros et que le président de la République avait mis en place une commission animée par Alain Richard et Dominique Bur pour réformer en profondeur la fiscalité locale.
Il a rappelé que Mme Jacqueline Gourault avait déclaré qu’il y aurait un nouvel impôt local, plus juste, pour compenser la suppression de la taxe d’habitation et qu’elle avait été contredite peu après par  Bruno Le Maire, qui a indiqué qu’il n’y aurait pas de création d’un impôt nouveau.
Jean-Pierre Sueur a donc demandé si la solution retenue par le gouvernement n’était pas, en fait, l’augmentation d’impôts existants.
Bruno Le Maire lui a répondu qu’il y avait trois pistes : en premier lieu la réduction des dépenses, en second lieu le réaménagement d’un impôt national, et en troisième lieu la refonte des taxes locales. 
Jean-Pierre Sueur a rétorqué que la réduction de 19 milliards serait difficile compte tenu de nos engagements européens et que les deux autres pistes se traduiraient immanquablement par des augmentations d’impôts, qu’ils soient nationaux ou locaux. Il a fait observer, en outre, que ce nouveau dispositif serait incompatible avec le maintien de l’autonomie financière et fiscale des collectivités locales, dont le président de la République a dit, devant l’assemblée du Congrès des Maires, qu’elle serait « pleinement garantie. » 
 

On reste confondu devant le si long mutisme des dirigeants de Lactalis.

On demeure interrogatif devant le quasi-laconisme, un mois durant, des membres du gouvernement.

On est interdit lorsqu’on apprend que la grande majorité des distributeurs a continué à vendre des produits dont le retrait était exigé après la date où ils ont eu connaissance du caractère impératif de ce retrait.

On se rend compte qu’à l’heure où chaque produit est référencé, qu’il est donc « traçable », à l’heure où l’informatique est partout présente jusqu’à la moindre caisse enregistreuse… une telle mise en danger sanitaire reste tout à fait possible. On le sait pourtant. On nous l’a assez dit et redit. Le principe de précaution exige que, dès qu’il y a un dysfonctionnement, une erreur, une faute, les responsables concernés fassent preuve d’une totale transparence et tirent immédiatement toutes les conséquences.

L’examen de ce qui s’est passé justifiera évidemment une commission d’enquête parlementaire.

On me permettra un dernier mot. Certains déclarent ici et là que ces faits démontrent qu’il faudrait davantage de contrôle – et donc davantage d’agents de la DGCCRF… Je note que ce sont parfois les mêmes qui se plaignent du trop grand nombre de fonctionnaires… Et je leur rappelle, au cas où cela leur aurait échappé, que la dernière loi de finances se traduit par une diminution de quarante-cinq postes à la DGCCRF.

Jean-Pierre Sueur

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur était intervenu auprès d'Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, au sujet des conditions de financement, par le Conseil départemental en particulier, de l'aide personnalisée à l'autonomie (APA). Agnès Buzyn a répondu à Jean-Pierre Sueur.

>> Lire la question écrite et la réponse

Jean-Pierre Sueur avait posé une question écrite à Florence Parly, ministre des Armées, à propos de l’égalité de traitement entre les appelés ayant combattu en Algérie. Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, lui a répondu.

>> Lire la question et la réponse

Jean-Pierre Sueur a transmis ce jeudi 11 janvier à Jean-Marc Falcone, préfet de la région Centre-Val de Loire, préfet du Loiret une lettre dans laquelle il écrit : « Des familles ainsi que plusieurs associations ont appelé mon attention sur les inscriptions à caractère homophobe qui subsistent depuis plusieurs mois sur la structure de béton destinée au projet d’aérotrain à hauteur de la commune de Chevilly. De même que j’avais pu obtenir de l’un de vos prédécesseurs que des inscriptions mettant en cause la Garde des Sceaux de l’époque fussent supprimées, je vous serais reconnaissant de bien vouloir veiller à ce que les services de l’État compétents procèdent à l’effacement de ces inscriptions. »
 

J’éprouve parfois des sentiments mêlés à l’égard des livres publiés dans la collection des « Dictionnaires amoureux » et qui portent sur des sujets très divers et variés. Il arrive en effet que certains auteurs de la collection en profitent pour recycler nombre d’extraits ou de condensés de leurs œuvres antérieures, si bien que leurs Dictionnaires semblent en fait relever, de manière systématique, de la technique du « copié-collé ».

Je m’empresse d’écrire que ce que je viens d’évoquer ne s’applique nullement au Dictionnaire amoureux de la Psychanalyse que publie Élisabeth Roudinesco (éditions Plon/Seuil) qui procède d’une toute autre démarche. Celle-ci propose en effet une œuvre originale par laquelle elle restitue une vie de recherche, de découvertes et de passions intellectuelles. C’est donc beaucoup plus qu’un « divertissement » pour « jours sombres »

(suite de la lettre électronique)

Je connais Élisabeth Roudinesco depuis l’épisode de l’« amendement Accoyer ». Cet amendement avait pour objet affirmé de définir les conditions d’exercice de la profession de psychothérapeute. Cet objet affirmé était à priori pleinement justifié. Mais au-delà de ce qui était dit, il y avait un inacceptable non-dit qui était, en fait, une volonté farouche de s’en prendre à la psychanalyse, de réduire sa place, sa portée, de la réduire au bénéfice d’un behaviorisme renaissant et de thérapies cognito-comportementales qui bafouaient par leur présupposés, leurs méthodes et leurs pratiques, tout ce que la psychanalyse avait apporté et continuait d’apporter. C’était un pan de notre culture qui était ainsi attaqué.

On le sait : la psychanalyse française ne manque pas d’écoles, d’obédiences et de chapelles. Avec Élisabeth Roudinesco et d’autres, un front commun se mit en place composé de praticiens, d’intellectuels, de politiques. Il y eut un moment d’unité, de trop courte durée sans doute s’agissant des psychanalystes, et de leur extrême pluralité, mais remarquable, nécessaire et qui permit de résister à l’offensive qui est malheureusement parvenue à ses fins dans certains pays, du moins en partie ou en grande partie – et qui nécessite toujours une vraie vigilance. L’œuvre de Sigmund Freud a encore et toujours aux yeux de certains pouvoirs en place et d’autorités de toutes sortes un fort goût de subversion.

Mais revenons au Dictionnaire amoureux de la Psychanalyse.

Ce qui frappe, dans ce livre, c’est qu’alors qu’Élisabeth Roudinesco se définit avant tout comme une historienne, son livre porte surtout sur… la géographie, tout particulièrement sur les villes qui furent les foyers de la naissance et du développement de la psychanalyse.

Cet « amour des villes » m’a fait repenser au livre de Jean-Paul Dollé intitulé Fureurs de villes dans lequel celui-ci nous explique que, pour lui, l’Europe, ce sont d’abord les villes qu’il aime – creusets de vie, de révoltes, de culture et de civilisation.

Pareillement, Élisabeth Roudinesco, que je préfère citer longuement, explique que « de Vienne à Paris, de New York à Buenos Aires, de Budapest à Zurich, la psychanalyse est partout dans le monde un phénomène urbain. […] D’où le choix pour ce dictionnaire de privilégier les noms de villes aimées. J’aime les villes, j’aime les bruits de la ville, la foule, les cafés, les brasseries et donc j’aime que la psychanalyse soit partout implantée dans des villes, voire des mégapoles, où l’angoisse va de pair avec l’interrogation du sujet sur lui-même. Explorer son inconscient, c’est toujours se détacher de quelque chose, quitte à en conserver la trace dans l’inconscient : d’un territoire, d’une tribu, d’une famille et donc d’une souveraineté liée à la race, à la nation. C’est aussi rêver d’une ville ou même rêver une ville. […] Il y a plusieurs sortes de villes : de l’amour, de la mémoire, du regard, de la mort, des signes. Elles portent en elles les emblèmes les plus divers, des noms de femmes, d’animaux, de mythes. Les villes de la psychanalyse figurent toutes dans un atlas, mais elles forment aussi un catalogue infini de concepts qui ressemblent à un ailleurs […] : villes du Ça (Paris), du Surmoi (Londres), du meurtre du père (Vienne), du Moi (New York), de l’autoanalyse (Buenos Aires), de la bisexualité et du partage (Berlin), de la télépathie (Budapest), du multiculturalisme (Mexico), du désir (Rome), de la féminité (Göttingen), du rêve (Saint-Pétersbourg), etc. »

… Sinon, il est vain de vouloir résumer ce livre. On y apprend combien la psychanalyse fut persécutée : le nazisme considérait qu’elle était une « science juive » – et combien Freud fut injurié. On y lit que « ce qui est arrivé de pire à la psychanalyse à la fin du XXe siècle, c’est d’être devenue l’instrument d’une psychologisation de l’existence et de la politique. […] Plus aucune célébrité de la vie politique ne saurait échapper désormais au discours psychanalytique. […] Cela signifie que l’identification émotionnelle des chefs charismatiques est devenue plus importante que la confiance rationnelle accordée à des institutions représentatives. » On y croise la haute figure de Jacques Derrida et celle de Michel de Certeau. On y rencontre Julien Green et Georges Perec. On y trouve un inventaire des maximes et apories de Jacques Lacan, comme celle-ci : «  Le langage est la condition de l’inconscient »

Et je garde pour la fin cette perle : l’histoire de ce jeune homme norvégien, accusé d’avoir volé un livre de Freud, et qui fut condamné par le juge… à lire ce livre !

N’en doutons pas : ce dictionnaire est assurément amoureux.

Jean-Pierre Sueur

 

Mon ami Jean-Marie Muller, qui habite à Chanteau, dans notre Loiret, a consacré sa vie à travailler sur la non-violence. Il a rédigé sur ce thème une bonne trentaine d’ouvrages, au fil desquels il a constamment approfondi, développé et précisé sa réflexion.

On peut être d’accord ou non avec ses thèses. On peut les trouver irréalistes – même si Gandhi et Martin-Luther King ont fait preuve, en recourant à la non-violence, d’un puissant réalisme, qui s’est révélé être finalement d’une totale efficacité –, mais on ne peut méconnaître les analyses et les arguments des partisans de la non-violence, ni les écarter d’un revers de la main, comme cela été trop souvent fait, quand on a lu les ouvrages de Jean-Marie Muller. Et c’est le mérite de l’œuvre imposante que constitue la totalité des livres de Jean-Marie Muller.

Son dernier ouvrage confirme ces propos. Publié aux éditions du Relié, il s’intitule : La violence juste n’existe pas.

Jean-Marie Muller y revient sur nombre de déclarations émanant d’instances de l’Église catholique – et notamment d’écrits de différents papes – qu’il étudie de près et par rapport auxquels il apporte argumentations et réfutations. Il critique en particulier ce qu’il appelle la « théorie de la guerre juste » qui a conduit, en nombre de circonstances, les autorités religieuses à bénir des guerres dont les motivations leur paraissaient sinon justes, au moins justifiées et justifiables.

Jean-Marie Muller consacre différents chapitres à Tolstoï, Gandhi, Martin-Luther King, aux moines de Tibhirine et au « défi de l’arme nucléaire. »

Il insiste, tout au long du livre, sur un point, pour lui fondamental : ce qui est important, dirimant, ce n’est pas l’idéalisme de la non-violence, car « cet idéalisme s’avère en définitive incapable de penser le conflitet, par conséquent, de rechercher les moyens d’actions qui permettent de le résoudre pacifiquement. »

Non : pour lui, ce qui compte d’abord, ce qui est essentiel, ce sont les méthodes et les stratégies de la non-violence, qu’illustrent remarquablement les chapitres consacrés à Gandhi et à Martin-Luther King.

Voilà donc un livre qui donne à penser : ce n’est pas le moindre de ses mérites.

Jean-Pierre Sueur

 
 

Jean-Pierre Sueur a été réélu président du groupe interparlementaire France-Tunisie du Sénat.

On lira ci-dessous le compte-rendu de la réunion au cours de laquelle ce groupe a été reconstitué – qui évoque son activité au cours des années passées et ses projets.

>> Lire le compte-rendu

À tous les habitants du Loiret, je présente mes vœux les plus sincères, en pensant tout particulièrement à celles et ceux qui souffrent de la maladie, de la précarité, de la solitude, de la perte  ou de l’absence d’emploi, aux mineurs étrangers isolés... en un mot à toutes celles et à tous ceux qui ont de bonnes raisons de souhaiter que l’année 2018 soit vraiment meilleure...


