Charles Péguy

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  • Nous sommes en mesure de présenter en vidéo l’intégralité du débat sur « Péguy et la critique du monde moderne » qui a eu lieu le 13 septembre 2014 à Orléans entre Yann Moix, était animé par Pierre-Édouard Deldique (durée : 1 h 47).

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  •  Les articles de Jean-Pierre Sueur

    Ramuz, lecteur de Péguy Les Amis de Ramuz, n°35 03/2015
    Charles Péguy et l’acte poétique Colloque  06/12/2013
    Ève, le monde moderne et l'art en contrepoint Péguy au coeur  2011
    Ève, les vertiges de l'écriture
     Colloque
     03/12/2006
    Ce que disait Clio
    Amitié Charles-Péguy
    n°100
    01/10/2002
    Un débat difficile
    Le Porche n°8
    Colloque
    01/12/2001
    La première Jeanne d'Arc, Génèse d'une écriture
    Amitié Charles-Péguy
    n°82 - Colloque
    01/04/1998
    Une relecture de "Notre jeunesse" Le Porche n°3 01/01/1998
    L'écriture poétique dans la première "Jeanne d'Arc" de Charles Péguy Mémoires de l'Académie d'Orléans - 1998 01/01/1998
    Amitié Charles-Péguy
    n°63
    01/07/1993
    Amitié Charles-Péguy
    n°54 - colloque
    01/04/1991
    Amitié Charles-Péguy
    n°49
    01/01/1990
    Pour une poétique d'Ève
    Amitié Charles-Péguy
    n°36
    01/10/1986
    Les rythmes d'Ève
    Amitié Charles-Péguy
    n°22
    01/04/1983

    Compte-rendus et textes parus sur Internet

    2 000 vers inédit de Charles Péguy enfin publiés Romain Vaissermann 29/05/2017
    Géraldi Leroy, mon ami   15/12/2016
    Julie Sabiani   18/04/2016
    Sur Charles Péguy : pour en finir avec le « grand poète catholique »   29/02/2016
    Péguy l'inclassable Géraldi Leroy 01/09/2014
    La mort du lieutenant Péguy, 5 septembre 1914 Jean-Pierre Rioux 01/09/2014
    Les héritiers de Charles-Péguy Damien Leguay 05/05/2014
    L'argent, un centenaire oublié   28/10/2013

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  • Le Porche n°8, 1er décembre 2001

    Aimez-vous Orléans, page 256-257

     

    L'avouerai-je ? L'un de mes plus difficiles débats politiques eut lieu lors de la première réunion du conseil d'administration du lycée orléanais, nouvellement construit, qui devait s'appeler : « Lycée Charles-Péguy ». L'ordre du jour portait précisément sur la dénomination du lycée. Je dus batailler ferme devant les réticences de la plupart des représentants des parents d'élèves, des élèves, et même d'une partie de ceux des enseignants, pour obtenir finalement qu'une faible majorité se prononçât en faveur de notre grand poète. Certains des arguments invoqués étaient étonnants : Péguy, on ne connaissait pas, ou peu ; ce n'était pas moderne, c'était ancien, vieux, peu porteur. Tout cela était dit, répété, dans un établissement de l'enseignement public, à Orléans. Si le vote n'avait pas, en définitive, été positif –merci à celles et à ceux qui l'ont permis ! – j'aurais fait, je crois, une polémique publique. Vieux, Charles Péguy ? Sa pensée n'avait jamais été aussi actuelle qu'en cette fin du XXe siècle - cette pensée qui conteste tous les systèmes, qui fait un sort à tous les modernismes, qui prévoit et dénonce déjà tous les totalitarismes... Pas connu, Péguy ? Peut-être, en effet... A Orléans, pourtant, plus qu'ailleurs, nous avons des raisons de nous donner le mal et la joie de connaître son œuvre immense et de tordre le cou à la malédiction : « Et les siens ne l'ont pas reconnu... » Je songeais à cela en relisant les textes des communications au colloque organisé, en 1996, à Saint-Pétersbourg, par le Centre Jeanne d'Arc-Charles Péguy de cette ville. Je me suis souvenu avoir entendu, lors de ce colloque, des professeurs russes qui n'avaient pas hésité à faire des centaines de kilomètres, depuis le plus profond de ce vaste pays, dans des conditions souvent difficiles, pour venir nous parler des Cahiers de la Quinzaine. Ce colloque était passionné, passionnant. Les exposés traitaient des formes, du sens et de l'histoire. C'était ma première visite à Saint-Pétersbourg. La ville semblait constituer un monde, à elle seule. Son fleuve était un océan. Ses palais ouvraient sur le ciel blanc leurs longs alignements. Les places étaient nombreuses et vastes, peuplées d'arbres d'automne et de statues. Au-delà il y avait des centaines d'immeubles, composant d'interminables banlieues. À l'intérieur de ces immeubles, nous étions accueillis avec une incomparable chaleur. Il y avait l'amitié et les fleurs. C'était le temps où tout changeait. L'ordre ancien était partout encore. Les espoirs neufs étaient inscrits sur les visages, les déceptions aussi. Les mafias avaient débarqué avec leur richesse et leur morgue tonitruante. Des enseignants, des universitaires s'employaient à bâtir, avec une rare ténacité, un autre futur en attendant des salaires qui n'arrivaient pas. Il y avait un vent sec et une lumière diaphane. Tous les participants au colloque partageaient, au milieu de tout cela, la même ferveur. Nous sommes devenus, souvent, trop repus, indifférents et cyniques. Alors, Péguy, trop vieux ? J'aimerais que nous nous souvenions, à Orléans, qu'il y a des péguystes qui n'hésitent pas à prendre le transsibérien pour venir nous parler de vers que nous avons oubliés.

    Jean-Pierre Sueur