2017 fut une année riche en scrutins électoraux. À l'automne, les « grands électeurs » du Loiret m’ont une nouvelle fois exprimé largement leur confiance. Je leur en suis très reconnaissant. C’est un honneur pour moi, en même temps qu’une lourde responsabilité : celle de porter leurs inquiétudes et leurs projets au Parlement, d’y défendre les convictions sur lesquelles je me suis engagé et d’être présent « sur le terrain », actif et à l’écoute des habitants de notre département.

J’espère, durant cette année nouvelle, des avancées dans plusieurs domaines. Je pense au phénomène de la « désertification médicale » qui touche et touchera particulièrement le Loiret. Les nouvelles maisons de santé sont, bien sûr, utiles et bénéfiques. Mais il est clair que les mesures incitatives ne suffiront pas et que des décisions plus courageuses seront nécessaires : je souhaite qu’elles puissent être prises en concertation avec les professionnels de santé.

S’agissant de l’éducation, je suis bien d’accord sur le fait qu’il faut une « école de l’exigence », mais je m’inquiète de voir que nous allons être l’un des pays de l’OCDE – et du monde – où il y a le moins de jour de classe par an. N’oublions jamais que c’est pour les enfants des milieux les plus défavorisés que le temps de l’école est le plus précieux.

La France est le pays des Droits de l’Homme. Ne l’oublions jamais. Accueillons comme nous le devons les demandeurs d’asile. Et faisons preuve d’humanité  à l’égard des êtres humains écrasés et broyés par des situations insupportables. Michel Rocard a dit que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde. Mais n’oublions pas qu’il ajoutait : « Raison de plus pour qu’elle traite décemment la part qu’elle ne peut pas ne pas prendre. »

S’agissant de la politique, et plus particulièrement du Parti socialiste, auquel j’appartiens, je souhaite que celui-ci s’engage résolument dans la voie du renouveau. Il ne construira pas son avenir en se figeant sur ses réponses d’hier ou d’avant-hier. En revanche, il doit, dans un esprit de rassemblement, faire preuve d’une double fidélité : à ses valeurs fondamentales et à sa culture de gouvernement.

... Et n'oublions pas que, cette année encore, la justice sociale, l'égalité et la fraternité seront pour nous tous des enjeux et des défis essentiels. À toutes et à tous, heureuse année 2018 !
 

Jean-Pierre Sueur

 

J’ai participé à la réunion organisée récemment par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) du Loiret à Vienne-en-Val au sujet des « pré-enseignes » et leur ai apporté mon total soutien. En effet, la règlementation actuelle (issue d’une législation qu’il faut préciser) est très restrictive pour ce qui est du signalement, à l’entrée des communes, des restaurants, hôtels et autres activités. Cela se traduit en chiffre d’affaires et peut mettre en cause la viabilité d’un certain nombre d’établissements.

Je considère qu’il y a, à cet égard, de grandes inégalités. En effet, dans les zones urbaines, il y a des immenses panneaux annonçant des entreprises de restauration… alors qu’on cherche noise à des restaurants qui apposent des panneaux de 80 centimètres de haut à l’entrée d’une commune rurale !

Je participerai début janvier à l’audience que nous avons sollicitée à cet égard auprès du préfet du Loiret. J’ai posé au ministre de l’Économie une question écrite à ce sujet. J’ai enfin fait une déclaration qu’on a pu lire dans la presse.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la question écrite

>> Dans les médias :

Jean-Pierre Sueur est intervenu le 14 décembre en séance publique au Sénat dans le débat sur une résolution accroissant le rôle des commissions. Il a également abordé la question de la procédure parlementaire – l’un des sujets dont il est question dans les réflexions relatives à la réforme constitutionnelle.

>> Lire le compte-rendu intégral de son intervention en séance

>> (Re)voir la vidéo de son intervention

>> Sur la réforme constitutionnelle, lire l’article de François Vignal sur le site de Public Sénat

À la demande de la Fédération du Loiret du Secours populaire, Jean-Pierre Sueur était intervenu auprès de Nathalie Loiseau, ministre chargée des Affaires européennes, pour demander que la France s’engage pleinement pour que le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) soit pérennisé et abondé.

Nathalie Loiseau a répondu à Jean-Pierre Sueur

>> Lire la réponse de la ministre

Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a répondu à une question écrite de Jean-Pierre Sueur sur le crédit d’impôt pour la transition énergétique.

>> Lire la question écrite et la réponse

Jean-Pierre Sueur a posé une question écrite à la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées à propos de l’égalité de traitement entre les appelés ayant combattu en Algérie.

>> Lire la question écrite

Je signale l’article de Pascale Auditeau publié dans La République du Centre du 15 décembre (édition Loiret) à la suite d’une réunion rassemblant tous les partenaires du Théâtre de l’Escabeau autour des projets et perspectives de ce théâtre qui propose à Briare des spectacles de grande qualité.

JPS

>> Lire l’article

Jean-Pierre Sueur a participé le lundi 4 décembre sur la chaîne parlementaire LCP-AN à un débat sur l’avenir de la gauche et du Parti socialiste organisé par l’émission « Ça vous regarde » animée par Arnaud Ardoin, avec Barbara Romagnan, ancienne députée PS du Doubs, membre du mouvement « Génération.s », Emmanuel Maurel, député européen, membre du bureau national du PS, et Christophe Prochasson, historien, président de l'École des hautes études en sciences sociales.

>> (Re)voir l'émission

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur interroge la ministre du travail sur les modalités de mise en oeuvre du régime de garantie des salaires (AGS).

>> Lire la question écrite

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur interroge la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, sur les critères d'attribution de bourses de l'enseignement supérieur aux étudiants étrangers bénéficiaires de la protection subsidiaire.

>> Lire la question écrite

Dans une question écrite adressée au ministre de l’Économie et des Finances, Jean-Pierre Sueur défend la pérennisation du crédit d’impôt applicable aux maîtres-restaurateurs.

>> Lire la question écrite

La Revue du Trombinoscope vient de publier un article de Jean-Pierre Sueur sous le titre « Les défis de la ville dite "intelligente" » dans un dossier consacré aux « Smart cities ».

>> Lire l’article

 

Intervenant sur le budget de la Justice, Jean-Pierre Sueur est revenu sur l’échéancier des travaux au Centre pénitentiaire de Saran. Il a rappelé que Jean-Jacques Urvoas lui avait écrit le 3 février 2017 que les travaux seraient achevés « à la fin de cette année. » Or, ils n’ont toujours pas commencé ! Il a rappelé que Nicole Belloubet lui a écrit le 21 juillet dernier qu’ils commenceraient en octobre 2017 pour s’achever « à la fin du premier trimestre 2018. » Olivier Dussopt, qui représentait Nicole Belloubet, en déplacement en Nouvelle Calédonie, lui a indiqué que ces travaux « commenceraient en janvier pour s’achever en juin... » Jean-Pierre Sueur en accepte l’augure, mais, comme toujours, il sera vigilant...
 
Toujours sur ce budget, Jean-Pierre Sueur a dit combien celui-ci était contraint, du fait d’un recours massif et coûteux aux « Partenariats Public Privé » (PPP). Le ministre lui a répondu qu’il ne serait plus fait appel à cette procédure. 
 
Il a aussi regretté la diminution des crédits pour la maintenance du parc immobilier carcéral et pour les aménagements de peine. Il a plaidé pour l’encellulement individuel,  les  alternatives à la détention, la préparation aux sorties de prison et à la réinsertion des détenus, rappelant la phrase de Robert Badinter pour qui « la condition pénitentiaire était la première cause de récidive. »
 
 
 

Je tiens à signaler tout particulièrement les pages 116 à 129 (qu’on peut télécharger ci-dessous) du rapport publié le 29 novembre dernier par la Cour des comptes sous le titre « L’avenir de l’assurance maladie ».

Ayant rencontré les maires et les élus de plus de trois cents communes du Loiret lors de la dernière campagne électorale pour les sénatoriales, j’ai pu constater que leur PREMIÈRE préoccupation – relayant celle des habitants – est aujourd’hui la désertification médicale.

Depuis des années, des mesures « incitatives » sont prises par les différents gouvernements. Et c’est encore le cas de l’actuel gouvernement.

Force est de constater que jusqu’à ce jour, elles n’ont pas permis d’enrayer la désertification médicale, ni l’inégalité qui se creuse entre les territoires et les citoyens par rapport à l’accès aux soins.

Je redis que je souhaite que les mesures qui s’imposent absolument soient prises au terme d’une concertation et d’un dialogue avec les représentants des médecins et des professionnels de santé.

Mais au terme de ces concertations et dialogues, il reviendra aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités pour rétablir la nécessaire égalité quant à l’accès aux soins.

À cet égard, l’analyse et les préconisations de la Cour des comptes me paraissent devoir retenir toute notre attention.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’extrait du rapport de la Cour des comptes

>> En savoir plus sur ce rapport

Jean-Pierre Sueur est intervenu sur le budget de la sécurité, ce 5 décembre, en séance publique au Sénat. 
Il s’est réjoui de l’augmentation du nombre de personnels qui sera de 1 926 dans la police et de 456 dans la gendarmerie, en 2018. Il a noté que ces augmentations, qui s’inscrivent  dans le droit-fil de celles effectuées durant les années précédentes, permettront de dépasser les effectifs de 2007 après les lourdes  diminutions enregistrées entre 2007 et 2012, années au cours desquelles plus de 10 000 postes avaient été supprimés et les crédits d’investissement avaient baissé de 16% pour la police et de 18% pour la gendarmerie.
Jean-Pierre Sueur a, en revanche, regretté la diminution des crédits d’équipement. Ceux-ci avaient augmenté de 37 millions d’euros dans la précédente loi de finances. Ils baissent de 7 % dans le présent budget. Il a aussi posé les problèmes de l’immobilier - et notamment de la dette contractée pour la gendarmerie à cet égard.
Il a soutenu le projet de « police de sécurité du quotidien », et demandé que les moyens financiers nécessaires y soient affectés Il a enfin soutenu les efforts accomplis dans la lutte contre le terrorisme, en particulier pour assurer une coordination efficace entre le niveau central et les services  chargés du renseignement sur le terrain.
 
 
 

Jean-Pierre Sueur a présenté en séance publique au Sénat son rapport budgétaire sur les « pouvoirs publics ».

>> Voir la vidéo de son intervention

Lire :

>> Le communiqué de presse

>> Le texte intégral du rapport

Jean-Pierre Sueur est intervenu en séance publique au Sénat lors du débat budgétaire le 27 novembre pour soutenir le maintien du produit de la taxe de solidarité sur les billets d’avion.

>> Lire le compte-rendu intégral de son intervention

Le Sénat vient de publier le rapport rédigé par Jean-Pierre Sueur sur le chapitre « pouvoirs publics » du projet de loi de finances pour 2018.

Ce rapport traite, pour l’essentiel, de la présidence de la République, du Conseil Constitutionnel, des assemblées parlementaires et de la Cour de Justice de la République.

S’agissant de la présidence de la République, Jean-Pierre Sueur note que sa dotation budgétaire, qui était de 109 millions d’euros en 2012, a été réduite à 100 millions d’euros en 2015, 2016 et 2017. Il y a donc eu un grand effort de réduction des dépenses lors du précédent quinquennat.

Il note l’ensemble des efforts faits pour continuer à maîtriser les dépenses, s’agissant notamment des véhicules, des chauffeurs, des frais de déplacement et de la préparation des voyages officiels.

Il approuve toutefois l’augmentation de trois millions d’euros de crédits, qui se justifie par d’impérieuses raisons de sécurité. Il est en effet indispensable d’investir dans le « Data Center » et l’Antenne Spéciale de transmission de l’Élysée (ASTE), désormais également interministérielle, pour assurer la totale fiabilité et confidentialité des communications du président de la République avec les chefs d’État étrangers et en matière de défense – notamment.

S’agissant du Conseil Constitutionnel, Jean-Pierre Sueur note que le budget pour 2018 revient au niveau de 2016, celui de 2017 ayant été marqué par le fait que trois élections nationales avaient justifié un crédit spécifique. Il remarque que les nouvelles dispositions relatives aux parrainages pour les élections présidentielles ont été mises en place dans de bonnes conditions.

Il écrit que le volume des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) se stabilise et que l’augmentation de l’activité internationale du Conseil Constitutionnel et les effets louables pour faire connaître son activité et, plus généralement, les questions de droit, doivent être menées à l’avenir « dans un cadre budgétaire contraint. »

Pour ce qui est des assemblées parlementaires, il constate le maintien des crédits en euros constants, assorti toutefois d’un recours aux « disponibilités », c’est-à-dire aux réserves de chaque assemblée.

Il constate aussi les efforts de maîtrise budgétaire s’agissant du Jardin du Luxembourg, dont il faut noter qu’il est ouvert 365 jours par an et accueille chaque année huit millions de visiteurs…

Il écrit enfin que la dotation de la Cour de Justice de la République est reconduite, hors éventuel procès, grâce à une maîtrise des dépenses de fonctionnement, même si le coût des locaux de cette institution reste trop élevé.

>> Le texte intégral du rapport

  • Jean-Pierre Sueur présentera ce rapport en séance publique au Sénat le 30 novembre au matin.

Jean-Pierre Sueur a interpellé ce mardi 28 novembre Élisabeth Borne, ministre chargée des transports, sur les lourdes conséquences pour de nombreux usagers de l’endommagement d’un aiguillage à la gare d’Orléans.

>> Lire la question écrite

>> Le courrier à la ministre

C'est avec une grande tristesse que j'ai appris le décès de Pierre Ody, qui fut durant quatre mandats, de 1989 à 2014, maire de Semoy.

Pierre Ody était né à Châteauroux, sur le chemin de l'exode vers Ussel où ses parents se sont réfugiés.

Après avoir été lycéen au lycée Benjamin Franklin d'Orléans, où il eut pour professeur Marcel Reggui qui exerça une grande influence sur lui et auquel il resta toujours fidèle, il fut cheminot durant 35 ans.

Très engagé syndicalement, il exerça des responsabilités au sein de la CFDT des cheminots.

Il exerça également des responsabilités au sein de plusieurs associations œuvrant au service des personnes handicapées. Il s'est aussi engagé plus récemment au sein de l'Union départementale des anciens combattants (UDAC) du Loiret : il était ancien combattant d'Afrique du Nord.

Membre actif du Parti socialiste, il fut élu en 1989 maire de la commune de Semoy. Durant un quart de siècle, il se consacra pleinement à cette commune et œuvra pour son développement, pour la création d'un véritable centre-bourg et pour la construction de nombreux équipements. 

Il fut également très actif au sein du SIVOM et de l'agglomération d'Orléans, aujourd'hui devenue Métropole. C'est ainsi qu'il fut, en sa qualité de vice-président chargé des déchets, un précurseur en matière de lutte pour l'environnement.

Il fut aussi précurseur en matière d'insertion professionnelle des jeunes en sa qualité de président du Plan local pour l'insertion et l'emploi (PLIE), qu'il présida durant onze ans.

Pierre Ody était enfin un militant de l'Europe. Il avait fondé le jumelage entre Semoy et Brehna (Allemagne), auquel il était resté profondément attaché.

Il était chevalier de la Légion d'Honneur.

Dévoué, Pierre Ody le fut toujours. Mais je puis aussi témoigner de son ouverture d'esprit, de son attention aux autres, de sa grande générosité.

Aujourd'hui, je perds avec Pierre un ami fidèle. Cet ami était aussi un homme de paix. Puissions-nous tous nous en souvenir au moment où il nous quitte.

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a défendu, lors de la discussion de la proposition de loi sur les modalités de dépôt des candidatures aux élections, un amendement qui permettra de présenter aux élections municipales dans les communes de plus de mille habitants, des listes comprenant jusqu’à vingt-deux noms pour vingt sièges à pourvoir. Cet amendement, qui a été adopté, reprend sous une forme modifiée, une proposition de loi de Jean-Noël Cardoux, qui faisait suite à l’incompréhension manifestée dans la commune de Bouay-les-Barres lorsque, après le décès de la maire, il avait été nécessaire d’organiser une élection partielle pour élire un nouveau maire alors même qu’une seule liste avait été présentée aux élections municipales précédentes. La faculté qui sera désormais offerte de présenter deux candidats supplémentaires éviterait l’organisation d’élections partielles dans de telles circonstances ou lors de la démission d’un maire, si l’Assemblée nationale vote ce texte.

>> Lire le compte-rendu intégral de l'intervention de Jean-Pierre Sueur en séance publique le 22 novembre

>> Voir la vidéo de son intervention

 

J’apporte tout mon soutien à la proposition de loi « relative aux modalités de dépôt de candidatures aux élections », dont l’objet est d’empêcher « les fraudes et le dépôt de candidatures à l’insu de l’accord des personnes. »

Nous avons pu – hélas ! – constater une telle pratique dans le Loiret, où le Front National y a eu recours, comme dans plusieurs autres départements.

C’est ainsi que le rapporteur de la proposition de loi pour le Sénat, Didier Marie, a rappelé que, lors des élections municipales de 2014, « à Orléans une nonagénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, a été inscrite, malgré elle, sur la liste Orléans Bleu Marine. »

Et on se souvient qu’en 2011, aux élections cantonales, dans le canton de Lorris, le Front National avait présenté une candidate inconnue, dont la photo n’a jamais été publiée, qui n’est jamais apparue dans le canton et dont on peut se demander si elle avait été consultée avant que sa candidature fût déposée. Notons que cela ne l’avait pas empêchée d’obtenir, au second tour, plus de 41 % des suffrages… contre Denis Godeau, qui a cependant été largement élu conseiller général du canton.

Cette proposition de loi a été unanimement adoptée par la Commission des lois du Sénat le 15 novembre dernier. J’espère qu’elle sera adopte par le Sénat le 22 novembre prochain, puis par l’Assemblée Nationale.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la proposition de loi

 

 

Je me réjouis qu’après quinze ans d’éclipse, la Ville d’Orléans ait rejoint les « villes et villages fleuris », et qu’elle ait retrouvé ses « trois fleurs » en attendant, je l’espère, de rejoindre la catégorie des villes titulaires du label « quatre fleurs ».
Il était incompréhensible qu’Orléans, ville marquée historiquement par une solide tradition horticole, ville des Floralies et du Parc Floral, se soit aussi longtemps détournée du mouvement du « fleurissement » auquel nombre de nos concitoyens et, j’en suis sûr, nombre d’Orléanaises et d’Orléanais sont très légitimement attachés. 
J’ajoute que ces « fleurs » sont aussi une marque de reconnaissance pour le travail des personnels du remarquable service des espaces verts de la Ville d’Orléans.
Jean-Pierre Sueur
 
 

Édouard Philippe, Premier ministre, a adressé à Jean-Pierre Sueur une lettre au sujet des mesures prises pour mettre fin au drame que représente le naufrage d’embarcations en Méditerranée, pour le plus grand bénéfice des « passeurs » criminels.

Jean-Pierre Sueur avait déjà interrogé le gouvernement à ce sujet en juillet dernier.

Lire :

>> La lettre du Premier ministre

>> La question d’actualité de Jean-Pierre Sueur, posée le 7 juillet dernier et la réponse de Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement

Jean-Pierre Sueur a participé le mercredi 15 novembre à la première réunion du groupe de travail du Sénat sur la réforme constitutionnelle présidé par Gérard Larcher, président du Sénat.

>> Lire l’article et voir la vidéo sur Public Sénat

Jean-Pierre Sueur s'est vu confier par la Commission des lois du Sénat une mission d'information sur la thanatopraxie.

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur a interpellé Nicolas Hulot, ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur la date d'application des nouvelles modalités de mise en œuvre du crédit d'impôt pour la transition énergétique.

>> Lire la question écrite

C’est un combat que je mène depuis 1992 ! J’étais alors secrétaire d’État aux collectivités locales. Et, avec l’appui constant de Pierre Bérégovoy, je préparais le projet de loi qui deviendrait la loi du 9 janvier 1993, qui devait mettre fin au monopole des pompes funèbres : « Le monopole biaisé » qui cohabitait avec une « concurrence faussée » pour reprendre les termes d’un rapport de trois inspections générales.

Travaillant sur ce sujet, je m’étais rendu compte qu’il fallait protéger les familles à un moment où elles étaient éprouvées, et donc vulnérables, et devaient prendre en moins de vingt-quatre heures toute une série de décisions quant aux obsèques du défunt. Elles étaient, en ces moments, dans l’impossibilité de faire des choix prenant en compte l’ensemble des coûts induits.

C’est pourquoi j’ai eu l’idée d’inscrire dans la loi l’obligation de « devis type » comparables entre eux, que les entreprises et opérateurs funéraires devaient rendre publics selon un modèle établi par le ministère de l’Intérieur.

Je précise, comme je l’ai déjà fait à de nombreuses reprises –  qu’il ne s’agissait évidemment pas d’obliger à des prestations standardisées. Toute prestation et tout ensemble de prestations restaient et restent possibles. Simplement, pour permettre des comparaisons, il fallait que ce fût à partir de données – et de prestations – homogènes.

Lors de la commission mixte paritaire qui a précédé l’adoption de la loi de 1993, députés et sénateurs ont considéré que ces dispositions étaient d’ordre règlementaire, et qu’il n’était pas opportun de les inscrire dans la loi puisqu’elles pourraient être logiquement inscrites dans le règlement national et les règlements communaux des opérations funéraires.

Je pense aujourd’hui avoir eu le tort de les suivre puisque – mis à part le cas d’Orléans ! – ces dispositions n’ont pas – ou très peu – été inscrites dans les règlements municipaux. Et pas plus dans le règlement national.

C’est pourquoi j’ai veillé à ce qu’elles fussent inscrites dans la loi de 2008 relative au droit funéraire  qui a été adoptée sur la base d’une proposition de loi que j’avais préparée et rédigée avec Jean-René Lecerf.

… Mais la rédaction de cette loi sur ce sujet ayant donné lieu – à mon avis à tort ! – à des interprétations mettant en cause l’obligation de ce qui était devenu des « devis modèles », j’ai pu préciser les choses par une nouvelle rédaction dans une loi du 16 février 2015.

Les choses sont maintenant claires. Toutes les entreprises funéraires doivent déposer dans les mairies de villes de plus de cinq mille habitants des devis modèles établis sur la base d’un arrêté du ministère de l’Intérieur du 23 août 2010 et tous les maires de ces communes doivent rendre publics ces devis afin qu’ils pussent être à tout moment consultés par les familles  – le plus simple étant, bien sûr – que ces devis soient publiés sur le site Internet de la commune.

Je remercie l’association Familles Rurales qui, à l’occasion de la Toussaint de cette année, a réalisé une enquête nationale. Selon cette enquête, les dispositions légales que je viens de rappeler ne sont respectées que par quatre entreprises sur dix.

C’est pourquoi, sur la base des conclusions de cette enquête (lien ci-dessous), j’ai interpellé le ministre de l’Intérieur par une question écrite (lire ci-dessous) pour lui demander les dispositions qu’il compte prendre pour faire appliquer strictement et partout la loi en vigueur.

Jean-Pierre Sueur

Lire :

>> Le communiqué de Familles Rurales

>> L’analyse de l’enquête de Familles Rurales par Mélodie Pépin, journaliste à France Bleu

Application de la législation sur les « devis modèles » relatifs aux prestations funéraires

Question n° 02026 adressée à M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur
À publier le : 16/11/2017
Texte de la question : M. Jean-Pierre Sueur appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur le respect de la législation sur les « devis-modèles » relatifs aux prestations funéraires. L'article L. 2223-21-1 du code général des collectivités territoriales, introduit par la loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008 relative à la législation funéraire, fait obligation à tous les opérateurs funéraires agréés de déposer chaque année, dans les mairies, des « devis-modèles » strictement comparables, présentant les tarifs proposés pour les prestations définies par l'arrêté du 23 août 2010. Cette disposition a été précisée dans l'article 15 de la loi n° 2015-177 du 16 février 2015 relative à la modernisation et à la simplification du droit et des procédures dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. Elle vise à apporter une information aux familles et à leur permettre de comparer les coûts des prestations constituant une cérémonie d'obsèques à un moment où elles sont éprouvées, et donc vulnérables, et où elles doivent prendre des décisions dans des délais rapides. Or, selon une enquête publiée récemment par l'association « famille rurales », la réglementation susnommée ne serait respectée que par quatre entreprises habilitées sur dix. Il lui demande, en conséquence, de lui faire connaître les mesures concrètes qu'il compte prendre pour que l'article L. 2223-2-1 du code général des collectivités territoriales soit strictement appliqué sur l'ensemble du territoire.
Contacté par les salariés de l’entreprise VERGNET d’Ormes, Jean-Pierre Sueur tient, conformément à leur souhait, à exprimer son total soutien aux termes de la lettre ouverte que ceux-ci ont adressée aux responsables de BPI-France, qui est aujourd’hui le principal actionnaire de l’entreprise.
En lien depuis plusieurs semaines avec les cabinets du Premier ministre et du ministre de l’Économie et  des Finances, Jean-Pierre Sueur a pu obtenir que ces instances reprennent contact avec l’ensemble des repreneurs potentiels. Aujourd’hui, une offre au moins a été très sensiblement améliorée en termes de nombre d’emplois maintenus dans cette entreprise de pointe dans un secteur décisif pour l’environnement.
Mais, même avec ces améliorations, un plan social risque d’être  malheureusement nécessaire. C’est pourquoi les salariés de  VERGNET demandent que BPI-France, principal actionnaire, contribue au financement de ce plan social - ce que BPI-France refuse encore  à ce jour.
C’est pourquoi, Jean-Pierre Sueur est ré intervenu  avec une particulière insistance auprès des cabinets du Premier ministre et du Ministre de l’Économie et des Finances pour qu’ils interviennent en ce sens auprès de BPI-France.
 
>> La lettre ouverte des salariés de Vergnet à BPI-France

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur a interpellé Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, sur les effets négatifs pour certaines communes des nouveaux critères de classement des territoires en zone de revitalisation rurale (ZRR)  sur la base des intercommunalités.

>> Lire la question écrite

J’apprends avec tristesse la disparition de Jack Ralite.

Il avait été ministre de la Santé de François Mitterrand.

Communiste, il était profondément « rénovateur », et le fut toujours davantage.

Je l’ai bien connu au Sénat. Il était passionné de culture. Il adorait le théâtre, tout le théâtre. Toutes ses interventions, au Sénat et ailleurs, étaient émaillées de citations de poètes. Mais on voyait bien qu’il n’avait pas recours au « Dictionnaire des citations ». Non : ces livres de poésie, il les connaissait, il les aimait, il vivait avec eux.

Il me fit l’amitié de venir soutenir, conjointement avec Catherine Tasca, la liste que je menais, à Orléans, pour les élections municipales de 2008.

Enfin, il accepta immédiatement d’écrire avec moi et de co-signer l’article ci-joint, paru dans le journal Le Monde, en réponse aux attaques portées contre la psychanalyse - et contre un pan entier de notre culture.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’article du Monde du 9 septembre 2005

Jean de La Fontaine est l’un des plus grands poètes que compte notre littérature.
Le malheur, c’est que chacun croit le connaître pour avoir, dans son enfance, appris quelques fables. Du coup, on ne le lit plus.
Alors que c’est un immense poète lyrique (Les deux pigeons) :
« Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ;
[…]
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d’objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m’arrête ?
Ai-je passé le temps d’aimer ? »
 
La Fontaine est aussi un immense poète satirique (Les obsèques de la lionne) :
« Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts. »
 
La Fontaine est encore un immense styliste. Il a le don de la mise en scène et du raccourci. C’est un virtuose – le plus grand sans doute – du style indirect libre (La mort du bûcheron) :
« Un pauvre Bûcheron, tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé, marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos. »
 
Je pourrais continuer longtemps. Lire l’œuvre, considérable, et trop souvent méconnue, de La Fontaine est un rare plaisir.
C’est pourquoi je me réjouis que France Inter ait fait, l’été dernier, appel à Érik Orsenna pour nous conter chaque matin les épisodes trop méconnus de sa vie, et surtout pour nous lire des pages de lui, des pages de pure poésie, encore davantage méconnues que ne l’est sa vie.
Du coup, j’ai lu le livre éponyme du même auteur, La Fontaine, une école buissonnière, édité, suite à cette série radiophonique estivale, par Stock et France Inter.
Érik Orsenna nous y explique combien la Fontaine fut un piètre politique, victime de sa vraie fidélité à Fouquet, au moment où tout le monde se détournait de lui.
Il nous narre surtout le drame que fut la fin de la vie du poète.
Car – j’ai omis de l’écrire tout à l’heure – La Fontaine fut aussi un immense poète érotique en même temps qu’un fabuleux conteur. Il publia ses contes bien avant d’écrire ses fables.
Et à la fin de sa vie, au temps de Port Royal et du jansénisme triomphants, il dut, sur la requête d’un  obscur – c’est le cas de le dire ! – abbé Pouget, se repentir publiquement d’avoir écrit ces contes, en interdire toute réimpression et jeter au feu une pièce qu’il venait d’écrire. Il dut déclarer devant l’Académie française où il était entré : « Il est d’une notoriété qui n’est que trop publique que j’ai eu  le malheur de composer un livre de contes infâmes. […] Je conviens que c’est un livre abominable. […] J’en demande pardon […] à vous, messieurs de l’Académie. »
La Fontaine aurait terminé sa vie dans un quasi dénuement sans la générosité d’un ultime bienfaiteur.
Érik Orsenna nous apprend qu’après sa mort, le 13 avril 1695, « quand on le dévêtit pour le préparer au tombeau, on trouva le corps de La Fontaine lacéré : il portait un cilice, cette chemise de fer qui entaille la chair pour le punir de ses abandons passés. »
Ajouterai-je qu’en dépit de ses qualités, le livre d’Érik Orsenna me déçut un peu. Ou plutôt, il me laissa sur ma faim. En effet, ce livre procède de ce que j’appellerai le vagabondage littéraire. C’est agréable, plaisant et instructif quand on écoute cela le matin à la radio. Mais le livre lui, souffre de ce que l’auteur nous parle beaucoup de lui-même. Il nous expose ainsi qu’il a « fort pratiqué la flatterie, aux temps mitterrandiens où [il était] courtisan. » Il nous annonce qu’il a déjà visité « 96 pays » et qu’il lui en reste donc « 101 à visiter (si je m’en tiens à la liste de l’ONU). » Il se plaît à des facilités, comme lorsque s’agissant de Chapelain, qui devait choisir des écrivains pour le compte de Colbert, il écrit : « Chapelain sélectionne grave. » Il fait des détours pour nous narrer des anecdotes concernant l’Académie française du XXe siècle, nous annonce qu’il travaille sur une« gastronomie des couleuvres »« qu’il faut avaler quand on veut de l’honneur ou des pouvoirs. » (Ajouterai-je que l’usage par notre académicien d’un passé simple plutôt que d’un imparfait du subjonctif, page 99, me laisse rêveur… Aurais-je tort ?).
Mais je m’égare. À vrai dire – soyons franc – je préfère lire les solides études universitaires auxquelles Érik Orsenna a l’honnêteté de se référer.
En dépit de ces bien légères critiques, nous devons lui être reconnaissant si, grâce à ses paroles et à un livre, nombre de nos contemporains éprouvent désormais le goût de lire un grand poète… tellement méconnu.
Jean-Pierre Sueur

Je signale tout particulièrement l’article de Jean-Dominique Burtin, paru sur Mag Centre, consacré au dernier numéro de la revue des Amis de Roger Toulouse et qui contient de riches témoignages sur ce grand artiste.

JPS

>> Lire l’article

Jean-Pierre Sueur a répondu aux questions de Philippe de La Grange, dans Le Courrier du Loiret du 2 novembre, sur les emplois aidés

>> Lire l’article

Je signale deux interviewes que j’ai particulièrement appréciées dans la presse cette semaine :

Jean-Pierre Sueur est intervenu en séance publique au Sénat lors de la discussion d’une proposition de loi du sénateur Jean-Claude Carle sur l’accueil des gens du voyage.

Il a remercié la ministre déléguée Jacqueline Gourault pour la « proposition équilibrée » qu’elle a défendue dans la discussion de ce texte, dans le droit-fil de la « loi Besson ». Il a dit : « Il faut que les communes et intercommunalités respectent leurs droits et leurs devoirs. Et il faut que les gens du voyage respectent leurs droits et leurs devoirs ».

Il a rappelé que « seulement 18 départements sur 101 respectent leurs obligations légales en matière de terrains d’accueil et de grand passage ».

Il a ajouté : « Par ailleurs, il est clair qu’il faut renforcer les moyens des maires et présidents d’intercommunalités pour faire appliquer la loi en cas de stationnement illicite lorsque les terrains existent ».

Il a, par ailleurs, regretté que cette proposition de loi ait été déposée alors même que le sujet est traité dans la loi « Égalité et Citoyenneté » adoptée en janvier dernier. Il a rappelé qu’à l’initiative du député Dominique Raimbourg, cette loi renforce les pouvoirs du préfet pour faire appliquer la loi en matière de terrains d’accueil et de grand passage et qu’elle renforce également les moyens des élus pour faire appliquer la loi par rapport à des stationnements illicites.

Il a indiqué que les décrets d’application de cette loi n’étaient toujours pas publiés et a conclu : « Nous devons tous demander au gouvernement de publier ces décrets pour que cette loi s’applique rapidement », regrettant l’attitude qui consiste« à refaire une loi alors que l’encre de la loi précédente n’est pas sèche et qu’on ne peut ni l’appliquer ni l’évaluer. »

>> Lire le texte intégral de son intervention en séance publique

Interrogé par François Vignal (de Public Sénat), j’ai indiqué que, pour moi, l’« urgence absolue », en matière constitutionnelle, était la réforme du statut du Parquet. En dépit du fait que les trois derniers ministres de la Justice ainsi que l’actuelle suivent strictement les propositions du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour la nomination des magistrats du Parquet, le fait que la nomination relève, en droit, du pouvoir exécutif, a pour conséquence que la Cour Européenne des Droits de l’Homme persiste à considérer que les membres du Parquet français ne sont pas des « magistrats indépendants. »

Et la France est donc régulièrement condamnée par cette instance.

Les débats de ces dernières années, au Sénat tout particulièrement, ont montré qu’un accord politique était possible sur cette question qui nécessite une réforme de la Constitution.

Celle-ci a été retardée pour des raisons politiciennes : il ne fallait pas que tel président de la République en eût le bénéfice…

Ces considérations, il est plus que temps de les dépasser !

J’expose également dans le texte de François Vignal publié sur le site publicsenat.fr, les difficultés qu’entraîneront la mise en œuvre de la réduction du nombre de parlementaires, députés et sénateurs – qui, a priori, ne relève pas d’une réforme constitutionnelle – eu égard à la mission de représentation des territoires conférée par la Constitution au Sénat et à la jurisprudence récente du Conseil constitutionnel sur la mise en œuvre du principe d’égalité.

JPS

>> Lire sur Public Sénat :

C’est avec joie que j’ai appris qu’au terme d’une longue journée de négociations, les signataires de l’accord de Nouméa (le 5 mai 1998) avaient trouvé un accord sur l’épineuse question de la liste électorale des Calédoniens qui participeront au referendum sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie qui doit avoir lieu en 2018.

Ainsi, la démarche de pacification initiée par Michel Rocard, avec les Accords de Matignon en 1988, poursuivie par le gouvernement de Lionel Jospin en 1998, ira-t-elle à son terme.

Paul Néaoutyine, président de la Province Nord et leader de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), que j’ai reçu mardi 31 octobre au Sénat, n’était pas sûr qu’un tel accord pût advenir au cours de la semaine.

La vigilance reste néanmoins toujours nécessaire à la suite de la bonne nouvelle relatée dans Le Monde du 4 novembre.

Et cela d’autant plus que les enjeux sont importants, notamment pour la jeunesse de Nouvelle-Calédonie, comme l’analyse Claudine Wéry dans la même édition du Monde.

JPS

Lire :

>> Les articles de Patrick Roger et Claudine Wéry dans Le Monde

>> Le rapport de Sophie Joissains, Jean-Pierre Sueur et Catherine Tasca : « Nouvelle-Calédonie : continuer à avancer vers le destin commun »

Je tiens à saluer l’accord intervenu le lundi 30 octobre à la Préfecture du Loiret au terme d’une réunion d’une demi-heure, pour obtenir que les travaux d’aménagement des quais de la gare de Ferrières-Fontenay soient enfin réalisés.

Ces travaux étaient nécessaires à Fontenay-sur-Loing de même qu’ils l’étaient à Dordives (où ils ont été réalisés il y a deux ans) afin que nombre de trains allant à Paris ou en venant puissent s’y arrêter, alors qu’aujourd’hui, faute de quais suffisamment longs, ils passent sans s’arrêter.

Comme l’a dit Frédéric Néraud, vice-président du Département, il a fallu, paradoxalement, neuf ans de patience et trente minutes de réunion pour obtenir ce « feu vert à l’allongement des quais… »

Je salue la forte implication de François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, pour obtenir ce résultat puisque sur les 1,6 million d’euros que coûtera cette réalisation, la Région prendra à sa charge 1,3 million d’euros, le Département 140 000 €, la Communauté de communes 80 000 € et la commune de Fontenay-sur-Loing 80 000 € également.

… Pour avoir suivi de près ce dossier depuis neuf ans… on me permettra une remarque sur l’inutile longueur de nos processus de décision… Je me souviens des innombrables démarches qu’il a fallu faire auprès de l’instance qui s’appelait RFF et de la SNCF – qui se renvoyaient la balle ! –, auprès du ministre des transports, de la préfecture, etc. Je me souviens d’une réunion à la préfecture, il y a trois ou quatre ans, au cours de laquelle j’avais dénombré plus de trente personnes autour de la table… pour ne pas aboutir.

Je n’oublie ni l’action, utile, des usagers et de leur association, ni la détermination, la ténacité et la patience des élus concernés.

Tout est bien, certes, qui finit bien : les travaux auront lieu en 2018. Et, encore une fois, je rends hommage à tous ceux qui ont permis cet heureux dénouement. Mais ce dossier doit être l’occasion de réfléchir à la lenteur excessive de certaines de nos procédures et modalités de prises de décision.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’article de Jean-Baptiste Dos Ramos dans La République du Centre du 31 octobre

>> L'Éclaireur du Gâtinais du 1er novembre

 

Jean-Pierre Sueur est intervenu au Sénat lors du débat sur la proposition de loi pour le redressement de la Justice. Il a demandé la mise en œuvre d’une loi de programmation « sur dix ans » pour rattraper le « grand retard » du budget de la Justice.
Il a dit : « La France se situe au 39e rang sur les 43 pays de l’OCDE, pour le montant du budget de la Justice par rapport au PIB. La France consacre à la Justice 72 € par habitant contre 146 € en Allemagne et 155 € au Royaume Uni. Notre pays compte dix magistrats pour 100 000 habitants, soit moitié moins que la moyenne des pays de l’Union Européenne. »
Il a plaidé pour une loi de programmation sur le long terme – dix ans –, s’opposant à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, qui a jugé cela irréaliste. Il a dit : « Nous sommes victimes du culte de l’annualité budgétaire. La dignité de la politique réside dans le long terme. » Il a aussi dénoncé la pratique des « gels budgétaires en cours d’année » et la « fantasmagorie qui consiste à voter des budgets, dont une partie des crédits est ensuite annulée de manière discrétionnaire. »

>> Lire le compte-rendu intégral des interventions de Jean-Pierre Sueur en séance publique :

 

Le magazine Le Petit Solognot daté du 25 octobre a publié une longue interview donnée par Jean-Pierre Sueur à Stéphane de Laage, sous le titre : « Jean-Pierre Sueur, sénateur au long cours ».

>> Lire l’interview

Jean-Pierre Sueur avait saisi le Premier ministre, Édouard Philippe, au sujet de la situation difficile dans laquelle se trouve l’entreprise Vergnet d’Ormes et  de la nécessité de tout faire pour la sauver.

Il a été reçu ce lundi 23 octobre, à Matignon, par Jonathan Nussbaumer, conseiller industrie du Premier ministre, Célia Cauquil-Tellechea, conseillère parlementaire, Marc Glita, représentant la Direction Générale de l’Industrie du Ministère de l’Économie  et des Finances, et Évelyne Trotin, représentant le Ministère du Travail.

Les représentants du Premier  ministre et des autres ministères ont mis l’accent sur la haute qualité des produits et technologies mises en œuvre par l’entreprise Vergnet. Les éoliennes « rabattables » en cas de cyclone sont un produit d’exception très recherché dans nombre  de pays touchés par les cyclones. Ces équipements ainsi que les centrales solaires contribuent au rayonnement de cette entreprise au plan international dans le domaine si décisif de l’écologie et des énergies renouvelables.

Dans ces conditions, les représentants du Premier ministre et des autres ministères ont indiqué à Jean-Pierre Sueur que des contacts seraient repris sans délai au plan national avec les repreneurs qui se sont fait connaître et l’ensemble des entreprises industrielles susceptibles d’être concernées et intéressés ainsi qu’avec les établissements financiers concernés, afin de trouver une solution, dans les semaines et mois qui viennent, pour assurer la pérennité de l’entreprise Vergnet et le maintien de ses emplois.

Jean-Pierre Sueur a insisté sur la grande urgence de ces démarches, eu égard à la situation actuelle de l’entreprise.

Dans la presse :

>> Apostrophe 45

>> Puissance 2 D

>> La République du Centre

Jean-Pierre Sueur signe l’éditorial intitulé « Il faut écouter les élus locaux » dans le dernier numéro de la revue Communes de France.

>> Lire l’article

 

 

Jean-Pierre Sueur a apporté une longue réponse à Gilles Lepeltier, maire de Lion-en-Sullias et président de l’Union départementale des maires ruraux du Loiret qui lui a transmis les motions votées lors du récent Congrès de maires ruraux de France. Il a également adressé à Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, une question écrite relative aux « critères de classement des communes en zone de revitalisation rurale ».

Lire :

>> La réponse de Jean-Pierre Sueur à Gilles Lepletier et la question écrite

>> Le courriel adressé aux parlementaires du Loiret par Gilles Lepeltier et les motions

Sur la halle de la Charpenterie, je regrette vraiment que... dix-huit ans après... Olivier Carré réitère des affirmations strictement contraires à la vérité.

Olivier Carré a déclaré que cette halle est « un bâtiment dont les grossistes n’ont pas voulu car ils ne pouvaient pas entrer un camion. »

Je précise d’abord que ce bâtiment n’a jamais été fait pour accueillir les grossistes, mais une partie des détaillants qui étaient autrefois accueillis sous des « champignons », qui étaient vétustes, et devaient être remplacés pour des raisons de sécurité, ainsi que dans le bâtiment assez laid qui était derrière ces « champignons » et que nous avons démoli pour construire un multiplexe de cinémas ainsi qu’un parking (sans lequel il n’y aurait pas eu de multiplexe).

Ce bâtiment a été conçu en lien très étroit avec les usagers des halles et leur président, malheureusement décédé. Les architectes peuvent encore témoigner des nombreux contacts qui ont eu lieu avec ces usagers, maraîchers et détaillants, pour la conception du bâtiment.

Le fait que leurs véhicules ne puissent pas accéder au bâtiment est grossièrement inexact. Il y a, dans ce bâtiment, 21 portes au total, dont 20 permettaient l’accès des camionnettes des usagers des halles.

Il y avait, certes, une porte sur 21 devant laquelle il y avait trois marches. Cette seule porte n’était pas accessible aux camionnettes, pour cause... Simplement, les architectes l’avaient maintenue pour assurer à des fins esthétiques la symétrie entre les deux façades de l’édifice !

Il y a eu sur TF1 une émission dénommée « Combien ça coûte ? » lors de laquelle il a été tiré parti de cette SEULE porte (sur 21), filmée pour les besoins de la cause, pour « démontrer » (sic) que le bâtiment n’était pas accessible aux usagers des halles...

C’était tellement énorme que j’ai sollicité et obtenu de TF1 un « droit de réponse », qui m’a permis de rétablir la vérité.

... La vérité ayant été rétablie, et chacun pouvant constater ce qu’il en est, il est vraiment absurde de réitérer, après tant d’années, des contre-vérités aussi grossières.

J’ajoute qu’à l’époque les usagers des halles étaient unanimement hostiles à un déplacement du marché au Quai du Roi et qu’ils voulaient que ce déplacement fût le plus court possible afin de revenir rapidement sur le carreau de la Charpenterie, un certain nombre d’entre eux étant alors accueillis dans la nouvelle halle.

J’ai toujours regretté que le choix ait été fait de renoncer à la présence – qui était multiséculaire – d’un marché sur le site de la Charpenterie, au cœur de la ville ancienne, qui eût été – et serait – très complémentaire des Halles Châtelet.

Mais le choix étant maintenant fait, je souhaite, bien sûr, le meilleur, et dans de bonnes conditions financières, pour le devenir de la halle de la Charpenterie.

 

Jean-Pierre Sueur

Lire :

>> La Républqiue du Centre du 19 octobre

>> Apostrophe 45

>> Mag Centre

 

Je signale tout particulièrement au sujet de l’intégration du Giennois dans le patrimoine mondial de l’UNESCO, l’article d’Anne-Laure Le Jan paru dans l’édition du 19 octobre de La République du Centre.

>> Lire l’article

Nous devons être reconnaissants à Abdelkader Damani, directeur du FRAC Centre-Val de Loire installé aux Turbulences sur le mail d’Orléans, pour avoir initié, conçu, préparé et « mis en scène » cette première Biennale d’architecture d’Orléans, qui a débuté il y a quelques jours.

Notre reconnaissance doit aussi aller à la Ville d’Orléans, au ministère de la Culture, à la Région Centre-Val de Loire et au Département du Loiret, qui ont soutenu cette entreprise qui renoue avec Archilab, manifestation internationale vouée à l’architecture contemporaine dont les premières éditions ont eu lieu à la fin des années 1990 avec le soutien actif de la municipalité que je conduisais alors et avec le concours très efficace de Marie-Ange Brayer – pour laquelle le FRAC et Archilab furent une vraie passion – ainsi que de Frédéric Migayrou.

Archilab s’appuyait sur le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) de notre région qui, à l’opposé de bien d’autres FRAC que j’ai parfois présentés de manière trop polémique, comme des « agrégats inconstitués d’objets disparates », s’était donné une spécialité : rassembler les maquettes des œuvres architecturales novatrices construites ou imaginées dans le monde entier durant le XXe siècle.

La collection de maquettes du FRAC Centre-Val de Loire est donc unique au monde. Elle nous donnait une légitimité pour organiser l’événement orléanais qui, au cours des dernières années, a eu le plus d’écho au niveau international, je veux dire : Archilab – ce que la plupart des Orléanais ignorent !

Il s’agissait d’une rencontre entre plusieurs dizaines d’équipes d’architectes novateurs venus de nombreux pays auxquels nous proposions d’exposer leurs œuvres dans un ancien site militaire – Les Subsistances militaires – qui a désormais laissé place aux Turbulences, œuvre architecturale remarquables due à Dominique Jakob et Brendan MacFarlane.

Dois-je l’écrire ? J’ai beaucoup craint que, du fait des alternances politiques, Archilab ne disparaisse. Je le craignais d’autant plus que je savais que d’autres villes étaient sur les rangs pour s’approprier ce qui avait été conçu et vécu à Orléans – et qui était connu et reconnu dans les milieux de l’architecture, au plan mondial.

Heureusement, il n’en fut rien – et il n’en est rien.

On le voit aujourd’hui.

(suite de la lettre électronique)

Abdelkader Damani a eu une belle idée de donner pour titre à la biennale : « Marcher dans le rêve d’un autre ».

On ne saurait mieux définir l’architecture.

Il est bien que le choix des architectes appelés à construire des édifices publics donne lieu à des concours. Certains voulaient – ou voudraient – qu’au nom d’une idée fausse de la démocratie, ces choix donnent lieu à une procédure électorale – à un référendum en quelque sorte.

Ce serait nier que l’architecture est œuvre d’art. Et que, comme telle, elle ressortît d’une démarche singulière, qu’elle est, dans tous les sens du terme, une création.

L’architecte ne doit certes pas travailler en vase clos. Il doit comprendre les attentes et le contexte. Il doit savoir écouter, dialoguer.

Mais, à la fin des fins, il s’engage, lui, comme tout artiste, en proposant une œuvre qui est la sienne, même si un grand nombre d’êtres humains seront appelés à y vivre, à y travailler, à s’y mouvoir et même s’ils seront nombreux à se l’approprier – ou non. Car il y a toujours un risque. Le risque du neuf. Le risque de la subversion des formes anciennes, le risque de n’être pas compris – durant un premier temps du moins –, avant d’être copié, voire singé.

On a vu cela.

Alors l’architecte fait un rêve.

Et nous, nous qui habitons la cité, qui y travaillons, qui y passons, nous prenons place et nous marchons, nous déambulons et nous habitons dans « ce rêve d’un autre. »

Il y a harmonie, communion, symbiose – ou non. C’est une chance pour nos villes. Si elles se bornaient à recopier ce dont nous avons hérité, elles ne vivraient pas, ne seraient pas tournées vers le futur. Elles s’endormiraient.

 

Je l’ai dit lors de l’inauguration de la Biennale. J’ai éprouvé une grande reconnaissance à l’égard des Orléanais qui ont élu l’équipe municipale que je conduisais en 1989 – soit onze ans avant la fin du XXe siècle.

Je leur ai été reconnaissant de nous avoir élus, bien sûr.

Mais je les remercie pour une autre raison, à laquelle beaucoup ne pensaient sans doute pas.

Cette raison, c’est qu’ils nous ont permis d’enfin donner dans notre cité toute sa place à l’architecture du XXe siècle avant que ce XXe siècle ne s’achève.

La construction de la médiathèque (ci-dessus) fut, à cet égard, exemplaire.

J’avais repéré depuis longtemps ce site, qui était alors occupé par le commissariat de police, et qui avait la particularité de donner sur les mails et de les dominer.

Construire la médiathèque en cet endroit, ce fut un manifeste, un engagement pour une œuvre qui – je le déplore – en est toujours à ses débuts : la reconquête des mails.

Les mails sont l’avenue principale de notre jeune métropole.

Ils furent, historiquement, un lieu de convivialité, de rencontre, de passage, de continuité entre les faubourgs et le centre-ville.

Ils sont devenus une pseudo autoroute.

Je persiste et signe : la tâche urbanistique la plus urgente pour notre agglomération, c’est aujourd’hui la reconquête des mails.

J’imagine entre la médiathèque et le théâtre deux voies de circulation dans chaque sens et, au centre – on ne peut pas faire moins – et de chaque côté, de vastes espaces verts voués au cheminement, aux cyclistes, à la rencontre, au commerce, à l’art, à la convivialité, au passage…

J’imagine les faubourgs et les quartiers et villes dits périphériques retrouvant une totale continuité avec le centre-ville…

Installer la médiathèque en ce lieu, c’était donc un premier manifeste.

C’en était un second en termes architecturaux. La création de Dominique Lyon et Patrice du Besset inscrirait résolument l’architecture du XXe siècle dans notre ville.

J’ai souvent dit que si les matériaux de la médiathèque étaient contemporains, la facture d’ensemble était classique. Nulle anecdote, nulle facilité, nulle fioriture dans cet édifice de verre et d’aluminium – mais des lignes pures, fortes, courbes et droites, se mariant sobrement.

Cela a déconcerté, puis séduit. L’œuvre fut décriée avant qu’on ne se l’approprie. Elle figure dans nombre de livres d’architecture. Si elle n’était pas là, elle manquerait assurément.

Je n’étais pas architecte. Je n’étais ni l’un ni l’autre des deux architectes. Mais comme, avec Augustin Cornu, j’ai suivi la construction de jour en jour, j’ai éprouvé une forte émotion quand l’édifice commença à être habité.

Oui, ces hommes et ces femmes de toutes générations marchaient dans ce rêve qui était devenu le nôtre.

C’était d’autant plus important que j’avais vu s’élever de part et d’autre de la cathédrale des arcades qui allaient ouvrir sur le musée d’un côté et sur le Conseil régional de l’autre.

La construction des arcades de la rue Royale et du pont Royal fut une longue, belle et forte aventure, comme le savent tous ceux qui ont lu les livres consacrés à Aignan-Thomas Desfriches et à Jean Hupeau.

Mais qu’au vingtième siècle – ce siècle si fécond en créations artistiques et architecturales – on en fût réduit à recopier et à singer les œuvres du passé m’avait consterné.

L’architecture du XXe siècle devait continuer à prendre toute la place qui devait être la sienne avec le pont de l’Europe dû à Santiago Calatrava, dont nous décidâmes de choisir la version la plus ambitieuse, cependant que les critiques redoublaient de la part de ceux qui considèrent toujours que toute œuvre humaine est vouée à défigurer la nature.

Aujourd’hui, chacun voit que cette œuvre de haute culture se marie avec la nature.

Ce pont figure, lui aussi, dans d’innombrables livres et revues d’architecture, de par le monde.

Il y eut encore le tramway et son environnement conçu par Jean-Michel Wilmotte.

Il y eut les édifices très remarquables disposés le long de la ligne, conçus et commandés par Serge Lemoine – qu’il faudrait restaurer, présenter, éclairer et magnifier…

Il y eut le Zénith de Philippe Chaix et Jean-Paul Morel.

Il y eut le Centre de conférences d’Aymeric Zublana.

D’autres choses encore…

Et je garde pour la fin les salles Jean-Louis-Barrault et Antoine-Vitez au théâtre, œuvres très remarquables dues à François Deslaugiers.

Car, évoquant François Deslaugiers, je me souviens qu’il a aussi construit un édifice à La Source.

Et je me rends compte que j’ai été injuste. Car il est un quartier d’Orléans où l’archirecture du XXe siècle a pris sa vraie place, c’est celui de La Source et du campus universitaire.

Et je rêve d’une grande exposition et d’un ouvrage qui mettraient en valeur et en lumière toutes les œuvres architecturales remarquables qui y ont été construites.

Mais je reviens à la Biennale d’architecture.

Des dizaines d’architectes du monde entier y présentent leurs réflexions, leurs projets et leurs rêves.

C’est riche et c’est précieux. Cela donne à voir, à penser, à imaginer – aussi bien au FRAC (aux Turbulences) qu’à Saint-Pierre-le-Puellier, dans le très bel édifice ouvert à tous devant la médiathèque, aux Tanneries à Amilly… que dans d’autres lieux.

Oserais-je une critique ?

(C’est d’ailleurs une critique que j’avais présentée lors de certaines éditions d’Archilab).

Cette critique tient au fait que ce qui est présenté est souvent très conceptuel.

Qu’on m’entende bien. Je n’ai rien contre les concepts. Ce serait absurde !

Mais il manque parfois – me semble-t-il – des liens entre les concepts et ce qui est effectivement construit, bâti.

Or, il est nombre d’équipes d’architecture – et notamment celles qui sont invitées – qui bâtissent, construisent des édifices, des logements, des quartiers urbains profondément innovants, rompant avec les conformismes ambiants pour inventer de l’architecture toujours neuve…

On aimerait les voir davantage.

Heureusement, la réponse à cette critique figure dans l’exposition même avec tout ce que Patrick Bouchain, invité d’honneur, nous y offre.

Car lui aime le réel, magnifie le réel. Il transforme et transfigure des friches industrielles, repense la ville et l’urbain, s’intéresse à tout et conçoit de fabuleuses architectures pour les théâtres et les cirques…

On ne saurait trop l’en remercier !

Je souhaite longue et belle vie à la Biennale d’architecture d’Orléans.

Jean-Pierre Sueur

>> En savoir plus sur la Biennale d'architecture

 

J’ai signé la motion appelant à une nécessaire amélioration de la ligne SNCF dite « POLT » (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse). Celle-ci demande une réduction des temps de parcours, une vraie régularité, une meilleure qualité de desserte et une vraie complémentarité avec les autres lignes nationales.

Cette motion a été proposée à la signature de tous les élus concernés par cette ligne.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire la déclaration commune des élus de la ligne POLT

Qu’est-ce qu’être de gauche ?

À cette question fondamentale, certains répondent très facilement et considèrent qu’il faudrait indexer la position la plus « à gauche » sur la radicalité et le simplisme des propos tenus.

On se doute bien que ce n’est pas ma position.

Pour moi, être de gauche, c’est s’attacher à comprendre, à transformer et à réformer la réalité avec le souci constant de la justice et de l’émancipation, de l’épanouissement, de la promotion de chaque être humain.

À cette aune, Pierre Mendès-France est bien plus à gauche que bien des chantres bruyants d’une illusoire radicalité.

Edmond Maire répond à la même définition. C’est pourquoi je tiens à reproduire ici intégralement le très remarquable portrait qu’en a dressé Jacques Julliard dans l’hebdomadaire Marianne du 6 octobre dernier.

Jean-Pierre Sueur

>> Lire l’éditorial de Jacques Julliard : Jeunesse d’Edmond Maire

Ayant été réélu vice-président de la Commission des lois du Sénat – commission que j’ai présidée durant trois ans, et à laquelle j’appartiens depuis que je suis sénateur – j’ai pensé qu’il était utile que j’en dise quelques mots.

Cette commission « des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale » a en charge environ la moitié – parfois davantage – des projets et propositions de loi. C’est dire que son activité est intense.

Elle traite de tous les textes relatifs à la Justice – justice pénale, administrative, commerciale, prud’homale – et aussi de l’administration pénitentiaire (les maisons d’arrêt, centres pénitentiaires, etc.) et de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Elle a en charge tout ce qui relève du ministère de l’Intérieur, et donc de la sécurité publique, la lutte contre le terrorisme et les attentats, mais aussi la sécurité civile (les sapeurs-pompiers).

Relèvent également du ministère de l’Intérieur – et donc de la Commission des lois – l’administration de l’État – et donc les préfectures, sous-préfectures, mais aussi les services publics et la fonction publique.

Relèvent encore de la Commission des lois les dossiers relatifs à l’immigration et au droit d’asile.

J’y ajouterai les lois électorales – qui ne sont pas un petit sujet, comme on l’a vu au cours des dernières années.

Et, bien qu’elles relèvent non seulement du ministère de l’Intérieur mais aussi d‘autres minstères, j’y ajouterai le grand sujet des collectivités locales – communes, intercommunalités, départements, régions – et donc de tout ce qui a trait à la décentralisation.

Autre sujet, très lourd, dont la commission des lois a la charge : l’outremer. Ce sujet est important, mais aussi multiple car chaque collectivité d’outremer a son identité et son statut propres. Outre les textes de loi, l’outremer justifie de nombreux rapports (j’en ai corédigé quatre au cours du dernier mandat). De surcroît, il faut veiller pour chaque texte législatif à écrire des articles spécifiques relatifs à l’application dudit texte à chaque collectivité d’outremer.

N’oublions pas que l’outremer, ce sont des millions de compatriotes – c’est la présence et l’influence de la France sur tous les continents.

J’ajouterai que les projets de lois constitutionnelles relèvent encore de la Commission des lois.

Et je terminerai en précisant que cet inventaire n’est pas exhaustif !

On pourrait s’interroger sur la question de savoir s’il est judicieux que tous ces sujets soient traités par la même commission.

Je me souviens que des questions du même ordre s’étaient posées s’agissant du ministère de l’Intérieur lorsque j’étais secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, chargé des collectivités locales. Et la question est récurrente. On a ainsi souvent suggéré de rattacher les préfets au Premier ministre, de créer un ministère des collectivités locales complètement distinct du ministère de l’Intérieur – si bien que dans un tel schéma, le ministère de l’Intérieur deviendrait, en gros, un ministère de la Sécurité – ou de la Police.

Je n’ai jamais souscrit à un tel schéma. Il m’est toujours apparu bénéfique au contraire que le même ministère ait en charge à la fois l’organisation et la gestion de l’État ET les collectivités locales. Il n’y a jamais eu pour moi de fossé ou de rupture entre l’État et les collectivités locales : le premier comme les secondes ont en charge le service public, le bien public. Toute la question est de savoir comment leurs prérogatives s’articulent. La décentralisation n’est pas la négation de l’État. Elle est la négation d’un État ankylosé, mais certes pas d’un État qui exerce pleinement ses compétences propres.

De même, j’ai toujours apprécié qu’il y ait au ministère de l’Intérieur les directions générales de la police nationale (et maintenant de la sécurité intérieure) ET la direction générale des libertés publiques. Leurs missions sont – ou doivent être – complémentaires.

Mais revenons à la Commission des lois. En vertu des mêmes réflexions que je menais sur le ministère de l’Intérieur, je crois pouvoir dire aujourd’hui que le fait de traiter à la fois des différents sujets dont j’ai fait l’inventaire est bénéfique.

Aussi me paraît-il judicieux que notre commission traite à la fois des questions de justice, de liberté ET de sécurité.

Dans toutes les lois visant à assurer notre sécurité, à lutter contre le terrorisme et les attentats, la question des libertés et du rôle de la Justice se pose. La victoire des terroristes, ce serait de nous faire renoncer à nos libertés. Et pourtant, sans mesures spécifiques – et qui ne manquent pas de conséquences – on ne peut pas lutter contre le terrorisme. Toute la question, c’est toujours l’articulation entre des préoccupations légitimes.

De même est-il judicieux de traiter à la fois de l’organisation de l’État, de ses prérogatives ET des collectivités locales de métropole et d’outremer.

Je pourrais multiplier les exemples…

Mais il est temps de conclure.

Il reste maintenant aux membres de la Commission des lois au Sénat d’assurer au cours de ce nouveau mandat leur lourde tâche avec détermination. Car s’agissant de toutes ces matières, le Parlement doit pleinement assumer les missions que la Constitution lui confie. Il serait paradoxal et incompréhensible qu’il en fût autrement.

Jean-Pierre Sueur

On se dit que Marieke Aucante aime la Sologne. C’est un amour ancien, profond, sensuel. De la Sologne, elle connaît les chemins, les arbres, les couleurs, les paysans, les sous-bois, les étangs et les mystères. Elle connaît les animaux bien sûr, mais surtout les hommes et les femmes, dans leur diversité. Elle n’ignore rien des rapports sociaux, du dit et du non-dit, des vérités enfouies et des secrets solidement gardés.

Elle a été nourrie de l’œuvre de Maurice Genevoix. Mais cela ne l’a jamais complexée. Elle a peu à peu trouvé sa voie, elle s’est frayé ses passages, a cultivé sa singularité.

Et elle nous offre avec son dernier livre intitulé En écartant les branches (éditions Marivole) l’un de ses meilleurs ouvrages romanesques.

Le titre est un programme. Il s’agit pour Marieke Aucante de dépasser les descriptions superficielles de la Sologne prétendument authentiques et de retrouver les êtres humains qui y vivent, avec leurs peurs et leurs désirs, leurs conformismes et leurs folies, leurs vilenies et leurs grandeurs – « en écartant les branches », précisément.

Il y a donc le châtelain, Charles-Henry, qui est un Parisien, un journaliste sur la piste de scandales, sa jeune épouse, Hermine, romantique à souhait, le garde-chasse, Pierre Germain, qui a quitté le Creusot où il était ouvrier chez Arcelor Mittal – il nous rappelle qu’on appelait l’usine où il travaillait « le chagrin » – pour venir vivre parmi les arbres de Sologne, sa mère, âgée, son jumeau, qui débarque du Creusot, et bien d’autres personnages.

Charles-Henry n’a que mépris pour la Sologne et ceux qui y vivent. Il veut engrillager toute la propriété.

Hermine devient amoureuse du garde-chasse. Marieke Aucante devance nos remarques  en évoquant elle-même L’amant de Lady Chatterley.

Il y a la Sologne vivante, bruissante, avec ses rites, ses fêtes et ses rumeurs, et en contrepoint, l’univers parisien où vit Charles-Henry, qui ne fait que passer en Sologne, ainsi que l’univers des forges du Creusot et de leurs travailleurs.

Il y a des pages de vive sensualité, un meurtre, une enquête, des soupçons, des élans mystiques.

Que dire ? C’est un reportage et c’est un roman. C’est un livre que l’on prend plaisir à lire. Et comme Marieke Aucante écrit beaucoup… on attend qu’elle écarte d’autres branches.

Jean-Pierre Sueur 

Comment l’ignorer ? Barbara est morte il y a vingt ans.
Et nous sommes déjà submergés par une abondance de « révélations ».
Les uns retrouvent des morceaux de lettres d’amour.
Les autres retrouvent ses amants. Il en est d’inconnus qui apparaissent et de présumés qui ressurgissent.
À les lire, à les entendre, il n’y aura bientôt plus de mystères.
Je trouve que c’est dommage.
Et que c’est vain, totalement vain.
Pourquoi ?
Parce que Barbara a sans cesse dit qu’elle avait tout dit sur elle dans ses chansons.
Les témoignages sont innombrables.
C’est ainsi qu’elle a répondu à un journaliste : « Je n’ai aucune imagination. Tout ce que j’ai à dire est dans mes chansons. Et je vous prie de ne pas me poser ce genre de questions. »
À un autre, elle a déclaré : « Je n’ai pas d’imagination. Je n’ai que ma vie et les choses qui m’ont bouleversée. »
Oui, tout est dans ses chansons : Barbara l’a dit des centaines de fois.
Alors à quoi bon chercher ailleurs ?
Et à ceux qui douteraient de ce que Barbara pourrait penser de cette surabondance de pseudo « révélations », je conseillerai d’écouter une chanson.
Une seule.
Elle s’appelle « Les rapaces ».
 

Jean-Pierre Sueur

 

Le terrorisme est toujours là. Un récent attentat en Grande-Bretagne nous le rappelle.

Certains seraient tentés de se résigner et de se dire « à quoi bon ? » – puisque ce fléau revient toujours.

Se résigner, ce serait cependant donner raison aux terroristes.

J’espère de tout cœur que, grâce aux efforts de tous, nous vaincrons ce mal.

Et je pense à ces lignes qui figurent à la dernière page de La peste d’Albert Camus, par lesquelles celui-ci explique que le héros du livre, le docteur Rieux, « savait […] que cette chronique ne pouvait pas être celle d’une victoire définitive. Elle ne pouvait être que le témoignage de ce qu’il a fallu accomplir et que, sans doute, devraient accomplir encore contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d’admettre les fléaux, s’efforcent cependant d’être des médecins. »

Même si le mal peut revenir, la dignité humaine, et le respect, en chaque être humain, de l’humanité, imposent de lutter contre le terrorisme et les doctrines mortifères et inhumaines qui le nourrissent.

Jean-Pierre Sueur

Ayant assisté ce 28 septembre, à Orléans, au congrès de « Régions de France », association regroupant l’ensemble de régions de notre pays, qui étaient accueillis par François Bonneau, président de notre région « Centre-Val de Loire », j’ai été frappé par la teneur du discours du Premier ministre qui, après quelques considérations « localistes » - d’ailleurs plutôt incertaines – a opposé une fin de non-recevoir à une demande forte des présidents de régions – ce qui a conduit François Bonneau, comme Philippe Richert, qui était alors encore président de « Régions de France », à rester impassibles au terme du discours et à refuser tout applaudissement, ce qui me paraitrait être sans précédent.
Encore cette « demande »  des régions de France n’était-elle pas une nouvelle revendication : c’était tout simplement la volonté de voir respecté un engagement pris par l’État qui consistait à verser aux régions en 2018 comme en 2017, 450 millions d’Euros pour compenser le transfert à celles-ci de la compétence économique.
J’ai trouvé, comme la totalité des présidents de régions, cette fin de non-recevoir très regrettable. Les régions sont en effet devenues des acteurs majeurs en matière économique.
L’économie est aujourd’hui pour elles une compétence exclusive, qui s’exerce cependant en lien avec les métropoles et les intercommunalités.
Elles ont besoin d’investir dans l’économie, dans l’innovation, la création d’entreprises, le soutien aux PME et TPE – dans tout ce qui favorise l’emploi !
Réduire leurs moyens à cet égard est un très mauvais calcul et un très mauvais signe.
Puissent les prochains débats, au Sénat comme à l’Assemblée Nationale, conduire le gouvernement à revoir sa position.
Je ne manquerai pas, pour ma part, d’intervenir en ce sens.
Jean-Pierre Sueur

Je suis en total désaccord avec la décision brutale du gouvernement de supprimer, dès 2017, un nombre important de « contrats aidés ».

J’ai pu constater les vives réactions et les inquiétudes de nombreux élus, responsables d’établissements scolaires, responsables d’associations – notamment à caractère social – dirigeants de petites entreprises. Je suis intervenu auprès du Premier ministre et des ministres concernés pour soutenir sans réserve auprès d’eux la position de l’ensemble des associations regroupant les maires de France afin d’obtenir un « moratoire » qui se traduise, dans l’immédiat, par le maintien de tous les emplois aidés existants.

En effet, alors qu’il y avait, fin 2016, 497 000 emplois aidés dans notre pays, le gouvernement a décidé d’en supprimer 149 000 dès 2017.

Je sais qu’il est revenu en arrière dans certains domaines. Mais, dans de nombreux secteurs, les suppressions restent effectives. Elles sont brutales, n’ont donné lieu à aucune anticipation ni concertation et entraînent de lourdes difficultés.

Sur le fond, le débat est ancien. Ce n’est pas la première fois que de tels dispositifs sont mis en cause au motif qu’il faut privilégier ce qu’on appelle les « emplois réels » induits par les entreprises et l’économie.

Cependant, la réalité c’est que, même s’il faut bien sûr, tout faire pour que nos entreprises créent le maximum d’emplois… nous sommes encore loin – et resterons loin, du moins durant un certain nombre d’années ! – du compte. Il est clair que les entreprises et l’économie ne créent pas tous les emplois nécessaires, eu égard notamment au développement démographique de notre pays.

C’est pourquoi les emplois aidés sont précieux et nécessaires. Ils permettent d’assumer de nombreuses tâches utiles à la cohésion sociale.

Les emplois aidés ont le grand avantage de proposer – aux jeunes tout particulièrement, mais pas uniquement – de leur « mettre le pied à l’étrier » en vue de leur future insertion professionnelle.

Pour moi, c’est un impératif : il faut maintenir les contrats aidés.

Jean-Pierre Sueur

L’article qu’on lira ci-dessous, publié sur le site de Radio France International, nous rappelle que « les régions françaises changeaient d’identité » il y a un an.
C’est à ce moment-là que, suite à un amendement que j’avais déposé, la région « Centre » est devenue « Centre-Val de Loire ».
J’ai, depuis, eu l’occasion de dire souvent que si je n’avais déposé et fait voter qu’un seul amendement – celui-là –, je n’aurais pas perdu mon temps au Sénat…
Cet amendement, il me fallut moins d’une minute pour le rédiger. Il se limite à une seule phrase : « À compter de la publication de la présente loi, la région Centre est dénommée Centre-Val de Loire ».
Il fallut un peu plus de temps pour le faire accepter et le faire voter, au Sénat d’abord, à l’Assemblée Nationale ensuite, où ce fut plus difficile : que tous ceux qui ont contribué à son adoption soient encore remerciés !
Depuis un an, on voit la différence.
Le terme « Centre » n’évoquait pas note région. Il renvoyait au Massif Central, à l’Auvergne et au Limousin. Ces confusions étaient quotidiennement entretenues par les présentatrices (et parfois présentateurs) de la météo sur les chaînes de télévision.
À l’inverse, la Loire, le Val de Loire, les châteaux de la Loire, sont connus dans le monde entier. Chacun sait où ils se trouvent. 
La Loire est l’axe naturel de notre région, même si elle ne traverse pas tous ses départements.
Pour le tourisme, comme pour l’économie et la culture, le « Val de Loire » est un atout considérable. On le voit déjà aujourd’hui.
Albert Camus écrivait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».
Je ne prétends pas que cette nouvelle – et juste – identité contribue à notre bonheur. Mais elle contribue sûrement à l’essor de notre région. Et c’est déjà un résultat non négligeable !
Jean-Pierre Sueur
> lire l'article paru sur le site de RFI
 
 

Après avoir reçu les représentants des salariés de l’entreprise Vergnet d’Ormes, Jean-Pierre Sueur a saisi ce vendredi le Premier ministre, Édouard Philippe, pour lui demander de tout faire, dans des délais rapprochés, afin d’assurer la pérennité de cette entreprise. Il lui a demandé en particulier d’intervenir auprès des autorités éthiopiennes afin que celles-ci honorent la dette contractée auprès de l’entreprise. 

Il a demandé la mobilisation de l’État, notamment avec la banque publique d’investissement (BPI) et d’autres organismes compétents, pour assurer le relais financier jusqu’à la fin des négociations en cours avec de nouveaux partenaires industriels.
Il a rappelé que cette entreprise développe des produits de pointe – comme des éoliennes rabattables destinées aux zones affectées par les cyclones, ainsi que des centrales solaires. Il lui a écrit qu’il serait incompréhensible que, dans le contexte actuel, une telle entreprise, qui est en redressement judiciaire, ne puisse être sauvée et ne puisse se développer.
 
Il a demandé à être reçu à Matignon.
 
J’ai toujours dit et écrit que je jugerai sur pièces les mesures proposées par l’actuel gouvernement.
Je dois dire ici mon profond désaccord avec la réforme de l’Impôt Sur la Fortune qui a été annoncée, puisque celle-ci revient à exonérer tous les plus hauts – et les très hauts – éléments de patrimoine qui ne sont pas immobiliers, et donc tous les portefeuilles financiers qui constituent les patrimoines les plus élevés dans notre pays.
Et cela en vertu d’une théorie dite du « ruissellement » selon laquelle l’enrichissement doit être magnifié dès lors que la collectivité est censée en bénéficier !
Mais ce pari est plus que risqué.
Et comme l’écrit justement Françoise Fressoz dans « Le Monde » du 28 septembre, « On n’est pas loin d’entendre le « enrichissez-vous » prêté à tort ou à raison à Guizot sous la monarchie de Juillet. Laquelle finit par fabriquer une robuste classe de rentiers. On ne peut aujourd’hui exclure que la même tendance se reproduise, au risque de creuser fortement les inégalités, qui sont beaucoup plus considérables en termes de patrimoine que de revenus ».
Emmanuel Macron s’était défini comme étant « et de droite et de gauche ».
Il me paraît que tous ceux qui ont en France du mal à « boucler leur fin de mois » ne souscriront pas – c’est un euphémisme – à ces propositions qui susciteront l’incompréhension, voire la révolte, de nombre de ceux qui se reconnaissent dans le « peuple de gauche » – et dans le peuple tout court !
Jean-Pierre Sueur

Après le remarquable livre de Christiane Noireau que j’ai présenté ici le 5 octobre 2015, voici que paraît un nouvel ouvrage, non moins remarquable, que l’on doit à André et Catherine Soulas, paru aux éditions « lelivredart » sous le titre : « L’œuvre gravé de Louis-Joseph Soulas : un catalogue raisonné », un inventaire exhaustif de ce grand artiste que l’on a tant de plaisir à redécouvrir.

Ce « catalogue raisonné » ne recouvre pas toute l’œuvre de Louis-Joseph Soulas puisque celle-ci compte des illustrations pour une trentaine d’ouvrages et des centaines d’huiles et d’aquarelles. Mais pour ce qui est de « l’œuvre gravé », ce ne sont pas moins de 850 planches qui sont recensées et reproduites.

On y retrouve le cher moulin de Lignerolles, la Beauce et la Sologne gravés sous tous les angles et en toutes saisons, « un vieux paysan de mon pays », un « chemineau », mais aussi Raboliot – et encore Orléans et d’autres villes comme Collioure, Uzerche, Saint-Tropez ou Coutances… Et aussi des figures illustres, comme Beethoven, Berlioz, Paul Valéry ou Max Jacob.

… Mais toujours, après tant de tours et de détours – jusqu’à des « marines » – on revient au moulin, à la Beauce et à ses paysages aimés entre tous, saisis sur le vif, avec des traits épurés. Ces paysages nous parlent, ils ont une âme.

Raboliot - Village de Brinon-sur-Sauldre

Il faut remercier André et Catherine Soulas de nous avoir restitué dans leur intégralité ces 650 gravures qui constituent un parcours artistique d’une exceptionnelle densité et dont on mesure ainsi combien il trouve son unité, au-delà de la diversité des sujets traités, dans une fidélité à des motifs et à des paysages qu’il a dans le regard, dans le cœur – et qui ne le quitteront pas.

Jean-Pierre Sueur

Moulin en septembre

Lignerolles

Après avoir dit mes désaccords avec les propositions du gouvernement sur les collectivités locales et avec les propos du président de la République sur l’ISF, je tiens à saluer les positions d’Emmanuel Macron sur l’Europe, énoncées à la Sorbonne le 26 septembre.
Qu’il s’agisse de l’Europe de la Défense, de la nécessaire convergence des politiques sociales, de la non moins nécessaire taxation des « GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans chaque pays, de l’importance d’une politique européenne en matière d’investissements, de l’élargissement du programme Erasmus ou d’une gouvernance économique plus efficace de la zone Euro, je ne puis que souscrire aux objectifs affirmés.
Il en était de même pour les discours courageux tenus quelques jours plus tôt par Emmanuel Macron pour demander de revoir le système injuste des « travailleurs détachés ».
Il n’est pas indifférent que la France reprenne ainsi l’initiative pour les nouvelles étapes de la construction européenne.
Puissent ces appels être entendus et sa traduire – il y faudra de la volonté et de la ténacité – par des décisions concrètes !
Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur a posé à Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, une question écrite relative aux conséquences des impayés d'eau pour les communes.

>> Lire la question écrite

Je salue la mémoire d'Edmond Maire, grande figure du syndicalisme et de la gauche réformatrice !

Il avait apporté son total soutien à la "laïcisation" de la CFTC, projet qui était porté avec une grande détermination par son prédécesseur Eugène Descamps.

Lui succédant à la tête de la nouvelle CFDT, Edmond Maire en a fait un syndicat puissant, recrutant de nombreux nouveaux adhérents, ne refusant aucun débat et façonnant la nouvelle image et la nouvelle identité d'un syndicalisme réformateur, profondément attaché au dialogue social.

Il voulait réformer la vie dans l'entreprise, les rapports sociaux et, plus largement, la société, tout en étant fidèle aux réalités vécues sur le terrain par les salariés. Pour lui, ce n'était pas incompatible. C'était tout à fait complémentaire.

Je l'ai revu pour la dernière fois aux obsèques de Michel Rocard, aux Invalides. Michel avait tenu à ce qu'il s'y exprime.

Ce jour-là, deux figures de ce qu'on a appelé la "deuxième gauche" étaient rassemblées. Michel et Edmond étaient très unis. Ils ont tous les deux beaucoup oeuvré, non seulement pour la "deuxième gauche", mais pour rénover la gauche tout entière - et, au-delà, notre société.

Il nous faut continuer sur ce chemin.

Jean-Pierre Sueur

J’ai souvent écrit mon estime pour le travail d’édition mené avec ténacité – et avec un grand amour de la littérature – par Jean-Louis Pierre, créateur des éditions « La guêpine », situées à Loches.

Une nouvelle illustration de ce travail de grande qualité nous est offerte avec la parution d’un texte inédit de Charles Louis-Combet, écrivain trop peu connu, qui a, au travers de nombreux livres, mené ce que j’appellerai une « quête de l’intime » en un style somptueux, de haute lignée.

Ce texte inédit  s’intitule : Charles Péguy, l’initiation.

Charles Louis-Combet nous conte comment alors qu’adolescent il était fasciné par l’un de ses camarades appelé « l’Ange musicien », il fut successivement subjugué par la découverte des Fleurs du mal de Baudelaire et du Mystère des Saints Innocents de Péguy.

Charles Louis-Combet nous invite donc à le suivre – une fois encore – dans un cheminement intime fait d’angoisses, de désillusions, d’enthousiasmes et de découvertes.

Il s’interroge sur la question de savoir si Le Mystère des Saints Innocents « agirait comme un antidote ou me confirmerait dans une soumission à la tentation baudelairienne. »

Peu à peu, il est emporté, « saisi », par le style de Péguy – « par la singularité de l’expression, mais absorbé, en même temps, par la simplicité, la familiarité même de la vision et de la pensée. »

Et il écrit : « Ce n’était pas l’idée mais la forme de l’idée qui tout à la fois m’éveillait et me déchirait. » Et encore : « Ma première lecture de Péguy s’imposa d’emblée, pour moi, comme une initiation au rythme (…) J’étais mû, constamment, par le rythme, par la modulation inépuisable du souffle, qui s’associait, en mon esprit, à ce que je connaissais par ailleurs, grâce à la pratique du chant grégorien. J’ai éprouvé tout de suite la composante physique de la prosodie de Péguy, ses assises de chair, de respiration, de circulation du sang et souplesse des muscles. »

Enfin, Claude Louis-Combet nous restitue sa découverte d’Ève – chef d’œuvre de Charles Péguy, malheureusement trop méconnu – avec un remarquable enthousiasme :« Je retrouvais dans Ève, mais comme porté à l’infini, ce qui m’avait émerveillé dans les Tapisseries : une allure de légion en marche, de piétinement cadencé, obstiné, irrésistible (…) Je retrouvais par là, et ne me privais pas de goûter, dans le prolongement des Mystères, une épaisseur charnelle de verbe, un souffle physique de rythme, une respiration rappelant à tout moment que le poème est œuvre du corps. »

Oui, il faut remercier Jean-Louis Pierre de nous offrir ce texte, l’un des plus pénétrants qu’il m’ait été donné de lire sur l’écriture de Charles Péguy.

Jean-Pierre Sueur

Comment cacher la joie qui a été la mienne lorsque j’ai appris que la liste que je menais est arrivée très largement en tête lors des élections sénatoriales de ce 24 septembre dans le Loiret, alors que, déjà, j’étais arrivé en première position, dès le premier tour, avec un autre mode de scrutin en 2011 !
Je remercie de tout cœur toutes celles et tous ceux qui nous ont fait confiance. 
Je remercie aussi de tout cœur mes colistiers : Anne Leclercq, Denis Thion, Anne Besnier et Bernard Delaveau qui, durant toute la campagne électorale, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour parvenir avec moi à ce résultat.
On me permettra de tirer de cette élection plusieurs leçons.
D’abord, il me parait clair qu’il est toujours préférable, quel que soit le contexte, quelles que soient les circonstances, quels que soient les inévitables « hauts » et « bas » de la vie politique, de garder les convictions profondes et les valeurs qui animent ceux qui s’engagent dans la responsabilité publique.
Socialiste et rocardien, j’ai toujours été attaché à la fois à la solidarité, à la justice sociale et au réalisme économique.
On m’a suggéré et proposé de changer d’appartenance, d’étiquette, et même de me présenter sans étiquette. J’ai refusé, parce qu’on ne gagne jamais à se renier. Aucun des nombreux grands électeurs qui m’ont fait confiance, quelle que soit leur sensibilité, ne m’ont d’ailleurs jamais demandé cela. 
En second lieu, j’ai toujours pris très au sérieux le travail au Sénat, comme le travail pour le Loiret, avec l’ensemble des élus des communes, du département et de la région. Je tiens à l’un et à l’autre. Un parlementaire doit être présent et actif au Parlement. Il ne doit pas être « hors sol ». On ne parle pas de la même manière au Sénat lorsqu’on est au contact constant de toutes les réalités et de tous les problèmes que vivent nos citoyens, qu’on le ferait si l’on n’avait pas ce contact constant.
Enfin, j’ai eu le souci de « rendre compte » de mon action par un compte rendu de cent pages tous les six mois (une « Lettre » semestrielle), par un bilan détaillé envoyé à tous les grands électeurs à l’issue du mandat et par une lettre électronique envoyée tous les lundis après-midi et accessible à tous sur Internet. 
Il va de soi que j’aborde la nouvelle période qui s’ouvre dans le même état d’esprit, avec les mêmes engagements, la même volonté d’œuvrer au Sénat et dans le Loiret, de rendre compte de mon action et d’agir en conformité avec mes convictions et mes valeurs. 
Par rapport au pouvoir exécutif et au gouvernement, je serai à la fois positif, exigeant et vigilant. 
Positif car je voterai toutes les lois et les dispositions qui me paraîtront aller dans le bon sens comme la récente loi sur la moralisation de la vie politique. Positif aussi parce que je m’efforcerai de faire des propositions utiles.
Vigilant et exigeant car il y a des mesures que je ne pourrais voter si elles restaient en l’état. Je pense en particulier à celles qui porteraient préjudice aux communes, aux collectivités locales et à leurs finances.
Il ne me serait pas possible, en effet, d’avoir entendu tout ce que m’ont dit les élus dans le très grand nombre de communes du Loiret que j’ai visitées sans en tirer les conséquences. C’est une question de loyauté. 
Une nouvelle période commence donc. Je redis un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui m’ont soutenu et je dis à l’ensemble des élus et des habitants de Loiret qu’ils pourront compter sur ma disponibilité et mon dévouement. 
 
Jean-Pierre SUEUR
Sénateur du Loiret 
 

La bibliothèque Marguerite-Durand, consacrée à « l’histoire des femmes et des mouvements féministes » à Paris, étant menacée de « relocalisation », ce qui risquerait à terme d’entraîner sa perte d’identité, voire sa disparition, Jean-Pierre Sueur a écrit à Anne Hidalgo, maire de Paris.

Lire :

>> La lettre adressée à Anne Hidalgo

>> Le courriel du Collectif de défense de la bibliothèque Marguerite-Durand